PANDORE

À tant chercher la solution de notre amour
Je m'y dissous corps et biens
Et j'entends tout autour
Tous les amants sans lien
Chacun sur sa frêle barque
Frères dans la douleur
Soeurs de même couleur
Esclaves révoltés d'un commun monarque.

À tant scruter les signes les plus flous
Je me leurre des chimères les plus douces
Et sers de pâture à tous ces loups
Qui peuplent ces rêves et me repoussent
Aux confins du quai qu'il me faut quitter
Leur meute mugit ton nom et notre chute
Que sans cesse je réfute
Au nom d'une plus précieuse vérité.

À lire des traces qui se perdent dans le blizzard
Je ne vois plus les miennes
Ma nécessité vendue à tout hasard,
Mon amour, où sont nos fêtes anciennes?
J'ai perdu mémoire des guerres archaïques
Qui spolièrent ces territoires sublimes.
Je t'en conjure, indique-moi l'abîme
Dont mon coeur a perdu l'ampleur fatidique.

J'ai enfin trouvé ma dernière heure
Dans une boîte de Pandore
Pitié pour les coeurs
Que les vrais chagrins n'ont pas dévorés encore.
 

RETOUR À LA TABLE DES MATIÈRES

(TOUS DROITS RÉSERVÉS, Richard Poulin, 2001)