QUAND
LA COMÈTE PASSE
Quand les
mots n'auraient plus de relief
Quand toute idée de tentative avorterait dans l'espace
Et que
tout élan stagnerait dans la prose
Il en resterait l'idée intacte de l'innocence
Qui se refuse à mourir.
Quand
il ne me resterait plus de joue à tendre
Et que la froide
douleur me rendrait exsangue
Quand j'aurais
rendu mes derniers ornements
Et que les sarcasmes
m'auraient terrassé
Je ne renierais
jamais ce projet fou. |
L'amour ne
naît qu'une fois
Et sa trajectoire
laisse un vent frais
Qui transfigure
les piètres débris
Qui jonchent
le sentier maladroit
Du guerrier
en proie aux mercenaires. |
Les plus
riches histoires sont les plus difficiles
Malgré
les torpeurs, malgré les coups
À la conjonction
des coeurs
Elles ont cela
d'indicible
Qui ne se révèle
qu'entre deux amants muets
Et qui ne se
résout qu'en pleine lumière
Que nul imposteur
ne peut entrevoir
Que nulle langue
ne peut traduire
Que nul augure
ne peut présager.
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Ces
riches heures d'une abstraite tradition
Cet accident
au temps avenu
Quelle illusion
pourrait leur prêter la vie que j'y vois?
Quel traité
pourrait en garantir les trésors?
Elles n'existent
que pour nous deux
Et notre drame
aux contours flous
Qui n'en finit
plus de se profiler
À l'insu
de la chronique des jours. |
Quand la
comète fut passée
Je pris le large
Et accostai à
ta fenêtre.
Je me fis engoulevent
Pour me confondre
avec la nuit
Et j'ai vu ton
nom
Sur mille néons
Et je me suis
reposé
Sur le palier
Sans bruit
Et sans secours
Et j'ai murmuré:
Kein
Strichvogel bin ich.
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(TOUS DROITS RÉSERVÉS,
Richard Poulin, 2001)
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