Te désirer est
si facile
C'est la prémisse
de ma chute
Mais rester debout devant
cet empire
Relève de pouvoirs
sidéraux
Fondre sous tes yeux
est si naturel
D'autres préféreront
la noyade
Mais puiser la force
d'en soutenir le miroir
Me réduit à
implorer des dieux improbables.
Mais je ne veux ni lauriers
ni oboles
Je ne veux que la lumière
crue du midi
Je ne sais que peu ce
qui m'amène à toi
Mais je sais que c'est
le pas de ma vie.
Si tu trouvais que je
fais trop de bruit
Ferme la porte, mais
tolère au moins l'écho
Je n'aime guère
plus que toi le chaos
Mais quand fuse à
mes oreilles cette musique
Je ne puis l'éloigner
et te prie de la souffrir
Car c'est ton oeuvre
inachevée.
L'amour a bien mauvaise
mine
Il a enrichi tant de
faux-monnayeurs
Que n'en veulent même
plus les voleurs
Mais je ne suis qu'un
antiquaire
En ces temps de surenchère
Et je me rends à
toi sans le sou
Sans autre apparat que
ces pacotilles
Masque tragique de tant
d'indigence
Je n'ai gardé
que ce coeur
Qui se livre à
une diamantaire.
Les mots sont de savants
travestis
Qui ne s'appuient qu'à
eux-mêmes:
Hélas, je n'ai
qu'eux à t'offrir maintenant!
Elle ne vient qu'au prix
de la douleur,
La science infaillible
du vif des hommes
Et c'est là tout
ce que je suis:
Au bout de nos paroles
subsiste toujours un clair-obscur.
Mais si par mégarde
elles brillaient de leur propre feu
Tu y verrais le repère
qu'y accroche
La foi d'un amant en
équilibre dans la nuit.
Qu'aurais-je de plus à
te laisser en gage
Dans ces zones neutres
où je défie les sentinelles?
Ces choses ne s'écrivent
pas.
Tu les devineras sous
l'écorce de la peur
À la chaleur du
feu qui me brûle
Aux frissons qui suppléent
à la raison pure
Lorsqu'il n'y a plus
rien à dire
Que mon amour salamandre.
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(TOUS DROITS RÉSERVÉS, Richard Poulin, 2001)