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Déclaration de René Lévesque
à la suite de l'explosion d'une bombe
posée par le Front de libération du Québec (FLQ)
en février 1969

Note préliminaire - 8 janvier 2002. On a eu notre lot de réflexions sur le terrorisme depuis les attentats du 11 septembre 2001. Cependant, quand l'actualité nous trouble à ce point, il est rassurant parfois de constater que les problème d'aujourd'hui ne sont pas toujours aussi nouveaux qu'on voudrait nous le faire croire. Certes, l'explosion d'une bombe à la Bourse de Montréal, en février 1969, fut loin d'atteindre la gravité des attentats de New York. Pourtant, on oublie facilement qu'à cette époque, le terrorisme était déjà un problème inquiétant. Qu'il suffise de citer, outre le FLQ au Québec, l'ETA au pays basque, l'IRA en Grande-Bretagne et l'OLP un peu partout en Europe.

Je suis tombé, au hasard de mes lectures, sur cette citation d'une déclaration de René Lévesque, alors chef d'un Parti québécois naissant, au sujet de cet événement tout de même percutant de février 1969. Les paroles de M. Lévesque, outre une lucidité qui ne nous étonnera guère, s'avèrent remarquablement actuelles.

- F.L.


« S'ils croient qu'un ordre nouveau sortira des débris de la Bourse ou d'ordinateurs mis en pièces, ils se trompent. Ils s'imaginent peut-être que leur terrorisme est la seule façon de faire bouger la société mais les seuls mouvements qu'ils préparent sont ceux du retour en arrière et de la répression. [...] Ce qui n'est pas moins grave, c'est qu'il faille des bombes et de la violence pour émouvoir vraiment nos dirigeants actuels et les faire passer à l'action. Car le terrorisme, qu'il faut mettre au plus vite hors d'état de nuire, est le symptôme vivant d'une maladie, il n'en est pas la cause. Il se pourrait bien - l'histoire des dernières années est là pour nous y faire penser - que nous soyons menacés de terrorisme tant que nous n'aurons pas guéri les causes profondes, qui sont avant tout des plaies sociales béantes et négligées et les frustrations qui en résultent. »

Cité dans Fournier, Louis, F.L.Q. - Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, Québec/Amérique, 1982, pp. 203-204.

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