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L'image des hommes après le féminisme

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Je suis né en 1963, et j’ai donc grandi dans un monde où les femmes faisaient leur « révolution », cherchant par tous les moyens à changer la place qu’elles occupaient dans le monde occidental... et l’image qu’on avait d’elles.

La quête des droits était tout à fait légitime : oui, socialement, une femme doit avoir accès à l’université et aux postes décisionnels de l’État et des entreprises avec autant de facilité que les hommes; oui, la femme a droit à l’autonomie financière autant que l’homme; oui, la femme a le droit de dénoncer les stéréotypes qui lui nuisent.

Certains aspects de cette lutte ont cependant dérapé, emportés par un élan que rien ne semblait vouloir arrêter. Ainsi, les femmes se sont mises à vouloir réglementer leur image partout : dans la publicité, au cinéma, dans la littérature, dans les manuels scolaires...

Ce mouvement a eu un effet pervers, chez les hommes comme chez les femmes, dont on voit clairement les conséquences aujourd’hui : il y a aujourd’hui un tas de choses qu’on n’a pas le droit de dire sur les femmes, mais le même interdit ne s’applique pas aux hommes, parce que les hommes, pendant ce temps, n’ont pas défendu leur « droit à l’image » aussi farouchement.

Cet état de fait a des conséquences graves. Les mêmes conséquences que celles que les femmes dénonçaient quand elles se voyaient comme victimes : c’est que nous vivons dans un monde où les hommes et les garçons ont une image dévalorisante et dommageable de leur sexe.

Prenons la question de la fidélité dans un couple. Quand on voit une femme tromper un homme, dans un film ou une émission de télévision, elle a presque toujours une bonne raison : son mari est généralement un personnage indifférent, violent ou méprisant. Il est donc normal que la femme aille chercher amour et réconfort ailleurs. Pensons entre autres à l'excellent film Sur la route de Madison. Mais quand c'est un homme qui trompe sa femme, c'est généralement parce qu'il est frivole ou superficiel, ou encore, c'est un mécanisme de l'intrigue qui permettra à la femme de le quitter, par exemple d'annuler un mariage. Comme s'il était impossible qu'un homme trompe sa femme... parce qu'il tombe amoureux d'un autre femme ou parce que sa femme est dure, froide ou acariâtre. (Pourtant, dans un couple contemporain, des femmes dures, froides et acariâtres, je vous surprendrai peut-être, mais ça existe autant que des hommes durs, froids et acariâtres, et les hommes ont autant le droit que les femmes de réagir en cherchant un peu d'affection ailleurs.)

Depuis que j’ai constaté cette réalité, il ne se passe pas une semaine sans que je voie des signes de ce que j’avance, soit à la télévision, soit au cinéma, soit dans un livre ou dans les médias. J’ai pensé faire ici un petit répertoire des images véhiculées quotidiennement dans notre monde au sujet des hommes, à titre de réflexion sur la portion congrue qui est actuellement réservée aux personnes de mon sexe dans l’imaginaire populaire.

Il faut noter plusieurs choses à la lecture de ce qui suit. Premièrement, ces nouveaux stéréotypes (comme les anciens à propos des femmes) ne sont pas le fruit d'une action concertée, ni le fruit de la méchanceté des femmes. Souvent, ils ne sont même pas conscients. Ils expriment collectivement l'image que notre société se fait de l'homme et de la femme. Mais indirectement, ils expriment aussi les tabous, c'est-à-dire les choses qu'il est interdit de dire. Ainsi, si les rôles de personnages ridicules échoient presque toujours aux hommes dans les publicités, dans les films et à la télévision, c'est parce que les auteurs de ces productions savent qu'ils se feront tomber dessus à bras raccourcis s'ils diffusent des images défavorables pour les femmes. On est constamment témoin de ces attaques féministes depuis plus d'une génération. Or, quand on fait de la fiction ou de la publicité, les personnages ridicules ou détestables sont nécessaires, que ce soit pour une comédie dans le premier cas ou pour un drame dans le second. Et comme il est de plus en plus difficile d'attribuer ce genre de rôle à une femme, ce sont les hommes qui en écopent. Ainsi, le but de mon propos ici n'est surtout pas de censurer les rôles où la femme est valorisée. C'est simplement de susciter une réflexion qui permettra aux auteurs d'élargir leur palette, de telle sorte qu'on réintroduise dans les oeuvres de fiction des femmes ridicules (il y en a!) et des hommes héroïques (il y en a aussi!).

Autre observation édifiante : beaucoup des oeuvres « incriminées » ci-dessous ont été écrites par des hommes, et la plupart du temps, des hommes de moins de 40 ans, nés dans la tourmente féministe. Cela montre à quel point les femmes ont réussi leur oeuvre, en élevant une nouvelle génération d'hommes qui ont des relations hommes-femmes la vision des femmes, celle où la femme est inattaquable et où l'homme est faible, violent ou digne de mépris.



Pièce à conviction n° 1
 
Nature du document Émission de télévision 
Titre  Tout le monde en parle
Auteur de la déclaration Lorraine Pagé

À l'automne 2005, on a demandé à Lorraine Pagé ce qu'elle pensait des revendications de Fathers 4-Justice, organisme qui estime que le système de justice n'est pas impartial dans les affaires de divorce. Sa réponse fut un ironique : « Ah! Les hommes! Ils sont ben à plaindre! » Je crois que la dernière fois qu'on a entendu ce genre de commentaire de la part d'un homme au sujet des revendications des femmes remonte au milieu des années 70. Depuis lors, aucun homme n'oserait rejeter de façon aussi cavalière les revendications d'un groupe de femmes. Il serait victime d'un tollé dont il ne sortirait pas vivant. Mais apparemment, en 2005, il est possible pour une femme de rejeter du revers de la main les revendications des hommes, sans rien justifier sur la question de fond, et sans être inquiétée.



Pièce à conviction n° 2
 
Nature du document Livre
Titre Quarante ans - la fin d'une adolescence?
Auteur Danièle Laufer

Danièle Laufer a fait une enquête sur la « crise de la quarantaine ». Son parti pris pour les femmes est évident. Retenons seulement le passage suivant :

« Il y a toujours mille raisons de se culpabiliser quand on n’est pas une femme traditionnelle. »

Ici, l'auteur fait état des déchirements des femmes qui ont décidé de faire carrière au lieu de rester à la maison pour s'occuper de leurs enfants. Ces déchirements sont réels, mais le contexte laisse entendre que la culpabilisation est un phénomène propre à la femme, une idée qui est extrêmement répandue dans notre société. Pourtant, demandez aux psychologues qui rencontrent des hommes si ces derniers ne sont pas enclins à la culpabilisation. Les hommes ne se sentent pas coupables de ne pas s'occuper de leurs enfants? Ah bon? Il faudrait peut-être faire une étude là-dessus, on pourrait découvrir des choses étonnantes.



Pièce à conviction n° 3
 
Nature du document Pièce de théâtre
Titre La nuit de Valogne
Auteur Éric-Emmanuel Schmitt

Attention : Ce commentaire révèle la chute de l'histoire

Dans cette pièce de théâtre, par ailleurs très bonne, cinq femmes décident de faire le procès de don Juan, ce dernier représentant évidemment l'homme dans ce qu'il a de plus fourbe... pour les femmes qu'il a laissées tomber. Elles le font venir en lui mentant sur les motifs de la convocation et l'isolent une nuit entière pour lui faire son procès, à cinq (parties intéressées) contre un. J'aimerais bien qu'on me trouve une pièce de théâtre ou un film des années 2000 où l'inverse serait même imaginable : cinq hommes qui jugent une femme sur son comportement. Cette pièce est très représentative de ce qu'est devenu le rapport de force entre les hommes et les femmes dans notre société. Et je précise que là n'était absolument pas le but de l'auteur. Celui-ci s'intéresse simplement aux ressorts de l'amour et à diverses questions existentielles. Je le répète, cette pièce est très bonne pour ses réflexions sur la condition humaine en général. Mais il faut remarquer cette forme de procès à cinq femmes contre un homme. Et d'ailleurs, don Juan ne réussira à tirer notre sympathie, à fin de la pièce... que lorsque nous découvrons qu'il est en fait homosexuel. Voilà qui est très encourageant pour les hommes hétérosexuels.



Pièce à conviction n° 4
 
Nature du document Critique de livre
Auteur Dytal
Source Critique de L'inceste, c'est pour la vie

Il s'agit ici d'une simple critique d'un livre écrit par un policier au sujet de l'inceste. L'auteure de la critique conclut en ces termes :

« C'était ma seconde lecture et j'ai encore été frappée par toute cette violence, mais aussi par l'habileté de l'auteur à nous raconter une histoire telle que celle-ci. Nous aurions tendance à croire que les hommes ne comprennent que peu la douleur de l'inceste, mais pour Jean-Marc Martel [auteur du livre], ce n'est pas le cas. »

J'aimerais bien savoir pourquoi « nous aurions tendance à croire que les hommes ne comprennent que peu la douleur de l'inceste ». Parce que sont eux qui sont les violeurs? Et... se pourrait-il que la très grande majorité des hommes n'aient jamais commis d'inceste? Et ceux-là, pourquoi ne pourraient-ils pas comprendre la douleur de l'inceste? Parce qu'ils ne l'ont pas vécue? Mais alors, les millions de femmes qui n'ont jamais connu « la douleur de l'inceste », en vertu de quoi, elles, la comprendraient-elles? Est-il possible que les hommes aient une certaine sensibilité qui leur permette de comprendre la souffrance de l'autre, même s'ils ne l'ont pas vécue, même s'ils ont plus de testostérone que les femmes? Est-ce si étonnant que cela arrive?



Pièce à conviction n° 5
 
Nature du document Livre
Titre La poussière du temps (2005)
Auteur Michel David

Dans cette chronique de 450 pages, l'auteur nous décrit avec beaucoup de détails la vie quotidienne d'un jeune couple pauvre dans le Québec urbain des années 1940. Mais une chose est frappante : tout le long du livre, on est témoin constamment d'une femme déçue par son mari violent et insensible. Pourtant, dans l'histoire, on comprend que l'homme en question doit travailler dix heures par jour dans une usine pour un salaire de crève-faim qui est censé lui permettre de faire vivre une femme et cinq enfants. Mais son cas à lui, on ne s'y attardera pas vraiment; jamais il ne sera présenté en victime, ni même en personnage vivant des conflits ou des difficultés pouvant paraître insurmontables. La chronique du Québec urbain des années 40 devient une chronique de la femme urbaine des années 40. Et l'auteur, ici, est un homme. J'attends encore un roman historique écrit par une femme qui passe sous silence les cruautés de la condition féminine dans l'histoire.



Pièce à conviction n° 6
 
Nature du document Pub télé 
Objet  Savon à main désinfectant (hiver 2005)
Marque (Quelqu'un peut-il m'aider? Je ne me souviens pas de la marque!)

Petite pub innocente pour nous inciter à apporter toujours avec nous ce savon à main désinfectant. Pour nous en convaincre, on nous montre un homme pas très ragoûtant éternuer violemment sur la poignée de son panier d'épicerie. Évidemment, il fallait que ce soit un homme. Tout le monde sait qu'il n'arrive jamais aux femmes d'éternuer à l'épicerie, et que quand un homme le fait, il ne le fera jamais dans un mouchoir ou en détournant la tête pour éviter de contaminer la poignée, tandis qu'une femme fera tout cela.



Pièce à conviction n° 7
 
Nature du document Livre
Titre  Le pouvoir? Connais pas! (1982)
Auteure  Lise Payette

Dans ce livre qui dénonce partout les stéréotypes dont les femmes sont victimes, Lise Payette lance innocemment la phrase suivante : « C'est dans des moments comme ceux-là que je regrette de ne pas être un gars pour casser la gueule à ceux qui propagent de telles énormités » En fait de stéréotype, avouons que c'est difficile à battre. J'aimerais faire remarquer à Mme Payette qu'en 42 ans de vie, il ne m'est jamais arrivé de casser la gueule à quiconque parce que j'étais en désaccord avec ses idées. Est-ce à dire que je ne suis pas un vrai homme? Si c'est le cas, des hommes, je n'en ai pas beaucoup dans mon entourage non plus.



Pièce à conviction n° 8
 
Nature du document Livre
Titre Entre l'ombre et la lumière (2005)
Auteur Tran Lam

Dans son livre par ailleurs excellent, paru en 2006, Tran Lam, une Cambodgienne arrivée au Québec dans les années 80, écrit ceci :

« Le matin de notre départ pour la France, Maurice est très nerveux. Il ne semble pas rassuré que Lucille et moi partions sans lui. Comme beaucoup d’autres hommes, il semble penser que les femmes ne peuvent pas se débrouiller sans eux. La crainte sans doute d’être supplanté par elles dans ce monde, qu’ils dirigent depuis si longtemps. Pauvres hommes! »

J'aimerais bien savoir s'il n'est jamais arrivé qu'une femme soit inquiète de voir son mari partir seul en voyage, dans un contexte où le couple se sépare rarement et où le mari ne serait pas habitué de voyager. Le cas échéant, j'aimerais bien savoir comment on interpréterait l'inquiétude de la femme. Sans doute parce que nous craignons tous que l'homme profite de sa liberté pour courir la galipote, ce qu'une femme ne ferait jamais. Ou alors, gageons qu'on dirait encore « pauvres hommes », car on sait que les hommes ne savent pas s'organiser, et qu'ils ont besoin de leur femme pour leur dire où sont leurs chaussettes et leurs cravates. Mais « pauvres femmes », ça, je vous défie de le trouver dans un récit écrit après 1990.



Pièce à conviction n° 9
 
Nature du document Affiche de film
Titre  Nuit de noces (2001)

L'affiche de cette comédie montre l'actrice principale, Geneviève Brouillette, retenant son futur mari, François Morency, en tirant sur son sous-vêtement. Toute pimpante, elle est en belle robe de mariée, tandis que lui porte un haut chic mais pas de pantalons. Il est en chaussettes et porte un sous-vêtement blanc à pois rouges. L'image est présentée comme amusante, car il s'agit d'une comédie. Inversons les rôles, juste un instant. L'image serait absolument inacceptable, car elle laisserait entendre que l'homme est un violeur en puissance. Mais quand c'est la femme qui tient l'homme par le fond de culotte, c'est juste drôle.



Pièce à conviction n° 10
 
Nature du document Émission de télévision 
Titre  Les Simpson 

Cette émission de télévision intelligente et hilarante est truffée de stéréotypes et de personnages ridicules. Un seul personnage est l'incarnation du bon sens et de la modération. Je vous laisse deviner si c'est un homme ou une femme. Et le deuxième personnage le moins stéréotypé, je crois qu'on pourrait dire que c'est un des deux enfants Simpson. Je vous laisse deviner si c'est le frère ou la soeur.



Pièce à conviction n° 11
 
Nature du document Émission de télévision 
Titre  Ram Dam, épisode du 27 février 2006

Dans cet épisode, on voit Claude, le père de cette famille reconstituée, essayer de faire des claquettes. Il fait des « steppettes » ridicules sur une petite musique de piano insignifiante et répétitive. Cette scène revient souvent dans l'épisode, entre autres à un moment où son fils Simon a honte de lui et ne voudrait surtout pas que son ami Thomas voie son père dans cette situation.

Le personnage de Claude est loin d'être un personnage grossier comme celui d'Homer Simpson; pourtant, on remarque qu'il est régulièrement dans des situations où l'on se moque de lui, à cause d'un nouveau hobby, ou parce qu'il est très malhabile, par exemple dans tout ce qui s'appelle bricolage ou rénovation.

En revanche, après avoir vu des dizaines d'épisodes, je n'ai jamais vu Victoria, la mère, dans une situation ridicule. Elle est sérieuse, responsable, elle a toujours la bonne réplique, elle voit toujours dans le jeu de ses enfants lorsque ceux-ci veulent lui cacher quelque chose, elle sait faire preuve d'amour et de compréhension, et elle a une vie professionnelle réussie (elle a même laissé sa famille quelques mois pour aller travailler en Allemagne avec une personnalité réputée). Allons-nous mettre en scène une femme qui se ridiculise parce qu'elle ne sait pas tenir un marteau ou qu'elle rate un gâteau? Oh! scandale! Jamais de la vie! Mais pour un homme, c'est acceptable.

On se moque beaucoup, aujourd'hui, de l'émission Papa a raison, où le père était adulé comme le centre de la famille et comme une personne-modèle. Et on ne voit pas que l'inverse se passe sous nos yeux dans les téléromans d'aujourd'hui. Ne rions pas trop des téléspectateurs des années 1950... ou alors, allons voir comment ceux des années 2050 verront nos émissions à nous!



Pièce à conviction n° 12
 
Nature du document Film
Titre  Flight Plan (Plan de vol)

(Attention : la fin du film est révélée dans ce texte.)

Dans ce film, une mère (Jodie Foster) embarque dans un avion à Berlin à destination de New York avec sa petite fille de 6 ans. Les deux s'endorment pendant le vol, et quand la mère se réveille, la petite a disparu. La mère alerte l'équipage, qui finit par lui dire que la petite fille n'est probablement jamais entrée dans l'avion, car son siège n'a jamais été attribué, et la mère n'arrive pas à trouver la carte d'embarquement de la fille. On lui apprend même que sa fille est morte à Berlin avec son mari. Autrement dit, on croit qu'elle est psychologiquement perturbée, qu'elle a seulement imaginé que sa fille est entrée avec elle dans l'avion, ne pouvant pas supporter la douleur d'avoir perdu deux êtres chers dans un accident. La femme ne renonce jamais, et prend mille moyens pour sauver sa fille envers et contre tous. Et de fait, à la fin, on découvrira qu'il y a eu machination et que la petite fille a été enlevée à des fins de chantage. Bref, après mille péripéties, la mère réussira à sauver son enfant.

L'histoire fait penser à Jamais sans ma fille (Sally Field), à Erin Brockovich (Julia Roberts), aux Saisons du coeur (Sally Field encore) et à tant d'autres films où l'on exalte le courage d'une femme seule contre tous qui fait preuve d'un courage admirable. Évidemment, je n'ai rien contre de tels modèles, mais où sont les films où un homme joue un rôle équivalent, si on fait abstraction évidemment des films d'action irréalistes à la Zorro, à la James Bond ou à la Matrice? Ça n'existe pas, dans la vie réelle, des hommes qui font preuve de courage sans avoir un fouet ou un pistolet automatique dans chaque main?



Pièce à conviction n° 13
 
Nature du document Pochettes de DVD
Lieu  Vidéo éclair du coin

Peu de temps après avoir commencé à dresser le présent inventaire, je vais chercher un film dans mon club vidéo de quartier. Dans la section des nouveautés, il y a trois films d'amour dont la pochette représente l'homme et la femme.

- Simplement amis (Just Friends), où l'on voit la femme qui regarde la caméra d'un air assuré en mettant cavalièrement la main devant la bouche de son compagnon - qui a l'air un peu désemparé et ridicule - pour l'empêcher de parler.
- Et si c'était vrai (Just Like Heaven), où l'on voit la femme au premier plan, nettement devant l'homme, les bras croisés, regardant aussi la caméra d'un air assuré.
- Entre elles et lui (Prime), où l'on voit la femme, encore les bras croisés d'un air assuré, centrée au premier plan devant son homme qui n'entre même pas entièrement dans le cadre de la photo.

À ces trois films d'amour, ajoutons une comédie, Cake, où l'on voit une femme d'un air assuré, le pied sur un gâteau de un demi-mètre de haut, une main sur son genou et l'autre sur la hanche, et deux hommes nettement à l'arrière-plan.

Vous me direz qu'il n'y a pas là de quoi fouetter en chat : les hommes ne sont pas vraiment maltraités sur ces pochettes (sauf peut-être dans le premier cas, où l'on présente comme bien amusant le fait que la femme veuille péremptoirement empêcher l'homme de parler). Il n'empêche que ce sont des films d'amour (une comédie dans le dernier cas), et que, dans quatre cas sur quatre, la femme est à l'avant-plan et a un air assuré.

Je n'ai pas soigneusement choisi ces pochettes pour les besoins de ma démonstration : c'était les quatre pochettes de films d'amour ou comédie où l'on montrait un homme et une femme, dans la section des nouveautés. Il n'y en avait pas d'autre. Mais pour faire bonne mesure, ajoutons que j'ai remarqué un peu plus loin la pochette du remake de Ma sorcière bien aimée, où l'on voit encore la femme les bras croisés et d'un air assuré, et son mari à côté d'un air ahuri.

Je n'ai rien contre le fait qu'une femme puisse avoir l'air assuré, mais comment se fait-il que ce ne soit pas moitié-moitié? Comment se fait-il que l'homme ait toujours l'air soit dominé, soit neutre, soit ridicule, et jamais sûr de lui? Comment se fait-il que l'homme soit toujours à l'arrière-plan (dans Bewitched, il n'est pas à l'arrière-plan, mais on a tout de même pris soin qu'il ait l'air d'un merlan frit qui a peur de tomber)? Ces images sont devenues tellement courantes qu'on ne le remarque même plus. Mais à la longue, quelle est l'image des relations hommes-femmes qui est enregistrée dans la tête des jeunes quand ils se promènent dans un club vidéo?

La prochaine fois que vous verrez, sur une pochette de film romantique (et non d'un drame), un homme qui empêche sa femme de parler, vous me ferez signe, et surtout, vous surveillerez les réactions des femmes.

Finalement, ce jour-là, j'ai loué Monsieur Météo, excellent film... qui m'a cependant permis de pousser plus loin mon enquête.

P.-S. : Je ne parle ici que des films que j'ai vus cette semaine-là au club vidéo, mais vous serez à même de remarquer vous-même que ce modèle, avec diverses variantes, est systématiquement repris sur les pochettes des nouvelles comédies.



Pièce à conviction n° 14
 
Nature du document Film
Titre Monsieur Météo (Weatherman), avec Nicholas Cage et Michael Caine

Ce très bon film relate l'histoire d'un homme qui, à l'aube de la quarantaine, constate que sa vie a été un échec. Je trouve un peu dommage d'utiliser ce film comme pièce à conviction, car il est évident que l'auteur visait à un message universel et ne voulait pas traiter là-dedans des relations hommes-femmes. Cependant, c'est justement dans ce contexte qu'on voit comment sont vues les relations hommes-femmes dans l'imaginaire d'une époque : c'est dans les cas où cet aspect est secondaire dans l'histoire.

Ici, notre homme est séparé et cherche désespérément à renouer avec son ex-femme. Toutes les fois où il la rencontre, il fait une gaffe, il fait une erreur ou il a l'air ridicule (et ici, ce n'est pas une comédie, mais un drame) :
- Il lui lance une balle de neige pour s'amuser et elle la reçoit dans l'oeil;
- Il emmène leur fille de douze ans à une fête familiale de bureau mais il la ramène blessée à cause d'un accident survenu pendant une « course de poche à patates » sur glace;
- Juste avant d'aller à une rencontre de famille, il se fait lancer une tarte McDonald qui souille son habit;
- (Et j'en passe.)

La femme, elle, est en pleine possession de ses moyens : elle est belle et rayonnante, elle est en train de refaire sa vie avec un autre homme, elle tient maison comme il faut, et dans ses meilleurs moments, elle prend en pitié son ex-mari.

L'élément déclencheur du divorce? On le voit en flashback : la femme a demandé à son mari de passer au restaurant chercher une commande pour emporter. Et elle l'a bien mis en garde : « N'oublie pas la sauce tartare! » Le type a toutes sortes d'autres préoccupations, va chercher la commande... mais oublie la sauce tartare! C'est le drame quand il revient à la maison. Quel homme typique, non? Voit-on parfois, dans les films, des femmes qui oublient un détail quand elles ont des commissions à faire? Oui! Mais dans ce cas, ce n'est pas parce que ce sont des irresponsables qui n'arrivent pas à se connecter avec le reste de la famille; c'est parce qu'elles sont sont tellement occupées, ont tellement à faire et à penser, que la vie moderne est tellement exigeante...

Dans les années 2000, il serait impensable de voir un film qui montrerait une femme découragée de sa vie parce que son mari l'a laissée tomber, et qui conserverait l'espoir de renouer avec lui. Ce serait tellement dégradant pour elle!



Pièce à conviction n° 15
 
Nature du document Pub télé
Entreprise BMR (Centre de rénovation)

Deux couples sont face à face au restaurant. Le premier raconte avec enthousiasme ses projets de rénovation, qui ont dû coûter une fortune, mais qui semblent emballants. Puis la femme de ce couple demande à l'autre : « Et vous, quoi de neuf? » « Rien! », répond l'autre femme en jetant un regard assassin à son mari. Fin de la pub.

Comme dans bien des pubs de ce genre, on ne remarque pas l'incongruité de la situation, et on comprend tout de suite l'humour qui y est exprimé. Il est indéniable que ce message fait du bien par où il passe pour la plupart des femmes qui la voient. Quant aux hommes, ils se laisseront aussi amuser par le ton cassant, plein de sous-entendus, de l'actrice.

Mais peut-on s'arrêter pour se demander de quoi il est question exactement? En vertu de quoi le fait que ce couple ne fasse pas de rénovations doit être la faute de l'homme en particulier, et en vertu de quoi la femme peut-elle lui en faire un reproche aussi cinglant? Il y a deux raisons possibles pour lesquelles le deuxième couple ne fait pas autant de rénovations que le premier. La première, c'est qu'il n'ait pas suffisamment d'argent. Mais ce n'est sans doute pas le propos du commerçant qui fait passer l'annonce. Et de toute façon, si c'était le cas, on ne voit pas pourquoi l'homme devrait se sentir coupable d'avoir un petit salaire (en supposant que la femme ne travaille, pas, ce qui n'est sans doute pas le cas non plus).

La deuxième raison, et c'est celle qu'on comprend spontanément, c'est l'inertie. Mais pourquoi diantre s'agit-il forcément de l'inertie de l'homme plutôt que de celle de la femme? Pourquoi la femme, en 2006, est-elle incapable de s'occuper elle-même des rénovations qui lui font envie? Pourquoi la femme ne pourrait-elle pas partager sa part de responsabilité dans le fait que, au fond, les rénovations, c'est long et compliqué, et on n'a pas toujours envie de se lancer là-dedans?

Essayons d'imaginer la scène inverse. Un couple ravi raconte à un autre couple tous les beaux petits plats qu'il se mijote avec enthousiasme les soirs de semaine. « Et vous? », demande l'homme à son ami. « Nous autres? On mange des binnes! » répond l'homme en jetant un regard assassin à sa femme.

Moi, je trouverais cela très drôle. Pas vous?



Pièce à conviction n° 16
 
Nature des documents Films romantiques 
Titre Les poupées russes et Simplement amis (Just Friends)

En une semaine, j'ai vu deux films où un homme recevait un coup de poing de la part d'une femme. Pas une bonne vieille gifle, un vrai coup de poing qui jette le gars par terre. Attention, je ne parle pas de films d'action comme Kill Bill, je parle de comédies romantiques.

Dans Les poupées russes, le gars est seul devant trois filles (j'allais écrire amies!), on sait très bien que ce qui vient de se passer est un malentendu, mais la fille ne veut rien savoir : pendant qu'il essaie de lui parler, elle coupe court à ses explications par un coup de poing dans l'oeil. D'ailleurs, la scène suivante, il est dans l'auto avec sa mère et on met en évidence son oeil au beurre noir. Si c'était l'inverse qui s'était passé, l'homme serait un batteur de femmes et mériterait la prison. Mais puisque c'est la femme qui a frappé l'homme, il n'y a pas de conséquences. (Je ne parle pas seulement du film : je parle de la réaction psychologique du spectateur.)

Dans Simplement amis?, encore une fois, la gentille fille est tout simplement très en colère contre son prétendant maladroit.

À noter qu'il y a là-dedans un film européen et un américain.

Vous pouvez toujours répondre que ce ne sont que des films, mais moi, je vous pose la question : dans combien de films romantiques avez-vous un homme ne serait-ce que gifler une femme dernièrement (à part, évidemment, le méchant batteur de femmes de service qui n'est là que pour qu'on le déteste et pour rappeler à quel point les hommes peuvent être sans coeur)?

D'ailleurs, à bien y penser, le film Simplement amis reprend un thème très fréquent dans les comédies romantiques : si le couple va mal, c'est parce que l'homme n'a pas compris quelque chose. Le happy end arrivera le jour où il aura compris exactement comment il doit se comporter - pire : ce qu'il doit être - pour que le couple aille bien (ne pas être trop prétentieux, ne pas trop penser à lui-même, ne pas être trop égoîste, ne pas être trop mou, ne pas être trop dur, savoir respecter son amie quand elle veut être respectée... mais ne pas lui faire l'injure de ne pas la prendre quand elle a envie de faire l'amour...). Comme dans Le jour de la marmotte, La rupture et tant d'autres, la rédemption passe le jour où l'homme « comprend ». La femme, elle, n'a pas d'efforts à faire, sauf de patienter en souffrant. Dans les comédies romantiques, il y a plein d'hommes égoïstes, irresponsables et grossiers, mais jamais de femmes contrôleuses, manipulatrices, intransigeantes ou carriéristes. Conséquence, quand le couple va mal, c'est à cause de l'homme.

J'envoie ici un message à mes deux garçons adolescents (et à ma fille aussi) : contrairement à ce que vous disent à peu près tous les films romantiques, je vous que vous sachiez que, quand ça ne va pas dans un couple, c'est généralement les deux qui ont un examen de conscience à faire. Ce n'est pas toujours la femme qui fait tout ce qu'il faut et l'homme seulement qui doit se remettre en question.

Et on ne règle pas un différend avec un coup de poing.

Pièce à conviction n° 17
 
Nature du  document Publicité 
Produit Pain Gadouas

Cette publicité très populaire avec Lise Dion met en scène un garçon d'environ treize ans qui parle à sa blonde au téléphone en essayant de lui faire croire qu'il se fait « des p'tites pâtes au pesto », alors qu'en réalité, il se fait une tartine au beurre d'arachide. En entendant ces mots, sa mère éclate de rire : « Hahahahah! Des pâtes au pesto! D'où ça sort, ça? »

Cette publicité est très drôle. Mais je vous défie de me montrer un publicité où un père ridiculise sa fille de 13 ans, dans ses relations amoureuses, d'une manière aussi brutale.

Pièce à conviction n° 18 (contre-exemple)
 
Nature du  document Publicité 
Produit Peinture Boysen

On verra à l'adresse http://www.ampq.com/news/news25_08_06/htmlnews/13792.html une publicité des Philippines. Excellent exemple d'une chose qu'on ne verrait jamais au Québec.

Pièce à conviction n° 19
 
Nature du document Chronique 
Auteure Lise Payette

Lise Payette est au machisme ce que George Bush est au terrorisme. Si elle met tant d'ardeur à le dénoncer et à le combattre, c'est que ce comportement est profondément ancré dans sa propre personnalité, C'est un principe bien connu des psychologues. Ça s'appelle la projection. Pour faire un mauvais jeu de mots, en combattant le sexisme, Lise Payette combat son (h)ombre. En fait, je connais très peu d'hommes aussi sexistes que Lise Payette. J'en ai déjà touché un mot ici. Et maintenant, voilà que, dans Le Journal de Québec du 19 avril 2007, dans un article où elle félicite Jean Charest pour avoir nommé le premier conseil des ministres paritaire hommes-femmes, elle déclare :« Il ne le dira pas, mais il sait bien que les femmes travaillent plus et mieux que les hommes en politique. Moi, je peux le dire, parce que j'ai été à même de voir des hommes bâcler des dossiers très souvent [...] . »

Le plus remarquable, c'est que ce commentaire ne soulève aucun tollé. Je vous dirais, à la limite, que même si c'était vrai (et il est évident que c'est un stéréotype foutaitique), cela appartient au genre de choses qu'il est interdit de dire en public à propos de n'importe qui sauf les hommes. Quand Parizeau a dit que les immigrants étaient une des deux causes principales de la défaite référendaire de 1995, tout le monde savait qu'il avait raison (c'était statistiquement vrai, rien de moins), mais mon Dieu qu'il ne fallait pas le dire, parce qu'il ne faut rien dire sur les immigrants. Quand Pierre Mailloux affirme en entrevue que les femmes sont inférieures aux hommes dans certains domaines (études à l'appui), l'émission est rien de moins que censurée. Mais dire dans le journal le plus lu au Québec que les hommes travaillent moins fort et moins bien que les femmes, mon Dieu, qu'y a-t-il de mal à cela : ça dénigre la moitié de l'humanité, mais la pas bonne! On ne va quand même pas en faire tout un plat!

« Les femmes travaillent plus et mieux que les hommes en politique. » C'est pour arriver à ça qu'on consacre une vie entière à combattre pour l'égalité entre les hommes et les femmes?



Pièce à conviction n° 20
 
Nature du document Film
Titre Une nuit au musée (NIght at the Museum), avec Ben Stiller

Le topo de départ relève dorénavant du lieu commun : le couple est divorcé et a un enfant de dix ans. La mère a refait sa vie avec un autre homme et peut ainsi offrir au petit garçon un milieu stable. Le père, lui, est plus ou moins un inventeur raté, déménage tous les deux mois, n'arrive pas à conserver un emploi, et constitue donc un facteur d'instabilité pour l'enfant, à tel point que la mère lui laisse entendre qu'il vaudrait mieux qu'elle le garde avec elle à temps plein.

En fait, ce n'est pas le sujet du film, ce n'en est que la toile de fond. Mais on voit encore ici à quel point ces clichés sont devenus communs. Tellement communs, en fait, qu'il n'y aurait pas lieu d'en faire un article particulier ici, sauf que je voulais citer cette phrase dite par la mère au moment où le père veut emmener son fils au musée, où il vient de décrocher un boulot de gardien de nuit. Elle le met formellement en garde : « Je crois que cette fois Nicky n'a plus de place dans son coeur pour une déception de plus. » Le type veut seulement emmener son fils au musée pour lui montrer son lieu de travail et raccommoder certaines choses avec lui (il veut en particulier lui montrer que, la nuit, les pièces du musée prennent vie, mais cet aspect n'est pas pertinent car la mère ne s'en doute absolument pas). Ajoutons qu'on ne voit pas trop ce que le père a fait de si terrible jusque-là pour traumatiser son fils, si ce n'est qu'il déménage souvent.

« Je crois que cette fois Nicky n'a plus de place dans son coeur pour une déception de plus. » Ça, ça veut dire : « Mon vieux, toi, tu crois que tu ne fais qu'emmener notre garçon au musée, une simple sortie père-fils, mais moi, je te dis que tu as une responsabilité énorme sur les épaules. Il ne faut pas que tu te trompes, il ne doit arriver aucun imprévu, tu n'as pas droit à l'erreur, sinon tu vas détruire notre fils, rien de moins, et ce sera ta faute, alors que moi, je fais tout - et je réussis - pour lui donner tout ce dont il a besoin. »

Je n'ai jamais vu des hommes mettre leur ex devant ce genre d'ultimatum, avec ce genre de chantage émotif, dans des films du genre.



Pièce à conviction n° 21
 
Nature du document Photos promotionnelles du Bye Bye 2008

Cela faisait déjà un bon bout de temps que j'avais décidé de « me calmer le pompon » avec ces histoires de sexisme dans la publicité et dans les films. Mais quand j'ai vu les photos promotionnelles du Bye Bye 2008 à la une de tous les journaux, je n'en croyais pas mes yeux.

Ces photos sont tellement drôles! Mais tiens, c'est curieux : on a pris la peine d'en faire plusieurs pour le même événement, et jamais on n'a pensé à en prendre une où Louis Morrissette serait dominant et son épouse dominée (car, pour les lecteurs hors Québec qui ne seraient pas au courant, ces photos montrent les deux concepteurs du Bye Bye 2008, qui forment par ailleurs un vrai couple dans la vraie vie).

J'aurais tellement ri, moi aussi, si j'avais vu une photo de Louis Morrissette bâillonnant sa femme ou la tirant par une laisse!

Quand on pense qu'on trouve scandaleux, aujourd'hui, les photos des années 1950 où l'on avait l'outrecuidance de mettre une femme à côté d'un fourneau! La société a bien évolué, depuis, nous faisons bien mieux que nos grands-parents.



Pièce à conviction n° 22
 
Nature du document Carte de fête

J'ai vu cette carte de fête dans une pharmacie. Dès qu'on essaie de la lire, on se rend compte qu'elle est écrite à l'envers. Défaut de fabrication qui saute aux yeux, donc. C'est une carte « Bonne fête de nous deux ». On y dit que, pour faire changement, c'est « lui » qui a fait l'effort d'acheter la carte cette fois-ci. Et la chute, hilarante à souhait : « Qui d'autre qu'un homme aurait pu rater une tâche aussi simple? »

C'est drôle, j'ai lu des dizaines d'autres cartes de fêtes dans le même présentoir, toutes humoristiques, et aucune qui riait des femmes.

Ah! C'est vrai, c'est parce qu'on a beaucoup évolué depuis les années 1970 : les blagues sexistes, dans les années 2000, ce n'est plus drôle.



Pièce à conviction n° 23
 
Nature du document Publicité télévisée
Nom du produit Cold-FX

C'est une publicité pour un médicament contre le rhume. On voit un homme (à moitié chauve, plus ou moins bien rasé) qui éternue avec une violence inouïe. On voit en gros plan ses postillons abondants partir dans tous les sens, puis une femme arrive dans le décor. Ciel! Elle sera aspergée de cette salive pleine de microbes! Heureusement, elle se protège grâce à Cold-FX.

Deux personnages. On avait donc quatre combinaisons possibles :

Comme par hasard, on a choisi l'homme pour jouer le rôle de celui qui contamine et agresse et, par-dessus le marché, est trop fruste pour éternuer dans un mouchoir ou, au pis aller, baisser la tête au moment de l'éternuement. Et la victime de ce malappris est une femme, et bien sûr, c'est par elle que sont rétablies la propreté et la santé.

Bof, il fallait choisir une des quatre combinaisons, me direz-vous, et celle-ci n'est pas pire qu'une autre, c'est sans doute un hasard. Moi, je dis que quand une chose qui arrive avait une chance sur quatre d'arriver, c'est déjà moins un hasard que quand si elle avait eu une chance sur deux. Mais le plus intéressant, c'est qu'il y a quelque temps, on pouvait voir à la télévision une autre publicité très semblable, mais pour un autre produit. C'était pour un genre de savon désinfectant qu'on peut apporter avec soi un peu partout. La scène se passait à l'épicerie. Un homme éternuait sur la poignée de son panier d'épicerie, et la femme qui prenait le panier après lui avait la chance de porter sur elle ce savon avec lequel elle a désinfecté la poignée avant de prendre le panier. Encore une fois, une chance sur quatre que l'infection vienne d'un homme et que la victime soit une femme... mais c'est pourtant le scénario qu'on a retenu, toujours par hasard, sans doute.

Sauf qu'avec les deux annonces combinées, on est rendu à une chance sur huit. Pas pour rien, j'imagine, que « hasard » rime avec « bizarre ».

P.-S. : S'il vous plaît, dès que vous voyez une pub où une femme enrhumée contamine un homme, faites-moi signe!



Pièce à conviction n° 24
 
Nature du document Publicités du temps des fêtes
Nom de l'entreprise Canadian Tire

J'ai choisi Canadian Tire pour l'exemple, mais ce n'est pas le seul. Dans le temps des fêtes, on aime bien nous montrer, dans des pubs, des gens qui reçoivent des cadeaux mal choisis, cheaps, quétaines ou de mauvais goût.

Il arrive, certes, que l'auteur du cadeau soit une vieille matante, je vous le concède. Mais quand c'est un couple qui est en cause, c'est l'homme qui a fait la gaffe et la femme qui est déçue. Jamais le contraire.

Amusant, et sans conséquence sur l'image des hommes dans le couple, bien sûr.


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