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Lettre à Michel Marcoux
sur sa chronique « Fonds d'investissement »
intitulée Éthique, Cogeco et Gillet!
parue dans Le Devoir du 13 septembre 2004

 

François Lavallée
13 septembre 2004

Monsieur Marcoux,

J'approuve votre idée de traiter d'un sujet éthique dans votre chronique du Devoir de ce matin. Cependant, je suis étonné du choix de votre cible.

Le retour de Robert Gillet à la radio est effectivement présenté par certains comme un problème éthique, mais le véritable problème de cet ordre à la radio de Québec est posé par l'existence, à un autre poste, d'un animateur nommé Jeff Fillion qui fait profession de calomnie jour après jour, allant jusqu'à proposer le gazage périodique des déficients mentaux dans les institutions psychiatriques.

Comparativement à ces actes quotidiens et répugnants, le fait que M. Gillet ait été reconnu coupable d'avoir retenu les services sexuels d'une jeune fille de 17 ans et demi fait bien piètre figure, d'autant plus qu'il relève de la vie privée de l'animateur.

Les tenants de la « vision éthique » font valoir qu'une personnalité publique comme M. Gillet se doit d'avoir également une conduite irréprochable en privé. Je ne dis pas le contraire, mais il me semble que les actes publics et quotidiens d'un animateur de radio ont une portée infiniment plus grande que ses faits et gestes privés. Un animateur qui incite publiquement toute une population à la haine et au mépris me paraît beaucoup plus dommageable pour une société (et éthiquement condamnable) qu'un animateur qui « se paie une fille » (comme des milliers d'autres de nos concitoyens) en cachette.

Il ne s'agit pas ici de défendre l'acte illégal de M. Gillet. Il s'agit d'attirer votre attention sur le fait qu'ayant judicieusement décidé de consacrer une chronique entière à une question éthique et au monde de la radio, vous preniez pour cible unique celui à qui on reproche un acte isolé commis il y a deux ans, alors qu'une radio qui enfreint quotidiennement les règles les plus élémentaires de l'éthique vient tout juste d'obtenir l'autorisation de poursuivre ses activités diffamatoires.

Vous parlez dans votre texte de « mesurer l'importante élasticité de ce qui est éthique et de ce qui ne l'est pas ». La mise en rapport de l'affaire CHOI et de l'affaire Gillet aurait été une excellente occasion de suivre cette voie des plus pertinentes.

Veuillez agréer, Monsieur Marcoux, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
 


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