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Les joueurs de hockey, ces incompris

 

François Lavallée
Article paru dans Mordicus en octobre 1994


        On entend de plus en plus de voix s'élever contre les hauts salaires des sportifs professionnels, notamment au hockey et au baseball.
        Mais on est en droit de se demander : s'indigne-t-on vraiment pour les bonnes raisons?

D'abord, d'où vient cet argent?

        Si les salaires des joueurs de hockey et de baseball venaient d'une taxe à laquelle tout le monde serait forcé de contribuer, on aurait le droit de se plaindre. Or le peuple qui se plaint des salaires trop élevés est curieusement celui qui fournit cet argent librement, en payant un prix étonnant pour aller voir une partie de hockey ou de baseball.

Ce dont on peut s'indigner

       Que les athlètes fassent les enfants gâtés. Évidemment, se plaindre, voire faire la grève, quand on est payé si cher pour faire ce genre de boulot, c'est une attitude de bébé gâté. C'est même indécent.
        On peut aussi alléguer que ces « vedettes » ont une certaine obligation morale envers « leur public ». Mais cela ne remet pas nécessairement en cause leur salaire même.
       Plus généralement, qu'il y ait des riches. La coexistence pacifique de gens très riches et de gens très pauvres sur notre planète a toujours de quoi nous laisser perplexes. Mais cette observation vaut tout autant pour les artistes, les golfeurs, les boxeurs, les hommes d'affaires, etc.

Le douloureux constat

        Ce que l'on ne peut que constater, c'est que les salaires faramineux des sportifs professionnels sont le simple reflet d'une réalité de notre société. Les salles de concert symphonique comptent de deux mille à trois mille places, les stades de baseball de cinquante à cent mille. C'est ainsi que pour des raisons que d'autres sauront expliquer mieux que moi, les vedettes du sport professionnel ont le privilège de puiser à pleines mains dans les poches d'une société qui se plaint de vivre la pire crise économique depuis les années trente. De qui se plaint-on?
        Autrement dit, si les joueurs n'étaient pas si riches, ce sont les propriétaires des équipes qui le seraient davantage.


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