Canada - Québec
Dossier constitutionnel Canada-Québec à la SRC Union sociale Bourses du Millénaire Financement de la santé «Le match quasi nul du référendum du 30 octobre 1995, qui a permis au fédéralisme de se maintenir grâce à une très courte majorité de votes, a provoqué un vent de panique au Canada anglais et dans les rangs des fédéralistes québécois qui ont dû prendre acte de l'inefficacité persuasive de leur discours et revoir leur arsenal idéologique. Au lieu de procéder à une réforme de la constitution canadienne qui revienne à l'essentiel de l'entente du lac Meech qui aurait pu mettre un terme aux revendications autonomistes québécoises, ils ont haussé d'un cran leur intransigeance et leur stratégie d'intimidation.» Denis Monière
Élections fédérales «Si mes vieux amis avaient eu la chance de bénéficier des Bourses du millénaire, dans notre temps, ils n’auraient pas passé leur vie dans des usines et seraient peut-être devenus d’honorables citoyens !» Jean Chrétien, en début de campagne électorale, octobre 2000
«Certains ont noté que les pires "unitaristes" de tous les pays étaient de la partie dominée de ces pays: Staline, géorgien, Napoléon, corse, voire même Hitler autrichien... À la veille d'une révolution en Wallonie (en 1950, contre Léopold III), pouvant mener à une sécession, le Premier Ministre belge fut un Wallon...»
"Changer les mentalités" à coups de ridicul'pubs caaanaaaadiaaaaaan
Ces fédéro-zigotos qui nous rendent le CAAAAANADA indigeste...
Jusqu'à quand tolérerons-nous «[...] ces messages de propagande qui se sont multipliés sur toutes les chaines de
télévision, sur tous les sujets, aussi futiles les uns que les autres, afin de nous plaquer à répétition sous les yeux le mot
CANADA en rouge criant, en répétant de façon insistante que ce gouvernement nous fournit des services
INDISPENSABLES... » ? Jean-Luc Dion, AGQ#12335, 15.12.00
"L’erreur du Parti québécois a consisté à bâtir un programme de gouvernement plutôt qu’une république, comme si
l’indépendance était faite de quelques mesures sociales et d’innombrables bonnes intentions. L’indépendance, c’est la
fin du passé. C’est la rupture avec le Canada. C’est donner son congé à la reine et aux simagrées monarchiques. C’est la
république et ses institutions. C’est la description exacte de pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et des conditions
de leur exercice." Pierre de Bellefeuille
JEAN CHRÉTIEN
Connard jusqu'à la fin
«Toutefois, en voulant trop étreindre les électeurs de l'Atlantique, M. Chrétien pourrait avoir froissé ceux de l'ouest du
pays. En rappelant à la blague que Joe Clark et Stockwell Day étaient des Albertains, Jean Chrétien a déclaré qu'il
préférait travailler en politique avec des gens de l'est. Réalisant qu'il s'était mis les pieds dans les plats, le premier
ministre s'est empressé de réparer sa gaffe en soirée, en parlant des origines albertaines de sa mère et de ses nombreux
amis dans la province. » Jean Chrétien se met les pieds dans les plats encore une fois (TVA 23.11.00)
Les Canadiens ont profité du débat constitutionnel de la dernière décennie pour renforcer leur identité et rejeter la
conception asymétrique du fédéralisme. Ils ont puisé dans les hésitations et les tergiversations de la société québécoise
un sentiment de force qui les pousse à l'intransigeance. Les Canadiens rejettent maintenant toute solution de
compromis et ne craignent plus de s'aliéner les Québécois parce qu'ils estiment que ceux-ci n'auront pas le courage
d'aller jusqu'à la rupture.
"Jean Chrétien et ses acolytes n'ont jamais compris que ces diverses tactiques ridicules nuisent plus à l'option
fédéraliste que toutes les dénonciations additionnées des ténors du Parti québécois. Elles exaspèrent le contribuable aux
prises avec les véritables problèmes de la vie quotidienne ; discréditent la classe politique fédérale ; braquent les
projecteurs sur Ottawa en tant qu'instigateur de tous les conflits et accréditent les critiques du régime." J.-Jacques
Samson
Le Québec dans la Confédération - nous avons tout à craindre
Lionel Groulx
Il semble que le bon citoyen, au Canada, ce ne puisse être que le patriote à trois ou quatre patriotismes, dont le plus
orthodoxe serait le plus centrifuge, le moins centré sur la terre natale. Laquelle de nos multiples patries a prééminence
sur l'autre? Par-dessus tout, au point de départ, nous, d'origine française, allons-nous nous entêter indéfiniment à rester
et à nous appeler Canadiens français? Face à la réalité politique et nationale, on nous le crie de tous côtés: un seul type
de Canadien ne serait-il pas admissible, celui que l'on désigne en termes si élégants, le Canadien «tout court»?...
Au reste, les partisans de l'unité nationale à tout prix, et surtout au prix que nous seuls aurons à solder, finiront-ils par
comprendre que les Canadiens français ne peuvent se comporter, en regard de la Confédération et surtout du pouvoir
fédéral, de la même façon que leurs compatriotes des autres provinces? Ils ne le peuvent, pour cette raison majeure,
qu'en face de ces entités politiques, eux et leurs associés, ne sauraient se ramener sur tous les points au même
dénominateur. La chose n'était point possible en 1867. Et c'est pourquoi, au lieu de l'«Union législative», nous avons eu
l'union fédérative. La chose n'est point davantage possible en 1949, parce que le centralisme politique d'Ottawa n'est
pas plus acceptable au Québec, en 1949, qu'il ne l'était il y a quatre-vingt-deux ans.
A l'heure actuelle, les autres provinces peuvent s'opposer, de façon diverse, au centralisme outaouais. Elles ne s'y
opposent point, pour les mêmes motifs que le Québec. D'un côté les motifs ne se haussent guère au-dessus de l'ordre
politique et économique. De l'autre, à ces mêmes motifs, il en faut ajouter d'ordre supérieur, d'un caractère moral et
culturel, motifs élevés, impérieux, qui engagent l'honneur et la vie d'un peuple et d'un État. Les Anglo-Canadiens n'ont
rien à craindre, ni pour leurs croyances, ni pour leur droit, ni pour leur culture, du centralisme de l'État fédéral. Nous,
Canadiens français, une expérience chèrement acquise nous l'a appris: nous avons tout à craindre. Et l'expérience
gardera son poids d'or aussi longtemps qu'en politique la clairvoyance vaudra mieux que la naïveté, et que, pour la
sauvegarde de ses plus chers intérêts, il vaudra mieux s'en charger soi-même que d'en charger le voisin ou, encore, le
fair play britannique.
1949. Extraits d'une conférence publiée dans L'indépendance du Canada, pp. 167-175.
Pendant que l'attention se concentrait sur les spéculations entourant la formation du cabinet Landry, Ottawa continuait
son travail de sape. Jean Chrétien a redit son intention de ne laisser au gouvernement du Québec qu'un rôle de
concierge au Sommet des Amériques. Et le gouvernement du Canada s'activait par ailleurs à faire naître une autre
association internationale qui va laisser, une fois de plus, le Québec sur le carreau.
Le Devoir (jeudi 8 mars 01) nous apprenait en effet que le gouvernement canadien s'emploie à la mise sur pied du
Forum interparlementaire des Amériques, un organisme destiné à fournir un cadre de discussion pour traiter des
préoccupations de la société civile à l'égard de l'intégration des Amériques et agissant en lien avec l'Organisation des
États américains. Les gouvernements des provinces et des états fédérés ne seront pas admis à ce Forum. Le président du
Comité permanent des affaires étrangères de la Chambre des Communes, un certain Bill Graham, ne s'en cache pas : le
but est de marginaliser le Québec, jugé trop efficace à la Conférence des parlementaires des Amériques. Ottawa s'est,
en effet, retiré de ce Conférence, dit-il, "parce que nous la voyions comme une association qui était très, très dirigée
vers la notion d'indépendance du Québec". Mensonge et mépris pour tous les autres participants qu'Ottawa ne voit pas
autrement que manipulés par les méchants séparatistes.
La vérité, c'est que la contribution du Québec à la Conférence des parlementaires des Amériques est féconde. La vérité,
c'est que le Québec y exerce un leadership indéniable. C'est ce qui indispose le gouvernement canadien. Ottawa ne veut
pas voir le Québec dans les forums qui comptent. Et grâce, entre autres, à la contribution québécoise, cette Conférence
est en passe de devenir un espace original. N'ayant pas été capable de contrer le Québec, Ottawa s'en est retiré. Il
s'active désormais à contenir cette Conférence, à réduire sa portée et son rayonnement en lui superposant le Forum.
L'action du Québec sur la scène internationale n'est plus tolérée par le Canada. Tous les moyens sont bons pour
l'encercler, dresser autour de lui un mur qui l'empêchera de se faire voir et reconnaître pour ce qu'il est. Contrairement à
ce qu'il prétend, ce ne sont pas les séparatistes qui sont visés : ce sont les institutions québécoises, l'Assemblée
nationale et ses pouvoirs qu'Ottawa veut subordonner.
A l'heure de la globalisation, l'action internationale est plus que jamais une composante essentielle de toute stratégie de
développement. Ottawa n'entend pas laisser au Québec la moindre marge de manoeuvre en ce qui concerne
l'établissement des grandes orientations. L'État qui nie la nation québécoise reste cohérent : il ne saurait y avoir deux
sortes de priorités. C'est le Canada de la majorité qui les établit. Au mieux, le Québec ne trouvera qu'à s'accommoder de
ces choix, il ne s'y définira un intérêt qu'en fonction de l'espace que lui consent une majorité qui le nie et non pas en
fonction de ses besoins et aspirations propres. Telle est la logique de minorisation dans laquelle le carcan canadian nous
tient. Pendant que les regards étaient tournés sur la scène locale, le gouvernement canadien continuait donc de resserrer
son emprise. Avec la certitude tranquille que les provinciaux continueront de croire que les affaires de la bourgade sont
plus importantes que les chicanes diplomatiques. Les fédéralistes québécois portent, à cet égard, une très lourde
responsabilité historique. Comme rien n'est jamais assez grave pour les inciter à remettre en cause leur adhésion
inconditionnelle au Canada, ils sont devenus les complices actifs de l'oblitération du Québec.
Les libéraux provinciaux, par la voix de Fatima Houda-Pépin, se sont, bien entendu, contentés de déplorer l'attitude
d'Ottawa. Encore une fois, le recul n'est pas suffisant pour s'inquiéter de ses effets sur le développement du Québec. Le
Parti libéral du Québec n'a plus rien d'autre à proposer que la voie des lamentations impuissantes. Et encore là, le
spectacle est pour la galerie, c'est de la rhétorique pour tenter de manipuler l'électorat en ayant l'air de témoigner d'un
certain nationalisme. Dans les faits, les fédéralistes québécois ont accepté que le Canada n'ait aucun autre destin à
proposer au Québec que celui de son enfermement dans un ordre constitutionnel qui le nie.
Les fédéralistes québécois ne s'inquiètent plus de la présence du Québec dans le monde parce qu'ils ne s'inquiètent plus
de sa place dans le Canada. Ils ont accepté d'exister sans être. C'est pourquoi ils peuvent vivre avec le mensonge d'un
État qui dit représenter le Québec malgré le fait que sa propre constitution refuse de le reconnaître. Cela s'appelle la
trahison politicienne. Ultime expression de la démission nationale.
Robert Laplante
Directeur
Ottawa pourrait imposer ses règles
LeDevoir
"Sur cette question. M. Landry a parlé «d'une espèce d'aveuglement à Ottawa» à ne pas nommer les choses par leur
nom. «Il n'y a pas un Anglais de Londres qui nierait l'existence nationale de l'Écosse alors que le gouvernent fédéral nie
l'existence nationale du Québec», a-t-il dit. L'ancêtre du Parti libéral du Québec, ce fut le Parti national d'Honoré
Mercier à la fin du siècle dernier, on parle aussi du nationalisme québécois et c'est l'Union nationale qui a donné à la
ville de Québec le titre de capitale nationale, a expliqué M. Landry qui estime qu'au sens stricte, Ottawa est moins une
capitale nationale qu'une capitale confédérale ou fédérale."
Auriez-vous l'obligeance de considérer cette courte lettre pour publication dans le courrier. Dans son éditorial sur la
façon d'agir d'Ottawa sur la scène internationale, Michel Venne prouve l'efficacité de la méthode canadienne. En effet,
pour désigner le mouvement séparatiste québécois, il utilise cette expression qui fera le bonheur de l'ambassade
canadienne à Washington: "mouvements sécessionnistes". Le mot sécession est apparu en grande pompe dans le
vocabulaire politique canadien à l'été de 1995, par le biais justement de l'ambassade de Washington. Auparavant, et
j'invite qui que ce soit à me prouver le contraire, le mot utilisé était: séparatiste. Quel est le bon, quoiqu'en disent les
bien-pensants péquistes, toujours plus près de la tactique que de la stratégie. Il est tellement bon que c'est celui
qu'utilise la Déclaration d'indépendance des USA. D'où, à l'approche du référendum de 1995, ce changement de cap
sémantique de la part du Canada. Parler de séparatistes aux Américains comme de gros méchants n'est pas du meilleur
aloi. Tandis que dire "sécessionniste" est de la plus grande intelligence chez nos voisins du sud. L'idiotie est
naturellement venue assez rapidement de Québec, où le terme est tout de suite apparu comme plus positif que
séparatiste, et ce, malgré des mises en garde répétés. Il faut le dire, l'acte politique qui doit marquer la fin des liens
entre le Canada et le Québec est une séparation. Le Canada est le fruit d'une volonté coloniale dans laquelle il est
farfelu de parler de volonté démocratique de la part des Québécois d'alors. Admettre le contraire, c'est reconnaître le
fondement même de la politique canadienne à l'endroit du Québec, celle qu'a si bien exposée l'éditorial du Devoir. Si le
Québec est une province comme les autres, pourquoi en reconnaître la moindre spécificité qui irait à l'encontre de
l'ordre national? La question posée, la réponse est évidente, c'est que le Québec est une créature coloniale de Londres,
un arrangement administratif temporaire qui perdure. C'est le contraire de la situation qui mena à la Guerre de
Sécession américaine. Quelles que soient les origines de la décision des états sudistes de quitter la Fédération et elles ne
sont pas si manichéennes qu'elles le semblent, ces états étaient parties prenantes d'un mouvement séparatiste, donc
indépendant du pouvoir colonial de Londres. Elles étaient donc en position de sécession. Qu'en disent les caciques
péquistes; ce qu'ils recherchent, c'est la séparation politique du Québec du cadre fédératif, imposé par diktats coloniaux
du siècle dernier. Le mot est juste, rien ne doit en réprimer l'usage. Bon, et maintenant quel est le mot que veut voir le
pourfendeur des séparatistes, l'Ontarien Jean Chrétien, dans la formulation de la question? À moins que mes oreilles
ne soient complètement encrassées, ce n'est pas séparation. À force de faire les cons, j'en connais qui vont en profiter.
Et celle-là, qui est une de mes marottes, j'en ai ras le bol de voir des planeurs de stratosphère du genre Turp et Brassard
s'imaginer que les mots n'ont pas d'importance. Si vous voulez perdre et en grand, continuez d'utliliser sécession et
quand les amerloques vont s'en mêler, ne venez pas me voir.
Les débats idéologiques
Denis Monière
Université de Montréal
L'année politique au Québec 1997-1998
·
Rubrique : Les débats idéologiques
Le développement des idéologies s'inscrit sur le long terme, de sorte que les découpages en périodes courtes ne sont pas
nécessairement révélateurs des changements idéologiques d'une société. L'analyse des idéologies met donc au jour à la fois des
tendances de fond et des enjeux plus conjoncturels qui occupent le devant de la scène médiatique pendant quelques années, comme le
libre-échange et l'environnement, puis s'estompent avec le temps. D'autres sujets, comme la question nationale québécoise,
connaissent des hauts et des bas, mais ne disparaissent pas de l'ordre du jour politique. Dans toutes les sociétés, le succès ou l'échec
d'une idée est conditionné par l'intensité des soutiens qu'elle suscite, par les résistances qu'elle provoque et la dynamique des rapports
de forces qui en résulte. Ces facteurs déterminent la capacité des projets de société de s'inscrire dans la réalité. Mais une idée peut
perdre de sa pertinence et amorcer une trajectoire déclinante, soit parce qu'elle a réussi à s'imposer et à faire consensus, ou encore
parce qu'elle ne mobilise pas le soutien suffisant pour changer la réalité, surtout dans les situations où la lutte entre les forces sociales
se fait à armes inégales.
Lorsque cette chronique de l'évolution idéologique du Québec a été inaugurée en 1988, les débats idéologiques étaient principalement
centrés sur le libre-échange, les problèmes de l'environnement et le renouvellement du fédéralisme. En dix ans, deux de ces trois
enjeux se sont évanouis ou n'animent plus les débats de société. D'une part, les questions environnementales non seulement n'ont pas
trouvé de solutions, mais elles ont aussi pour ainsi dire disparu comme sujets de préoccupation. D'autre part, le libre-échange a été
accepté même par ceux qui, comme les libéraux, en dénonçaient les effets délétères pour la souveraineté canadienne et les
programmes sociaux. Cette acceptation s'explique par le fait que les impacts négatifs prévus par les adversaires du libre-échange ne se
sont pas matérialisés et aussi par l'emprise de l'idéologie néolibérale qui s'est imposée comme pensée unique, privant les opposants de
cadre théorique alternatif pour légitimer leur contestation.
Le Québec, comme les autres sociétés, a pris le virage de la mondialisation et de l'économisme. Dans la foulée de cette
internationalisation de l'économie, la pensée néolibérale a aussi tenté de s'attaquer au rôle de l'État, mais avec un succès mitigé. Ses
idéologues ont réclamé une réduction substantielle du rôle de l'État, mais dans les faits rien de fondamental n'a encore changé. Les
deux grands partis qui se sont succédé au pouvoir ont maintenu une conception interventionniste de l'État. Il y a eu des privatisations,
une réduction du déficit, mais la part des dépenses publiques dans le PIB est restée aussi élevée qu'au début de la période et la fonction
publique, du moins jusqu'en 1996, n'a pas décru. La social-démocratie québécoise s'est adaptée, mais elle n'a pas encore cédé aux
courants de la droite.
Le statut du Québec : le thème majeur
Le statut politique du Québec, quant à lui, reste au coeur de l'actualité politique depuis les années 1960 et défie l'usure du temps et
l'intransigeance canadienne, même si les aléas de la politique politicienne l'entraîne sur des chemins tortueux. À la question principale
de l'accession du Québec à la souveraineté se sont greffés, au fil des ans, d'autres débats portant sur la politique linguistique,
l'immigration, la natalité et le statut des peuples autochtones. À quelques années d'intervalle, la question du Québec a été débattue à
l'occasion de deux référendums à portée constitutionnelle, l'un en 1992 (accord de Charlottetown sur le renouvellement du
fédéralisme) et l'autre en 1995 (sur la souveraineté du Québec). Ces deux référendums ont été tenus, comme celui de 1980, en vertu de
la loi québécoise sur les consultations populaires et se sont déroulés sans anicroche. En 1992, parallèlement au référendum tenu en
vertu de la loi québécoise, un autre référendum était tenu dans le reste du Canada en vertu de la loi référendaire canadienne. En 1995,
il s'agit d'un référendum essentiellement québécois.