Le Parc Belmont

par Yves Gaudreau

Voici l'une des rares autos HOT ROD du parc Belmont encore de ce monde.



Vous allez revivre ici de merveilleux moments qui ont eu lieu au Parc Belmont. Voici donc la vraie histoire du Parc Belmont.
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Les cartes postales
Documents du parc 1980-1983
Entrée du Parc Belmont

Démolition du Parc Belmont

Parution bientôt
Je vous invite à prendre un moment pour revivre la chronologie de l'histoire du Parc Belmont. Une entreprise bien de chez nous et par surcroît canadienne française.


ERNEST GAUDREAU un des quatre PROPRIÉTAIRES FONDATEURS du parc BELMONT

Dernière parution: août 2003
Dépôt légal:
Bibliothèque nationale du Canada
Bibliothèque nationale du Québec
ISSN 0840-5956


Mon grand oncle Ernest Gaudreau et trois autres actionnaires ont démarré le parc Belmont en 1923 en achetant un terrain sur le bord de la rivière des Prairies.



Mon travail a été de :
· Identifier les principaux propriétaires et faire des liens avec les généalogies de chacun.
· Trouver les raisons sociales des compagnies et concessions du parc.
· Vérifier des informations avec d’anciens annuaires de Montréal.
· Sortir des actes de notaires pour retrouver les minutes correspondant aux personnes concernées.
Bref, beaucoup d’heures de travail dans plusieurs salles d’archives au cours des dernières années.


En 2000, j’ai créé moi-même un site internet pour transmettre des informations historiques sur les ancêtres de ma famille et pouvoir aussi donner gratuitement la généalogie à des Gaudreau à travers le monde. Sur le site, on retrouve aussi une partie de l’histoire de ma famille dont celle qui se rattache au Parc Belmont.

Je vous propose un film sur le Parc Belmont.


Les ARCHIVES de RADIO-CANADA
LE PARC BELMONT


Archives Radio-Canada film VIE et SOCIÉTÉ "Adieu Parc Belmont"


Je vous présente maintenant le fruit de mes recherches sur l'histoire du Parc Belmont.


Bon voyage dans le passé.


Je veux d’abord vous parler d'Ernest Gaudreau et de son cheminement jusqu’à l’achat du parc.

Ernest Gaudreau

La photo provient de la famille d'Ernest

Il est né le 4 décembre 1872 à St-Simon de Rimouski d’un père et d’une mère du patronyme Gaudreau. Ses parents ont obtenu à leur mariage une dispense de consanguinité à cause des 4 degrés qui les séparent. Très jeune, il quitte sa région natale pour aller s’établir à Montréal. Son premier travail, il l’obtient grâce à son oncle du côté maternel qui possède un hôtel à Montréal. Fortunat Gaudreau est le propriétaire du restaurant Palais Royal situé boulevard Dorchester à Montréal.

Ernest épousa Emelia Desmaisons le 26 octobre 1903 à l’église Notre-Dame de Montréal. Le couple donnera naissance à deux filles (Fernande et Yvette) et demeura à Côte-des-Neiges sur la rue Maplewood qui est devenue aujourd’hui la rue Edouard-Montpetit. Plus tard, il acquiera lui aussi un hôtel avec M. Alexandre Courville dont ils seront propriétaires pendant plus de 20 ans. Autrefois, c'était un rendez-vous populaire pour les raquetteurs. L'Hôtel Lumkin’s qui porta aussi le nom HALFWAY HOUSE INN fut construit vers 1850 et incendié en 1930. Il occupait l'angle nord-ouest des chemins Côte-des-Neiges et Reine-Marie. Aujourd’hui, on y retrouve le marché METRO et l’ancien musée de cire.

Un peu avant son annexion à Montréal, l’assemblée municipale de Côte-des-Neiges discute de l’achat ou de la construction d’un Hôtel de Ville sur le site. On pense utiliser le site de l'Hôtel Lumkin’s. On demande à la succession Prendergast à quel prix et conditions elle céderait sa propriété actuellement occupée par Messieurs Courville et Gaudreau.

On peut lire dans les minutes du printemps 1907 la demande faite à Messieurs Gaudreau et Courville «d’enlever immédiatement les machines automatiques connues sous le nom de slot machines et d’avoir à l’avenir à se conformer à la loi en ce qui regarde l’observance du dimanche.»

Au début des années vingt, un groupe d’hôteliers prépare un nouveau projet pour un parc d'attractions. On ignore si le feu du parc Sohmer le 24 mars 1919 a lancé le projet d’un nouveau parc d’amusement mais on peut d’ores et déjà présumer qu’ils en ont eu la vision. La guerre mondiale à peine terminé, les gens reprennent goût à la vie. À la tombée du jour, la métropole prend un rythme fou, les gens découvrent les nouvelles danses américaines avec des orchestres de jazz et autre jusqu’aux petites heures du matin.

Ernest Gaudreau alors âgé de 50 ans, fils de François Gaudreau et Julienne Gaudreau, sera de la partie. Il devient l’un des quatre fondateurs et actionnaires du parc Belmont.

Un portrait des trois autres fondateurs du Parc BELMONT


Louis-Philippe Godin
La photo provient de la famille d'Ernest

Le premier, monsieur Louis-Philippe Godin, au moment d’enregistrer les lettres patentes, s’inscrit comme bourgeois. Sa famille aisée provient de St-Eustache. Il épouse Adèle-Alida Charbonneau le 16 mai 1893 à ville St-Laurent, Montréal, Qc. Il a sa demeure au 1265 Côte-des-Neiges et le couple n’a aucun enfant. Il devient propriétaire de l’Alberta Hôtel du Canadien Pacifique lequel se situait autrefois au 131 et 135 Windsor à Montréal. C’est lui qui avance la majeure partie de l’argent à la mise de fond pour l’achat du terrain. Il sera le premier président du parc Belmont, à l’âge de 52 ans.


Léon Couture
La photo provient de la famille d'Ernest

Le second, monsieur Léon Couture est né à Montréal. Il épouse en première noce Hélène Jacques le 21 mai 1891 à Sacré-Coeur, Montréal. Madame Jacques décède en mai 1918. En deuxièmes noces, il épouse Alida Valin. Aucun enfant nait de ces deux unions mais un enfant est adopté.
Après avoir étudié à l’Ecole Normale Jacques-Cartier, il débuta dans les affaires comme journaliste-publiciste au journal Le Monde, puis il passa au Journal, vers 1900. Il fut ensuite voyageur de commerce pour les maisons F-X St-Charles et Legault Thompson.
Il devint propriétaire de l’hôtel Arbour, qui se situait au 185 et 187 rue St-Laurent, Montréal. Lors de la fondation du Parc Belmont, il fut d’abord le gérant et vice-président. Il a 51 ans lors de la création du parc et signe dans les lettres patentes être un hôtelier. Il a sa demeure au 1919a de la rue Bordeaux à Montréal.


Edgard Methot
La photo provient de la famille d'Ernest


Monsieur Edgar Méthot, troisième fondateur du parc, a épousé une dame Marie-Anne Latour. Je possède présentement très peu d’information sur sa famille. Lors de la fondation du Parc Belmont, à peine âgé de 30 ans, il est le plus jeune. Il déclare dans les lettres patentes avoir comme emploi un poste de commis. Son premier poste pour le Parc fut celui de secrétaire.

Dans un article du journal La Patrie, pour célébrer les 35 ans du parc, monsieur Edgard Méthot relate que la fondation fut « un projet mûrement réfléchi».

L’idée du parc dans le nord de l’île n’est pas saugrenue si on regarde le développement de la région. La population se rapproche rapidement du million avec les villes avoisinantes. Cartierville ayant déjà la faveur des citadins pour son cachet riverain amène naturellement les gens à se rendre dans ce lieu de villégiature. Déjà y est érigé les réputés Clubs canotage de Cartierville, aussi en anglais, The Cartierville Boating Club, fondé en 1904 par M. Hugh Paton et celui du Polo BACK River à Cartierville. La gare du train de Cartierville est située seulement à quelques pas.

Depuis longtemps déjà, les gens bénéficient d’un accès privilégié à la rive nord par le pont Lachapelle plus connu autrefois sous celui de l’Abord à Plouffe. La situation géographique du futur parc se voit donc le site par excellence.

Depuis 1896, un tramway dessert déjà Cartierville et son bout de ligne se situe à l’entrée du parc. Un second terminus en 1926 contourne les rues Ranger, boulevard Gouin, Grenet et De Mesy. Entre 1915 et 1930, le parc automobile québécois passe de 10,112 à 178,548 voitures. Ce sont des éléments très importants pour le futur succès du développement du parc.

Effectivement, les quatre actionnaires achètent plusieurs terrains et une vieille maison aux murs de pierre qui se dressaient sur le terrain du docteur Daniel-Eugène Lecavalier, tout près de la rivière des Prairies. La famille Lecavalier possède depuis plusieurs générations des terrains à Ville St-Laurent et plus particulièrement au village de St-Laurent qui sera baptisé plus tard Cartierville. Le grand-père du Docteur Lecavalier a été maire pour le village de St-Laurent et un de ses oncles est Narcisse Lecavalier, connu comme député conservateur dans Jacques Cartier en 1867, réélu en 1871, 1875, 1878 et sans opposition en 1881. Bref, une famille qui semble aisée.

Dr D.E. Lecavalier
Dans la correspondance de Cartierville, le Dr D. E Lecavalier dépose une plainte pour le rôle d’évaluation des terrains qu’il possède. Le terrain du futur parc Belmont en 1915 sera évalué après plainte à $ 25,000 soit $ 5,000 de moins que la précédente évaluation.

Le docteur possède aussi d’autres terrains importants. Il fut propriétaire entre autres des lots 28, 29 et 33 pour une valeur de $ 40, 000. 00 . Les lots 28, 29 et 33 deviendront le futur parc Raimbeault qu’on connaît actuellement.

D’après un autre article en 1973 pour le cinquantième anniversaire du parc, il semblerait que ce terrain fut à l’origine “un terrain marécageux”. Je note également dans les minutes et correspondance de Cartierville en ce qui a trait au terrain du docteur, qu’on nous informe que ce terrain serait susceptible de comporter un certain danger de s’y aventurer.

On peut lire dans le procès verbal de 1916, qu’on ordonne au propriétaire Dr Lecavalier de bien vouloir clôturer le terrain qui donne accès à la nouvelle rue St-Léon où on vient tout juste d’y installer les égouts.

Je remonte présentement la chaîne des titres du terrain du Parc Belmont jusqu’au début des seigneuries. Les Messieurs de Saint-Sulpice entreprirent de concéder des terres dans la partie de la grande paroisse du Sault-au-Récollet qu’on allait désigner sous le nom de Haut-du-Sault à mesure que s’y forma un bourg; celui-ci devint plus tard le village de Bordeaux. Au-delà, en amont, débutait la paroisse de Saint-Laurent, avec les terres qui allaient former le village de Cartierville.


Ce parc fut baptisé Parc BELMONT.


La compagnie, The Belmont Park Company Limited, a été constituée en corporation par lettres patentes du Gouvernement de la Province de Québec, le 16 mai 1923.

Une charte de règlements est adoptée le premier juin 1923.


· Établir, acquérir, posséder, louer et exploiter des parcs destinés à la récréation et amusement du public.
· Établir et entretenir des restaurants et kiosques de rafraîchissements reliés à ces parcs.
· Construire, acquérir, louer et exploiter des bateaux et chaloupes mus par la vapeur, l’électricité et autre force et toutes sortes de desseins destinés à la récréation et l’amusement, et tous brevets.
· Droit de donner des représentations théâtrales, vaudeville et tout genre d’amusements analogues tels que danses et jeux.
· Acquérir, détenir, vendre, céder ou louer des immeubles, terrains et bâtiments nécessaires aux fins de la compagnie.
· exiger un prix d’entrée au dit parc et pour la jouissance d’aucun des dits desseins.
· Exploiter un restaurant, une taverne ou un hôtel.
· Payer pour aucune des propriétés et services ci-dessus mentionnés au moyen d’actions acquittées, sujet toutefois à toutes lois et règlements provinciaux, municipaux ou fédéraux concernant l’observation du dimanche et des jours de fêtes.
· Exercer tout pouvoir corollaire à ceux qui font l’objet principal de la demande de la compagnie.
· Entrer en société avec toute compagnie ou personne pour le partage des intérêts et profits.
· Acheter des actions d’autres compagnies, vendre en partie ou totalité de son entreprise.


Dans le document de mémoire des conventions et livre d’actions est inscrit un capital de quarante-huit mille piastres, divisé en actions de cent piastres chacune.

Il faudra attendre cependant le 29 janvier 1924 pour exercer l’option d’achat au bureau de l’avocat Emile Depocas. Effectivement, une promesse de vente a eu lieu entre les parties.


On peut lire :

« Que les directeurs de la compagnie sont autorisés d’acheter, au nom de la Compagnie, de Daniel-Eugène Lecavalier, médecin, l’immeuble situé à Cartierville, à Montréal, lequel fait l’objet d’un bail avec promesse de vente fait et passé le 30 avril 1923, devant le Notaire J. Théophile Legault, aux termes et conditions stipulés dans le dit bail et de signer tout acte ou document en rapport avec la dite vente.»

Notaire J.Théophile Legault

Le premier mars 1924, une résolution à l’assemblée des actionnaires et directeurs est adoptée pour que Monsieur Louis-Philippe Godin avance personnellement l'argent nécessaire à l’acquisition des dits immeubles.


Voici la liste des lots qui forment le Parc Belmont en 1923.

Carte de Cartierville avec la vue du futur terrain du parc Belmont

· Sept lots de terre ayant front sur les rues St-Léon et Rivoli sous les numéros 44 et subdivisions officielles numéros 88, 89, 101, 102, 103, 104 et 105.
· Onze lots de terre ayant front sur la rue Rivoli sous les numéros 44 et subdivisions officielles numéros 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100.
· Un immeuble faisant partie du lot 51 borné en front par la rue St-Léon, en arrière par la rivière, à l’ouest par la rue Lachapelle et par les terrains de messieurs Corbeil, Lagacé, Laurin le vendeur et L.P. Godin et à l’est par les subdivisions du no 44.
· Deux lots de terre sous le numéro 44 et subdivisions officielles 86 et 87.

On peut donc dire du Parc Belmont qu’il est un digne héritier des parcs américains comme son cousin de Coney Island et ceux qu’on retrouve au Québec à une certaine époque dont voici la liste:


Coney Island au Québec dans la région de Winsor Mill ( vers 1900 à ? ). Attention pour ne pas confondre avec le célèbre parc d'attraction Coney Island des USA.

Coney Island était situé sur la rivière St-François. La Canada Paper a noyé l'île en construisant une nouvelle dame pour le moulin St-François. Un lieu touristique pour venir y passer des vacances ou simplement un pique-nique.

Une Journée idéale sous la verdure à Coney Island. juillet 1910
Le pique-nique des épiciers à ce joli endroit de plaisance a obtenu, hier, un franc succès. Le programmes des jeux est exécuté avec enthousiasme. Le banquet donne lieu à d'éloquents discours. Après le banquet, il y eut quel nouvelles attractions, un concours de danse avec accompagnement de l'orchestre Desjardins, et à six heures, les invités reprenaient le train à destination cette fois de Montréal. Hier matin, les épiciers de Montréal s'embarquaient à la gare Bonnaventure à destination de Conney Island. Un nombre de quatre à cinq cents excursionnistes pour ce pique-nique.


Si on regarde l’histoire des parcs dans la région de Montréal, on s’aperçoit que le premier parc privé remonte en 1831, alors qu’un monsieur Guilbault installe un jardin sur sa terre située coin Sherbrooke et St-Urbain. On le nomme alors Jardin Guilbault (1831 à 1869).

Les parcs privés comme le Parc Belmont entre autres vont apparaître plus tard. Ce genre de parc est animé par une nouvelle ressource qu’est l’électricité. Les éclairages extérieurs donnent un style magnifique avec des manèges promus par l’électricité. Les parcs sur l’île de Montréal naîtront toujours à proximité d’un tramway.

Le parc Sohmer ( Le premier juin 1889 à 1919) situé au coin de la rue Panet et Notre-Dame, ferme ses portes à la suite d’un feu le 24 mars 1919.

Le parc d’amusement Dominion (2 juin 1906 à 1938) situé au 6750 rue Notre-Dame est près de Haig, ferme ses portes à la suite d’une longue concurrence avec le Parc Belmont.

Au début du XXe siècle, l'île Grosbois devient le site du parc d'amusement nommé King Edward et d'un hippodrome qui attirent tous deux de nombreux visiteurs durant la saison estivale. L'hiver, s'y rendant sur des ponts de glace, les carrioles se livrent à de joyeuses randonnées. Le parc King Edward ( 14 juillet 1910 à 1931) situé à Île gros Bois, une des îles du Boucherville, est desservi par les bateaux Impérial, Terrebonne et Boucherville qui quittent le quai de l’avenue Pie IX.

Au cours de sa longue vie, le Parc Belmont fut bouleversé à plusieurs reprises.

Beaucoup de compétition autant avec des parcs privés que publics.

Pour le public, on retrouve des sites pour des pique-niques comme le parc du Mont-Royal et son Lac des Castors, l’Île GrosBois, l’Île Ste-Hélène avec son site enchanteur ou encore le parc Lafontaine avec son cours d’eau. Un peu plus tard, en 1956, Le Jardin des Merveilles ouvre ses portes.

Aussi à la même époque, le cirque Barnum & Bailley passe toujours à Montréal à chaque année.

La crash financier de 1929 a rendu pénible la gestion des opérations du parc.

La fermeture du tramway en 1959 enlève un des moyens de transport les plus appréciés et qui avait choyé le parc depuis son début.

Abandon du projet de la ligne 3 du métro, qui devait comporter 15 stations et emprunter les voies du Canadien National pour se rendre à Cartierville.

L'arrivée en 1967 de l'Exposition universelle de Terre des Hommes avec l'aménagement du parc d'amusement de La Ronde.

D’autres phénomènes touchent aussi les assistances durant la vie du parc soit:
· L’expansion du parc automobile après la guerre qui amène les gens graduellement à quitter Montréal pour aller se promener et visiter des parcs dans des régions éloignées.
· Les parcs et sites à caractère éducatif ont pris aussi une place de choix avec les années comme le Jardin Botanique, les arboretums, le Planétarium, etc.

Les propriétaires ne ménageront aucun effort pour réussir leur projet. À toutes les années, un des actionnaires assiste à la convention des parcs d'attractions qui se déroule aux U.S.A. et visite des parcs d’attractions américains pour découvrir de nouveaux manèges.

Un plan très clair semble avoir été établi dont va progresser le parc dans les prochaines années. Il ne faut pas oublier que, trois d’entre eux, ont déjà opéré des hôtels et de plus, les trois ont atteint l’âge de 50 ans, ce qui fait d’eux des hommes d’une maturité certaine et un bagage d’expérience dans le milieu du tourisme.

Dans des articles de journaux, les propriétaires informent les populations à l’avance des futurs projets comme si tout étaient bien calculés. Étant de Montréal, ils ont sûrement regardé comment le parc Sohmer et Dominion ont fait pour attirer les visiteurs. Les propriétaires du Parc Belmont procèdent à peu près de la même façon pour attirer les foules dans leur parc.

La formule est donc d’offrir une gamme de divertissements pouvant plaire à différents goûts. Ils innovent à toutes les années sans exception avec de nouvelles idées. Les propriétaires invitent des artistes de réputation internationale. Une forte publicité dans les journaux anglais et français avec une belle description des événements. Une concertation entre les différentes compagnies de transport pour faciliter l’accès au parc. Ils payent des affiches de publicité, invitent des stations radio et plus tard les réseaux télévision pour faire des émissions sur le site. Rabais de toutes sortes avec des compagnies qui font leur pique-nique annuel au parc. Toutes les institutions un jour ou l’autre viennent au Parc Belmont.

Le Parc Belmont fut un précurseur dans le développement du divertissement au Québec. Aujourd'hui, on n'a qu'à penser à la Ronde, au Cirque du soleil, au théâtre, concert, comédie musicale ou encore aux différents festivals pour voir que nous avons une culture bien à nous dans le domaine du divertissement.

Pendant soixante et un ans, de 1923 à 1983, le Parc Belmont sera le rendez-vous des amateurs d'émotions fortes et des inconditionnels des manèges. On y vient de partout, en auto, en train, en tramway. Dans l'ancien temps, cette époque où l'on s'y rendait avec le tramway orangé ligne 17, assis sur le banc de paille d'un petit char.


Début de la chronologie du parc avec son évolution étape par étape.

On suivra les problèmes que les propriétaires ont vécus au cours des années. Poursuites de toutes sortes, de sécurité sur le parc pour les visiteurs, vérification des différents équipements mécaniques du parc ou encore problèmes avec la salubrité du site. Sans toutefois oublier les arrangements avec tous les paliers de gouvernement pour les permis, taxes et assurances.

Les nouvelles technologies ont fait évoluer les différents manèges et machines de toutes sortes.

Il faut également ajuster les spectacles avec les évolutions des goûts et des différents styles de musique qui changent au cours des années tels le Jazz, Boogie-woogie, Fox Trot, Rock.

Il faut également planifier les différents contrats avec les concessionnaires, la liste des troupes de spectacles et l'arrangement avec les compagnies qui donneront leur pique-nique annuel au renommé parc. Et en dernier lieu, rédiger toutes les clauses pour les successions et ventes jusqu’à la fermeture du parc en 1983.

Publication 2003

J'ai toujours gardé et protégé mes sources jusqu'à vérification des dires. Suite à de nouvelles découvertes je vous informe maintenant des modifications de ma publication de 2003 et plus encore.
Outre les quatre fondateurs, une autre personne a grandement contribué au succès du projet: Monsieur Louis-Marcel Lymburner qui était déjà présent pour le projet du parc.
Louis-Marcel Lymburner

Trente et un ans après sa disparition, il ne reste que des souvenirs vagues de ce merveilleux parc d'attraction. C'est pour cette raison que la nostalgie me pousse à faire des recherches sur ce joyau de l'île de Montréal. Le Parc Belmont fut un précurseur dans le développement du divertissement au Québec. Aujourd'hui on a qu'à penser au Cirque du soleil, au théâtre, aux concerts, comédies musicales ou encore aux différents festivals à Montréal pour voir que nous avons une culture bien à nous dans le domaine du divertissement.

La qualité des images a été volontairement dégradées pour éviter toutes formes de copies


Anecdote du terminus des tramways à Cartierville.

Notre père, M. Roland Dauphinais, était chauffeur de taxi et nous habitions à Cartierville. Il connaissait pratiquement tout le monde dans ce qui était à l’époque une petite banlieue de Montréal; il y avait grandi, rencontré et marié notre mère, Alexina Lefebvre, et, ensemble, y ont élevé cinq enfants. Maman a travaillé au Parc Belmont pendant plusieurs étés; pendant leurs premières années de mariage, Alex et Roland habitaient juste au haut de la côte du Parc sur la rue Lachapelle.

Voiture taxi 1962 de M. Dauphinais
Dôme-Taxi-Cartierville

Papa était un homme instruit qui aimait lire et parfois écrire. Ses intérêts portaient sur la musique, le chant, l’histoire et sur tout ce qui avait trait au transport (trains, tramways, etc.). Un homme très sociable, il aimait rire, aller au théâtre de Jean Duceppe avec Maman, s’impliquer bénévolement dans toutes sortes de groupes, comme les chevaliers de Colomb et en tant que directeur de chorale à l’église Notre-Dame-des-Anges. Il était d’ailleurs un excellent chanteur et il serait juste d’aussi le décrire comme un bon vivant.

Suite à son décès, je suis tombé sur un de ses écrits dans lequel il raconte une anecdote tirée de son observation de gens dans leur quotidien à Cartierville. Je cite :

« M. Vezeau, tout à coté du terminus des tramways, qui vendait des radios et des gramophones, celui-ci faisait jouer des chansons de la Bolduc à coeur de journée, lesquelles on pouvait entendre grâce à un haut-parleur qu’il avait installé dehors sur sa galerie. De mon stand de taxi, qui se trouvait juste à côté du terminus des tramways, et juste en face du Spot Bowling sur la rue Grenet, je revois encore les garde-moteurs ainsi que les conducteurs de tramways qui faisaient tout pour arriver au bout de la ligne en avant de leur temps afin de pouvoir descendre du tramway et écouter une ou deux chansons avant de repartir pour la ville. Je me souviens en particulier du grand Provencher qui était garde-moteur, et qui se trouvait toujours un prétexte pour pouvoir écouter la Bolduc; il descendait de son tramway avec un linge et essuyait le réflecteur du puissant phare à l’avant du tramway en écoutant une chanson de la Bolduc ou d’Ovila Légaré. J’ai rarement vu un homme rire de si bon coeur. Ahhh, que c’était le bon temps. »

La Montreal Park and Island Railway a inauguré le service de tramway à Cartierville en 1896 avec son terminus face à l'hôtel Klondyke. Terminus sur la rue Grenet coin sud-est avec le boulevard Gouin. Ce terminus persista jusqu'en 1925.

photographie 18 septembre 1957
En 1926,on a ouvert le terminus (photo du 1676 par R. Dauphinais). A compter de ce moment jusqu'en 1959, le tramway venant du sud ( ville St-Laurent), par la rue Grenet entrait dans le terminus en sortait par la rue Ranger vers le sud puis vers l'est sur De Mésy pour reprendre sa route vers le sud par la rue Grenet. Le tramway en aucun temps n'a emprunté le boulevard Gouin, ni ne s'est arrêté face au Parc Belmont. Les gens devaient descendre la rue Grenet à pied pour rejoindre l'entrée du Parc Belmont, rue St-Léon.

Merci à M. Laurin pour les précisions au sujet du tramways.
"L'Abord à Plouffle... Cartierville...Parc Belmont.." , criant jadis le chauffeur de l'autobus de la Provincial Transport pour signifier le long voyage sur la route 11 tirait a sa fin.

La vieille maison aux murs de pierre qui se dressait sur le terrain du docteur Daniel-Eugène LeCavalier, tout près de la rivière des Prairies, abrite le restaurant et les bureaux de l'administration du Parc en 1923. Une hypothèque est prise pour l'acquisition devant le notaire.
Une rare photo de 1923 ou l'on voie encore les murs de pierre, La photo provient de la famille d'Ernest.

Le Parc Belmont a une longue histoire.

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