Eglise Ste-Catherine de La Flotte en Ré
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L'origine de l'église paroissiale de La Flotte en Ré doit être fort ancienne.

Il est probable qu'elle fut d'abord une simple chapelle des seigneurs de Mauléon dont le château se trouvait à une centaine de mètres vers le Nord et qu'elle existait dès le XIIème siécle. Il est vraisemblable que la base du clocher et les deux travées adjacentes datent à peu près de cette époque. Mais il y avait peu d'habitants à ce moment là et les moines de l'abbaye cistercienne de St-Laurent à deux kilomètres à l'Est et ceux de St-Martin à trois kilomètres à l'Ouest suffisaient aux besoins religieux de la population.

Mais au cours des guerres, en particulier de la guerre de Cent Ans ( 1340-1453 ), le bourg de La Flotte fut pillé à plusieurs reprises ainsi que l'abbaye de St-Laurent. Il est probable que l'église eut à en souffrir; En tout cas, dès la période gothique, elle fut agrandie, peut-être à plusieurs reprises; Le portail du mur du midi date de la seconde moitié du XVème siècle; Mais il est extrêmement difficile de savoir au juste la disposition des bâtiments à cette époque, car ils ont eu beaucoup à souffrir depuis.

En effet, pendant la période des guerres de religions ( 1560-1595 ), l'île de Ré fut au centre des conflits et dominée tantôt par les protestants et tantôt par les catholiques. L'église de La Flotte le fut en 1575, puis relevée par les habitants qui obtinrent en 1598, quand Henri IV eut ramené la paix religieuse, qu'elle fut transformée en paroisse; Jusque là elle n'était qu'une filette de la paroisse de St-Martin, dont le curé fit tout ce qu'il put pour retarder cette cession de paroissiens....et de dîme.

A la faveur des guerres qui continuèrent dans la région, siège de La Rochelle en 1622 et occupation prolongée de l'île par les protestants, la paroisse, sous le vocable de Ste-Catherine, ne fut effectivement séparée de St-Martin qu'en 1640.

Mais il est probable que les bâtiments avaient eu dans l'intervalle pas mal à souffrir de l'invasion des Anglais dans l'île de Ré
( Juillet/Novembre 1727 ) car on trouve trace de réparations et du baptême d'une cloche en 1632; Cependant les voûtes gothiques et toutes les statues avaient disparu sous le marteau des réformés.

La population augmentant, l'église fut agrandie en 1741. Trois chapellenies dépendaient alors de la paroisse de La Flotte, mais le monastère de St-Laurent des Châtelliers était définitivement en ruine depuis 1620 environ.

La révolution française ( 1789-1793 ) s'empare des ornements et du mobilier, mais ne touche pas aux bâtiment qui seront rendu au culte catholique un peu avant le Concordat de 1801.

La façade d'entrée, à l'Ouest, date de la Restauration ( 1815-1824 ). L'horloge a été mise dans le clocher vers 1840. L'abside est de réfection assez récente. Le mur de midi, outre son joli portail du XVème siècle avec son dallage primitif de lauzes, montre intérieurement une petite niche en pierres de même époque et extérieurement traces d'arcs-boutants disparus. En tout cas, le plan très irrégulier, le manque d'alignement et la longueur disparate des nefs, la forme quasi-ogivale de la toiture, montrent à l'évidence plusieurs remaniements. La toiture a été refaite plus basse que primitivement avant la disparition des voûtes gothiques.

L'intérieur de l'église ne possède aucune sculpture, vitrail ou tableau antérieurs à 1800, à l'exception de quelques ex-voto du XVIIIème qui témoignent de la ferveur populaire et de ses traditions maritimes: deux maquettes de goélettes et le tableau de la "Marie Thérèse"( ex-voto du 4 avril 1753, offert par le capitaine Louis HOUIN de La Flotte pour avoir été sauvé d'un naufrage lors d'un retour de Louisbourg(ACADIE).

La décoration intérieure des murs ( une inscription figurant derrière le maître autel permet d'en préciser l'ancienneté: An du Seigneur 1893, don de monsieur GIRARD ) comme la chaire, le chemin de croix et les vitraux, datent de la fin du XIXème et témoignent du style et des goûts alors en faveur. Leur restauration très récente, financée par la commune de La Flotte, semble particulièrement réussie.

Il y a ausi traces de pierres tombales dans l'allée du midi et les registres paroissiaux, conservés à la mairie, signalent au XVIIème de fréquentes inhumations de notables à l'intérieur de l'église ou de clerc au pied du maître autel. De plus il est fort probable qu'autrefois le cimetière paroissial avoisinait l'église; Il n'en reste plus trace et l'actuel cimetière de La Flotte ne date que de Louis-Philippe.