Jean Laberge

 

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Présentation

Bonjour !

Je m'appelle Jean Laberge.

Depuis septembre 1994, j'enseigne au département de philosophie du collège du Vieux Montréal.

Auparavant, j'ai été pendant trois ans formateur en Philosophie pour enfants pour les enseignants et les enseignantes du primaire intéressé-e-s à faire de la philosophie hebdomadairement dans leur classe selon l'approche de Philosophie pour enfants, mise au point par Matthew Lipman et son équipe du Montclair State College au New Jersey.

J'ai également participé à des projets de recherches, sous la direction d'Anita Caron et de Pierre Lebuis, tous deux du département des sciences religieuses de l'université du Québec à Montréal, visant à développer un modèle de formation des enseignant-e-s à partir l'approche de la " communauté de recherche " de Lipman.

Avant de m'intéresser à la Philosophie pour enfants, j'ai fait des études en philosophie qui m'ont menées à la rédaction d'un mémoire de maîtrise portant sur la notion de grammaire chez Wittgenstein, sous la direction de M. François Latraverse du département de philosophie de l'université du Québec à Montréal. Je fus ensuite chargé de cours à la même université de même qu'à l'autre constituante de l'université du Québec, à Trois-Rivières, jusqu'en 1986, où j'étais titulaire des cours " Philosophie analytique ", " Wittgenstein " et " Empirisme logique ". En 1982, j'entrepris un doctorat à l'université du Québec à Trois-Rivières sur la philosophie des mathématiques de Wittgenstein. Pour des raisons personnelles, j'interrompis ces études doctorales. À l'époque je me suis intéressé la question du réalisme philosophique tel que le reformule le philosophe oxonien, Michael Dummett. (J'ai rédigé un article pour la revue Dialogue, paru en 1988 et intitulé : " Quine, Dumett et la querelle du réalisme-nominalisme ".)

De 1986 à 1990, j'ai quitté la philosophie -- sans toutefois n'avoir rien écrit de comparable à mon maître à penser, Wittgenstein, qui, lui, véritable génie, quitta la philosophie après avoir rédigé le Tractatus...

Ma formation philosophique est issue de la tradition anglo-saxonne. Mes champs d'intérêts étaient et se situent toujours à l'intérieur de cette même tradition. Actuellement, je m'intéresse particulièrement à la logique informelle (dont est issue la Philosophie pour enfants qui est, pour une large part, redevable des philosophes du langage ordinaire, dont Wittgenstein); la philosophie de l'esprit (je trouve particulièrement intéressante et stimulante les thèses de John Searle dans ce domaine dont le style clair comme le cristal m'a par ailleurs toujours séduit).

Mon philosophe préféré actuellement est Hilary Putnam. Je crois que Putnam, en réinterprétant Wittgenstein et les pragmatistes américains (Peirce, James et Dewey), réussi à donner la réplique au courant " relativiste " qui domine la philosophie contemporaine, dont Rorty, aux États-Unis, est le chef de file. Si je comprends bien, l'argument central de Putnam consiste à montrer que le relativisme est en réalité une forme de réalisme qui s'ignore.

La question du relativisme est une question centrale en cette fin de siècle et de millénaire. Elle m'interroge. C'est un phénomène de culture et de civilisation, et il n'est pas étonnant que nos étudiants épousent une forme implicite de relativisme. Dans Le relativisme étudiant j'ai cherché à analyser les composantes du relativisme auquel adhère non seulement les étudiants, mais bon nombre d'adultes, afin de mieux les comprendre.

Pour me décrire, je citerai deux textes de philosophes américains qui étaient invités à parler d'eux-mêmes et de leur œuvre. Le premier texte est celui d'Arthur C. Danto. Il représente pour moi le 'credo' qui était le mien au moment où je faisais mes études universitaires. Le second texte est de Robert Nozick, auteur du célèbre Anarchie, État et utopie, qui représente bien le cheminement de mes idées concernant la nature de la pratique de l'argumentation en philosophie et qui m'ouvrit le chemin vers la Philosophie pour enfants.

1. " I am a analytic philosopher. I think that it is the right way to do philosophy, and I still practice it. It gave me a powerful sense of what the structure of a body of thought is, where things are joined as pieces of an anatomy, and I think it is a very, very beautiful way of thinking... analytic philosophy itself is the language I speak, in which I write and think. I prize clarity and exactness in writing. " (in The American Philosopher, Conversations with Quine, Davidson, Putnam, Nozick, Danto, Rorty, Cavell, MacIntyre and Kuhn, Giovanna Borradori, dir., Chicago, The University of Chicago Press, 1994), pp.89-90.)

2. " I was taught that truth had to construct arguments or proofs that couldn't be avoided. The language of analytic philosophy 'force' the reader to a conclusion through a knock-down argument... It would be interesting to investigate, in the history of philosophy, how what philosophers construct came to be called arguments. I believe that at the root of this is the desire to make somebody believe something... In Philosophical Explanations I began to understand that I wasn't satisfying the impulse that had brought me to philosophy : I never wanted to force people to believe things, I wanted to help them understand things better [je souligne]. Therefore, I thought that it would be better to structure the enterprise of philosophy around the activity of understanding, rather than interpersonal activity on argument, which didn't fit my motivation for coming to philosophy....I suppose that academic practice has also stimulated my interest in formulating a theoretically more libertarian thinking: when visitors are invited to read papers in university settings, it consists of somebody coming to read an argument essentially to convince the audience of certain views. The audience fights against that, raising objections. Why this battle take place ? Why isn't there a more cooperative way to carry on these activity ? [je souligne] " (ibid., p. 74-75).

Tout comme Nozick, je crois que l'important en philosophie est moins de gagner des idées par des arguments que de comprendre, grâce à l'argumentation -- et, qui plus est, grâce à la coopération entre penseurs, réfléchissant en 'communauté de recherche' -- les questions que nous nous posons.

Écrivez moi à Laberge.jean@uqam.ca

Téléphone au cégep : (514) 982-3437

Mon bureau : A 10.88

Mon poste téléphonique : 2279

Ma boîte vocale : 2052

 


Documents pédagogiques

1 - Sept dialogues de type "socratique" inspirés de la méthode Lipman. Un guide pédagogique est en préparation.


[Département de Philosophie du C. du Vieux Montréal]

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