Se placer dans une bonne disposition pour travailler
Dans cette section, nous proposons de mettre à l’essai certaines croyances utiles à l’intervention et nous présentons les outils offerts par la P.N.L. pour aider le thérapeute à se placer dans une disposition adéquate pour intervenir.
Présupposition de la P.N.L.
Il n'y a pas de croyances plus vraies que d'autres, seulement des croyances plus utiles. La P.N.L. considère que si une croyance permet de mobiliser ses ressources, qu'elle permet de réaliser des résultats surprenants et élégants, elle mérite d'être conservée. Si, par contre, une croyance aussi "scientifique" ou "vraie" soit elle, nous prive de l'accès à nos ressources, qu'elle a un effet démobilisateur ou paralysant, il faut choisir de s'en départir.
Habituellement, nous ne sommes pas conscients de nos croyances profondes et pourtant elles influencent profondément nos actions et nos décisions. La P.N.L. proposent de mettre à l'essai un certain nombre de croyances profondes (ou présuppositions). Choisir de croire à ces présuppositions permet d'élargir le champ des possibles puisque ce sont des croyances qui ont des effets mobilisateurs et qui ont de multiples implications en ce qui a trait au potentiel humain.
A- La carte n'est pas le territoire.
Cette présupposition a, malgré son caractère métaphorique, des applications très concrètes. Elle suggère que la représentation que nous nous faisons de la réalité n'est qu'une approximation de cette réalité. Nous n'avons aucun moyen de connaître avec "objectivité" la réalité extérieure puisqu'elle est constamment filtrée par nos sens, notre personnalité et nos méthodes de mesure. Nous construisons, grâce à nos sens, une carte du monde et c'est grâce à elle que nous pouvons évoluer avec une impression de constance et de permanence. Lorsque notre carte du monde est suffisamment souple et actualisée, nous pouvons nous adapter et évoluer avec une grande efficacité. Lorsque, par contre, notre carte est très rigide ou restreinte, nous ne pouvons adéquatement composer avec l'environnement car il change constamment. Les gestionnaires qui tentent de contrôler, les individus qui dépriment ou qui décompensent et les organisations qui stagnent sont toutes limités par des cartes du monde rigides.
L'un des objectifs généraux de la P.N.L. consiste à amener les individus et les organisations à élargir leur carte de la réalité de façon à accroître leur souplesse et leur capacité d'adaptation.
B- La "vie" et la "pensée" sont des processus systémiques.
Selon la P.N.L. toutes modifications dans un secteur de la vie entraînent nécessairement des changements qui, à leur tour, viennent affecter le changement initial. Tout ce qui se passe dans notre tête a une correspondance quasi immédiate dans notre corps et toutes nos réactions sont perçues par notre environnement qui à son tour réagit. Selon la perspective adoptée par la P.N.L., il n’est pas possible d’identifier un seul facteur ou une cause unique puisque tout est inter relié. D’un point de vue utilitaire, il est donc futile de chercher à agir de façon mécanique sur un seul élément. Il est donc nettement plus bénéfique de chercher à cerner les mécanismes qui entrent en action de manière à pouvoir les activer.
Cette présupposition implique que lorsque nous intervenons, nous sommes les activateurs d’un processus très vaste qui a des répercussions à des niveaux multiples. Il nous faut donc être très soucieux de l’écologie, c’est à dire nous préoccuper et assumer les effets de nos actions. Elle implique également qu’un changement à n’importe quel niveau peut avoir des effets bénéfiques ou négatifs à d’autres niveaux. Une pensée peut contribuer à changer une émotion, l’environnement peut amener des façons différentes de réagir, un mot peut affecter l’efficacité du système immunitaire, etc.
C- Il n'y a pas d'échec, seulement du "feed-back".
Adopter cette croyance, c’est aborder l’apprentissage avec une toute nouvelle perspective. C’est croire que les échecs peuvent être de précieuses sources d’information, qu’il y a toujours place à l’amélioration. C’est croire qu’il vaut mieux courir des risques calculés que de courir le risque de ne rien faire, de rester en place et de cesser d’évoluer. Chaques tentatives, qu’elles soient ou non couronnées de succès, comportent son lot d’enseignement. Pour mettre à profit ces informations, il importe toutefois de ne pas se décourager, de ne pas chercher un coupable et de tendre à ce que nos efforts soient récompensés par un apport d’informations nouvelles.
Le fait de considérer les échecs comme étant de l’information pertinente permet une grande souplesse d’intervention. Les échecs n’étant plus une menace à nos compétences ou à notre identité, il devient beaucoup plus facile d’essayer de nouvelles choses. La tentation de rechercher des recettes qui marchent systématiquement devient également moins grande.
D- L'intention profonde à la base de tout comportement est positive.
La P.N.L. suppose que les humains sont orientés de façon à rechercher ce qui est bon pour eux. Parfois les résultats sont loin de ceux anticipés, voir même contraire à ce qui est souhaité. Par manque de ressources, de compétences ou de support, certaines personnes semble littéralement courir à leur perte. Pourtant si l’on s’attarde à identifier avec eux ce qu’elles recherchent, il est toujours possible d’identifier le besoin qu’elles tentent de combler. Il n’est pas rare de découvrir que des comportements inappropriés masquent une quête d’amour et de respect ou que ce sont des tentatives pour maintenir intact l’intégrité personnelle.
Croire en cette tendance naturelle à rechercher ce qui est bon permet d’éviter les jugements qui bien souvent viennent entraver le processus d’aide. L’intention positive devient un levier autour duquel peut s’articuler l’intervention dans le respect des individus. Cela permet également de conserver sa motivation puisque rien n’est plus démobilisant que de croire que les clients sont de mauvaise foi, qu’ils sont résistants ou qu’ils cherchent à se nuire eux même.
En aucun temps cette croyance ne doit être évoquée pour justifier des comportements violents ou déplacés. Nous sommes tous responsables de nos actions et de nos réactions. En tant qu’intervenants, il importe d’être très clair : les comportements violents doivent être réprouvés et être suivi d’une juste conséquence et cela même si l’on identifie que l’intention à la base est positive.
E- Chacun de nous possède les ressources nécessaires pour accomplir ce qu'il désire.
Puisque nous avons tous le même système nerveux, la P.N.L. présuppose que nous avons la possibilité de l’utiliser avec un degré d’efficacité équivalent. C’est d’ailleurs cette croyance qui motive les intervenants en P.N.L. à s’inspirer de personnes performantes pour identifier comment mieux utiliser notre cerveau et notre physiologie.
Cette croyance implique, par ailleurs, que les ressources comme la confiance, l’amour, l’affirmation et bien d’autres sont à l’intérieur de nous. L’environnement agit comme un catalyseur ou comme un déclencheur, mais nous n’en sommes pas tributaires. Il est possible d’accéder à ces ressources en se plaçant dans une disposition appropriée. Nous n’avons, à titre d’exemple, pas besoin d’être constamment en présence de nos parents pour nous sentir aimé. Il suffit de se souvenir de notre sensation lorsque nous sommes en leur présence pour accéder à cette ressource. Leur présence ou leur souvenir facilite l’accès à cet état mais la ressource "se sentir aimé" est une expérience interne qui ne nécessite pas une constante stimulation de l’environnement.
F- L'attention est le processus principal pour étendre le champ des perceptions.
Selon la P.N.L., l’attention n’est pas un phénomène qui fluctue de façon aléatoire mais plutôt un acte conscient qui permet d’accroître considérablement la perception de l’environnement. Le fait de porter son attention sur une dimension particulière permet de percevoir une multitude d’éléments qui sont en rapport avec cette dimension. Il suffit de se "brancher " sur ce qui est triste pour aussitôt percevoir un vaste répertoire de situations tristes. Il suffit de planifier l’achat d’un certain type de voiture pour aussitôt voir apparaître sur la route quantités de voitures du même modèle.
Au niveau de l’intervention, cette croyance implique que nous avons un rôle actif dans la perception des événements. Si notre attention ou celle de nos clients est orientée de façon à ne percevoir que des éléments paralysants, il importe de reprendre les commandes et de réorienter notre attention autrement.
G- Les changements peuvent être rapides et élégants.
Contrairement à ce que de nombreuses approches présupposent, les changements n’ont pas besoin d’être longs et pénibles. En fait, c’est la recherche qui, bien souvent, prend beaucoup de temps et qui s’avère difficile à supporter. Lorsque nous sommes dans un état approprié, que nous avons un moyen adéquat pour stimuler le processus naturel d’évolution, des changements profonds et fondamentaux peuvent survenir dans une période de temps très courte. La P.N.L. vise à susciter le plus directement possible les moments particulièrement féconds où le "déclic " se fait, où tout devient soudainement plus clair, où les réponses viennent d’elles même.
Cette présupposition a des répercussions directes sur notre disposition en tant que thérapeute car elle nous porte à être à l’affût des fenêtres d’opportunité, à identifier le moyen le plus direct pour susciter ce petit moment qui fait une grande différence. Elle nous amène également à considérer le changement comme une opportunité et non plus comme étant un mal nécessaire.
H- La signification d'une communication est la réponse qu'elle suscite.
Cette croyance suggère qu’il faille évaluer la pertinence d’une communication à partir de l’effet produit et non pas en fonction de l’intention à la base du message. Ainsi, si je souhaite faire un compliment et que mon interlocuteur perçoit mon commentaire comme une insulte, la communication n’est pas adéquate. De la même façon, si je souhaite établir le contact et que mes efforts contribuent à augmenter la méfiance, la communication n’est pas adéquate.
Quel que soit les moyens pris pour véhiculer l’information, le véritable message est celui qui est perçu et celui auquel le "récepteur " réagit. Dans cette perspective, parler de résistance, de non réceptivité ou de mauvaise collaboration équivaut à faire un commentaire sur l’incapacité du communicateur à transmettre son message.
I- Toutes nos expériences sont "encodées" à l'intérieur de notre système nerveux.
Selon la P.N.L., toutes les informations nécessaires à la reconstitution de nos expériences passées se trouvent emmagasinées dans notre organisme. Les émotions associées à ces expériences peuvent donc être vécues de nouveau si un stimulus déclenche ce processus. Si par contre, aucun déclencheur n’est présent, nos expériences passées demeurent à titre de réponses potentielles.
Les implications d’une telle croyance sont importantes au plan clinique puisqu’elle suggère que les événements heureux et les traumatismes du passé puissent être réactivés à tout moment et qu’ils peuvent influencer la façon dont est vécu l’instant présent. Elle implique aussi que le passé est atteignable. Il est possible d’accéder aux expériences passées, d’en modifier la trace et conséquemment d’en modifier l’impact.
J- Nous nous représentons la réalité extérieure ainsi que notre monde intérieur à l’aide d’images, de sons, de sensations, de goûts et d’odeurs.
Nos sens sont les seules interfaces que nous ayons pour entrer en contact avec nos environnements interne et externe. Nous "entendons" notre voix intérieure. Nous "voyons" ce qui peut advenir dans le futur. Nous "ressentons" ce que nous avons déjà ressenti dans le passé. En fait, nous sommes dépendants de nos sens en ce qui concerne notre vie subjective. Les limites et les biais de nos perceptions ont des impacts directs sur la qualité de nos rapports avec notre environnement et sur la richesse de notre vie intérieure.
Cette présupposition nous amène à porter une grande attention à la façon dont nos clients utilisent leurs sens. Certains d’entre eux ont, en effet, tendance à privilégier un sens au détriment des autres ce qui entraînent une perception fortement biaisée. D’autres ont tendance à avoir une perception rigide de la réalité ce qui rend difficile l’adaptation. D’autres encore investissent trop massivement sur leur vie intérieure ce qui les empêche d’établir des contacts harmonieux avec l’entourage.
Les cadres qui permettent de diriger l’attention. :
On trouve souvent ce que l’on cherche. Voilà pourquoi il est préférable de décider à l’avance ce sur quoi portera notre attention. La P.N.L. propose d’utiliser des cadres qui permettent d’orienter la recherche dans une direction déterminée. Le simple fait de déterminer un cadre, à l’avance, suffit à mobiliser l’attention et à circonscrire le type d’information que l’on souhaite trouver.
Le cadre résultat permet d’obtenir de l’information relative au résultat souhaité.
Le cadre évidence permet de mettre à jour des critères de réussite qui sont nécessaire quand vient le temps d’évaluer notre progression vers une destination précise. Pour éviter qu’il y ait des ambiguïtés, il est préférable de rechercher des critères qui ont une base sensorielle, c’est-à-dire des critères qui ont des résultats concrets que l’on peut entendre, voir ou ressentir.
Les questions suivantes sont utiles lorsque le cadre évidence est utilisé :
Le cadre problème permet de porter attention à ce que vivent nos clients, à l’état dans lequel ils se trouvent et à l’étendu des dommages. Ce cadre est utilisé régulièrement de façon intuitive par les thérapeutes car, les clients sont littéralement plongés dans leurs problèmes et parlent plus facilement de ce qu’ils vivent que de tout autre sujet.
Les questions qui suivent permettent de déclencher une quête d’information à l’intérieur du cadre problème.
Le cadre comme si est probablement l’un des meilleurs moyens d’inventorier les possibilités d’une personne. Habituellement, les capacités de nos clients sont limitées par ce qu’ils croient être en mesure de faire. Lorsqu’on leur demande de faire semblant ou de faire comme s’ils étaient capables, les limites inhérentes aux croyances deviennent caduques et l’étendue des capacités s’en trouve grandement augmentée.
Les questions et les injonctions suivantes permettent de se situer à l’intérieur du cadre comme si :
Le cadre retour en arrière permet d’effectuer le bilan des événements et des démarches entreprises à l’intérieur d’une période de temps déterminée. Il permet également d’introduire la notion de progression en situant le problème à l’aide d’une perspective historique. Lorsque nos clients éprouvent des difficultés, ils ont souvent l’impression que le temps est figé et qu’il n’y a aucune évolution. Le fait d’utiliser le cadre retour en arrière permet de sortir de cet état de torpeur.
Les questions ci-dessous contribuent à se situer à l’intérieur du cadre retour en arrière :
Le cadre contraste est utile lorsque l’on souhaite établir des distinctions ou faire ressortir des nuances dans des situations compliquées. Il permet aussi de constater les différences dans les façons de réagir. Lorsqu’ils sont aux prises avec un problème, nos clients sont enclins à généraliser. Tout devient noir. Ils affirment penser constamment à leurs problèmes. Ils ont l’impression de ne jamais vivre de réussite. En mettant l’emphase sur la différence entre les moments difficiles et ceux qui sont moins pénibles ou plus heureux, il est possible de relativiser les problèmes. Le cadre contraste aide à dédramatiser la situation et à transférer les compétences d’un secteur de la vie à un autre.
Pour l’introduire, il suffit d’utiliser une des questions suivantes ou une variante.
Le cadre découverte est particulièrement utile lorsque vient le temps d’anticiper les conséquences de différentes options. Souvent, nous nous limitons à considérer les conséquences à court terme de nos actions. En utilisant le cadre découverte, il est pourtant facile de constater que des conséquences fâcheuses à court terme peuvent avoir des répercussions banales, voir heureuse, à moyen et long terme.
Les questions suivantes permettent d’effectuer une recherche à l’intérieur de ce cadre:
Le cadre écologie a avantage à être mis à profit après chaque intervention thérapeutique. Il facilite la généralisation des acquis et, plus important encore, il permet de diminuer la probabilité que des effets secondaires non désirés n’adviennent. L’attention, dans ce cadre, est portée sur les répercussions de l’intervention dans toutes les sphères de la vie. Si une intervention, aussi bien intentionnée soit elle, a des impacts dévastateurs dans certains secteurs, elle n’est pas considérée "écologique" puisque les rapports de la personne avec son environnement s’en trouvent affectés. Il importe, pour se situer dans ce cadre, de poser des questions relatives aux niveaux de relations ; les rapports de la personne avec elle-même, les rapports avec autrui et les rapports avec la collectivité.