Amener le client à accéder à un état ressource.
Tous nos clients ont déjà fait, au cours de leur vie, l’expérience d’états ressources comme la joie, le bonheur, la confiance, le sentiment d’être aimé ou apprécié. Même s’ils ont été courts et furtifs, ces moments sont, à jamais, encodés dans leur système nerveux. La P.N.L. s’est doté d’un outil, fort simple, qui permet de réactiver ces expériences ressources de façon à ce qu’elles soient disponibles au besoin : les ancres.
Les ancres font appel à la propriété qu’à le cerveau d’apprendre par association. Lorsque deux éléments sont suffisamment associés l’un à l’autre, le cerveau les considère comme faisant partie d’une seule et unique expérience. Ainsi, une odeur peut être associée à une expérience agréable. Une sensation peut être associée à un souvenir douloureux. Un geste précis peut être associé à de la peur, etc. La métaphore suivante illustre comment une odeur peut être associée à des expériences heureuses :
Le travail et le pain
L’autre jour, j’étais préoccupé. Rien n’allait comme je le souhaitais à mon travail et tous mes efforts semblaient vains. Pour essayer de me changer les idées, je suis aller marcher dans une petite rue remplie de boutiques de toutes sortes. Malgré le soleil qui me recouvrait de sa blancheur et de sa chaleur, je n’arrivais pas à diminuer le poids de mes problèmes. Après quelques minutes, il s’est passé un phénomène aussi curieux qu’agréable. J’étais devant la boutique d’un pâtissier et une personne en est sortie les bras chargés de pains et de croissants à l’odeur délicieuse. Tout à coup, je me suis retrouvé 30 ans plus jeune. J’étais dans la maison de mes parents et je regardais ma mère travailler dans la cuisine. Nous étions nombreux et ma mère passait un temps incroyable à nous faire des pâtisseries. J’aimais la chaleur qui se dégageait du four et la lueur jaunâtre de la lampe de cuisine. J’avais toujours très hâte de goûter aux pâtisseries mais ma mère me disait qu’il faut laisser le temps au temps. Il faut, disait-elle, bien mélanger les ingrédients et laisser le temps agir car on ne peut forcer la nature. Quand, finalement, je mordais dans la pâtisserie, je me disais que rien ne devait sentir aussi bon. Soudainement, je me suis de nouveau retrouvé dans la petite rue. J’avais continué à marcher mais je marchais plus tranquillement. Je me sentais bien. Même en pensant à mes problèmes, je demeurais dans cet état d’attente sereine. D’ailleurs, j’avais tout fait ce qui était en mon pouvoir pour solutionner mes difficultés professionnelles, il ne me restait qu’à attendre que les gens s’ajustent. Aujourd’hui encore, quand j’ai tendance à paniquer, je songe au pain de ma mère et je me concentre sur le dosage des ingrédients en laissant le temps au temps.
Comme nous pouvons le voir dans cette métaphore, le fait de réactiver des expériences encodées permet d’utiliser les ressources du passé pour régler des problèmes présents. C’est là tout le secret des ancres. Tout le bagage d’expérience devient un vaste réservoir de ressources dans lequel il devient possible de puiser lorsque cela est requis.
Pour installer une ancre, il faut créer une association entre une réponse désirée et un stimulus qu’il est possible de reproduire facilement. Dans la métaphore ci-dessus, le stimulus "odeur de pâtisserie" a déclenché une réponse "de bien être et de sérénité". Dans un cadre thérapeutique, il n’est pas pratique d’utiliser une odeur pour déclencher une réaction chez un client. Il est préférable d’utiliser des ancres visuelles (gestes ou images), des ancres auditives (sons ou mots) et des ancres kinesthésiques (toucher).
La première étape de l’installation consiste à amener le client à se replacer dans l’état ressource, à faire comme si il la revivait de nouveau maintenant. Si c’est la confiance que l’on souhaite ancrer, il faut demander à la personne de se souvenir d’une expérience où elle a déjà fait l’expérience de la confiance et de se placer dans la même disposition.
Lorsque les signes vitaux (expressions du visage, respiration, etc.) indiquent que la personne fait l’expérience de l’état choisi, il suffit d’introduire le stimulus (par exemple : une légère pression sur le bras). Le cerveau fusionne alors ces deux éléments et les considére comme étant une expérience unique.
Lorsque l’ancre est bien établit, le simple fait de l’activer (en touchant le bras au même endroit) permet d’accéder à l’expérience ressource (confiance dans ce cas). La ressource devient ainsi disponible au besoin.
Pour réussir à installer une ancre, quelques facteurs doivent être pris en considération :
- Ce sont les émotions qui sont ancrées à des fins thérapeutiques. Nous demandons aux clients de se souvenir d’une expérience précise uniquement pour s’en servir comme support. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un souvenir détaillé de l’anecdote.
- Les ancres doivent être installées au moment précis où la personne accède à l’expérience ressource. Une fois ce moment passé, l’expérience devient consciente et il devient plus difficile d’atteindre les émotions.
- Lorsqu’une ancre est activée, le souvenir conscient de l’expérience ne surgit pas nécessairement. Par contre, les signes vitaux qui témoignent de la présence d’un état ressource sont observables.
- Tous les états auxquels sont associés des composantes émotives peuvent être ancrées (surprise, bonheur, colère, scepticisme, humour, lâcher- prise, acceptation, etc.).
- Il est possible de "cumuler " les ressources en ancrant plusieurs expériences à l’aide du même stimulus. Si, à titre d’exemple, le mot "bravo" est associé à des expériences de joie, de confiance et d’acceptation, l’activation de cette ancre va faciliter l’accès simultané à tous ces états. (La personne fera alors l’expérience d’un état constitué de la synthèse de plusieurs expériences).
- Les ancres ne sont pas une technique d’intervention en soi. Elles sont par contre utilisées régulièrement comme étant une composante importante de plusieurs techniques d’intervention.
Exercice pratique :
Installer une ancre
- Calibrez cet état en observant les signes vitaux observables lorsqu’elle accède à cette expérience de manière à pouvoir détecter ultérieurement la présence de ce même état.