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À la mémoire de mon père Paul-Émile...

Prologue

Ce texte raconte l'épopée de ces migrants qui ont décidé de quitter la mère patrie pour une "vie meilleure" en Nouvelle-France. Comme tous les futurs arrivants, ils sont plus au moins conscients des dangers associés à leur décision d'immigrer dans cette colonie. Il y a : risque de naufrage et de maladies mortelles en cours de traversée (" C'est autre chose d'expérimenter les inconvénients de la mer que d'en ouïr-parler seulement. Quand on se voit à deux doigts de la mort, on se trouve bien étonné. "), absence de connaissance sur la froidure des longs hivers, conflits perpétuels avec les Iroquois et possibilité de tomber aux mains de leurs vrais ennemis; les anglais. L'aventure étant plus forte, ils relèguent leurs craintes au deuxième rang. Ils ne rêvent qu'à s'installer et s'établir.

Tous les Gravel d’Amérique descendent des mêmes ancêtres. Ils sont : Joseph Macé Gravel dit Brindelière et Marguerite Tavernier.

Les patronymes et surnoms

Joseph Gravel, à une époque indéterminée et pour une raison inconnue, ajoute le patronyme de sa mère "Macé" à celui reçu à son baptême. Quant au nom dit "Brindelierre/Brindillière", il lui fut probablement attribué par des gens de son entourage qui voulaient se moquer de sa petite taille. Les patronymes Gravel et Macé se rencontrent également sous les graphies "Gravelle" et "Massé" ou Masse".

De son origine à son installation

Son lieu d'origine en France cause problème. Il n'apparaît pas dans le Fichier Origine. Pour certains, il serait Breton. Puis il se dit Normand lorsqu’il reçoit la confirmation en même temps que 174 autres adultes de la Côte à Château-Richer, le 2 février 1660. Ce qui semble certain, s’est que Joseph Macé a vécu dans le diocèse de Séez (Sées), en Normandie. Le généalogiste René Jetté croit qu’il est peut-être Percheron. Selon le généalogiste Tanguay, il serait né en 1616 à Tourouvre ou Mortagne-au-Perche dans l'Orne. Dans la base patronymique des Paré, Joseph-Masse Gravel-Brindelière serait né vers 1616 à Dinan, Côtes-d'Armor, bourg médiéval au cœur de la Haute Bretagne et pays de Du Guesclin qui lutta contre l'Anglais et libéra la Normandie. Ce dernier renseignement est sujet à caution, n'en connaissant pas les sources. Son père Joseph Gravel et sa mère Marguerite Macé sont d'Illiers (aujourd'hui Illiers-Combray), département d’Eure-et-Loir, évêché de Chartres.

La date d'arrivée de Joseph en Canada nous est inconnue puisque aucun document d’engagement n’a été retrouvé à ce jour. Toutefois, la carte de 1641, confectionnée par l'ingénieur Jean Bourdon et qui indique l'emplacement des terres sur la Côte de Beaupré ainsi que leur propriétaire, signale déjà la présence de Gravel sur ce territoire. Il est donc possible que Gravel soit arrivé avec Robert Giffard en 1634; sept ans étant normal pour s'installer et vivre de son exploitation. Joseph Macé Gravel, habitant de métier et résidant à la Longue-Pointe, soit à l’ouest de Château-Richer, épouse le 1er mai 1644 dans la Chapelle Notre-Dame-des-Anges, Marguerite Tavernier, née vers 1626, à Ste-Madeleine de la Ventrouze, Randonnai, Perche. Marguerite qui est inscrite au Fichier Origine, est la fille d’Eloi Tavernier et de Marguerite Gagnon. Elle est donc la nièce des frères Mathurin, Jean et Pierre Gagnon avec lesquels, Joseph-Massé s’associe dans le commerce à Québec.

Au quotidien... par les actes

Le 24 mai 1655, François Bélanger et Massé Gravelle passent devant le notaire Claude Auber afin de régler une association qui les liait. Les deux voisins s’étaient entendus pour s’aider au défrichement de leurs terres respectives. Cette communauté avait duré 3 ans, s’était terminé avant 1648. Comme les deux parties n’ont travaillé que sur la terre de François Bélanger, dont la contenance était de 6 arpents et 80 perches, ce dernier se trouve redevable envers son associé. Il promet donc de lui donner en compensation 100 livres tournois par arpent qui est le prix ordinaire pour faire déserter les terres d’ici. La dette qui est de 350 livres sera remboursée en 3 paiements. Le premier est échu pour l’an prochain, au jour de la St-Jean.

Le 13 novembre 1657, Olivier Letardif et sa femme Barbe Esmard avaient concédé à Massé Gravelle une terre de 30 pieds de longueur sur 20 pieds de largeur située à Château-Richer. Elle est proche du moulin et derrière la grange des vendeurs. Cette terre est également entre deux terres également des vendeurs. Cette concession est chargée de 15 sols de rente foncière. Massé Gravelle devra y bâtir une maison d’ici deux ans.

Le dimanche 22 décembre 1658, Massé Gravelle par l’entremise du notaire Claude Auber, rédige un contrat de quittance envers son débiteur François Bélanger. Ce dernier lui a remit, en plusieurs versements, la somme de 298 livres en regard au contrat du 24 mai 1655 devant le même notaire. Comme la dette s’élevait à 350 livres, Bélanger n’a plus que 52 livres à donner à Gravelle. Cette semi-quittance a été écrite en présence de Simon Guyon le beau-frère de François Bélanger et de Nicolas Rouault Gamaches. Le 23 mars 1659, Massé Gravelle reçoit à sa demeure le notaire royal Claude Auber. Sous contrat, il déclare avoir reçu de François Bélanger, tout le contenu de la dette concernant le contrat du 24 mai 1655. Ce contrat a été passé en présence d’Antoine Serre et Robert Laberge.

Le lundi 26 mars 1663, Olivier Letardif et François Bélanger en tant que curateur de monsieur Letardif passent devant le notaire Claude Auber. Ils reconnaissent avoir reçu de Massé Gravelle la somme de 54 sols pour trois d’arrérages pour la rente de sa concession et sa maison. Olivier Letardif et François Bélanger ont donné à Massé Gravelle pour son accommodement et aux mêmes conditions que la concession du 13 novembre 1657, 6 pieds de terre de front à raison de 6 deniers de rente pour chaque pied de front. Ce qui fait maintenant un total de 36 pieds de terre pour la concession de Joseph Gravelle.

Les recensements

L'étude des recensements, nous permet de conclure qu'il n'existe pas de concordance entre les âges déclarés de Joseph. Selon le recensement de 1666 : Massé-Joseph Gravelle dit Brindelièvre. 50, habitant ; Marguerite Tavernier, 39, sa femme ; Pierre, 19 ; Allain, 15 ; Marguerite et Elizabeth, 13 ; Jean, 12 ; Magdelaine, 10 ; François, 7 ; Claude et Joseph, 4 ; Charles, 2 ; Louis Desmolin, 30, domestique engagé. Au recensement de 1667 : Masse (Joseph) Gravelle, 53 ; Marguerite Tavernier, sa femme, 40 ; Pierre, 20 ; Alexis, 18 ; Marguerite, 16 ; Elizabeth, 16 ; Madeleine, 11 ; Françoise, 8 ; Claude, 6 ; Joseph, 6 ; Charles, 3 ; Geneviève, 2 mois ; 36 bestiaux, 52 arpents en valeur. En 1669, il revend cette terre et les dépendances, au meunier David Letourneau. Gravel est marguillier de la paroisse du Château-Richer de 1660 à 1663. Au recensement de 1681 : Marie (Massé Joseph) Gravel 70 ; Marguerite Tavernier, sa femme, 54 ; enfants : Alexis 32, Jean 27, Jean et Claude (jumeaux) 19, Chartes 16, Geneviève 14 ; 3 fusils ; 13 bêtes à cornes ; 60 arpents en valeur.

La filiation

Douze enfants naissent de l'union de Joseph et Marguerite dont deux couples de jumeaux, une première en Nouvelle-France. Justement, les liens de descendance qui nous concernent, proviennent de ces deux couples de jumeaux. Marguerite et Élisabeth Gravel, nées en avril 1651, puis Claude et Joseph Gravel, nés en février 1662. C’est Marguerite Gravel qui crée en septembre 1667, le premier lien par son mariage avec Noël Racine, fils d'Étienne Racine et de Marguerite Martin. Puis de l’autre couple de jumeaux, c’est Claude Gravel qui assure la descendance en épousant le 4 février 1687, Jeanne Cloutier, née vers 1668. Elle est la fille de Charles Cloutier et de Louise Morin. Outre les jumelles et jumeaux, deux filles Gravel continuent la descendance. La première, Marguerite Gravel, née en 1688, épouse en 1721, Charles Cloutier, né en 1699, fils de Charles Cloutier et Anne Thibault. La deuxième Gravel, Thérèse Catherine, née en 1709, épouse en 1740, Pierre Verreau, né en 1715, fils de l'ancêtre Barthélemy Verreau et Marguerite Prieur.

Épilogue

Joseph Gravel est un pionnier qui jouit de l’amitié et de la confiance générale, même si ses relations avec son voisin François Bélanger ne sont pas toujours au beau fixe. On lui confie pendant plusieurs années la responsabilité de marguillier. Dès 1661, il vend la part qu’il possède dans une maison de Québec appartenant également aux trois frères Gagnon, sans doute parce qu’il décide de finir ses jours sur la côte de Beaupré. Il s’emploie non seulement à augmenter son patrimoine mais à établir ses fils. Il partage les joies et les peines de ses amis; on retrouve son nom ici et là dans les registres de l’état civil. Quand Martin Prévost, veuf d’une Abénaquise, épouse la mère du découvreur Louis Joliet, il est témoin au contrat de mariage. Il en sera ainsi quand Louis, le fils de Martin, prendra pour compagne de vie Françoise Gagnon, la fille de Mathurin.

Joseph Massé Gravel, décède le 26 avril 1686, est inhumé en la paroisse La-Visitation-de-Notre-Dame de Château-Richer, le 28 avril 1686. Marguerite Tavernier décède à Château-Richer, le 12 janvier 1697.

Sources :
ca.geocities.com/parestephanie/
genforum.genealogy.com/belanger/messages/38.html
home.comcast.net/~cm1978/
illiers-combray.chez.tiscali.fr/DossierPhotos/photo1/photo1_1.htm
marchif.crosswinds.net/texte/12/12299.html
membres.lycos.fr/rchamp/Francois.html
recensement de 1666, 1667 et 1681
www.linfonet.com/gene/chroniq/991016.html
www.smartnet.ca/users/roberochon/gravel.htm