Science et comportement, volume 1
Sommaire
Volume 1, numéro 1
Objectifs du bulletin de nouvelles
Rapport de l'assemblée de l'Association pour l'avancement de la thérapie béhaviorale en milieu francophone (L'A.A.T.B.M.F.)
Le renforcement des soins personnels: le bain et le rasage
Volume 1, numéro 2
Quelques objectifs de l'A.A.T.B.M.F.
Traitement béhavioral de l'agressivité chez un mongol, débile mental profond
Désensibilisation d'une femme frigide
Un symposium de la langue française sur la thérapie béhaviorale
Volume 1, numéro 3
Numéro spécial sur la situation de la thérapie béhaviorale au Canada français
Quatre salles de psychotiques chroniques avec système de jetons
Système de jetons avec des psychotiques chroniques
Système de jetons avec des psychotiques chroniques à Québec
Système de jetons dans une unité de gérontologie
Expériences sur des variantes du système de jetons avec des délinquantes
U.T.C. pour des débiles mentaux profonds
Divers programmes de thérapie béhaviorale
Thérapie béhaviorale en milieu scolaire au Québec
Thérapie béhaviorale en milieu scolaire
Désensibilisation de la peur des examens
Saturation du stimulus avec des jeunes toxicomanes
Thérapie par aversion et désensibilisation automatisée
Thérapie béhaviorale en milieu scolaire, en milieu hospitalier et recherches
Recherches en thérapie béhaviorale à l'Université de Moncton
Recherches en thérapie béhaviorale avec enfants exceptionnels
Cours à des futurs enseignants
Enseignement de l'approche comportementale et de ses applications thérapeutiques
La thérapie béhaviorale comme réponse à une problématique existentialiste
Volume 1, numéro 4
Élimination de l'habitude de cracher, apprentissage verbal et entraînement à la toilette d'un jeune débile mental profond
Traitement d'une obsessionnelle par «arrêt de pensée» et par «renforcement image»
Quelques publications en français
Résultats à l'unité de conditionnement opérant en date du 01/09/71
Lors de la formation de l'Association pour l'Avancement de la Thérapie Béhaviorale en Milieu Francophone, il fut décidé qu'un bulletin de nouvelles serait publié régulièrement. [...] Au cours de l'été, nous nous sommes demandé quels devaient être le objectifs de ce bulletin. Nous nous en sommes fixé trois. Premièrement, le bulletin doit permettre aux membres de l'association qui travaillent dans le domaine des thérapies béhaviorales de faire régulièrement des comptes rendus des expériences et des traitements qu'ils effectuent. [...] Deuxièmement, nous voulons fournir des informations sur l'évolution des thérapies béhaviorales à travers le monde. [...] Troisièmement, nous voulons informer les membres des activités qui pourraient contribuer à leur formation dans le domaine.
[...] un petit nombre des participants francophones de l'atelier de thérapie se tenant à l'Université de Moncton du 25 mai au 5 juin se réunissaient pour discuter du besoin de se rencontrer à nouveau. À cette réunion, ce petit groupe francophone se disait surpris de constater que plusieurs personnes pratiquaient la thérapie béhaviorale. [...] Après discussion, les membres décidèrent de faire des propositions précises: 1) [...] la création d'un organisme d'expression française pour promouvoir l'avancement de la thérapie béhaviorale en milieu francophone; 2) [...] qu'un comité provisoire soit formé afin d'étudier les buts, objectifs et modalité de fonctionnement d'un tel organisme; 3) [...] que ce comité soit formé de trois membres de la région de Moncton; 4) [...] que messieurs Léonce Boudreau, Louis Malenfant et Étienne Thériault [...] comme étant le comité provisoire; 5) [...] que messieurs Gilles Trudel et Jean-Marie Boisvert soient désignés pour mettre en branle un bulletin de communication et 6) [...] que la durée du mandat du comité provisoire se termine lors de la prochaine réunion générale des membres.
Lors de cette rencontre, les points suivants furent discutés: 1) les condition d'appartenance à l'A.A.B.T.; 2) la pertinence de créer une association autonome; 3) les structures du bureau des directeurs; 4) la création d'un comité exécutif; 5) la création d'un comité régional; 6) la création de cellules d'intérêts et 6) la mise en place d'un bulletin d'information.
Dans le cadre d'un programme de traitement par conditionnement opérant, auprès de patients schizophrènes chroniques, les activités du bain et du rasage furent renforcées et quantifiées. Après un mois et demi de traitement, le nombre de patients améliorés fut significatif statistiquement. Durant les quatre mois suivants, le progrès a continué, atteignant un plateau vers le troisième mois. Une telle quantification des comportements traités présente certains avantages non seulement au point de vue scientifique, mais aussi au point de vue clinique. Elle permet d'abord de donner de l'information aux patients comme aux thérapeutes et certaines recherches ont indiqué l'importance de la connaissance des résultats dans la modification du comportement. De plus, ces mesures nous donnent des indices réguliers de la marche générale du traitement. Enfin, les résultats comparés d'un patient permettent de voir si le traitement est efficace ou non dans son cas. Nous nous sommes, d'autre part, aperçus que la mesure de comportements aussi simples que le bain et le rasage constitue souvent un indice de l'amélioration générale du patient.
Sans doute comme tout spécialiste des sciences humaines qui se respecte, le thérapeute béhavioral s'est trouvé une mission. Il postule que le comportement humain est soumis à certaines lois et principes d'une façon constante et que, de plus, ces lois peuvent faire l'objet d'expérimentation. Du moins, le béhavioriste procède comme s'il en était ainsi. D'autres vont jusqu'à prétendre que les thérapies béhaviorales peuvent être utiles, tel que le Dr O. L. Gericke, le surintendant de l'hôpital Patton en Californie, qui affirme dans le film «Reinforcement Therapy» que ces techniques présentent trop d'avantages pour qu'on les laisse de côté. L'A.A.T.B.M.F. vise cette première mission, en voulant faciliter l'échange des connaissances, lois et principes par la communication régulière des nouvelles applications à tous ceux qui s'intéressent à ce genre de technologie.
Le cas qui est présenté ici est le premier sujet à être admis sur une unité des thérapies du comportement (U.T.C.), nouvellement créé à l'hôpital Ste-Anne de Baie St-Paul, en vue de traiter les débiles mentaux profonds avec troubles du comportement associés. Il s'agit donc du cas d'essai, de son évolution au cours des deux premiers mois; il est donc impossible en ce qui le concerne de se prononcer catégoriquement sur les facteurs critiques: changement de milieu, personnel plus nombreux, thérapie béhaviorale.
Les thérapeutes béhavioristes postulent que la frigidité est une réponse apprise, plus précisément une réponse de tension associée à des comportements sexuels. De plus, les thérapies béhaviorales proclament que le traitement de la frigidité comme de l'impotence est chose simple et de courte durée. Il s'agit de remplacer la réponse de tension qui accompagne les relations sexuelles par une autre réponse, de détente par exemple. Cette substitution peut s'effectuer de deux façons: soit par la désensibilisation «in vivo» ou par «imagination».
Les 26 et 27 novembre 1970 avait lieu à l'hôpital Pierre Janet le premier symposium de langue française au Québec sur les thérapies béhaviorales organisé par le directeur du service de psychologie, monsieur Philippe Beaudry et le psychologue, monsieur Yvan Yelle. Depuis quelques années, cette approche prend un essor considérable dans le traitement et le contrôle des problèmes de comportements. Les professionnels invités, notamment les psychologues, travailleurs sociaux, psychiatres et infirmières provenaient des principaux centres et institutions de tous les coins du Québec. Afin d'exposer de façon succincte les éléments théoriques à la base de cette orientation et de démontrer les techniques d'application de cette méthode, les organisateurs du symposium on fait appel d'abord à des conférenciers d'expérience et au vidéoscope de sujets subissant les traitements béhavioraux.
Dans cet article, l'auteur commente certains documents en thérapie béhaviorale et déplore la pénurie d'écrits en langue française en ce domaine.
La tenue du dernier atelier à l'hôpital St-Jean-de-Dieu du 7 au 12 juin dernier marquait en même temps le premier anniversaire de notre association. Cet atelier, par la qualité de son organisation, de ses conférenciers et le taux de participation, illustre bien le chemin parcouru, de même que le degré de professionalisme de ceux qui s'intéressent à la modification du comportement.
Dans un article précédent, le progrès du premier résident de l'U.T.C. était décrit mais il s'avérait impossible de se prononcer catégoriquement sur les variables responsables de ce progrès. La description de l'évolution du deuxième résident permet d'être plus affirmatif sur la valeur des techniques elles-mêmes. [...] Depuis son admission, le sujet a modifié plusieurs de ses comportements: il n'a jamais déchiré de draps ce qui peut être attribué au changement de milieu, il ne crache plus, il est à peu près propre et son contact s'est amélioré énormément.
Une image, une pensée dite obsédante peut s'imposer de façon continue et incoercible à un individu et l'entraîner dans une lutte épuisante, pouvant conduire à l'éclosion de manifestations anxieuses et à l'inactivité complète. [...] L'importance et la nécessité de trouver un moyen de résoudre ce genre de problème ont attiré l'attention, mais aucune méthode n'a été systématiquement proposée en dehors de cette suggestion de se concentrer et de porter plus d'attention aux tâches quotidiennes, ce que très peu de patients peuvent réussir. Taylor, en 1955 a introduit une méthode appelée «arrêt de la pensée». La procédure consiste à demander au patient de se fermer les yeux et d'essayer de se représenter de façon précise l'image, l'idée qui l'obsède et de la verbaliser.
[...] on se rend compte que les résidents qui sont sortis de l'hôpital ont en moyenne 42 ans 6 mois; qu'ils ont séjourné au dit hôpital 13,3 ans en moyenne; que pour la plupart ce séjour s'est fait d'un seul coup; qu'au conditionnement il leur a fallu un séjour de 10 mois avant de faire la preuve qu'ils pouvaient séjourner en foyer ou travailler en s'organisant d'eux-mêmes totalement sans aucune pension. [...] Si l'on considère que le groupe de départ comprenait 50 résidents, cela représente un pourcentage de sortie de 30% et un pourcentage de réadmission de 6%.