Science et comportement, volume 19
Sommaire
Volume 19, numéro 1
Dépression: description, classification et épidémiologie
Le traitement psychologique de la dépression
La pharmacothérapie de la dépression unipolaire
Diagnostic différentiel de la dépression: étape préparatoire à la thérapie
Analyse fonctionnelle de la dépression unipolaire
Programme thérapeutique béhavioral cognitif pour le traitement de la dépression unipolaire
Volume 19, numéro 2
Préface-Les mesures aversives: des outils thérapeutiques controversés
Les techniques d'intervention comportementales non-aversives et aversives: un modèle de décision hiérarchisé plutôt qu'une alternative ambiguë
Mesures aversives... une perspective administrative
Le cadre juridique de l'exercice des thérapies aversives
Évaluation d'un traitement comportemental visant à réduire les effets prurigineux d'une dermatite atopique
Du scepticisme épistémologique au béhaviorisme: une discussion philosophique
Mise en garde concernant la codification de l'Échelle d'ajustement dyadique
Volume 19, numéro 3
Étude descriptive sur l'Inventaire des objets générateurs de peur dans une population québécoise
Une étude sur l'efficacité du tutorat et sur le rôle des préférences affiliatives
L'observation de l'expression non verbale comme méthode d'évaluation de l'état anxieux
Augmentation de certains comportements sociaux chez des personnes âgées en centre d'accueil par la présence d'un chiot
Analyse de la problématique des rechutes au niveau des comportements de santé
Volume 19, numéro 4
Rejet social et problèmes d'adaptation chez l'enfant: instrumentation et intervention
L'évaluation par les pairs de l'agression et du retrait social: l'influence des facteurs socio-cognitifs
Évaluation multi-modale des corrélats du statut auprès des pairs à l'élémentaire
Similarités et dissimilarités entre le groupe et l'individu quant aux comportements associés au statut auprès des pairs dans les groupes de jeux expérimentaux
Habiletés à résoudre des problèmes interpersonnels chez des garçons agressifs et des garçons non-agressifs
Ajustement comportemental d'enfants agressifs- rejetés et prosociaux-populaires à des provocations
Les attitudes parentales dans une situation de jeu et l'agressivité de l'enfant vis-à-vis ses pairs
La dépression, en tant que problème principal ou secondaire, est un des phénomènes les plus fréquents qu'un clinicien peut rencontrer en pratique. Il y a une quinzaine d'années, nous étions relativement démunis face à cette problématique. Heureusement, ceci n'est plus le cas aujourd'hui. Durant cette période, il y a eu un progrès considérable dans notre compréhension des différents processus impliqués dans la dépression. Par conséquent, des interventions bien focalisées pour les modifier ont été développées et évaluées. La présente série d'articles de ce numéro spécial sur la dépression veut refléter ces nouveaux développements et faire le point sur la pensée et les connaissances contemporaines quant à la nature de la dépression et son traitement ainsi que d'offrir au clinicien un modèle pratique dans le cadre béhavioral cognitif.
L'article examine l'émergence du concept de la dépression à travers les âges et son sens moderne. Les conceptions psychologiques et bio-médicales sont discutées de façon critique. Les tentatives de distinction entre différentes formes de dépression sont présentées.
Cet article examine l'efficacité des trois traitements psychologiques de la dépression qui ont été étudiés de façon empirique: la thérapie cognitive, la psychothérapie interpersonnelle et la thérapie comportementale. Les implications théoriques et pratiques des résultats sont discutées.
Cet article décrit de façon détaillée la pharmacothérapie de la dépression. Les principaux médicaments, le rationnel et les grands paramètres de leur utilisation ainsi que leur impact thérapeutique sont examinés.
Cet article trace les grandes lignes de la classification de la dépression en différents sous-groupes, tel que proposé par le DSM-111. Les principes sous-jacents et l'utilité de la classification dans le contexte de thérapie béhaviorale cognitive sont soulignés. Le diagnostic est envisagé comme une étape préparatoire à la thérapie.
Cet article présente un cadre conceptuel et pratique qui a pour but de faciliter l'identification des problèmes individuels présentés par les clients déprimés et à partir de ceux-ci, formuler des cibles thérapeutiques concrètes qui vont être abordées en thérapie.
Cet article décrit un programme béhavioral cognitif pour le traitement des individus déprimés. Le contenu de la thérapie repose sur les cibles formulées suite à une analyse fonctionnelle. Elles sont la solution thérapeutique proposée pour les problèmes identifiés chez chaque individu. L'intervention béhaviorale cognitive est utilisée de façon systématique pour favoriser le développement des habiletés plus adaptées aux exigences de vie de chaque individu. Trois études de cas illustrent concrètement le déroulement de cette thérapie.
Le 17 et 18 novembre 1988 se tenait à Montréal un colloque intitulé Les mesures aversives. Pour André Lapointe et moi-même, coorganisateurs de cet événement, le sujet revêtait un intérêt tout particulier. En effet, nous travaillions chacun dans des écoles spéciales pour élèves handicapés mentaux. Les instruments thérapeutiques et éducatifs à la disposition des intervenants de ce milieu sont nombreux. Certains d'entre eux cependant, la punition et les autres mesures aversives, soulèvent des questions auxquelles il n'est pas toujours facile de répondre. C'est à la suite de plusieurs échanges sur les problèmes soulevés par l'utilisation des mesures aversives que nous avons décidé d'organiser ce colloque. Il nous a semblé en effet important de faire le point sur la question et ce pour plusieurs raisons.
Malgré la contestation que suscitent les méthodes aversives, plusieurs recherches démontrent leur efficacité lorsqu'elles s'inscrivent dans un programme visant aussi à renforcer les comportements adéquats. L'utilisation de l'analyse fonctionnelle est essentielle pour éviter de sélectionner arbitrairement une méthode aversive et il est important de mesurer avec précision les comportements inadéquats lors de l'intervention.
Le présent texte présente un modèle d'intervention comportemental inspiré en partie de celui de Gaylord-Ross (1980) et qui permet d'élaborer des plans d'intervention individualisés respectant les forces, les besoins et les particularités des clients aussi bien que leurs droits d'obtenir le traitement le moins restrictif possible. Le texte insiste sur la nécessité d'appliquer des procédures de renforcement, écologiques, éducatives, et cliniques avant de songer à utiliser une mesure aversive, quelque soit la gravité du problème présenté. Le texte soulève, dès le début, le problème relié à la définition du concept de mesure non-aversive et identifie les facteurs qui renforcent l'utilisation verbale très discutable d'un tel concept.
La punition ou stimulus aversif a toujours fait partie de notre environnement quotidien et naturel au même titre que la récompense ou stimulus agréable. Ils font aussi partie inhérante du processus d'apprentissage mais dès que ces éléments sont utilisés sciemment en milieu de travail, leur appellation subit une légère transformation; en effet, il s'agira alors de mesure disciplinaire, mesure aversive, promotion ou boni. Le présent article est un résumé de conférence qui vise à examiner rapidement la situation de l'utilisation de la punition ou mesure aversive dans les établissements de santé ou d'éducation au Québec. Cette question est traitée à partir des lois ou directives des gouvernements allant jusqu'à examiner très sommairement ce qui se passe sur le plan administratif dans les établissements eux-mêmes.
La notion de «thérapie aversive» est souvent interprétée de manière fort diverse par ceux qui y sont confrontés de près ou de loin. Avant d'en examiner le cadre juridique, il est essentiel d'en proposer une définition à partir de laquelle les règles juridiques importantes seront exposées.
La présente étude tente d'évaluer l'impact de l'introduction d'une procédure d'auto-contrôle en vue de réduire la fréquence de grattage de la peau chez un sujet présentant un problème dermique appelé dermatite atopique. Le traitement consiste, d'une part, en l'instauration d'un comportement incompatible et, d'autre part, au contrôle du stimulus déclencheur (prurit). L'évaluation des effets du traitement s'effectue à l'aide d'un devis expérimental à cas unique A-B-A-B dans lequel la présence et l'absence de l'intervention thérapeutique sont systématiquement alternées. Les résultats démontrent clairement l'effet significatif du traitement, tant au niveau clinique qu'expérimental.
Épistémologiquement, la plupart des intellectuels s'opposent au béhaviorisme radical parce que ce dernier néglige la rationalité pure, l'explication causale, la compréhension intuitive, la prise de conscience et l'authenticité psychologique. Cependant plusieurs auteurs et philosophes non béhavioristes ont exprimé leur scepticisme envers ces méthodes de connaissance. Leur scepticisme permet de mieux saisir la position béhavioriste. Mais, le béhaviorisme radical ne traite pas, de façon satisfaisante, de certains problèmes intéressants comme la connaissance de soi. En pratique, il faut tenir compte d'une approche socio-cognitive.
Une erreur typographique importante s'est glissée dans l'article de Sabourin, Bouchard, Wright, Lussier et Boucher (1988) portant sur l'invariance factorielle de l'Échelle d'Ajustement Dyadique (EAD). La grille de correction qu'ils ont publiée ne respecte pas les directives du concepteur de l'instrument (Spanier, 1976), ni celles de l'équipe responsable de sa traduction française (Baillargeon, Dubois & Marineau, 1986). Une utilisation erratique de la grille de correction aurait pour conséquence d'augmenter artificiellement le score de la sous-échelle consensus et possiblement le score total de l'échelle. Les utilisateurs de l'EAD doivent donc être vigilants et s'assurer qu'ils utilisent une grille de correction adéquate.
Les peurs et les phobies représentent un problème émotif relativement fréquent dans la population. Les inventaires et les échelles complétées par le client jouissent d'une popularité notable dans l'évaluation de ce problème. Les auteurs présentent ici une étude descriptive des scores obtenus à l'inventaire des objets générateurs de peur (FSS) dans une population québécoise étudiante composée de 150 hommes et 150 femmes. L'analyse factorielle de l'inventaire permet de mettre en évidence cinq facteurs. Les données obtenues sont mises en relation avec l'âge et le sexe des sujets.
La présente étude s'inscrit dans le cadre de recherches portant sur le tutorat par des pairs. Celle-ci présente deux objectifs principaux soient l'évaluation de l'efficacité de deux modalités de tutorat appliquées dans le cadre d'enseignements réguliers, et la mesure de l'influence des préférences affiliatives sur l'efficacité. Les notes d'étapes scolaires obtenues pour le cours de mathématiques 422 servent de mesure de rendement, alors que l'échelle sociométrique permet de recueillir les données des préférences affiliatives. L'échantillon est composé de 116 étudiants de quatrième secondaire. L'expérience de tutorat s'est échelonnée sur huit semaines et sur onze périodes de tutorat de 55 minutes chacune. La première et la dernière période ont servi à introduire et conclure le recherche. Chaque groupe-classe recevait six cours de mathématiques par cycle-horaire de six jours. Une période de tutorat a remplacé le premier et le troisième cours de ce cycle. L'enseignement magistral était dispensé pendant les quatre autres périodes de ce cycle horaire. Les résultats ont démontré que deux cours/cycle de mathématiques sous forme de tutorat sont généralement aussi favorables aux gains scolaires que deux cours/cycle de travail individuel et aussi favorables que deux cours/cycle sous forme d'enseignement magistral. De plus, les résultats de cette recherche montrent que les indices de préférences affiliatives (la force affiliative et l'écart de réciprocité) n'expliquent pas les changements de rendement scolaire et qu'il n'y a pas de changement dans les préférences affiliatives suite à l'interaction de tutelle.
L'observation de l'expression non verbale est un type de mesure relativement récent dans l'évaluation du niveau d'anxiété. Cette recension des écrits confirme d'ailleurs l'utilité de ce type de mesure. Mais des données contradictoires suggèrent des conditions d'utilisation dont il faudrait tenir compte. Notamment, il serait important d'observer l'ensemble des indices non verbaux plutôt qu'un seul de ceux-ci. De plus, il faudrait tenir compte de l'influence des caractéristiques de la situation anxiogène et de certaines différences interindividuelles. Par ailleurs, il semble que l'inférence du niveau d'anxiété nécessite l'évaluation des trois principales composantes (subjective, physiologique et motrice) de ce phénomène.
Cette étude avait pour but de vérifier si la présence d'un chiot en cage augmentait les comportements sociaux chez 13 personnes âgées (âge moyen=78 ans) cognitivement dysfonctionnelles et résidant en centre d'accueil. Les trois comportements sociaux à l'étude, les verbalisations, les sourires et les touchers, ont été observés pendant une période de 15 jours à raison de 15 minutes par jour, selon un plan expérimental ABABA. Suite à la cotation des vidéo par des juges indépendants, les résultats démontrent que seules les verbalisations, et dans une moindre mesure les touchers, ont été influencés par la présence animale que ce soit dans sa fréquence ou sa durée. Par contre cet effet s'estompe avec le temps et ne se maintient pas après le retrait de l'animal. Ces résultats suggèrent donc que l'effet de la présence animale se doit d'être nuancé. Les résultats sont interprétés en fonction des limites de cette étude et de nouvelles pistes de recherches sont proposées.
La problématique des rechutes au niveau des comportements reliés à la santé fait l'objet de cet article. Dans un premier volet, l'étendue du problème est exposé en fonction de différents comportements de santé. Un second volet a pour cadre l'analyse du modèle de Marlatt et Gordon (1980, 1985) comme paradigme explicatif du processus de rechute. Enfin, un dernier volet est consacré à un survol des stratégies d'interventions découlant de ce modèle. L'ensemble de cette analyse donne lieu à des conclusions théoriques et à des recommandations pour les recherches futures.
Un autre numéro spécial! Cette fois le thème retenu concerne les problèmes d'adaptation sociale à l'enfance. Deux volets le composent, le rejet social et les comportements agressifs. Ces deux volets d'ailleurs ne sont pas indépendants. Séparément et en combinaison, ils représentent des difficultés importantes et stables d'adaptation sociale. En outre, ils constituent des prédicteurs fiables d'inadaptation ultérieure. Leur valeur prédictive en fait des indicateurs utiles (bien que perceptibles) pouvant servir au dépistage d'enfants «à risque», susceptibles de bénéficier d'une intervention préventive. Ce numéro spécial n'est pas un tour d'horizon complet sur la problématique de l'agressivité et du rejet social à l'enfance. Toutefois les outils d'évaluation ainsi que les éléments de description et de prédiction qui y sont traités constituent une contribution importante aux efforts d'intervention des praticiens et aux efforts de compréhension des chercheurs.
Pour des enfants d'âge scolaire, une position sociométrique désavantageuse (i. e. rejet) au sein du groupe de pairs constitue un indice fiable de problèmes concomitants et ultérieurs d'adaptation sociale. Le présent article décrit tout d'abord diverses mesures sociométriques ainsi que leurs qualités psychométriques. Leur utilité pour fins de dépistage d'enfants à risque est ensuite discutée en relation avec d'autres instruments d'évaluation. Enfin, la formule d'ateliers destinés à enseigner des habiletés sociales aux enfants rejetés des pairs et ainsi améliorer leur position sociométrique est passé en revue. Règle générale, cette formule s'avère efficace eu égard aux habiletés à faire acquérir. Le maintien et la généralisation des acquis laissent toutefois à désirer. De plus, l'impact sur l'acceptation par les pairs des sujets-cibles s'avère limité. Des pistes de solution sont offertes pour pallier ce problème.
Cet article traite des facteurs socio-cognitifs qui peuvent influencer l'évaluation par les pairs de l'agressivité et du retrait social. Nous avançons que l'évaluation par les pairs relève de la capacité de l'enfant évaluateur, d'une part, à se souvenir des comportements de ses pairs et, d'autre part, à envisager leurs comportements futurs. La contribution des schèmes sociaux (un concept emprunté à la psychologie sociale de l'adulte) à ce processus est présentée. Différentes variables qui peuvent influer sur ces dits schèmes - tel l'âge de l'enfant évaluateur, son sexe, et divers éléments d'ordre affectif et cognitif - sont présentées et leur influence potentielle sur l'évaluation par les pairs est discutée. Nous identifions plusieurs démarches afin de contrôler ces biais socio-cognitifs relatifs aux évaluations par les pairs.
Le statut auprès des pairs est couramment utilisé afin d'évaluer la qualité d'insertion sociale d'un enfant à l'école. Il est présumé que ces distinctions de statut reflètent des différences de compétence et d'expérience sociales significatives pour l'ajustement social, non seulement à l'école mais aussi à l'extérieur du milieu scolaire. Ces expériences devraient également être associées aux perceptions que l'enfant a de lui-même et de sa situation sociale. L'objectif de la présente étude est d'une part, de vérifier si les évaluations des pairs, des enseignant(e)s et des parents révèlent des profils de fonctionnement social distinctifs selon les statuts, et d'autre part de comparer l'auto-évaluation des compétences aux perceptions des enseignantes afin de vérifier la présence de biais dans les perceptions de soi selon les statuts. Au total, soixante-treize enfants de 2ème année primaire (36 garçons et 37 filles) participent à l'étude. Des entrevues sociométriques individuelles sont menées en automne et au printemps et les statuts sont calculés selon la méthode de Coie et Dodge (1983). Le fonctionnement social à l'école est évalué au printemps au moyen de questionnaires complétés par les pairs et les enseignant(e)s. Une échelle imagée de compétence perçue sur les plans physique, cognitif et social de même qu'une échelle de solitude et d'insatisfaction sociale sont également administrées. Enfin, les parents complètent un questionnaire portant sur les problèmes comportementaux de leur enfant (N = 66). Les résultats indiquent la présence de profils distinctifs surtout dans les cas rejetés. De façon générale, les pairs, les enseignants(e)s et les parents indiquent que ces enfants présentent un fonctionnement social plus problématique. Par ailleurs, les enfants rejetés ne se perçoivent pas moins compétents bien qu'ils expriment un plus fort sentiment de solitude et d'insatisfaction sociale. La discussion porte sur la signification de ces résultats.
La présente étude a pour objectif de vérifier la généralisation des phénomènes de similarité et de dissimilarité entre le groupe et l'individu quant aux corrélats comportementaux du statut. Trente groupes de jeux expérimentaux de cinq ou six garçons non familiers participent à cinq rencontres de quarante-cinq minutes tenues en laboratoire pendant cinq jours consécutifs. Les comportements de chaque enfant sont filmés puis codifiés de façon fiable selon une grille d'évaluation des comportements. Cinq comportements sont retenus afin de décrire les groupes et les individus: 1) Jeu solitaire, 2) Comportement prosocial, 3) Jeu agressif, 4) Comportement agressif réactif, 5) Comportement agressif proactif. Des entrevues sociométriques individuelles sont menées après chaque session et des cotes de préférence sociale sont calculées selon la procédure de Coie & Dodge (1983). Les corrélats individuels du statut auprès des pairs sont analysés en fonction des taux de comportements observés dans les groupes. Les résultats de la présente étude indiquent la présence d'un phénomène de dissimilarité dans le cas du jeu solitaire et du comportement agressif réactif. Un phénomène de similarité est observé dans le cas du comportement prosocial. Cette étude confirme que le statut ne doit pas être considéré comme une propriété invariante de l'individu mais comme le produit d'une interaction entre l'individu et le groupe. La discussion porte sur la signification de ces résultats pour le modèle proposé et l'intervention préventive.
L'objectif de cette étude est de vérifier si, comme le propose l'approche socio-cognitive du développement de la compétence sociale chez les enfants, les garçons agressifs se différencient des non-agressifs dans leurs habiletés à résoudre des problèmes sociaux présentés en entrevue sous forme hypothétique. L'effet possible de variables telles le niveau socio-économique et le quotient intellectuel est contrôlé. Les résultats sont partiellement dans le sens attendu. La discussion traite du modèle théorique sous-jacent et de la procédure d'évaluation de la dimension socio-cognitive.
Les enfants agressifs et rejetés se distinguent de leurs pairs sur le plan comportemental et socio-cognitif, entre autres, au niveau de la capacité à résoudre des problèmes sociaux. L'évaluation de cette capacité se fait la plupart du temps par le biais de situations conflictuelles hypothétiques, dans lesquelles le sujet est invité à identifier ce qu'il ferait s'il était confronté à un problème qu'on lui décrit. Les résultats inégaux générés par cette méthodologie ont favorisé l'éclosion d'une nouvelle procédure: l'évaluation par situations sociales de provocation standardisées, réalisées avec l'aide de jeunes complices. Le but poursuivi ici est de comparer les réponses comportementales d'enfants de catégories extrêmes en termes d'adaptation sociale, lorsqu'ils sont provoqués par des pairs. L'échantillon est constitué de cent quatorze enfants répartis en deux groupes sur la base de leur profil comportemental évalué par l'enseignant et de leur statut sociométrique (agressifs rejetés vs populaires prosociaux). Les sujets sont jumelés à un complice de même sexe, de même niveau scolaire mais de statut sociométrique moyen. Les réactions des sujets à trois provocations standardisées impliquant le pair-complice sont enregistrées sur ruban magnétoscopique et décodées à l'aide d'une grille de comportements moteurs et d'une grille de comportements verbaux. Les résultats indiquent que les données recueillies lors de l'observation du comportement dans les situations de provocation discriminent clairement les sujets en fonction du statut et du profil comportemental. L'analyse des comportements par situation met en évidence une augmentation des comportements agressifs chez tous les enfants, ainsi qu'un plus grande souplesse des réponses prosociales des enfants populaires/prosociaux par opposition à la plus grande rigidité des réponses des enfants agressifs et rejetés. Les résultats sont ici discutés.
Trente-six familles et leur enfant âgé de trois à cinq ans ont été observés à la maison dans une situation de jeu où le contrôle exercé est progressif. Les douze enfants identifiés par leur éducatrice (QECP, Tremblay & Baillargeon, 1983) comme plus agressifs que la moyenne ont des mères moins impliquées dans le jeu et plus négatives (FISC, Patterson 1982). Elles interagissent moins souvent avec l'enfant et elles ont un répertoire de réponses plus restreint. Peu de différences ont été trouvées entre les pères. La discussion situe les résultats dans une perspective de compréhension du développement de l'agressivité de l'enfant.