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Page 10
Union des bêtes
Je m’unis aux bêtes de la nuit
aux créatures obscures,
là où dort le pâle reflet de l’ombre
et l’odeur des proies.
Comme elles, je sens la nuit
dans l’étroit sentier des désirs
crépusculaires.
Le gibier se meurt
Les victimes reconnaissent l’écho de leurs appels impudiques,
le son strident de leurs plaintes
lascives.
Nos noces sont belles,
rouges et chaudes
sans compromis possible.
Un instinct inconnu se charge de mon corps,
à la merci d’un cri rauque qui change
mon ventre
et mes veines éclatées.
Enfin !
Le fauve en alerte
La bête aux aguets
folle d’égoïsme et d’hypocrisie
pour vivre malgré l’appel du néant.
Créer ma vie
Manger à l’hôtel des sacrifiés
Accepter la bête et le rapace.
Enveloppé de la nuit,
Seul avec les cris du désespoir,
les cris des dents qui déchirent
et la chair,
et la peau.
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Page 11
Soupir de femme
Moment d’accalmie dans ma tête
Sons inconnus se reposent
Les voix étranges de l’appel nocturne
se confondent dans la bave des regrets.
Le feu brûle les pensées furtives
La vie grésille et se tord
comme si la mort l’avait enflammée.
Une bûche de plus et la douleur qui se consume
La douce chaleur réchauffe le cœur
et préserve mon corps
de quelque appel incertain,
de quelque illumination soudaine.
Me rapproche du feu
Désir en éveil et pupille écarlate
transpercent ses plus ardents secrets
M’abandonne au calme de sa danse
et y invente un corps de souvenir
un corps de mémoire fixé dans mon
esprit.
La flamme chante ses cheveux
Soupir de femme
Ébauche de morte brûlée par le désir.
Et j’y devine une exquise tentative,
entre les braises et l’odeur de sapin,
de palper mes mains
pour y entretenir
l’espoir d’un enlacement muet
ou d’un retour aux sources de la vie.
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