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Désir de nuit

Prisonnier de la nuit
Seul avec l’inaltérable désir
Seul avec l’ennui qui tue
Efface les traces de pas dans ma tête,
les traces si belles de petits pas
qui hésitent
et reviennent.

Tout bouge dans ma tête
La vie marche vers moi,
la peur aussi
Pas moyen d’effacer l’à venir.

Le froid craque à la porte
Dehors encore, des hurlements plaintifs
Les loups ont faim
La nature a faim.

Il règne ici l’atmosphère d’un chant qu’on fredonne
Un parfum de lune s’empare de mes veines
Mon corps devient ce dont je ne parle plus
Seule mon ombre argentée
hante la forêt.

Possédé de la fornication inquiète des animaux
Seul l’élan de mes soupirs me propulse,
indécis,
à la recherche d’une volupté,
à la découverte d’une pulsion inconnue.

À la fin des noces
je l’enlève au réel.

 

 

 

 

 

 

Réalisation: guyjoncas.com 2004

 

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Dans l’étreinte des délices obscurs

J’ai le loisir de possession
comme une main vengeresse s’abat
sur la lueur futile des fleurs
Sans respect pour son appel de douceur
pour la plainte lascive de ses sens.

Son corps près du mien, lié,
sans paroles.

Une à une, ses pétales oublient le parfum
qui les étreignait
et ses mains,
riches de l’odeur des vierges.

Pas un mot de tendresse
sinon le désir absent
au passage de quelques mots d’un amour
sans retour possible,
un amour de feuilles mortes
réservé à mon seul plaisir.

Nulle fleur de chair pour résister
Malgré les efforts de cette main qui caresse,
cette main qui tremble trop.

Le corps tout rose refuse de s’ouvrir
La main tendue oublie le désir d’amour.

Seul avec la chair transformée
Comme une plante mortelle
La peau trop douce.

Les pensées obscures s’étreignent
de délices et de craintes
Deux mêmes cris de terreur
La fleur se meurt
Ma main étroite repousse les pétales fanées
et les pleurs mal engagés,
les pleurs qu’on n’entend déjà plus.