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Page 18
Immersion
Le corps muet de la mariée
gît au pied des éternelles secousses
de la forêt furieuse.
Nul rire dans la nuit
Nul soupir au bec des rapaces
comme pour rappeler de mauvais souvenirs,
cauchemars sans cesse
répétés.
Pris avec un corps refusé par la nature,
la vermine qui ronge la chair
jusqu’aux os
et l’odeur fétide qui charme l’indolence
Nulle détente possible.
Les branches des grands arbres songent,
immobiles face aux mensonges de la nuit,
à quelques oiseaux noirs se délectant
des odeurs acres et puissantes de la vie
à jamais absente
au sein de l’ardent reproche de mes sens,
de mon désir.
Son regard perdu fixé sur moi
Quelques gouttes de sang sèchent lentement
sur l’écorce d’un immense bouleau blanc.
Les meurtrissures de son cou
épousent mes mains,
fragiles et incertaines
Mains qui fouillent la neige,
cherchant une raison
pour ne pas mourir aussi.
Belle comme une mort suspecte,
un dernier frisson l’emporte
comme un rêve d’éternité
entre mes mains.
Un trou dans la glace
Un corps qui s’y glisse
Corps blanc,
doucement,
vers l’appel du repos.
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Page 19
Forêt en délire de mes mains
Membres de glace
Frimas sur mes mains
malgré l’été
malgré le feu dans ma gorge
qui appelle sans réponse.
Feuillages inertes
Une montagne se dresse, fière
comme une tête blanche,
mon corps creusant la terre humide.
Froid dans mes mains
Où sont les cadavres des oiseux morts ?
Des noyés qui errent à la dérive ?
Mon esprit s’enflamme
La forêt est en délire
Les rapaces crient leur mort
Les pelages doux sont aux aguets
Le désir s’infiltre,
il coule dans mon sang.
Les racines prennent dans ma tête
comme dans celle d’un fou
à la recherche d’une jeune biche
à la peau de soie
et à la croupe pulpeuse.
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