|
|
Page 2
Partie 1
Création de mon monde
Touche un instant de mes yeux,
un moment entre l’inaltérable
désir de ton corps,
un moment de l’intervalle de ton corps.
Au centre de l’univers,
la peau qui sort des eaux,
la tête pleine d’étoiles clignotant
comme les faibles lueurs de l’espoir des fous
sur fond d’éternité.
L’espace de mes veines à perte de vue
plein d’avenirs sensations
choc de ma création
sous l’écho des colères des dieux.
Mon être à sa première rotation,
son premier soupir.
La vie qui s’imprègne en mon corps
tel un désir inassouvi.
Une lueur discrète s’éveille dans l’univers,
petite parcelle d’espoir d’où naît
mer et tempêtes,
angoisses et peur,
refoulant les montagnes
d’un feu de lumière.
Ma chair aride se fertilise de la haine ou des craintes
d’un primate égaré
et tout ce qui pousse appelle la mort.
La vie renaît, absente aux regards
de quelques oiseaux voltigeant tendrement
au-dessus des glaces,
cherchant un vide à combler.
Le temps est suspendu.
On entend au loin quelque chant bizarre
d’une créature incertaine
marchant vers le vide
pour y créer et la joie
et le remords.
Réalisation:
guyjoncas.com 2004
|
Page 3
Au moule des arbres
La poussée de la vie
s’est moulée au corps des arbres,
les grands pins, fiers et ingrats
qui regardent de haut
un arbre seul,
bouleau aux branches nues.
Inertie des bras.
Entouré de la multitude
de mes frères aux épines meurtries,
sens ces branches et ces racines
ce tronc blanc comme la mort,
mon corps secret et sa sève inerte.
Tout espoir figé aux alentours
Sauf le chant du vent à travers les épines
des grands pins qui tournent.
Nulle vie dans la blancheur
si ce n’est au creux des troncs
ou au centre de la terre, sous le gel.
Mes plus profondes racines,
blanches comme la mort,
faibles comme l’ennui,
sont entremêlées de vieux os
qui les nourrissent avidement
et qui, certains jours de désespoir blanc,
remuent doucement et laissent entendre
quelques craquements.
Et je sens, dans le secret de notre union,
le mort qui gigote et qui crie.
|