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Partie 5

Frissonnante

Frisson d’arbre
Vent du nord pourchasse les feuilles mortes
Son chant secret m’emplit la tête
des plus étranges visions.

Ma narine intacte se remémore l’odeur des glaciers,
la fraîcheur des grandes chasses
comme si je l’avais vécu.

Assis sur le sol
Appuyé contre lui,
un bel érable frissonne
comme si sa sève,
élixir de splendeur et de procréation,
avait choisi de le fuir à jamais.

Vent se faufile dans son tronc
transportant ses parfums suaves
et je reste là, penchant vers le soleil,
contraint de m’adonner à la
contemplation
de mes membres inutiles
et de mon plaisir
en instance de se taire à jamais.

Reste là, chauffé par le soleil,
bien,
Rigide comme un pendu
Ballottant au rythme des branches
Frissonnant à l’appel du délire des fous.

 

 

Réalisation: guyjoncas.com 2004

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Situation d’un corps

Bien campé entre le feu du ciel
et la clarté lunaire,
entre l’incertitude de la vie
ou de la mort
Je songe maintenant aux souvenirs tristes
d’un passé sans joies
d’une vie sans étreintes.

Bien installé aux tréfonds de moi-même,
regarde, suspendu entre l’air et l’eau,
mon corps battant au rythme des vagues
qui le prennent d’assaut.

Nul charognard pour achever mon cœur,
battant à la dérive,
de nuage en récif,
d’espoir en espoir,
sans arrêt,
sans connaître la vase qui embourbe
et ses yeux, limpides comme la mer,
comme le bleu
qui emprisonne sa vie.

Dans un versant plein de délices obscurs,
des voix s’élèvent et crient des paroles
sensées comme le vrai,
comme le palpable réel.

Et je maintiens une position d’alerte,
me prélassant dans l’onde de joies inertes.