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Page 24
Miroir du corps
Voilà le vent qui soulève les voiles
Au fond de l’eau, une mariée se meurt.
Comme un capricieux tournoiement,
ses mains ballottent,
emportées par la tempête des sous-eaux,
par la bourrasque des fonds marins.
Par un soir incandescent,
un miroir se crée sur l’onde
Le soleil entre dedans
avec la folie
du vent qui s’y agrippe.
Seul comme un reflet qu’on n’aura pas connu
comme un espoir vain,
l’astre noir s’éteint
La robe immaculée.
Les algues transmettent de drôles de sons
Quelques sirènes effrayées, sans chansons,
étirent les silences d’antan
sans paroles autres que le regret
qui résonne
comme une cloche fêlée.
Réalisation:
guyjoncas.com 2004
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Page 25
Sans retour possible
Comme la rivière et les morts
Mes yeux sans errances
phrases penchées,
toujours vers l’avant.
Marche insoluble de pas sur la glace
Courbe franche de faux pardons
La rivière a mal au corps
Mes regards s’infiltrent en elle
Ses jambes se ferment doucement
bougent comme un tourment
Sans le feu de ton sang
Sans la frayeur de tes sens.
Connais cette joie inquiète
M’en souviens comme si l’enfer à mes pieds,
un jouet brûlant,
flamme sans secours.
Voilà une appréhension justifiée,
feu figé,
absent de toute lueur,
craignant l’ombre
comme je sens la lame qui cherche
les nuits de mauvais sommeil,
comme je sens la vengeance des cœurs inertes.
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