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Retour de vie
Quelques aveugles ont humé l’air du temps,
ont détruit le gel aux branches des arbres.
Quelques chouettes ont glissé
hors d’atteinte des chasseurs,
se sont réfugiées dans les feuillages printaniers.
L’écho de leurs cris
frémit jusqu’à l’orée du bois,
s’immisçant, sans impudence ni impunité,
à travers les râlements des fauves en alerte
de leurs corps.
Une balle perdue.
Un enfant qui fuit.
Le sang sur ma robe blanche s’évade lentement
du jeune corps,
cherchant la terre.
Soudain, entre quelques racines endormies,
le mort s’agite
comme pour pleurer
un souvenir familier.
Ses os sont imprégnés de sa blessure,
sens sa vie dans la mienne,
ses tristesses dans les miennes.
Un sursaut m’appelle en lui,
en ses regrets de vieux
qui veut oublier,
l’union de nos deux vies
en un même corps difforme
en un même esprit tourmenté.
Réalisation:
guyjoncas.com 2004
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Partie 2
Artifices de route
La ville enterre mes joies,
annihile mes désirs,
espace aéré de mon écorce.
Elle empeste des gens qui l’habitent,
des esprits qui tourmentent mes rêves.
Quelque viol qui se précise,
dans une ruelle fermée.
Quelques mots qui s’étouffent,
sordides comme un chant d’écume.
L’instant d’un délire artificiel,
d’une croyance imparfaite,
prends la fuite par un passage étroit,
par une route inconnue.
Vierge de tous et de moi.
Secret sentier suant le mal des hommes,
le mal de l’incompréhension
des buveurs de sang.
Cris en marchant,
effaçant le chemin du retour
blessant quelques arbres et mes yeux,
rouges des visions du réel,
prodiguant au temps qui passe,
la promesse d’un ardent séjour
comme mes ongles pénétrant ma chair,
le feu qui brûle mes joues
et resserre ma peau sur mes os.
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