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Pause

Suspendre une idée dans ma tête
Surprendre un peu de temps dans mes pensées
Organiser une fête dont je serais le démon.

Être le roi de mes hallucinations
M’élancer dans l’ordre illuminé des choses
Anéantir mes craintes obscures
à l’orée d’une forêt sourde de mes pas
foulant le sol chargé d’insectes,
chargé des corps pourris
des bêtes.

Le vent traverse les parois de ma conscience,
viole mes plus secrets désirs.

Plus rien à faire
Pas de mensonge possible.

Le temps resserre les liens
Ma cervelle emprisonnée
Et la nuit déjà, attise les bruits dans ma tête
Sommeil sans espoir.

Nulle parole pour réconforter ces mains
Nulle réponse pour suspendre leur envol
vers un destin
de plus en plus incertain,
de plus en plus insoluble.

 

 

 

 


Réalisation: guyjoncas.com 2004

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Parfums de chair

L’immense rivière mange ses glaces
L’inaptitude de la vie s’infiltre en
mes membres inertes
tel les branches ployant sous le frimas

Regarde au loin,
à travers quelques feuilles de verre,
les glaces se dévorant au vent,
fuyant la perte de vie.

Carcasses d’animaux noyés,
viande rongée par l’onde,
longent la rive,
décorent la nature ensorcelée.

La vie s’est arrêtée là,
au fond de l’eau.

La débâcle ravive les morts
Leurs corps avides de vie
s’accrochent à quelque branchage,
cherchant l’air sans répit,
sans espoir.

La mort est trop avancée
L’air est trop rare
Les noyés poussent quelques petits cris
et retournent au fond de l’abîme
où leur carcasse plaintive
tente de respirer
les parfums d’eau salée
et les odeurs lointaines
de leur chair
déjà envolées.