australie .

AUSTRALIE


Janice M. BOSTOK
Ross CLARK
Jack DE VIDAS
John KNIGHT
Jacqui MURRAY
Lyn REEVES
Sue STANFORD
John TURNER


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Janice M. BOSTOK

Janice M. Bostok est née à Mullumbimby en 1942 et elle habite à Dungay, Nouvelle-Galles du Sud. Elle écrit des haïkus depuis 1971; ils ont été publiés dans neuf pays et traduits en quatre langues. De 1972 à 1979, elle a été directrice de la revue de haïkus Tweed; elle est codirectrice de la revue Paper Wasp publiée à Brisbane et collabore à la revue Hobo de Sydney. Elle a publié le le recueil de poèmes On Sparse Brush (Makar Press, 1978), les recueils de haïkus: Banana Leaves (1972), Walking Into the Sun (Shelters Press, 1974), Hearing the Wind (1976), Still Waters (Earthdance, 1997), The Farmer Tends his Land (Tiny Poems Press, 1997) et les recueils de haïbuns Silver Path of Moon (Post Pressed, 1996) et, en collaboration, shadow-patches (Hallard Press, 1998).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



pregnant again...
the fluttering of moths
against the window
encore enceinte...
le battement des ailes des phalènes
contre la fenêtre


spilling
at the rim
of the barrel
water
into
sunlight


the winter before
he died he introduced me
to Gregorian chants
déborde
du haut
du baril
l'eau
dans
le soleil


l'hiver avant
sa mort il m'a initiée
au chant grégorien


anguish deepened
by the woodpecker's
distant hammering
l'angoisse intensifiée
par le tambourinement lointain
d'un pic


unable to see
my neighbour's house
I sense her light


a little liquid
in the tea cup gathers in
the winter light
je ne peux voir
la maison de ma voisine
j'imagine sa lumière


un peu de liquide
dans la tassse de thé recueille
la lumière de l'hiver


stopped to allow geese crossing some idiot honks
          j'arrête pour laisser traverser des oies un idiot klaxonne


watchful the night heron lowers his neck into shadow
          vigilant le héron nocturne abaisse son cou dans l'ombre


muzzle of the drinking cow glides across still water
          le museau d'une vache qui boit glisse sur l'eau calme


still morning the click of a dragonfly turning in flight
          matin calme le cliquètement d'une libellule qui tourne en vol

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Ross CLARK

Ross Clark habite à Brisbane. Il est enseignant dans une école secondaire, poète, guide de visites littéraires dans la ville de Brisbane, codirecteur de la revue Paper Wasp et directeur de Sweetwater Press. Le Conseil de ville l'a honoré en exposant un de ses poèmes dans le centre commercial Brisbane City Shopping Mall. Il a publié le recueil de haïkus Local Seasonings: A Haiku Journal (1993). Il est coauteur de Wattle Winds: An Australian Haiku Sequence (Paper Wasp, 1994).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



          replying to
sympathy cards     the stamps
          taste bitter


i feed the cat:
the cricket
keeps on singing


  Lake Biwa mirrors
the image of the mallard
  but not its cry


  on Miyajima
deer     & pilgrims     drink
  from the same water


  overseas alone:
i see your handwriting
  on an envelope


last quarter moon:
time now to
cut my fingernails


reading in bed
a moth resting
on my heartbeat


  she comes in
unsettling the canary
  & my heart


  after the parade
the dragon     head off
  still smoking
          réponse aux
condoléances     goût amer
          des timbres


je donne à manger au chat:
le grillon
stridule sans cesse


  le lac Biwa reflète
l'image du colvert
  mais pas son chant


  sur le Miyajima
daims     et pèlerins     boivent
  à la même eau


  seul à l'étranger:
je vois ton écriture
  sur une enveloppe


dernier quartier de lune:
c'est le temps de
me couper les ongles


lecture au lit
un phalène se repose
sur mon coeur qui bat


  elle entre
perturbant le canari
  et mon coeur


  après le carnaval
le dragon     sans tête
  fume encore

veranda bed
corrugated sky &
nailhole stars
lit de véranda
ciel de tôle ondulée et
trous par où passent des étoiles

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Jack DE VIDAS

Jack De Vidas est né en 1914 dans la ville minière de Broken Hill, Australie-Méridionale. Grâce à diverses bourses, il a étudié la médecine à l'Université d'Adélaïde. Après la Deuxième Guerre mondiale, durant laquelle il était médecin dans la Royal Australian Air Force, il est devenu médecin volant, basé à Alice Springs. Il a ensuite pratiqué durant quelques années dans des villes de province du Queensland. Il a poursuivi sa carrière à Brisbane comme spécialiste et professeur à l'Université du Queensland. Il est mort en 1997. Musicien, poète et haïkiste, il est coauteur de Wattle Winds: An Australian Haiku Sequence (Paper Wasp, 1994) et auteur des recueils de haïkus et de senryûs Bells Are Calling (Paper Wasp, 1996) et River of Stars (Paper Wasp, 1997).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



She waits.
After midnight
it grows too cold.


My voice
losing its melody.
Growing old.


My hand springs away
in the moment of cut.
Pain comes after.


Iced tea in summer
laced with the B minor mass
is out of this world.


A duet.
The lover and the nightingale
sing to the moon.


The setting sun's rays
bloody the sea's horizon.
White flash of a gull!


Easter, I forget
the yeast.
Passover bread.


His cello
sings
his love for her.


At the graveside
the warbler sings away
my grief.


Deep breaths
in and out.
Change to song.
Elle attend.
Après minuit
ça devient trop froid.


Ma voix
perd sa mélodie.
Vieillir.


Ma main bondit en arrière
au moment de la coupure.
La douleur vient après.


En été, du thé glacé
et une messe en si mineur
c'est le bonheur parfait.


Un duo.
L'amant et le rossignol
chantent sous la lune.


Les rayons du soleil couchant
ensanglantent la mer.
L'éclat blanc d'une mouette!


Pâques, j'oublie
la levure.
Pain de pâque.


Son violoncelle
chante
son amour pour elle.


Près de sa tombe
la fauvette soulage
ma peine.


Inspirations profondes
expirations profondes.
Se changent en chanson.

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John KNIGHT    john.knight@mailbox.uq.edu.au

John Knight habite à Brisbane. Il est professeur de pédagogie à l'Université du Queensland. Il est codirecteur de la revue Paper Wasp et directeur de Post Pressed, dont le catalogue contient des recueils de poèmes, des livres d'art et des ouvrages universitaires. Il est l'auteur des recueils de poèmes From Derrida to Sara Lee (Metro Arts, 1994) et Extracts from the Jerusalem Archives and Other Verse (Sweetwater Press, 1997) et coauteur de Wattle Winds: An Australian Haiku Sequence (Paper Wasp, 1994).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



at the airport
wrapped in that last kiss...
the still blue sky...


head first
in a garbage bin -
sacred ibis...


swinging old hips,
so beautiful...
when she smiles...


spring moon
lighting drunks and
poets home...


three a.m.
and you shift my hand
from your breasts


  seven sparrows
on that corner of the roof
  where the sun shines
à l'aéroport
enlacés dans un dernier baiser...
le ciel bleu immobile...


tête première
dans la poubelle -
ibis sacré...


balançant ses hanches,
la vieille si belle...
lorsqu'elle sourit...


la lune du printemps
éclaire le refuge des ivrognes et
des poètes...


trois heures du matin
et tu écartes ma main
de tes seins


  sept moineaux
sur ce coin du toit
  où le soleil brille

Distant ranges...
          indigo spills
    under the bright sky.


Old windmill gap-toothed.


Four-thirty a.m.
twelve stories up - hearing
a curlew call.


Sunday night - even
spruikers outside the strip joints
are bored
Montagnes lointaines...
            l'indigo se répand
             sous le ciel clair.


Vieille éolienne édentée.


Quatre heures trente du matin
du douzième étage - j'entends
le cri d'un courlis.


Dimanche soir - même
les racoleurs devant les strip-teases
s'ennuient
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Jacqui MURRAY

Poète, journaliste à la télévision éducative (SBS) et historienne, Jacqui Murray habite à Brisbane. Depuis plusieurs années, elle est membre du comité international des concours de haïku organisés dans des écoles par la Japan Air Lines et elle est la responsable du concours organisé dans les écoles d'Australie. Elle est membre-fondatrice du Paper Wasp Haiku Group de Brisbane et codirectrice de la revue Paper Wasp. Elle est coauteure de Wattle Winds: An Australian Haiku Sequence (Paper Wasp, 1994).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; A. Duhaime et Jean-Mario Longpré.



wattle winds
combing jacaranda leaves
into the pool


                              floating
through moon and Southern Cross
                  the pool filter starts


pruned branches
sun already hot
on mother's grave


             this letter
   after our funeral
      wishing me well


For Jack Stamm
soft rain
on one side of the roof
fireflies


through steam above
the aqua aerobics class
plump moon rising


a chorus line
of silver foxtails bowing
before the moon
les vents d'acacia
peignent les feuilles de jacaranda
dans la piscine


                              perdu
dans la lune et la Croix du Sud
                 le filtreur démarre


les branches taillées
le soleil déjà plus chaud
sur la tombe de ma mère


                       cette lettre
          après tes funérailles
    me souhaitait du bonheur


À Jack Stamm
douce pluie
sur un côté du toit
lucioles


dans la vapeur au-dessus
de la classe d'exercices aquatiques
monte une lune potelée


un choeur
de vulpins argentés s'incline
devant la lune


cat and coffee marking midnight papers
        chat et café corriger de nuit des examens

winter night rain a freight train the possums louder
        pluie de nuit d'hiver un train de marchandises les opossums plus bruyants

neighbour's arm signals too tired to gossip
          geste du bras la voisine trop fatiguée pour commérer


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Lyn REEVES

Lyn Reeves habite à Dynnyrne, Tasmanie. Elle enseigne au Hobart Institute of TAFE. Elle est directrice de la revue Famous Reporter, membre du Paper Wasp Group et de la Haiku Society of America, animatrice d'ateliers d'écriture, et juge de la 1998 Hobo International Haiku Competition. Ses poèmes et nouvelles ont paru dans diverses revues et anthologies, et lui ont mérité divers prix; ses haïkus ont été publiés en Australie, aux États-Unis, au Japon et en Nouvelle-Zélande.
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.




crow flying
into the wind
treading air
une corneille vole
contre le vent
ses pattes agitées

After rain the eucalypt's white trunk fleshed pink.
        Après la pluie le tronc blanc de l'eucalyptus rose chair

at her funeral
all the women feel
pain in their breasts
à ses funérailles
toutes les femmes ressentent
une douleur aux seins

Wind swirls the empty dunes marram grass shivers
        Le vent tourbillonne les dunes désertes les ammophilas frissonnent

ripe avocado
tastes
green


l'avocat mûr
a un goût
vert


Rainbow's end
comes to rest
on the Casino


in the wardrobe
his dead wife's dresses
wear her perfume
L'arc-en-ciel
vient se poser
sur le Casino


dans la garde-robe
les robes de son épouse décédée
portent son parfum


strung between spires of lavender spider web glistens
        suspendue aux brins de lavande une toile d'araignée scintille


At Watersmeet
two rivers tumble
into the same bed


in evening shade
lupin leaves still cradle
drops of dew
À Watersmeet
deux rivières se jettent
dans le même lit


dans l'ombre du soir
les feuilles de lupin bercent encore
des gouttes de rosée

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Sue STANFORD    stanford@aardvark.apana.org.au

Née en Angleterre en 1951, Sue Stanford a vécu une quinzaine d'années au Japon et habite maintenant à Melbourne. Elle est professeure d'anglais langue étrangère. Elle s'intéresse au haïku, au tanka et au renku (ou renga: Omelette en collaboration avec Jane Reichhold (AHA! Poetry) depuis quelques années; de ses poèmes ont paru dans des revues australiennes (Famous Reporter, First Reporter, Hobo, Paper Wasp , Poetry Monash), japonaises (Azami, Ashahi Evening News, Fuyoh) et américaines (Brussels Sprout, Frogpond, Modern Haiku), ainsi que dans la revue électronique Reflections - A Haiku Diary. Elle s'est mérité une mention honorable (1996) et une deuxième place (1997) au concours de haïku de Kusamakura (Japon), des mentions honorables au concours de renku de la Haiku Society of America (1996) et au concours de haïku organisé par la revue Hobo (1997).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



birdcall opening spaces beyond walls
        un cri d'oiseau ouvre des espaces au-delà des murs


winter dawn
through antipodean lace
a palm alight


downpour -
a pinnacle of soil topped
with a tiny stone


black rabbit -
scent of moonlight
on the garden wall
aube d'hiver
à travers une dentelle des antipodes
un palmier flamboyant


forte averse -
un monticule de terre surmonté
d'une petite pierre


lapin noir -
l'odeur du clair de lune
sur le mur du jardin


snow no path in the wood
        neige aucun sentier dans la forêt

still drinking
after the cup is drained -
canary song
je bois encore
dans ma tasse vide -
chant de canari

rushing across the rocks the felled trees shadow
        se précipite à travers les roches l'ombre de l'arbre abattu


welder's sparks
shower from the fifth floor
the brightening moon


hearing the rain
before it leaves the cloud -
bowstring


I dream I munch
the pale heart of a lettuce
on bread, with haiku
les étincelles de soudure
pleuvent du cinquième étage
la lune plus brillante


j'entends la pluie
avant qu'elle ne quitte le nuage -
corde d'arc


je rêve que je croque
un coeur pâle de laitue
sur du pain, avec un haïku

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John TURNER

John Turner est né en Angleterre en 1952. Après trois années de voyage en Asie, il s'est établi à Perth, Australie-Occidentale, où il travaille à temps partiel dans une boulangerie biologique. Adepte du zen et écologiste, il est également actif au sein du groupe Australians for Native Title and Reconciliation. Il aime la brousse et la solitude, ainsi que la poésie (chinoise, japonaise, américaine et australienne).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



my new job -
I look in the mirror
at sweat stains


      grinding valves
bees drift in and out
      of the workplace


wave of sleep
in the magic theatre
players appear


in the cemetery
a cross of crocuses
spills over


wet dream -
one I needn't discuss
with my therapist


      night shower begins
through the open window
      a dark furry moth


bees in the basil
she carries vegetables
in a fold of her dress


early train
every carriage filled
with surfboards


are there many
snails on the path
this moonless night?


Orion's belt:
letting my belly
hang loose
mon nouveau travail -
je regarde dans le miroir
les taches de sueur


      mouture des grains
des abeilles entrent dans l'atelier
      et en sortent


envie de dormir
dans le théâtre magique
les acteurs apparaissent


dans le cimetière
une croix de crocus
se défait


pollution nocturne -
un rêve dont je n'aurai à discuter
avec mon thérapeute


      en soirée une averse commence
par la fenêtre entrouverte
      un papillon noir et velu


abeilles dans le basilic
elle porte des légumes
dans un pli de sa robe


premier train du matin
chaque wagon est rempli
de planches de surf


y a-t-il plusieurs
escargots sur le sentier
par cette nuit sans lune?


ceinture d'Orion:
je laisse mon ventre
pendre librement

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