autriche .

AUTRICHE


Brigitte DORFINGER
Ernst FERSTL
Mario FREINGRUBER
Friedrich HELLER
Ingeborg K. HOFLEHNER
Heidelore RAAB
Isolde Helga SCHÄFER
Petra SELA
Gottfried W. STIX
Rudolf WEISS


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Brigitte DORFINGER

Brigitte Dorfinger est née à Vienne le 13 août 1954 et elle habite à Angern. Elle a publié Regenmelodie (Mélodie de la pluie; Internationaler Lyrikverlag, 1984) et Zwischen Ebbe und Flut (Entre les marées; 1993).
Traduction: Philippe Caquant et Roger Noël.






Silbriger Morgen
Palmen zart hineingetupft -
selbst der Wind schweigt.


Die Ruder schweigen
noch im Wasser - im Kreuzmast
nistet der Morgen.


Einsame Allee -
Bäume geben Nester preis -
endloses Fernweh.


Treibholz gefangen
im Eis - kein Vogelschrei bricht
das starre Geäst.


Tage verglühen.
Mohn im Ährenfeld leuchtet
dem Wanderer heim.


Verschleiert die Au -
ein Schwan löst sich aus dem Nichts -
schneeweißes Traumboot.


Regenduft im Haar -
im Netz aus Seidenfäden
Perlen zum Abschied.


Regenzauber -
ein Netz aus gläsernen Perlen
fängt sich den Lichtstreif.


Die Lerche fliegt hoch
fern am Horizont - der Himmel
kämmt sein Regenhaar.


Abgeerntet das
Land - jetzt atmet der Acker,
frei von Saat und Frucht.
Matin argenté
palmiers esquissés à petites touches -
même le vent se tait.


Les rames se taisent encore
dans l'eau - à la croisée du mât
niche le matin.


Allée solitaire -
nids délaissés dans les arbres -
infini désir d'espaces.


Bois flottant - pris dans
la glace - nul cri d'oiseau ne perce
le branchage figé.


Les jours se consument.
Les pavots éclatants dans le champ de blé
appellent au retour.


La prairie voilée -
un cygne se matérialise -
barque de rêve, d'un blanc de neige.


Odeur de pluie dans les cheveux -
dans ce réseau de fils de soie
des perles pour un adieu.


Magie de la pluie -
un filet de perles cristallines
capte le rai de lumière.


Elle vole haut, l'alouette
sur l'horizon lointain - le ciel
peigne sa chevelure de pluie.


Toutes récoltes faites -
à présent le champ respire
libre d'épis et de semence.

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Ernst FERSTL

Ernst Ferstl habite à Zöbern. Il a publié les recueils de poèmes Am Ufer des Augenblicks (Au rivage du moment; Anna Pichler Verlag, 1994) et Gräser tanzen (Les Herbes dansent; Doppelpunkt, 1996).
Traduction: Philippe Caquant et Roger Noël.






Eiskalt ist die Nacht.
Ein barmherziger Wind stellt
Blumen ins Fenster.


Die Sonne geht auf.
Ein Regenguß klatscht Beifall
mit nassen Händen.


Der Nachthimmel
spielt eine Lichtersinfonie.
Die Gräser tanzen.


Ein vergnügter Wind
spielt mit tausenden Ästen
ein Harfenkonzert.


Ein Sonnenstrahl
läuft barfuß über das Feld,
liebkost die Erde.


Blitze zerreißen
den Mantel der Dunkelheit
in helle Streifen.


Gräser atmen auf.
Die Nacht hat sich ausgeweint
an Wolkenwangen.


Licht und Dunkelheit:
Zwischen den Gegensätzen
findet sich Heimat.


Ein Sommerregen
tanzt Hand in Hand mit dem Wind
über Berg und Tal.


Himmlischer Besuch:
Der Regen klopft ans Fenster
wie ein guter Freund.
Glacée, la nuit.
Un vent charitable plaque
des fleurs à la fenêtre.


Le soleil se lève.
Une averse l'applaudit
de ses mains mouillées.


Le ciel nocturne interprète
une symphonie de lumières.
Les herbes dansent.


Un vent réjoui
joue sur mille branches
un concert de harpe.


Un rayon de soleil
court pieds nus à travers le champ,
cajolant la terre.


Les éclairs déchirent
le manteau de la nuit
en bandes claires.


L'herbe respire de nouveau.
La nuit a épuisé ses larmes
aux joues des nuages.


Lumière et obscurité:
entre les extrêmes
se trouve la patrie.


Une pluie d'été
danse main dans la main avec le vent
sur monts et vallée.


Visite céleste:
la pluie frappe à la fenêtre
comme un bon ami.

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Mario FREINGRUBER

Mario Freingruber est né en 1959 à Wiener Neustadt. Il est fonctionnaire des finances à Vienne. Il écrit des poèmes, des haïkus et des senryûs, ainsi que de courtes nouvelles. Il est membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft et de diverses sociétés littéraires autrichiennes. Ses poèmes ont paru en Autriche et dans plusieurs pays européens; de ses haïkus ont été traduits en japonais et en croate. Il a reçu le prix d'encouragement de littérature de sa ville natale en 1995. Il a publié les recueils: wortminiaturen (paroles en miniature, poèmes; 1991), ich atme mich in deine geborgenheit - versteckte zuneigungen (de mon souffle, j'accède au cocon de ta sérénité, poèmes; 1995), funkelnder lockruf (séduction étincelante, haïkus; 1995) et wildgänse rufen (les oies sauvages crient, haïkus; 1997).
Traduction: Patrice Tohoury; Philippe Caquant et Roger Noël.



mond hinter wolken;
duftende blüten umschließt
behutsam die nacht


in aufbruchstimmung;
vom spaziergang mitgebracht
kirschblütenzweige


lähmende hitze;
unter dem olivenbaum
ein einsames lied


verrotteter zaun;
die wiese trennt vom himmel
nur der horizont


wildgänse rufen;
die bäume antworten mit
kehligem echo


einsame krähe;
über der brachen scholle
nur nebelschwaden


zarte schneeflocken;
fast unbemerkt endete
das spiel der blätter


unberührter wald;
unter der schneedecke die
schritte von gestern


weiße ebene;
das geräusch des zuges
verwächst mit der kälte


brennende kerzen;
draußen tanzen schneeflocken
in das neue jahr
lune derrière les nuages;
une floraison parfumée étreint
délicatement la nuit


ambiance de renouveau;
rapportées de promenade
des branches de cerisier en fleur


chaleur paralysante;
sous l'olivier
un chant solitaire


clôture pourrie;
seul l'horizon
sépare la prairie du ciel


cris des oies sauvages;
les arbres répondent dans
un écho rauque


corneille solitaire;
sur la glèbe en jachère
rien que traînées de brouillard


tendres flocons de neige;
quasi inaperçu, il a pris fin
le jeu des feuilles


forêt intacte;
sous la couche de neige, les
pas de la veille


plaine blanche;
la rumeur du train
se mêle avec le froid


bougies allumées;
dehors dansent les flocons de neige
au seuil de l'année nouvelle

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Friedrich HELLER

Friedrich Heller est né le 2 avril 1932 à Gross-Enzersdorf et il y habite toujours. Il écrit de la poésie, de la prose et du théâtre. Il a reçu plusieurs prix et décorations, dont le premier prix du premier concours international de haïku (Japon, 1990), section langue allemande. Il a publié: Neun aus Österreich (Neuf jeunes gens d'Autriche; Heimatlandverlag, 1971), Fast unmögliche Geschichten von übermorgen (Histoires presque impossibles d'après-demain; Arndt-Verlag, 1972), Die Blumenuhr (L'horloge de fleurs; St. Georgs Presse, 1973), Die Lobau (Pays le long du Danube; Gerlach & Wiedling, 1975), Marchfeldein (À travers le Marchfeld; Marchlandpresse, 1980), Von Hieb zu Hieb (Arrondissement et coup; Éditions va bene, 1981), Fisch und Vogel (Poisson et oiseau; St. Georgs Presse, 1982), Demonstrationen (Démonstrations; Marchlandpresse, 1983), Bald ist Heilige Nacht (Avant la veille de Noël; Heimatlandverlag, 1984), Balhorns gesammelte Denkanstöße (Impulsions pour faire penser; Weilburg-Verlag, 1985), Zeichensprache (Estropier les mots; Marchlandpresse, 1986), Das Marchfeld bildlich besprochen (Le Marchfeld en images; Norbertus-Verlag, 1986), Der unmögliche Onkel (L'oncle impossible; Malek-Verlag, 1989), Groß-Enzersdorf - Tor zum Marchfeld (Gross-Enzersdorf - porte du Marchfeld; Gross-Enzersdorf, 1989), Der Himmelfahrer (Voyageur du ciel; Gross-Enzersdorf, 1991), Marchfeldsagen (Mythes du Marchfeld; Norbertus-Verlag, 1994), Die Geschichte unserer Stadt (L'histoire de notre ville; Gross-Enzersdorf, 1996), ainsi que des anthologies de haïkus: Das Haiku in Österreich (Le haïku en Autriche; St. Georgs Presse, 1992) et Jenseits des Flußes (Au-delà du fleuve; Doppelpunkt, 1995).
Traduction: Luitgard Knoll; Philippe Caquant et Roger Noël.



Winterlicher See.
Im Land schließt sich die Wunde:
Ufer nähern sich.


Keine Post brachte
der Bote heut. Nur Schnee liegt
auf dem Briefkasten.


Kinder spielen Ball
im Schneetreiben der Blüten:
Ein Blinder erfriert.


Im Park der Alte,
er sucht Platz auf einer Bank.
Knospen springen auf.


Blühende Rose,
du legst, ach, den Liebenden
die Dornen ans Herz.


Die Wälder schweigen.
Scheinheilig sucht sich der Mond
ein Haus für die Nacht.


Brütende Hitze.
Unter drohenden Wolken
erzittert das Dorf.


Rebengelände.
Als Rufzeichen des Schweigens
ein einzelner Baum.


Entlaubt steht der Baum,
dennoch trägt seine Krone
einige Sterne.


Wohin des Weges,
fahle Blätter im Winde?
Dir voraus, dir nach!
Étang hivernal.
La plaie de la terre se referme:
les rives se rapprochent.


Pas de courrier ce matin.
Rien que la neige
qui couvre la boîte.


Petits joueurs de ballon
dans la tourmente de neige-pétales:
un aveugle meurt de froid.


Dans le parc, le vieillard
cherche une place sur un banc.
Les bourgeons éclatent.


Rose épanouie,
tu plantes tes épines, hélas,
dans le coeur des amants.


Les bois se taisent.
Fausse dévote, la lune
cherche une maison pour la nuit.


Chaleur torride.
Sous les nuages qui menacent
le village tremble.


Terrain de vignobles.
Point d'exclamation du silence:
un arbre solitaire.


L'arbre se dresse dépouillé,
et pourtant sa couronne
s'orne de quelques étoiles.


Où vous dirigez-vous,
feuilles blêmes dans le vent?
En avant, en arrière!

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Ingeborg K. HOFLEHNER

Ingeborg K. Hoflehner est née en 1942 à Wels et habite à Vienne. Elle a publié les recueils de poèmes Unter dem Kreuz mein Schatten (Sous la croix mon ombre; Satzinger/Hoflehner, 1990), Im roten Mohn (Dans les pavots rouges; Frieling, 1992) et Vom Baum der Erkenntnis (De l'arbre de la science du bien et du mal; Frieling, 1993), les recueils de haïkus Abendlandschaften (Paysages au soleil couchant; Eulen, 1987) et Mondscheinlandschaften (Paysges au clair de lune; Eulen, 1997), ainsi que le recueil de tankas Ein Tag wie Seide (Une journée en soie; Doppelpunkt, 1997).
Traduction: Florence Hetzel; Philippe Caquant et Roger Noël.



Flugsamen - Primel
zwischen den Gräbern, eine
Amsel, die Sonne.


Fenster blitzen auf
im verlassenen Gehöft.
Ein Zug eilt vorbei.


Im Kelch der Tulpe
halten Bienen ihr Gastmahl -
süsses Geheimnis.


Am modrigen Zaun
hält sich der wilde Wein fest
mit jungen Trieben.


Necken einander
und wiegen sich und kosen -
Wind und Mimosen.


Beinah' gekentert,
das leere Boot - es schaukelt
den blauen Himmel.


Sieh! Die Sonne wirft
dir zum Spiel den Schatten zu,
einsamer Grashalm!


Feuerrot zieht die
Sonne den Tag aus dem Meer -
da erblasst die Nacht!


Der Hibiskus schlürft
den letzten Tropfen Tag, hält
ihn fest bis morgen.


Keine Spur im dunklen Wald...
Horch! Die Eule ruft
nach deinem Schatten.
Graines ailées - primevère
entre les tombes, un
merle, le soleil.


Des éclairs jaillissent
des vitres de la ferme abandonnée.
Un train passe en trombe.


Dans le calice de la tulipe
festoient les abeilles -
doux secret.


À la clôture vermoulue
s'agrippent la vigne vierge
et ses jeunes pousses.


Ils se taquinent
et se bercent et se câlinent -
le vent et les mimosas.


Presque échouée,
la barque vide joue à la balançoire
avec le ciel bleu.


Vois! Le soleil joue
à te jeter des ombres,
brin d'herbe solitaire!


Flamboyant, le soleil
tire le jour de la mer -
et la nuit pâlit!


L'hibiscus savoure
la dernière goutte de jour, et la
retient jusqu'au matin.


Aucune trace au fond des bois...
Écoute! Le cri de la chouette
réclame ton ombre.

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Heidelore RAAB

Heidelore Raab est née en 1946 à Tragwein où elle habite toujours. Elle est membre de l'Association des écrivains autrichiens et de la Deutsche Haiku-Gesellschaft. Elle a publié quatre recueils de poèmes chez Anna Pichler Verlag: Ungezähmter Löwenzahn (Dent de lion indomptée; 1990), Lebensspuren (Traces de vie; 1992), Gezeiten der Sehnsucht (Marées de la nostalgie; 1994) et Im Zeichen Waage (Sous le signe de la Balance; 1997). Elle a également publié les recueils de haïkus chez St. Georgs Presse: Wie Falterflügel (Ainsi les ailes de papillon; 1991), Wie Sternenblüten (Ainsi les fleurs d'étoile; 1992), Windharfenlieder (Chants de harpe dans le vent; 1993), Im Licht der Freude (À la lumière de la joie; 1994), Mit einem Lächeln (Avec un sourire; 1995), Auf zarten Schwingen (D'un vol léger; 1996), Im wachsenden Mond (Dans la lune croissante; 1997) et Blühende Sonnen (Soleils en fleurs; 1998).
Traduction: Catherine Carré-Karlinger; Philippe Caquant et Roger Noël.



Gewitterwolken
läßt er im Teich erzittern,
der Wasserläufer.


Unaufhörlich fließt
unter meinen Füßen
der Sand zurück ins Meer.


Auf dem kahlen Feld
ein vergessener Kürbis
im Abenddämmern.


Nächtliche Schatten.
Über dem wartenden Land
erblüht der Ostermond.


Auf dem steinigen
Weg ans Meer begleitet mich
ein Segelfalter.


Öde Schutthalde.
Aus einem Scherbenkrug winkt
ein Büschel Gräser.


Zaubernußblüten
trotzen dem eisigen Wind.
Lichtspuren im Schnee.


Im fahlen Mondlicht
auf dem verwaisten Acker
die Vogelscheuche.


Verwitterter Fels,
jäh erhellt durch das Leuchten
des Schwalbenschwanzes.


Der alte Ölbaum,
zerklüftet von Dürre und Wind,
trägt reiche Frucht.
Les nuages d'orage,
elle les fait trembler dans l'étang,
la nèpe d'eau.


Inlassable écoulement
sous mes pieds
du sable qui retourne à la mer.


Dans le champ dénudé
une citrouille oubliée
dans le crépuscule.


Ombres nocturnes.
Sur la campagne en attente
fleurit la lune de Pâques.


Sur le chemin pierreux
qui mène à la mer, m'accompagne
un papillon-voile.


Morne dépotoir.
De son pot brisé
une touffe d'herbe fait signe.


Des fleurs d'hamamélis
défient le vent glacial.
Touches de lumière dans la neige.


Sous une lune blafarde
dans le champ abandonné
l'épouvantail.


Rocher érodé,
soudainement éclairé
par le machaon lumineux.


Le vieil olivier,
raviné par vent et sécheresse,
porte riche récolte.

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Isolde Helga SCHÄFER

Isolde Helga Schäfer est née à Linz en 1938 et elle habite à Bad Ischl depuis dix ans. Elle écrit des contes, de la poésie, des haïkus, des senryûs et des tankas. À compte d'auteur, elle a publié quatre recueils qu'elle a faits à la main et qu'elle a illustrés: Haiku - Schönes mit dem herzen gesehen (Haïku - Beauté vue avec le coeur; 1991), Von Pfirsichblüte bis Eiskristall (Des pêchers en fleur à la glace cristalline, haïkus et senryûs; 1992), Venedig - Impressionen (Venise - Impressions, haïkus et senryûs, en allemand et en italien; 1992) et Ischl - Impressionen (Ischl - Impressions, haïkus, senryûs et tankas; 1992), ainsi que quatre autres chez des éditeurs: Sternschnuppen (Étoiles filantes, haïkus; Graphikum, 1991), Mond - Meer - Haiku (Lune - Mer - Haïku; St. Georgs Presse, 1992), Fisch mit Rauchfang (Poisson avec cheminée, tankas; R. Wimmer, 1995) et Rotkehlchen zwitschert (Le rouge-gorge gazouille, haïkus d'écoliers et illustrations de l'auteure; R. Wimmer, 1995). Ses haïkus ont paru dans plusieurs anthologies en Autriche et dans d'autres pays. Elle est responsable de la section autrichienne de la Deutsche Haiku-Gesellschaft, et membre de diverses associations d'écrivains. Elle anime des ateliers d'écriture pour enfants d'école primaire.
Traduction: Philippe Caquant et Roger Noël.



Laut hämmert der Specht!
Waldefeu klammert sich fest
mit jungen Trieben -


Noch kahle Ranken
der Weinstöcke. Am Boden
duckt sich das Veilchen...


Wasserlilien
leuchten gelb am grünen Teich.
Libellen schwirren !


Die Schafe blöken!
Und ein Zitronenfalter
kämpft mit dem Bergwind -


Langsam verlöscht nun
das Kartoffelfeuer - nur
Rauch steigt noch empor...


Schwer neigt sich der Kopf
der reifen Sonnenblume.
Die Vögel warten -


Ein frischer Westwind
blättert auf feuchten Wiesen
bunte Muster auf -


Taugefüllt der Kelch
der Lilie. In ihm des
Mondes Spiegelbild -


Träge rauscht der Fluß...
Auf den Eisschollen landen
kreischende Möwen !


In dichten Flocken
fällt Schnee. Da - ein Krähenruf
zersägt die Stille !
Comme il tambourine, le pivert!
Le lierre se cramponne
de toutes ses jeunes pousses -


Restent les sarments nus
de la vigne. Au sol
se tapit la violette...


Nénufars
éclat jaune sur l'étang vert.
Bruissement des libellules!


Bêlent les moutons!
Un papillon-citron
lutte contre le vent montagnard -


Voici qu'il s'éteint doucement
le feu où cuisaient les pommes de terre -
seule la fumée s'élève encore...


Il penche lourdement la tête
le tournesol à maturité.
Les oiseaux attendent -


Un vent frais d'ouest
compose sur les prés humides
des motifs multicolores -


Le calice du lis
rempli de rosée. Dedans
se reflète la lune -


Grondement paresseux du fleuve...
Sur la glace disloquée s'abattent
en criant, les mouettes!


À gros flocons
tombe la neige - Le cri soudain d'une corneille
déchire le silence!

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Petra SELA

Née à Vienne en 1947, Petra Sela y habite toujours. Elle a publié aux Éditions Doppelpunkt: Lippenmale (Marques de lèvres, coauteure, poèmes et prose; 1993), Umflut (Entourée de flots, poèmes; 1994), Der Kämmerer und die Glutäugige (Le chambellan et la femme au regard ardent, prose; 1996), Verwoben (Tissé, haïkus, en allemand et en japonais; 1996), Winterreise damals - heute (Voyages d'hiver: autrefois, aujourd'hui, poèmes, en collaboration avec Liane Presich-Petuelli; 1997) et In Ton geritzt (Gravé dans l'argile, poèmes; 1997), ainsi que l'anthologie Jenseits des Flußes (Au-delà du fleuve, en collaboration, haïkus, en allemand et en japonais; 1995).
Traduction: Siegfried Markus Schopper; Philippe Caquant et Roger Noël.



getaute erde
klebt an den schuhen - sie kann
den schritt nicht hemmen.


die tür fällt ins schloß.
am eisigen fenster ein
gesicht voll tränen.


regen klatscht auf den
betonweg - doch im garten
duftet das veilchen.


der himmel ist zur
erde gefallen - blauer
sternenglanz im gras.


unermüdlich webt
die spinne - ein windstoß macht
alles zunichte.


ein kleines loch im
gewebe, und das land ist
sichtbar geworden.


tiefschwarze wolken
hängen am himmel - in der
hand ein alter brief.


die schatten stehen
tief, wenn die schnecke heimkehrt
in das leere haus.


ein schweißtropfen fällt
zu boden - beim mückenton
steigt gänsehaut auf.


sprudelndes wasser
macht auch den stein lebendig.
sieh wie er leuchtet!
la terre qui dégèle
colle aux chaussures - sans pour autant
entraver les pas.


la porte claque.
à la fenêtre glacée
un visage plein de larmes.


la pluie claque sur
l'asphalte - dans le jardin, pourtant
le parfum de la violette.


le ciel est tombé
sur la terre - l'éclat bleu
des étoiles dans l'herbe.


l'araignée tisse
infatigablement - un coup de vent
anéantit le tout.


un petit trou dans
la toile, et voilà
le paysage qui apparaît.


des nuages d'un noir d'encre
suspendus dans le ciel - dans la main
une vieille lettre.


les ombres s'allongent
quand l'escargot rentre
dans la maison vide.


une goutte de sueur
tombe par terre - le bruit du moustique
réveille la chair de poule.


l'eau jaillissante
donne la vie même à la pierre.
regarde comme elle brille!

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Gottfried W. STIX

Gottfried W. Stix est né à Vienne en 1911. Professeur de langue et de littérature allemandes à l'Université de Catania, Sicile, et à l'Université La Sapienza, Rome. Après une absence de 52 ans, il vit maintenant à Vienne et au Tyrol. Il compte de nombreuses publications sous forme de livres ou d'articles dans des anthologies et revues allemandes, italiennes et autrichiennes. Ses plus récentes publications sont licht in den fenstern (lumière aux fenêtres; Wort und Welt, 1990) et zuerst die augen (d'abord les yeux; Wort und Welt, 1995).
Traduction: Pamina Daucha; Philippe Caquant et Roger Noël.



hoch oben segeln
die wolken am see unten
schaukeln die boote


helleres rauschen
im frischen bergwind wehen
die blüten zum bach


ein leichter vorhang
trägt wellen von sonnenlicht
mitten ins zimmer


ahnst du aus wieviel
teilen ein vergißmeinnicht
auch wirklich besteht?


mächtig vor mir
der schatten am weg
als liefen wir um die wette


schön ist der garten
einsam und wild kein samen
ging je verloren


millionen vögel
schreiben ihre lebenslust
schwarz in den himmel


sie brachte den herbst
mit nach haus und stellte ihn
kunstvoll ins zimmer


strahlender winter
ein bauer breitet im schnee
dampfenden mist aus


dem licht entgegen
unter uns das wolkenmeer
immer noch drohend
tout là-haut voguent
les nuages en bas sur le lac
se balancent les bateaux


un bruissement plus clair
dans le souffle frais des monts
les fleurs s'inclinent vers le ruisseau


un rideau léger
porte des vagues de soleil
jusqu'au milieu de la chambre


as-tu vraiment idée
de combien de parties
se compose un myosotis?


énorme devant moi
l'ombre sur le chemin
comme si nous faisions la course


qu'il est beau le jardin
désert et sauvage aucune graine
ne s'y est jamais perdue


des millions d'oiseaux
écrivent leur joie de vivre
en noir sur le ciel


elle emporta l'automne
chez elle et l'arrangea
artistiquement dans la pièce


hiver rayonnant
un paysan étale sur la neige
du fumier chaud


à contre-jour
la mer de nuages au-dessous de nous
toujours menaçante

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Rudolf WEISS

Rudolf Weiss est né en 1957 à Mödling. Poète et photographe, il a publié: Schwarz und Weiß (Noir et blanc; KFM Verlag, 1991), Mannsbilder (Les hommes; NÖ Pressehaus, 1993), Beziehungen (Relations; Rundblick Verlag, 1994), Ganslhaut (Chair de poule; NÖ Pressehaus, 1995), Weinviertel - Impressionen (Weinviertel - Impressions; NÖ Pressehaus, 1996) et Fürchtet Euch nicht (Ne craignez pas; NÖ Pressehaus, 1997).
Traduction: Paul Solit; Philippe Caquant et Roger Noël.




der frost resigniert
in der trocknenden erde
summt freudig die saat


der morgen dämmert
weinstöcke stehen spalier
- halten die hand auf


eisblumen blühen
durch das haus flattert manchmal
noch ein schmetterling


das land schminkt sich ab
das bunt taumelt zu boden
flugblätter gottes


sommernachmittag
nicht ein windhauch hinkt vorbei
die sonne bäckt brot


die mohnblumen dort -
an den ackerrand gestellt
wie ampeln auf rot


die linden vorm haus -
drei schon im grünen kostüm
doch eine bleibt nackt


schwül und weich die luft -
unter den zwetschgenbäumen
herrschen die wespen


die welt wird ganz klein -
im endlosen nebelmeer
segeln zwei tannen


der herbst schleicht heran
tief verneigen sich obstbaum
und sonnenblumen
le gel se résigne
dans la terre qui se dessèche
la semence bourdonne joyeusement


au lever du jour
les pieds de vigne font la haie
- la main levée


les fleurs de givre s'épanouissent
dans la maison virevolte encore
parfois un papillon


la campagne se démaquille
le feuillage d'automne chancelle vers le sol
comme des tracts divins


après-midi d'été
pas même un malheureux souffle de vent
le soleil cuit son pain


les coquelicots là-bas -
plantés à la lisière du champ
comme autant de feux rouges


les tilleuls devant la maison -
trois déjà en habit vert
le dernier est encore nu


l'air est lourd et moelleux -
sous les pruniers
règnent les guêpes


le monde devient tout petit -
dans la mer infinie des brumes
voguent deux sapins


l'automne approche en tapinois
arbres fruitiers et tournesols
s'inclinent profondément

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