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Brigitte Dorfinger est née à Vienne le 13 août 1954 et elle habite à Angern. Elle a publié Regenmelodie (Mélodie de la pluie; Internationaler Lyrikverlag, 1984) et Zwischen Ebbe und Flut (Entre les marées; 1993).|
Silbriger Morgen Palmen zart hineingetupft - selbst der Wind schweigt. Die Ruder schweigen noch im Wasser - im Kreuzmast nistet der Morgen. Einsame Allee - Bäume geben Nester preis - endloses Fernweh. Treibholz gefangen im Eis - kein Vogelschrei bricht das starre Geäst. Tage verglühen. Mohn im Ährenfeld leuchtet dem Wanderer heim. Verschleiert die Au - ein Schwan löst sich aus dem Nichts - schneeweißes Traumboot. Regenduft im Haar - im Netz aus Seidenfäden Perlen zum Abschied. Regenzauber - ein Netz aus gläsernen Perlen fängt sich den Lichtstreif. Die Lerche fliegt hoch fern am Horizont - der Himmel kämmt sein Regenhaar. Abgeerntet das Land - jetzt atmet der Acker, frei von Saat und Frucht. |
Matin argenté palmiers esquissés à petites touches - même le vent se tait. Les rames se taisent encore dans l'eau - à la croisée du mât niche le matin. Allée solitaire - nids délaissés dans les arbres - infini désir d'espaces. Bois flottant - pris dans la glace - nul cri d'oiseau ne perce le branchage figé. Les jours se consument. Les pavots éclatants dans le champ de blé appellent au retour. La prairie voilée - un cygne se matérialise - barque de rêve, d'un blanc de neige. Odeur de pluie dans les cheveux - dans ce réseau de fils de soie des perles pour un adieu. Magie de la pluie - un filet de perles cristallines capte le rai de lumière. Elle vole haut, l'alouette sur l'horizon lointain - le ciel peigne sa chevelure de pluie. Toutes récoltes faites - à présent le champ respire libre d'épis et de semence. |
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Ernst Ferstl habite à Zöbern. Il a publié les recueils de poèmes Am Ufer des Augenblicks (Au rivage du moment; Anna Pichler Verlag, 1994) et Gräser tanzen (Les Herbes dansent; Doppelpunkt, 1996).|
Eiskalt ist die Nacht. Ein barmherziger Wind stellt Blumen ins Fenster. Die Sonne geht auf. Ein Regenguß klatscht Beifall mit nassen Händen. Der Nachthimmel spielt eine Lichtersinfonie. Die Gräser tanzen. Ein vergnügter Wind spielt mit tausenden Ästen ein Harfenkonzert. Ein Sonnenstrahl läuft barfuß über das Feld, liebkost die Erde. Blitze zerreißen den Mantel der Dunkelheit in helle Streifen. Gräser atmen auf. Die Nacht hat sich ausgeweint an Wolkenwangen. Licht und Dunkelheit: Zwischen den Gegensätzen findet sich Heimat. Ein Sommerregen tanzt Hand in Hand mit dem Wind über Berg und Tal. Himmlischer Besuch: Der Regen klopft ans Fenster wie ein guter Freund. |
Glacée, la nuit. Un vent charitable plaque des fleurs à la fenêtre. Le soleil se lève. Une averse l'applaudit de ses mains mouillées. Le ciel nocturne interprète une symphonie de lumières. Les herbes dansent. Un vent réjoui joue sur mille branches un concert de harpe. Un rayon de soleil court pieds nus à travers le champ, cajolant la terre. Les éclairs déchirent le manteau de la nuit en bandes claires. L'herbe respire de nouveau. La nuit a épuisé ses larmes aux joues des nuages. Lumière et obscurité: entre les extrêmes se trouve la patrie. Une pluie d'été danse main dans la main avec le vent sur monts et vallée. Visite céleste: la pluie frappe à la fenêtre comme un bon ami. |
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Mario Freingruber est né en 1959 à Wiener Neustadt. Il est fonctionnaire des finances à Vienne. Il écrit des poèmes, des haïkus et des senryûs, ainsi que de courtes nouvelles. Il est membre de la Deutsche Haiku-Gesellschaft et de diverses sociétés littéraires autrichiennes. Ses poèmes ont paru en Autriche et dans plusieurs pays européens; de ses haïkus ont été traduits en japonais et en croate. Il a reçu le prix d'encouragement de littérature de sa ville natale en 1995.
Il a publié les recueils: wortminiaturen (paroles en miniature, poèmes; 1991), ich atme mich in deine geborgenheit - versteckte zuneigungen (de mon souffle, j'accède au cocon de ta sérénité, poèmes; 1995), funkelnder lockruf (séduction étincelante, haïkus; 1995) et wildgänse rufen (les oies sauvages crient, haïkus; 1997).|
mond hinter wolken; duftende blüten umschließt behutsam die nacht in aufbruchstimmung; vom spaziergang mitgebracht kirschblütenzweige lähmende hitze; unter dem olivenbaum ein einsames lied verrotteter zaun; die wiese trennt vom himmel nur der horizont wildgänse rufen; die bäume antworten mit kehligem echo einsame krähe; über der brachen scholle nur nebelschwaden zarte schneeflocken; fast unbemerkt endete das spiel der blätter unberührter wald; unter der schneedecke die schritte von gestern weiße ebene; das geräusch des zuges verwächst mit der kälte brennende kerzen; draußen tanzen schneeflocken in das neue jahr |
lune derrière les nuages; une floraison parfumée étreint délicatement la nuit ambiance de renouveau; rapportées de promenade des branches de cerisier en fleur chaleur paralysante; sous l'olivier un chant solitaire clôture pourrie; seul l'horizon sépare la prairie du ciel cris des oies sauvages; les arbres répondent dans un écho rauque corneille solitaire; sur la glèbe en jachère rien que traînées de brouillard tendres flocons de neige; quasi inaperçu, il a pris fin le jeu des feuilles forêt intacte; sous la couche de neige, les pas de la veille plaine blanche; la rumeur du train se mêle avec le froid bougies allumées; dehors dansent les flocons de neige au seuil de l'année nouvelle |
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Friedrich Heller est né le 2 avril 1932 à Gross-Enzersdorf et il y habite toujours. Il écrit de la poésie, de la prose et du théâtre. Il a reçu plusieurs prix et décorations, dont le premier prix du premier concours international de haïku (Japon, 1990), section langue allemande. Il a publié: Neun aus Österreich (Neuf jeunes gens d'Autriche; Heimatlandverlag, 1971), Fast unmögliche Geschichten von übermorgen (Histoires presque impossibles d'après-demain; Arndt-Verlag, 1972), Die Blumenuhr (L'horloge de fleurs; St. Georgs Presse, 1973), Die Lobau (Pays le long du Danube; Gerlach & Wiedling, 1975), Marchfeldein (À travers le Marchfeld; Marchlandpresse, 1980), Von Hieb zu Hieb (Arrondissement et coup; Éditions va bene, 1981), Fisch und Vogel (Poisson et oiseau; St. Georgs Presse, 1982), Demonstrationen (Démonstrations; Marchlandpresse, 1983), Bald ist Heilige Nacht (Avant la veille de Noël; Heimatlandverlag, 1984), Balhorns gesammelte Denkanstöße (Impulsions pour faire penser; Weilburg-Verlag, 1985), Zeichensprache (Estropier les mots; Marchlandpresse, 1986), Das Marchfeld bildlich besprochen (Le Marchfeld en images; Norbertus-Verlag, 1986), Der unmögliche Onkel (L'oncle impossible; Malek-Verlag, 1989), Groß-Enzersdorf - Tor zum Marchfeld (Gross-Enzersdorf - porte du Marchfeld; Gross-Enzersdorf, 1989), Der Himmelfahrer (Voyageur du ciel; Gross-Enzersdorf, 1991), Marchfeldsagen (Mythes du Marchfeld; Norbertus-Verlag, 1994), Die Geschichte unserer Stadt (L'histoire de notre ville; Gross-Enzersdorf, 1996), ainsi que des anthologies de haïkus: Das Haiku in Österreich (Le haïku en Autriche; St. Georgs Presse, 1992) et Jenseits des Flußes (Au-delà du fleuve; Doppelpunkt, 1995).|
Winterlicher See. Im Land schließt sich die Wunde: Ufer nähern sich. Keine Post brachte der Bote heut. Nur Schnee liegt auf dem Briefkasten. Kinder spielen Ball im Schneetreiben der Blüten: Ein Blinder erfriert. Im Park der Alte, er sucht Platz auf einer Bank. Knospen springen auf. Blühende Rose, du legst, ach, den Liebenden die Dornen ans Herz. Die Wälder schweigen. Scheinheilig sucht sich der Mond ein Haus für die Nacht. Brütende Hitze. Unter drohenden Wolken erzittert das Dorf. Rebengelände. Als Rufzeichen des Schweigens ein einzelner Baum. Entlaubt steht der Baum, dennoch trägt seine Krone einige Sterne. Wohin des Weges, fahle Blätter im Winde? Dir voraus, dir nach! |
Étang hivernal. La plaie de la terre se referme: les rives se rapprochent. Pas de courrier ce matin. Rien que la neige qui couvre la boîte. Petits joueurs de ballon dans la tourmente de neige-pétales: un aveugle meurt de froid. Dans le parc, le vieillard cherche une place sur un banc. Les bourgeons éclatent. Rose épanouie, tu plantes tes épines, hélas, dans le coeur des amants. Les bois se taisent. Fausse dévote, la lune cherche une maison pour la nuit. Chaleur torride. Sous les nuages qui menacent le village tremble. Terrain de vignobles. Point d'exclamation du silence: un arbre solitaire. L'arbre se dresse dépouillé, et pourtant sa couronne s'orne de quelques étoiles. Où vous dirigez-vous, feuilles blêmes dans le vent? En avant, en arrière! |
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Ingeborg K. Hoflehner est née en 1942 à Wels et habite à Vienne. Elle a publié les recueils de poèmes Unter dem Kreuz mein Schatten (Sous la croix mon ombre; Satzinger/Hoflehner, 1990), Im roten Mohn (Dans les pavots rouges; Frieling, 1992) et Vom Baum der Erkenntnis (De l'arbre de la science du bien et du mal; Frieling, 1993), les recueils de haïkus Abendlandschaften (Paysages au soleil couchant; Eulen, 1987) et Mondscheinlandschaften (Paysges au clair de lune; Eulen, 1997), ainsi que le recueil de tankas Ein Tag wie Seide (Une journée en soie; Doppelpunkt, 1997).|
Flugsamen - Primel zwischen den Gräbern, eine Amsel, die Sonne. Fenster blitzen auf im verlassenen Gehöft. Ein Zug eilt vorbei. Im Kelch der Tulpe halten Bienen ihr Gastmahl - süsses Geheimnis. Am modrigen Zaun hält sich der wilde Wein fest mit jungen Trieben. Necken einander und wiegen sich und kosen - Wind und Mimosen. Beinah' gekentert, das leere Boot - es schaukelt den blauen Himmel. Sieh! Die Sonne wirft dir zum Spiel den Schatten zu, einsamer Grashalm! Feuerrot zieht die Sonne den Tag aus dem Meer - da erblasst die Nacht! Der Hibiskus schlürft den letzten Tropfen Tag, hält ihn fest bis morgen. Keine Spur im dunklen Wald... Horch! Die Eule ruft nach deinem Schatten. |
Graines ailées - primevère entre les tombes, un merle, le soleil. Des éclairs jaillissent des vitres de la ferme abandonnée. Un train passe en trombe. Dans le calice de la tulipe festoient les abeilles - doux secret. À la clôture vermoulue s'agrippent la vigne vierge et ses jeunes pousses. Ils se taquinent et se bercent et se câlinent - le vent et les mimosas. Presque échouée, la barque vide joue à la balançoire avec le ciel bleu. Vois! Le soleil joue à te jeter des ombres, brin d'herbe solitaire! Flamboyant, le soleil tire le jour de la mer - et la nuit pâlit! L'hibiscus savoure la dernière goutte de jour, et la retient jusqu'au matin. Aucune trace au fond des bois... Écoute! Le cri de la chouette réclame ton ombre. |
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Heidelore Raab est née en 1946 à Tragwein où elle habite toujours. Elle est membre de l'Association des écrivains autrichiens et de la Deutsche Haiku-Gesellschaft. Elle a publié quatre recueils de poèmes chez Anna Pichler Verlag: Ungezähmter Löwenzahn (Dent de lion indomptée; 1990), Lebensspuren (Traces de vie; 1992), Gezeiten der Sehnsucht (Marées de la nostalgie; 1994) et Im Zeichen Waage (Sous le signe de la Balance; 1997). Elle a également publié les recueils de haïkus chez St. Georgs Presse: Wie Falterflügel (Ainsi les ailes de papillon; 1991), Wie Sternenblüten (Ainsi les fleurs d'étoile; 1992), Windharfenlieder (Chants de harpe dans le vent; 1993), Im Licht der Freude (À la lumière de la joie; 1994), Mit einem Lächeln (Avec un sourire; 1995), Auf zarten Schwingen (D'un vol léger; 1996), Im wachsenden Mond (Dans la lune croissante; 1997) et Blühende Sonnen (Soleils en fleurs; 1998).|
Gewitterwolken läßt er im Teich erzittern, der Wasserläufer. Unaufhörlich fließt unter meinen Füßen der Sand zurück ins Meer. Auf dem kahlen Feld ein vergessener Kürbis im Abenddämmern. Nächtliche Schatten. Über dem wartenden Land erblüht der Ostermond. Auf dem steinigen Weg ans Meer begleitet mich ein Segelfalter. Öde Schutthalde. Aus einem Scherbenkrug winkt ein Büschel Gräser. Zaubernußblüten trotzen dem eisigen Wind. Lichtspuren im Schnee. Im fahlen Mondlicht auf dem verwaisten Acker die Vogelscheuche. Verwitterter Fels, jäh erhellt durch das Leuchten des Schwalbenschwanzes. Der alte Ölbaum, zerklüftet von Dürre und Wind, trägt reiche Frucht. |
Les nuages d'orage, elle les fait trembler dans l'étang, la nèpe d'eau. Inlassable écoulement sous mes pieds du sable qui retourne à la mer. Dans le champ dénudé une citrouille oubliée dans le crépuscule. Ombres nocturnes. Sur la campagne en attente fleurit la lune de Pâques. Sur le chemin pierreux qui mène à la mer, m'accompagne un papillon-voile. Morne dépotoir. De son pot brisé une touffe d'herbe fait signe. Des fleurs d'hamamélis défient le vent glacial. Touches de lumière dans la neige. Sous une lune blafarde dans le champ abandonné l'épouvantail. Rocher érodé, soudainement éclairé par le machaon lumineux. Le vieil olivier, raviné par vent et sécheresse, porte riche récolte. |
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Isolde Helga Schäfer est née à Linz en 1938 et elle habite à Bad Ischl depuis dix ans. Elle écrit des contes, de la poésie, des haïkus, des senryûs et des tankas. À compte d'auteur, elle a publié quatre recueils qu'elle a faits à la main et qu'elle a illustrés: Haiku - Schönes mit dem herzen gesehen (Haïku - Beauté vue avec le coeur; 1991), Von Pfirsichblüte bis Eiskristall (Des pêchers en fleur à la glace cristalline, haïkus et senryûs; 1992), Venedig - Impressionen (Venise - Impressions, haïkus et senryûs, en allemand et en italien; 1992) et Ischl - Impressionen (Ischl - Impressions, haïkus, senryûs et tankas; 1992), ainsi que quatre autres chez des éditeurs: Sternschnuppen (Étoiles filantes, haïkus; Graphikum, 1991), Mond - Meer - Haiku (Lune - Mer - Haïku; St. Georgs Presse, 1992), Fisch mit Rauchfang (Poisson avec cheminée, tankas; R. Wimmer, 1995) et Rotkehlchen zwitschert (Le rouge-gorge gazouille, haïkus d'écoliers et illustrations de l'auteure; R. Wimmer, 1995). Ses haïkus ont paru dans plusieurs anthologies en Autriche et dans d'autres pays. Elle est responsable de la section autrichienne de la Deutsche Haiku-Gesellschaft, et membre de diverses associations d'écrivains. Elle anime des ateliers d'écriture pour enfants d'école primaire.|
Laut hämmert der Specht! Waldefeu klammert sich fest mit jungen Trieben - Noch kahle Ranken der Weinstöcke. Am Boden duckt sich das Veilchen... Wasserlilien leuchten gelb am grünen Teich. Libellen schwirren ! Die Schafe blöken! Und ein Zitronenfalter kämpft mit dem Bergwind - Langsam verlöscht nun das Kartoffelfeuer - nur Rauch steigt noch empor... Schwer neigt sich der Kopf der reifen Sonnenblume. Die Vögel warten - Ein frischer Westwind blättert auf feuchten Wiesen bunte Muster auf - Taugefüllt der Kelch der Lilie. In ihm des Mondes Spiegelbild - Träge rauscht der Fluß... Auf den Eisschollen landen kreischende Möwen ! In dichten Flocken fällt Schnee. Da - ein Krähenruf zersägt die Stille ! |
Comme il tambourine, le pivert! Le lierre se cramponne de toutes ses jeunes pousses - Restent les sarments nus de la vigne. Au sol se tapit la violette... Nénufars éclat jaune sur l'étang vert. Bruissement des libellules! Bêlent les moutons! Un papillon-citron lutte contre le vent montagnard - Voici qu'il s'éteint doucement le feu où cuisaient les pommes de terre - seule la fumée s'élève encore... Il penche lourdement la tête le tournesol à maturité. Les oiseaux attendent - Un vent frais d'ouest compose sur les prés humides des motifs multicolores - Le calice du lis rempli de rosée. Dedans se reflète la lune - Grondement paresseux du fleuve... Sur la glace disloquée s'abattent en criant, les mouettes! À gros flocons tombe la neige - Le cri soudain d'une corneille déchire le silence! |
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Née à Vienne en 1947, Petra Sela y habite toujours. Elle a publié aux Éditions Doppelpunkt: Lippenmale (Marques de lèvres, coauteure, poèmes et prose; 1993), Umflut (Entourée de flots, poèmes; 1994), Der Kämmerer und die Glutäugige (Le chambellan et la femme au regard ardent, prose; 1996), Verwoben (Tissé, haïkus, en allemand et en japonais; 1996), Winterreise damals - heute (Voyages d'hiver: autrefois, aujourd'hui, poèmes, en collaboration avec Liane Presich-Petuelli; 1997) et In Ton geritzt (Gravé dans l'argile, poèmes; 1997), ainsi que l'anthologie Jenseits des Flußes (Au-delà du fleuve, en collaboration, haïkus, en allemand et en japonais; 1995). |
getaute erde klebt an den schuhen - sie kann den schritt nicht hemmen. die tür fällt ins schloß. am eisigen fenster ein gesicht voll tränen. regen klatscht auf den betonweg - doch im garten duftet das veilchen. der himmel ist zur erde gefallen - blauer sternenglanz im gras. unermüdlich webt die spinne - ein windstoß macht alles zunichte. ein kleines loch im gewebe, und das land ist sichtbar geworden. tiefschwarze wolken hängen am himmel - in der hand ein alter brief. die schatten stehen tief, wenn die schnecke heimkehrt in das leere haus. ein schweißtropfen fällt zu boden - beim mückenton steigt gänsehaut auf. sprudelndes wasser macht auch den stein lebendig. sieh wie er leuchtet! |
la terre qui dégèle colle aux chaussures - sans pour autant entraver les pas. la porte claque. à la fenêtre glacée un visage plein de larmes. la pluie claque sur l'asphalte - dans le jardin, pourtant le parfum de la violette. le ciel est tombé sur la terre - l'éclat bleu des étoiles dans l'herbe. l'araignée tisse infatigablement - un coup de vent anéantit le tout. un petit trou dans la toile, et voilà le paysage qui apparaît. des nuages d'un noir d'encre suspendus dans le ciel - dans la main une vieille lettre. les ombres s'allongent quand l'escargot rentre dans la maison vide. une goutte de sueur tombe par terre - le bruit du moustique réveille la chair de poule. l'eau jaillissante donne la vie même à la pierre. regarde comme elle brille! |
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Gottfried W. Stix est né à Vienne en 1911. Professeur de langue et de littérature allemandes à l'Université de Catania, Sicile, et à l'Université La Sapienza, Rome. Après une absence de 52 ans, il vit maintenant à Vienne et au Tyrol. Il compte de nombreuses publications sous forme de livres ou d'articles dans des anthologies et revues allemandes, italiennes et autrichiennes. Ses plus récentes publications sont licht in den fenstern (lumière aux fenêtres; Wort und Welt, 1990) et zuerst die augen (d'abord les yeux; Wort und Welt, 1995).|
hoch oben segeln die wolken am see unten schaukeln die boote helleres rauschen im frischen bergwind wehen die blüten zum bach ein leichter vorhang trägt wellen von sonnenlicht mitten ins zimmer ahnst du aus wieviel teilen ein vergißmeinnicht auch wirklich besteht? mächtig vor mir der schatten am weg als liefen wir um die wette schön ist der garten einsam und wild kein samen ging je verloren millionen vögel schreiben ihre lebenslust schwarz in den himmel sie brachte den herbst mit nach haus und stellte ihn kunstvoll ins zimmer strahlender winter ein bauer breitet im schnee dampfenden mist aus dem licht entgegen unter uns das wolkenmeer immer noch drohend |
tout là-haut voguent les nuages en bas sur le lac se balancent les bateaux un bruissement plus clair dans le souffle frais des monts les fleurs s'inclinent vers le ruisseau un rideau léger porte des vagues de soleil jusqu'au milieu de la chambre as-tu vraiment idée de combien de parties se compose un myosotis? énorme devant moi l'ombre sur le chemin comme si nous faisions la course qu'il est beau le jardin désert et sauvage aucune graine ne s'y est jamais perdue des millions d'oiseaux écrivent leur joie de vivre en noir sur le ciel elle emporta l'automne chez elle et l'arrangea artistiquement dans la pièce hiver rayonnant un paysan étale sur la neige du fumier chaud à contre-jour la mer de nuages au-dessous de nous toujours menaçante |
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Rudolf Weiss est né en 1957 à Mödling. Poète et photographe, il a publié: Schwarz und Weiß (Noir et blanc; KFM Verlag, 1991), Mannsbilder (Les hommes; NÖ Pressehaus, 1993), Beziehungen (Relations; Rundblick Verlag, 1994), Ganslhaut (Chair de poule; NÖ Pressehaus, 1995), Weinviertel - Impressionen (Weinviertel - Impressions; NÖ Pressehaus, 1996) et Fürchtet Euch nicht (Ne craignez pas; NÖ Pressehaus, 1997).|
der frost resigniert in der trocknenden erde summt freudig die saat der morgen dämmert weinstöcke stehen spalier - halten die hand auf eisblumen blühen durch das haus flattert manchmal noch ein schmetterling das land schminkt sich ab das bunt taumelt zu boden flugblätter gottes sommernachmittag nicht ein windhauch hinkt vorbei die sonne bäckt brot die mohnblumen dort - an den ackerrand gestellt wie ampeln auf rot die linden vorm haus - drei schon im grünen kostüm doch eine bleibt nackt schwül und weich die luft - unter den zwetschgenbäumen herrschen die wespen die welt wird ganz klein - im endlosen nebelmeer segeln zwei tannen der herbst schleicht heran tief verneigen sich obstbaum und sonnenblumen |
le gel se résigne dans la terre qui se dessèche la semence bourdonne joyeusement au lever du jour les pieds de vigne font la haie - la main levée les fleurs de givre s'épanouissent dans la maison virevolte encore parfois un papillon la campagne se démaquille le feuillage d'automne chancelle vers le sol comme des tracts divins après-midi d'été pas même un malheureux souffle de vent le soleil cuit son pain les coquelicots là-bas - plantés à la lisière du champ comme autant de feux rouges les tilleuls devant la maison - trois déjà en habit vert le dernier est encore nu l'air est lourd et moelleux - sous les pruniers règnent les guêpes le monde devient tout petit - dans la mer infinie des brumes voguent deux sapins l'automne approche en tapinois arbres fruitiers et tournesols s'inclinent profondément |
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