belgique .

BELGIQUE (flamand)


Paul BERKENMAN
Staf DE GRUYTER
Ferre DENIS
Ludo HAESAERTS
Karel HELLEMANS
Bart MESOTTEN
Marcel SMETS
Willy VANDE WALLE
Heidi VAN SCHUYLENBERGH
Herwig VERLEYEN


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Paul BERKENMAN

Paul Berkenman vit à Gand. Auteur et traducteur de pièces de théâtre et de comédies musicales. Collaborateur aux revues Vuursteen (Silex) et Haiku International. Membre du cercle de haïku De Fluweelboom. Mention honorable au World Haiku Contest (Tokyo, 1989). A publié le recueil de haïkus Een kinkhoorn gelijk (Comme une conque; Sintjoris, 1992); un deuxième recueil est en préparation.
Traduction: Paul Berkenman.




De cactus op de kast
heeft een bloempotje aarde
om cactus te zijn.


Mijn reuzenschaduw
wordt onder elke lantaarn
de schaduw van een dwerg.


Een ruiterstandbeeld,
achter de kont van het paard
het oorlogskerkhof.


In de kathedraal
busladingen toeristen,
één vrouw voor de Mis.


Zelfs bij klokgelui
zit hij roerloos in het galmgat,
de oude duiver.


We vieren feest.
Tienduizend lampjes
verdoven de sterren.


Over het spiegelbeeld
van de kale boom
drijven zijn bladeren weg.


Het ballonnetje
laat voor het eerst van zich horen
nu het uiteenknalt.


De klok van de buren
bimbamt middernacht.
Het papier blijft wit.


Twee meeuwen vliegen
over zee naar de zon toe.
De zon gaat onder.
Le cactus sur l'armoire
n'a qu'un petit pot de fleurs
pour être cactus.


Mon ombre géante
devient sous la lanterne
l'ombre d'un nain.


Une statue équestre,
le cul du cheval masque
le cimetière militaire.


Dans la cathédrale
des meutes de touristes,
une femme pour la messe.


Les cloches sonnent.
Le vieux pigeon reste immuable
dans la baie du clocher.


Nous faisons la fête.
Dix mille lampions
aveuglent les étoiles.


Au-dessus du reflet
de l'arbre nu flottent
ses feuilles mortes.


Le petit ballon
ne se fait entendre
que lorsqu'il éclate.


L'horloge des voisins
sonne minuit.
Le papier reste vierge.


Par-dessus la mer
deux mouettes volent vers le soleil.
Le soleil se couche.

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Staf DE GRUYTER

Staf De Gruyter est né à Hoogstraten en 1945 et il habite à Beerse. Depuis 1984, il écrit haïkus, senryûs, tankas et kyokas. À compte d'auteur, il a publié le recueil de haïkus Een zee van keitjes (Une mer pleine de cailloux; 1989) et le recueil de kyokas Zij kan het zoenen niet laten (Elle ne peut s'empêcher de bécoter; 1998). Depuis 1990, Staf De Gruyter est président-fondateur du Haikoe-kern Kempen; depuis 1996, il est rédacteur de la revue de haïkus Vuursteen (Silex) et vice-président du Haikoe-centrum Vlaanderen. Il a coécrit le renku La Corbeille.
Traduction: Richard Wagner.



De winter gaat heen.
Geregeld komt een kater
op het pad zitten.


Deze lentenacht
eindigde in vogelzang
en pruimenbloesems.


De brede zandweg
is een paadje geworden
na de regenbui.


Twee fietsen liggen
in het dichte struikgewas,
bijna valavond.


Een rij canada's
op hun kop in het kanaal,
omkranst door wolken.


In de avondzon
kijkt de blinde voor zich uit;
hij lacht gelukkig.


De berk kleurt geelbruin.
Telkens als er een blad valt,
wordt de herfst kouder.


Het is bijna Kerst.
In het hoenderhok zie ik
geen kalkoenen meer.


Bevroren vijver:
over het ijs stapt een gans
naar de overkant.


Een witte poes stapt
heel voorzichtig door de sneeuw
pootje voor pootje.
L'hiver disparaît.
De temps en temps un matou
surveille le pré.


La nuit printanière
a fini en chants d'oiseaux
et fleurs de pruniers.


O, chemin de sable
devenu petit sentier
après une averse!


Deux vélos reposent
sous le couvert des buissons,
presque le crépuscule.


Les grands peupliers,
la tête dans le canal,
couronnée de nuages.


Au soleil couchant
l'aveugle regarde au loin;
il sourit content.


Le bouleau jaunit.
À chaque feuille qui tombe,
l'automne refroidit.


C'est bientôt Noël.
Mais où donc sont-ils passés
mes dodus dindons?


L'étang est gelé:
sur la glace se dandine
pesamment une oie.


Un chaton tout blanc
marque un grand tapis de neige
de ses pas prudents.

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Ferre DENIS

Ferre Denis est né à Hoboken en 1939 et il habite à Wilrijk. En 1988, il a été l'un des cofondateurs du Haikoe-kern Antwerpen et il en est toujours le moteur principal; six fois par année, le groupe se réunit dans le splendide château De Steytelinck, devenu centre culturel. Il a publié les recueils de haïkus Rimpelingen (Rides; 1989) et Met weinig woorden (En peu de mots; 1997). Ses haïkus ont paru dans Vuursteen (Silex) et dans les anthologies: Stilte kun je horen (Le silence, on peut l'entendre), Overleven (Survivre), Mooier dan een herfstdroom (Plus beau qu'un rêve d'automne; 1992) et Duizend kolibries (Mille colibris; Sintjoris, 1993). À l'étranger, il a publié des haïkus en Allemagne, dans Das kleine Buch der Haiku-Dichtung (Le petit livre du haïku; 1992), aux États-Unis, dans les anthologies Wind five folded (1994) et Haiku World (Kodansha, 1996), au Japon, dans les journaux Mainichi Daily News et The Daily Yomiuri, et en Roumanie. Il a reçu une mention honorable au concours Itoen New Haiku (Japon) et le premier prix au concours organisé par la ville de Nagoya (Japon), en 1997.
Traduction: Chris Denis.



In het station
lopen de reizigers heen en weer;
heen en terug.


Aan de vijverrand
een monnik in oranje;
de lotusbloem geurt.


Het betonnen paaltje
in de parkeergarage;
ik hoorde het staan.


In de discobar
taxeert een kerel van ver
hoe ver hij kan gaan.


Bij de haarkapper
wordt het wereldgebeuren
tot dorpsniveau verknipt.


De rozen geuren
zacht in de avondkoelte;
ik voel haar warmte.


Verhuizers dragen
in zes kartonnen dozen
haar leven buiten.


Een nieuw naambordje
in de gang van het rustoord;
moeder zegt niet veel.


In het ziekenhuis
zit hij zwijgend naast haar bed
ieder bezoekuur.


Ieder bezoekuur
is te kort om veel te zeggen
met weinig woorden.
À la gare
les voyageurs courent en tous sens;
aller et retour.


Au bord de l'étang
un moine en froc orange;
la fleur du lotus parfume.


Le piquet en béton
dans le parking;
je l'entendais être présent.


À la discothèque
un type tente
de loin sa chance.


Chez le coiffeur
les événements du monde sont découpés
au niveau du village.


Les roses exhalent leur parfum
dans la fraîcheur de la soirée;
je sens sa chaleur.


Dans six boîtes en carton
les déménageurs
emportent sa vie.


Un nouveau panonceau
dans le corridor de la maison de repos;
maman ne dit pas grand-chose.


À l'hôpital
il se retrouve à côté de son lit
à chaque heure de visite.


Chaque heure de visite
trop courte pour dire beaucoup
en peu de mots.

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Ludo HAESAERTS

Ludo Haesaerts est né à Beerse en 1945 et il habite à Kontich. A fait des études gréco-latines au collège St-Michel de Brasschaat où il a eu Bart Mesotten comme professeur. A ensuite étudié les arts graphiques et l'esthétique industrielle à l'Académie d'Eindhoven, aux Pays-Bas. A fait ses débuts dans le haïku avec Stap voor stap (Pas à pas), plaquette éditée à compte d'auteur en 1988. A publié des haïkus dans les anthologies Das kleine Buch der Haiku-Dichtung (Le petit livre du haïku; 1992) et Mooier dan een herfstdroom (Plus beau qu'un rêve d'automne; 1992). Mention honorable au prix Haiku Concept (Terneuzen, 1992). Cofondateur et membre du Haikoe-kern Antwerpen depuis 1988. Publie régulièrement dans la revue Vuursteen (Silex).
Traduction: D. Godfrind.



Reeds vierenveertig.
lk tel mijn dode vrienden.
Drie vingers blijven.


Uit mijn hemdsmouwen
schuiven warempel
de handen van mijn vader.


In dat oude café
loopt de antieke hangklok
een beetje achter.


Zijn shorts nog onwennig
na een vol jaar rondlopen
in driedelig pak.


ln haar kapspiegel
bezig zichzelf te zien,-
twintig jaar jonger.


Haar ogen zoeken,
terwijl zij hem verder streelt,
naar iemand anders.


Hoe de ene vrouw
de benen observeert
van de andere.


Van lang geleden
in de oude kloostergang
de geur van boenwas.


Griekse tempel.
Glimlachende toeristen
fotograferen zichzelf.


Byzantijnse resten
door wapperend wasgoed
aan het oog onttrokken.
Quarante ans déjà.
Je compte mes amis morts.
Trois doigts me restent.


Sortent de mes manches,
à ne pas croire mais vrai pourtant,
les mains de mon père.


Dans ce vieux café
une antique pendule
qui retarde un peu.


Son short un peu gênant
après une année entière
à porter un trois-pièces.


Dans sa coiffeuse
elle ne cesse de se voir
avec vingt ans en moins.


Dans ses yeux la quête,
tandis qu'elle le caresse,
de quelqu'un d'autre.


Comme celle-ci
observe les jambes
de cette autre-là.


D'un autre temps
dans le couloir du couvent
l'odeur de la cire.


Dans un temple grec
des touristes souriants
se photographient.


Ruines byzantines
par le linge claquant au vent
à l'oeil dérobées.

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Karel HELLEMANS

Karel Hellemans est né à Borgerhout en 1944 et il habite à Louvain. Depuis la fondation du Haikoe-centrum Vlaanderen, en 1976, Karel Hellemans est un des promoteurs les plus actifs du haïku en langue néerlandaise. En 1980, il était parmi les cofondateurs de la revue Vuursteen (Silex) et il en a été secrétaire de rédaction jusqu'en 1996, année où il a succédé à Bart Mesotten comme rédacteur en chef; il compte de nombreux articles et haïkus dans cette revue. Il a publié Tanka, Haiku, Senryû, Inleiding tot de Japanse poëzie, une introduction à la poésie japonaise (Van Gorcum, 1980). Il a traduit et publié deux anthologies de haïkus japonais: Een wolk van haiku (Un nuage de haïku; Kairos, 1991) et Een klein heelal (Un petit univers; Kairos, 1994). Ses recueils de haïkus sont: Jaarkring (Autour de l'année; 1977), De heuvels rondom (Les collines des alentours; 1981), Enkele portretjes (Quelques petits portraits, 1996), ainsi que Horizon (Horizon; Parasol, 1994).
Traduction: Karel Hellemans.



Laat alles vallen
en luister aandachtig
naar het Stille nacht.


De volle herfstmaan
belicht verlaten velden -
de weg blijft donker.


Chrysanten bloeien -
de belofte van het veld
rust in de nevel.


In het beukenbos
rijden twee bruine ruiters
op bruine paarden.


Plastieken beker
en plastieken lepeltje.
Hoe smaakt de koffie?


De kinesiste
rammelt je skelet dooreen
binnenin je vel.


Vanop zijn ziekbed
ziet hij aan de horizon
de zon ondergaan.


Sprakeloos staan wij
en wachten op het wonder
van nieuwe bloei.


De grote schoonmaak; -
in het behangpapier
blijft het kruis ingeprent.


Tot voor de kerkdeur
liggen kleurige slingers
tussen confetti.
Laisse tout tomber
et écoute attentivement
le Minuit, chrétiens.


La pleine lune claire
illumine les champs déserts -
le chemin reste obscur.


Les chrysanthèmes en fleur -
la promesse des champs
repose sous la brume.


Sous les hêtres
deux cavaliers bruns chevauchent
des juments brunes.


Gobelet en plastique
et cuillère en plastique.
Il est bon, le café?


La kinésithérapeute
secoue mon squelette
dans ma peau.


Dans son lit d'hôpital
il voit à l'horizon
le coucher de soleil.


Debout sans paroles
nous attendons le miracle
d'une nouvelle floraison.


Grand nettoyage; -
dans le papier peint de la cheminée
la croix reste empreinte.


Mercredi des Cendres; -
dans le portail de l'église
des confettis de toutes les couleurs.

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Bart MESOTTEN     bart.mesotten@skynet.be

Bart Mesotten est né à Diepenbeek en 1923 et il habite Overijse. Depuis 1972, il se consacre spécialement à la propagation du haïku en publiant livres et articles, en donnant des conférences. Jusqu'en 1996, il a été président- fondateur du Haikoe-centrum Vlaanderen qu'il a fondé avec d'autres amis en 1976; jusqu'en 1996, il a été rédacteur en chef du périodique Vuursteen (Silex), une revue entièrement consacrée au haïku. Dans le domaine du haïku, il a publié: Dag, haikoe (Bonjour, haïku; Colibrant, 1972), Dag, pauwoog (Paon-de-jour; Colibrant, 1977), Dag, licht (Bonjour, lumière; De Schietwilg, 1980), Gezegend die nacht, in memoriam patris (Bénie soit cette nuit, in memoriam patris; édition privée, 1981), De seizoenen van de appel (Les saisons de la pomme; édition privée, 1981), Haikoe-boek (Le livre du haïku; De Nederlandsche Boekhandel, 1986), Een vis die opspringt (Un poisson qui bondit; Lannoo, 1989), De tweede navelstreng breekt, in memoriam matris (Le deuxième cordon ombilical est coupé, in memoriam matris; édition privée, 1990), Oog in oog - haikoe en senrioe (Face-à-face - haïku et senryû; Sintjoris, 1991), Duizend kolibries - haikoe van hier en elders (Mille colibris - haïkus d'ici et d'ailleurs; Sintjoris, 1993) et Een verre vogel - tweede haikoe-boek (Un oiseau lointain - deuxième livre de haiku; Pelckmans, 1998).
Portrait: Frank-Ivo Van Damme

Traduction des haïkus: Patrick Blanche; Marc De Preter (10).



Grasperk in 't voorjaar:
evenzoveel eendedons
als madeliefjes.


Het is Paasochtend
en nog duister. Een lijster
lokt licht uit de nacht.


Heel ver: het zingen
van aambeeld en hamer.
Het breekt de stilte niet.


De windmolen houdt
het grote wiekenkruis hoog
boven de huisjes.


Na het kruimelfeest
verdwijnen sneeuw en vogels.
Eeuwig afstand doen.


Vrijdag en maandag
praten de verkoopstertjes
over slechts één ding.


De tweede tuinstoel
laat ze staan, ofschoon haar man
al een maand dood is.


De vijftiger voelt
dat ze hem bekijkt. Hij trekt
zijn buik in. Langzaam.


In het metro-station; -
aan de overkant een vriend,
onbereikbaar ver.


Een oude engel
vloog zich klem in een kerstboom -
maar hij ademt nog.
La pelouse au printemps:
autant de pâquerettes
que de duvet de canard.


Dans le ciel de Pâques
encore ténébreux, une grive
déniche le jour.


Au loin, le chant
d'une enclume et d'un marteau.
Ne brise pas le silence.


Le moulin étire bien haut
la croix de ses grandes ailes
sur les maisons minuscules.


Après le festin de miettes
les oiseaux s'en vont, la neige fond.
On s'y résigne.


Vendredi et lundi
elles ne parlent que d'une chose
ces jolies vendeuses.


Elle garde la deuxième
chaise de jardin, bien que son homme
soit mort depuis trois mois.


Cinquante ans - et sentant
qu'elle le regarde, doucement
il rentre son ventre.


Dans le métro; -
sur le quai d'en face un ami,
hors d'atteinte.


Un vieil ange s'est coincé
dans le sapin de Noël -
mais il respire encore.

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Marcel SMETS

Marcel Smets est né à Malines en 1925 et il habite à Pepingen. Il est professeur de latin et de grec, à la retraite. Il a commencé à étudier le haïku dès 1960, avec la découverte de la poésie de Santoka (1882-1940), moine zen vagabond qui, dans un style très simple et libre, faisait des vers «existentialistes», l'ayant fortement influencé. Il a publié cinq recueils: De aandachtige haas (Le lièvre attentif; 1987), De goede bomen (Les bons arbres; 1988), Voor de Nacht (Pour la nuit; 1993), Haiku for Constanta (Haïkus pour Constanta; 1994), ainsi que Terra payota (Pays des toits de paille) qui a été publié en édition bilingue, en néerlandais et en français, (Hoesnaek, 1996), et en édition bilingue, en français et en roumain, (Editura Amurg sentimental, 1997).
Traduction des haïkus: Patrick Blanche.



DE WEIDE

wit licht
in bomen bevroren
ijzel-stil


dagen van nevel
de zon bijna vergeten
de bomen roerloos


de morgen komt grijs
de goede bomen zwijgen
laten de regen


HET LAND

tussen hoge muren
ligt een kleine vogel
doorweekt van regen


de korte kreten
rondom de vuilniswagen
in de morgenmist


één schoen ligt
in het midden van de weg
maat drieenveertig


flarden nachtmuziek
buiten   zij sluit de ogen
van de man die stierf


een oud klooster
bijna leeg van monniken
stilte in stilte


het zwijgen
onder mijn voeten
als wij alleen zijn


een roek vliegt over
en een nieuwe dag begint
stil zijn als bomen
LES PRÉS

blanche lumière
sur les arbres givrés
silence glacé


jours de brume
presque oublié le soleil
les arbres immobiles


grisaille du jour
les arbres se taisent
laissent passer la pluie


LE PAYS

entre ces hauts murs
gît un oisillon
trempé par la pluie


des cris brefs
le camion des éboueurs
dans le brouillard du matin


perdue sur la route
une chaussure (pointure 43)
printemps solitaire


musique déchiquetée
nuit noire   elle baisse
les paupières du mort


au vieux monastère
presque déserté un silence
dans le silence


le silence
sous mes pieds
quand nous sommes seuls


de nouveau une corneille
et commence un jour nouveau
faire silence comme les arbres

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Willy VANDE WALLE

Willy Vande Walle est né à Roulers en 1949 et il habite à Overijse. Nipponologue, il est professeur à l'Université catholique de Louvain. En 1996, il a succédé à Bart Mesotten comme président du Haikoe-centrum Vlaanderen; il est également membre de la rédaction de Vuursteen (Silex). Il a publié Bashô, dichter zonder dak - Haiku en poëtische reisverhalen (Bashô, poète sans toit - Haïkus et récits poétiques de voyage; 1985). Il publie régulièrement des articles sur l'histoire du haïku au Japon dans Vuursteen (Silex). On retrouve deux de ses articles, un sur le haïku et un sur le tanka, dans Littérature japonaise contemporaine: essais (Labor/Picquier, 1989).
Traduction: Hilde Colin.



In bevroren lucht
hangen takken broos als glas;
een vogelpoot krimpt.


Een opalen gloed
licht op uit het dal doorheen
eindejaarsnevel.


Naar het ziekenhuis:
kastanjebolsters liggen
leeg op het voetpad.


Radiatoren gonzen,
een koffielepel valt;
buiten waait de tijd.


Pas in den vreemde:
op zijn flatje zijn eerste
kookei; zonder zout.


Schemering tussen
bamboe in de tempeltuin:
plots een hondensnoet.


Bij de grafstenen
schieten bamboescheuten op;
niemand in gebed.


Oud is de theehut
van leem en planken en riet:
streng waakt de suppoost.


Granieten boeddha
hoog boven de tempel uit -
boven hem kraaien.


Stoeien in het hooi:
mijn kinderen beleven
de pret van mijn jeugd.
Dans l'air glacé
des branches fragiles comme du verre;
une patte d'oiseau se tord.


Une lueur opale
illumine la vallée
à travers la brume de la Saint-Sylvestre.


En route vers l'hôpital:
des écales de marrons
vides sur le sentier.


Radiateurs bourdonnants,
une cuillère à café tombe;
dehors le temps s'envole.


Installé depuis peu:
dans son studio à l'étranger
son premier oeuf; sans sel.


Dans l'enclos du temple
le crépuscule dans le bambou:
tout à coup le museau d'un chien.


Près des pierres tombales
des pousses de bambou s'élancent;
personne n'y prie.


La maison de thé
vieille en glaise, planches et roseau:
strictement gardée.


Un bouddha de granit
surplombe le temple -
plus haut des corbeaux.


Ils s'ébattent dans le foin:
mes enfants revivent
ma jeunesse heureuse.

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Heidi VAN SCHUYLENBERGH

Heidi van Schuylenbergh est née en 1954 à Heidelberg, Allemagne, de parents flamands et elle habite à Wevelgem. Elle est diplômée en arts plastiques de Bruges (1965), et en diction et déclamation du conservatoire de Courtrai (1987). Elle pratique l'art poétique, de préférence le style japonais. En 1989, elle a fondé le cercle de haïku De Fluweelboom. De ses poèmes ont paru dans diverses publications, notamment: Mooier dan een herfstdroom (Plus beau qu'un rêve d'automne; 1992), Rond de fluweelboom I (Autour de l'Arbre de velours I; 1992), Een kleine regenboog (Un petit arc-en-ciel; Kairos, 1993), Woorden voor Anton (Des mots pour Anton; 1993) et Rond de fluweelboom II (Autour de l'Arbre de velours II; 1994). Elle a publié le recueil In memoriam matris (1991). Elle a obtenu des prix pour ses haïkus (Wilrijk, 1994) et ses tankas (Dordrecht, 1995).
Traduction des haïkus: Joël Verbrugge [†].



Grootmoeders ogen,
als zij haar kleinkind beziet,
de blik van vroeger.


Haar eeuwig leven
gleed vandaag langs me heen,
met peren schillen.


Een smalle bergweg
met zijn tweeën afdalen
in geur van jasmijn.


Azuurblauwe zee,
op het zonneterras
twee vrije zitjes.


Vandaag neem ik vrij:
op mijn kleine patio
bloeit de hibiscus.


Ik hoor de regen
bij eindeloze discussies -
hoor ik de regen.


Heel even zag ik
een witgedekte tafel
in de wintertuin.


Bij de offergang -
op ritselende briefjes
mijn handwarme munt.


Een dode vogel
in het witberijmde gras -
zo koud, zo koud is het.


De oude kater
is gegaan zonder geluid -
alleen in de nacht.
Les yeux de grand-mère,
voyant son petit-enfant,
le regard de jadis.


Ma mère survit
en moi, aujourd'hui même
pelant des poires.


Descendre à deux
ce petit sentier de montagne
qui sent le jasmin.


La mer bleu-céleste,
sur une terrasse splendide
deux chaises libres.


Loisir ravissant:
sur mon patio privé
hibiscus en fleur.


J'entends la pluie
quand ils discutent sans fin -
la pluie je l'entends.


Soudain je remarque
une table garnie en blanc
dans le jardin d'hiver.


Passant à l'offrande -
sous ma monnaie chaude
les billets font frou-frou.


Un oiseau mort
dans l'herbe givrée -
comme il fait froid.


Le vieux matou
s'en est allé très doucement -
seul dans la nuit.

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Herwig VERLEYEN

Herwig Verleyen est né à Termonde en 1946 et il habite à Bruges. En 1976, il a été un des cofondateurs du Haikoe-centrum Vlaanderen. En 1978, il a fondé l'association provinciale du haïku de la Flandre occidentale, Onder de Vlienderboom. II a publié les recueils de haïkus Een tuiltje vlinders (Un bouquet de papillons; 1975) et Armen vol veldbloemen - In memoriam matris (Brassée de fleurs champêtres - In memoriam matris; 1993); le recueil Tussen water, wind en wolken (À la croisée de l'eau, du vent et des nuages) paraîtra dans la collection «Parasol» en 1998. Ses haïkus, senryûs et tankas ont paru dans diverses revues et anthologies; certains ont été mis en musique et enregistrés sur disque compact. II a reçu plusieurs prix pour ses haïkus, tant dans son pays qu'aux Pays-Bas et au Japon.
Traduction: Marie-Jo Gobron.



In de veldkapel
kruipt het onkruid heel langzaam
naar de eerste rij.


In de glanzende
ronding van mijn fietsbel
draait heel het landschap mee.


Slechts met haar heupen
draagt zij de kruik op haar hoofd -
Afrikaanse vrouw.


Traag glijdt de schaduw
van een buizerd voorbij.
Geen blaadje beweegt.


Onder de meidoorn
komt een karper lucht happen -
zijn rug vol bloesems.


In de winterkruin
van de beuk hangt de hele
sterrenhemel.


Onder jagende
wolken trekt een huisjesslak
langzaam haar slijmspoor.


Augustushitte.
Een kraai hapt naar een vliegje
en dommelt weer in.


Een regenwolk sleept
haar uitgerafelde rand
over de vlakte.


Die grote stilte.
Het vallen van sneeuwvlok
op sneeuwvlok.
L'ivraie rampe très lentement
dans la chapelle-au-champ
vers le premier rang.


Le paysage entier tourne
de concert dans le galbe brillant
du timbre de ma bicyclette.


Seules les hanches
- de la femme africaine -
supportent la cruche sur sa tête.


L'ombre d'un busard
se dissipe lentement.
Nulle feuille ne bouge.


Une carpe au dos fleuri
happe l'air
sous l'aubépine.


Tout le ciel étoilé
s'accroche à la cime hivernale
du hêtre.


Un limaçon trace calmement
sa voie glaireuse
sous les nuages en chasse.


Ardeur d'août.
Une corneille happe une mouchette
et se rendort.


Une nuée traîne
par-dessus la plaine
son ourlet effiloché.


Cet énorme silence.
Cette retombée de flocon de neige
sur flocon de neige.

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