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De cactus op de kast heeft een bloempotje aarde om cactus te zijn. Mijn reuzenschaduw wordt onder elke lantaarn de schaduw van een dwerg. Een ruiterstandbeeld, achter de kont van het paard het oorlogskerkhof. In de kathedraal busladingen toeristen, één vrouw voor de Mis. Zelfs bij klokgelui zit hij roerloos in het galmgat, de oude duiver. We vieren feest. Tienduizend lampjes verdoven de sterren. Over het spiegelbeeld van de kale boom drijven zijn bladeren weg. Het ballonnetje laat voor het eerst van zich horen nu het uiteenknalt. De klok van de buren bimbamt middernacht. Het papier blijft wit. Twee meeuwen vliegen over zee naar de zon toe. De zon gaat onder. |
Le cactus sur l'armoire n'a qu'un petit pot de fleurs pour être cactus. Mon ombre géante devient sous la lanterne l'ombre d'un nain. Une statue équestre, le cul du cheval masque le cimetière militaire. Dans la cathédrale des meutes de touristes, une femme pour la messe. Les cloches sonnent. Le vieux pigeon reste immuable dans la baie du clocher. Nous faisons la fête. Dix mille lampions aveuglent les étoiles. Au-dessus du reflet de l'arbre nu flottent ses feuilles mortes. Le petit ballon ne se fait entendre que lorsqu'il éclate. L'horloge des voisins sonne minuit. Le papier reste vierge. Par-dessus la mer deux mouettes volent vers le soleil. Le soleil se couche. |
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Staf De Gruyter est né à Hoogstraten en 1945 et il habite à Beerse. Depuis 1984, il écrit haïkus, senryûs, tankas et kyokas. À compte d'auteur, il a publié le recueil de haïkus Een zee van keitjes (Une mer pleine de cailloux; 1989) et le recueil de kyokas Zij kan het zoenen niet laten (Elle ne peut s'empêcher de bécoter; 1998). Depuis 1990, Staf De Gruyter est président-fondateur du Haikoe-kern Kempen; depuis 1996, il est rédacteur de la revue de haïkus Vuursteen (Silex) et vice-président du Haikoe-centrum Vlaanderen. Il a coécrit le renku La Corbeille. |
De winter gaat heen. Geregeld komt een kater op het pad zitten. Deze lentenacht eindigde in vogelzang en pruimenbloesems. De brede zandweg is een paadje geworden na de regenbui. Twee fietsen liggen in het dichte struikgewas, bijna valavond. Een rij canada's op hun kop in het kanaal, omkranst door wolken. In de avondzon kijkt de blinde voor zich uit; hij lacht gelukkig. De berk kleurt geelbruin. Telkens als er een blad valt, wordt de herfst kouder. Het is bijna Kerst. In het hoenderhok zie ik geen kalkoenen meer. Bevroren vijver: over het ijs stapt een gans naar de overkant. Een witte poes stapt heel voorzichtig door de sneeuw pootje voor pootje. |
L'hiver disparaît. De temps en temps un matou surveille le pré. La nuit printanière a fini en chants d'oiseaux et fleurs de pruniers. O, chemin de sable devenu petit sentier après une averse! Deux vélos reposent sous le couvert des buissons, presque le crépuscule. Les grands peupliers, la tête dans le canal, couronnée de nuages. Au soleil couchant l'aveugle regarde au loin; il sourit content. Le bouleau jaunit. À chaque feuille qui tombe, l'automne refroidit. C'est bientôt Noël. Mais où donc sont-ils passés mes dodus dindons? L'étang est gelé: sur la glace se dandine pesamment une oie. Un chaton tout blanc marque un grand tapis de neige de ses pas prudents. |
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Ferre Denis est né à Hoboken en 1939 et il habite à Wilrijk. En 1988, il a été l'un des cofondateurs du Haikoe-kern Antwerpen et il en est toujours le moteur principal; six fois par année, le groupe se réunit dans le splendide château De Steytelinck, devenu centre culturel. Il a publié les recueils de haïkus Rimpelingen (Rides; 1989) et Met weinig woorden (En peu de mots; 1997). Ses haïkus ont paru dans Vuursteen (Silex) et dans les anthologies: Stilte kun je horen (Le silence, on peut l'entendre), Overleven (Survivre), Mooier dan een herfstdroom (Plus beau qu'un rêve d'automne; 1992) et Duizend kolibries (Mille colibris; Sintjoris, 1993). À l'étranger, il a publié des haïkus en Allemagne, dans Das kleine Buch der Haiku-Dichtung (Le petit livre du haïku; 1992), aux États-Unis, dans les anthologies Wind five folded (1994) et Haiku World (Kodansha, 1996), au Japon, dans les journaux Mainichi Daily News et The Daily Yomiuri, et en Roumanie. Il a reçu une mention honorable au concours Itoen New Haiku (Japon) et le premier prix au concours organisé par la ville de Nagoya (Japon), en 1997.|
In het station lopen de reizigers heen en weer; heen en terug. Aan de vijverrand een monnik in oranje; de lotusbloem geurt. Het betonnen paaltje in de parkeergarage; ik hoorde het staan. In de discobar taxeert een kerel van ver hoe ver hij kan gaan. Bij de haarkapper wordt het wereldgebeuren tot dorpsniveau verknipt. De rozen geuren zacht in de avondkoelte; ik voel haar warmte. Verhuizers dragen in zes kartonnen dozen haar leven buiten. Een nieuw naambordje in de gang van het rustoord; moeder zegt niet veel. In het ziekenhuis zit hij zwijgend naast haar bed ieder bezoekuur. Ieder bezoekuur is te kort om veel te zeggen met weinig woorden. |
À la gare les voyageurs courent en tous sens; aller et retour. Au bord de l'étang un moine en froc orange; la fleur du lotus parfume. Le piquet en béton dans le parking; je l'entendais être présent. À la discothèque un type tente de loin sa chance. Chez le coiffeur les événements du monde sont découpés au niveau du village. Les roses exhalent leur parfum dans la fraîcheur de la soirée; je sens sa chaleur. Dans six boîtes en carton les déménageurs emportent sa vie. Un nouveau panonceau dans le corridor de la maison de repos; maman ne dit pas grand-chose. À l'hôpital il se retrouve à côté de son lit à chaque heure de visite. Chaque heure de visite trop courte pour dire beaucoup en peu de mots. |
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Ludo Haesaerts est né à Beerse en 1945 et il habite à Kontich. A fait des études gréco-latines au collège St-Michel de Brasschaat où il a eu Bart Mesotten comme professeur. A ensuite étudié les arts graphiques et l'esthétique industrielle à l'Académie d'Eindhoven, aux Pays-Bas. A fait ses débuts dans le haïku avec Stap voor stap (Pas à pas), plaquette éditée à compte d'auteur en 1988. A publié des haïkus dans les anthologies Das kleine Buch der Haiku-Dichtung (Le petit livre du haïku; 1992) et Mooier dan een herfstdroom (Plus beau qu'un rêve d'automne; 1992). Mention honorable au prix Haiku Concept (Terneuzen, 1992). Cofondateur et membre du Haikoe-kern Antwerpen depuis 1988. Publie régulièrement dans la revue Vuursteen (Silex).|
Reeds vierenveertig. lk tel mijn dode vrienden. Drie vingers blijven. Uit mijn hemdsmouwen schuiven warempel de handen van mijn vader. In dat oude café loopt de antieke hangklok een beetje achter. Zijn shorts nog onwennig na een vol jaar rondlopen in driedelig pak. ln haar kapspiegel bezig zichzelf te zien,- twintig jaar jonger. Haar ogen zoeken, terwijl zij hem verder streelt, naar iemand anders. Hoe de ene vrouw de benen observeert van de andere. Van lang geleden in de oude kloostergang de geur van boenwas. Griekse tempel. Glimlachende toeristen fotograferen zichzelf. Byzantijnse resten door wapperend wasgoed aan het oog onttrokken. |
Quarante ans déjà. Je compte mes amis morts. Trois doigts me restent. Sortent de mes manches, à ne pas croire mais vrai pourtant, les mains de mon père. Dans ce vieux café une antique pendule qui retarde un peu. Son short un peu gênant après une année entière à porter un trois-pièces. Dans sa coiffeuse elle ne cesse de se voir avec vingt ans en moins. Dans ses yeux la quête, tandis qu'elle le caresse, de quelqu'un d'autre. Comme celle-ci observe les jambes de cette autre-là. D'un autre temps dans le couloir du couvent l'odeur de la cire. Dans un temple grec des touristes souriants se photographient. Ruines byzantines par le linge claquant au vent à l'oeil dérobées. |
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Karel Hellemans est né à Borgerhout en 1944 et il habite à Louvain. Depuis la fondation du Haikoe-centrum Vlaanderen, en 1976, Karel Hellemans est un des promoteurs les plus actifs du haïku en langue néerlandaise. En 1980, il était parmi les cofondateurs de la revue Vuursteen (Silex) et il en a été secrétaire de rédaction jusqu'en 1996, année où il a succédé à Bart Mesotten comme rédacteur en chef; il compte de nombreux articles et haïkus dans cette revue. Il a publié Tanka, Haiku, Senryû, Inleiding tot de Japanse poëzie, une introduction à la poésie japonaise (Van Gorcum, 1980). Il a traduit et publié deux anthologies de haïkus japonais:
Een wolk van haiku (Un nuage de haïku; Kairos, 1991) et Een klein heelal (Un petit univers; Kairos, 1994). Ses recueils de haïkus sont: Jaarkring (Autour de l'année; 1977), De heuvels rondom (Les collines des alentours; 1981), Enkele portretjes (Quelques petits portraits, 1996), ainsi que Horizon (Horizon; Parasol, 1994).
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Laat alles vallen en luister aandachtig naar het Stille nacht. De volle herfstmaan belicht verlaten velden - de weg blijft donker. Chrysanten bloeien - de belofte van het veld rust in de nevel. In het beukenbos rijden twee bruine ruiters op bruine paarden. Plastieken beker en plastieken lepeltje. Hoe smaakt de koffie? De kinesiste rammelt je skelet dooreen binnenin je vel. Vanop zijn ziekbed ziet hij aan de horizon de zon ondergaan. Sprakeloos staan wij en wachten op het wonder van nieuwe bloei. De grote schoonmaak; - in het behangpapier blijft het kruis ingeprent. Tot voor de kerkdeur liggen kleurige slingers tussen confetti. |
Laisse tout tomber et écoute attentivement le Minuit, chrétiens. La pleine lune claire illumine les champs déserts - le chemin reste obscur. Les chrysanthèmes en fleur - la promesse des champs repose sous la brume. Sous les hêtres deux cavaliers bruns chevauchent des juments brunes. Gobelet en plastique et cuillère en plastique. Il est bon, le café? La kinésithérapeute secoue mon squelette dans ma peau. Dans son lit d'hôpital il voit à l'horizon le coucher de soleil. Debout sans paroles nous attendons le miracle d'une nouvelle floraison. Grand nettoyage; - dans le papier peint de la cheminée la croix reste empreinte. Mercredi des Cendres; - dans le portail de l'église des confettis de toutes les couleurs. |
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Bart Mesotten est né à Diepenbeek en 1923 et il habite Overijse. Depuis 1972, il se consacre spécialement à la propagation du haïku en publiant livres et articles, en donnant des conférences. Jusqu'en 1996, il a été président- fondateur du Haikoe-centrum Vlaanderen qu'il a fondé avec d'autres amis en 1976; jusqu'en 1996, il a été rédacteur en chef du périodique Vuursteen (Silex), une revue entièrement consacrée au haïku. Dans le domaine du haïku, il a publié: Dag, haikoe (Bonjour, haïku; Colibrant, 1972), Dag, pauwoog (Paon-de-jour; Colibrant, 1977), Dag, licht (Bonjour, lumière; De Schietwilg, 1980), Gezegend die nacht, in memoriam patris (Bénie soit cette nuit, in memoriam patris; édition privée, 1981), De seizoenen van de appel (Les saisons de la pomme; édition privée, 1981), Haikoe-boek (Le livre du haïku; De Nederlandsche Boekhandel, 1986), Een vis die opspringt (Un poisson qui bondit; Lannoo, 1989), De tweede navelstreng breekt, in memoriam matris (Le deuxième cordon ombilical est coupé, in memoriam matris; édition privée, 1990), Oog in oog - haikoe en senrioe (Face-à-face - haïku et senryû; Sintjoris, 1991), Duizend kolibries - haikoe van hier en elders (Mille colibris - haïkus d'ici et d'ailleurs; Sintjoris, 1993) et Een verre vogel - tweede haikoe-boek (Un oiseau lointain - deuxième livre de haiku; Pelckmans, 1998). |
Grasperk in 't voorjaar: evenzoveel eendedons als madeliefjes. Het is Paasochtend en nog duister. Een lijster lokt licht uit de nacht. Heel ver: het zingen van aambeeld en hamer. Het breekt de stilte niet. De windmolen houdt het grote wiekenkruis hoog boven de huisjes. Na het kruimelfeest verdwijnen sneeuw en vogels. Eeuwig afstand doen. Vrijdag en maandag praten de verkoopstertjes over slechts één ding. De tweede tuinstoel laat ze staan, ofschoon haar man al een maand dood is. De vijftiger voelt dat ze hem bekijkt. Hij trekt zijn buik in. Langzaam. In het metro-station; - aan de overkant een vriend, onbereikbaar ver. Een oude engel vloog zich klem in een kerstboom - maar hij ademt nog. |
La pelouse au printemps: autant de pâquerettes que de duvet de canard. Dans le ciel de Pâques encore ténébreux, une grive déniche le jour. Au loin, le chant d'une enclume et d'un marteau. Ne brise pas le silence. Le moulin étire bien haut la croix de ses grandes ailes sur les maisons minuscules. Après le festin de miettes les oiseaux s'en vont, la neige fond. On s'y résigne. Vendredi et lundi elles ne parlent que d'une chose ces jolies vendeuses. Elle garde la deuxième chaise de jardin, bien que son homme soit mort depuis trois mois. Cinquante ans - et sentant qu'elle le regarde, doucement il rentre son ventre. Dans le métro; - sur le quai d'en face un ami, hors d'atteinte. Un vieil ange s'est coincé dans le sapin de Noël - mais il respire encore. |
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Marcel Smets est né à Malines en 1925 et il habite à Pepingen. Il est professeur de latin et de grec, à la retraite. Il a commencé à étudier le haïku dès 1960, avec la découverte de la poésie de Santoka (1882-1940), moine zen vagabond qui, dans un style très simple et libre, faisait des vers «existentialistes», l'ayant fortement influencé. Il a publié cinq recueils: De aandachtige haas (Le lièvre attentif; 1987), De goede bomen (Les bons arbres; 1988), Voor de Nacht (Pour la nuit; 1993), Haiku for Constanta (Haïkus pour Constanta; 1994), ainsi que Terra payota (Pays des toits de paille) qui a été publié en édition bilingue, en néerlandais et en français, (Hoesnaek, 1996), et en édition bilingue, en français et en roumain, (Editura Amurg sentimental, 1997).|
DE WEIDE wit licht in bomen bevroren ijzel-stil dagen van nevel de zon bijna vergeten de bomen roerloos de morgen komt grijs de goede bomen zwijgen laten de regen HET LAND tussen hoge muren ligt een kleine vogel doorweekt van regen de korte kreten rondom de vuilniswagen in de morgenmist één schoen ligt in het midden van de weg maat drieenveertig flarden nachtmuziek buiten zij sluit de ogen van de man die stierf een oud klooster bijna leeg van monniken stilte in stilte het zwijgen onder mijn voeten als wij alleen zijn een roek vliegt over en een nieuwe dag begint stil zijn als bomen |
LES PRÉS blanche lumière sur les arbres givrés silence glacé jours de brume presque oublié le soleil les arbres immobiles grisaille du jour les arbres se taisent laissent passer la pluie LE PAYS entre ces hauts murs gît un oisillon trempé par la pluie des cris brefs le camion des éboueurs dans le brouillard du matin perdue sur la route une chaussure (pointure 43) printemps solitaire musique déchiquetée nuit noire elle baisse les paupières du mort au vieux monastère presque déserté un silence dans le silence le silence sous mes pieds quand nous sommes seuls de nouveau une corneille et commence un jour nouveau faire silence comme les arbres |
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Willy Vande Walle est né à Roulers en 1949 et il habite à Overijse. Nipponologue, il est professeur à l'Université catholique de Louvain. En 1996, il a succédé à Bart Mesotten comme président du Haikoe-centrum Vlaanderen; il est également membre de la rédaction de Vuursteen (Silex). Il a publié Bashô, dichter zonder dak - Haiku en poëtische reisverhalen (Bashô, poète sans toit - Haïkus et récits poétiques de voyage; 1985). Il publie régulièrement des articles sur l'histoire du haïku au Japon dans Vuursteen (Silex). On retrouve deux de ses articles, un sur le haïku et un sur le tanka, dans Littérature japonaise contemporaine: essais (Labor/Picquier, 1989). |
In bevroren lucht hangen takken broos als glas; een vogelpoot krimpt. Een opalen gloed licht op uit het dal doorheen eindejaarsnevel. Naar het ziekenhuis: kastanjebolsters liggen leeg op het voetpad. Radiatoren gonzen, een koffielepel valt; buiten waait de tijd. Pas in den vreemde: op zijn flatje zijn eerste kookei; zonder zout. Schemering tussen bamboe in de tempeltuin: plots een hondensnoet. Bij de grafstenen schieten bamboescheuten op; niemand in gebed. Oud is de theehut van leem en planken en riet: streng waakt de suppoost. Granieten boeddha hoog boven de tempel uit - boven hem kraaien. Stoeien in het hooi: mijn kinderen beleven de pret van mijn jeugd. |
Dans l'air glacé des branches fragiles comme du verre; une patte d'oiseau se tord. Une lueur opale illumine la vallée à travers la brume de la Saint-Sylvestre. En route vers l'hôpital: des écales de marrons vides sur le sentier. Radiateurs bourdonnants, une cuillère à café tombe; dehors le temps s'envole. Installé depuis peu: dans son studio à l'étranger son premier oeuf; sans sel. Dans l'enclos du temple le crépuscule dans le bambou: tout à coup le museau d'un chien. Près des pierres tombales des pousses de bambou s'élancent; personne n'y prie. La maison de thé vieille en glaise, planches et roseau: strictement gardée. Un bouddha de granit surplombe le temple - plus haut des corbeaux. Ils s'ébattent dans le foin: mes enfants revivent ma jeunesse heureuse. |
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Heidi van Schuylenbergh est née en 1954 à Heidelberg, Allemagne, de parents flamands et elle habite à Wevelgem. Elle est diplômée en arts plastiques de Bruges (1965), et en diction et déclamation du conservatoire de Courtrai (1987). Elle pratique l'art poétique, de préférence le style japonais. En 1989, elle a fondé le cercle de haïku De Fluweelboom. De ses poèmes ont paru dans diverses publications, notamment: Mooier dan een herfstdroom (Plus beau qu'un rêve d'automne; 1992), Rond de fluweelboom I (Autour de l'Arbre de velours I; 1992), Een kleine regenboog (Un petit arc-en-ciel; Kairos, 1993), Woorden voor Anton (Des mots pour Anton; 1993) et Rond de fluweelboom II (Autour de l'Arbre de velours II; 1994). Elle a publié le recueil In memoriam matris (1991). Elle a obtenu des prix pour ses haïkus (Wilrijk, 1994) et ses tankas (Dordrecht, 1995).|
Grootmoeders ogen, als zij haar kleinkind beziet, de blik van vroeger. Haar eeuwig leven gleed vandaag langs me heen, met peren schillen. Een smalle bergweg met zijn tweeën afdalen in geur van jasmijn. Azuurblauwe zee, op het zonneterras twee vrije zitjes. Vandaag neem ik vrij: op mijn kleine patio bloeit de hibiscus. Ik hoor de regen bij eindeloze discussies - hoor ik de regen. Heel even zag ik een witgedekte tafel in de wintertuin. Bij de offergang - op ritselende briefjes mijn handwarme munt. Een dode vogel in het witberijmde gras - zo koud, zo koud is het. De oude kater is gegaan zonder geluid - alleen in de nacht. |
Les yeux de grand-mère, voyant son petit-enfant, le regard de jadis. Ma mère survit en moi, aujourd'hui même pelant des poires. Descendre à deux ce petit sentier de montagne qui sent le jasmin. La mer bleu-céleste, sur une terrasse splendide deux chaises libres. Loisir ravissant: sur mon patio privé hibiscus en fleur. J'entends la pluie quand ils discutent sans fin - la pluie je l'entends. Soudain je remarque une table garnie en blanc dans le jardin d'hiver. Passant à l'offrande - sous ma monnaie chaude les billets font frou-frou. Un oiseau mort dans l'herbe givrée - comme il fait froid. Le vieux matou s'en est allé très doucement - seul dans la nuit. |
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Herwig Verleyen est né à Termonde en 1946 et il habite à Bruges. En 1976, il a été un des cofondateurs du Haikoe-centrum Vlaanderen. En 1978, il a fondé l'association provinciale du haïku de la Flandre occidentale, Onder de Vlienderboom. II a publié les recueils de haïkus Een tuiltje vlinders (Un bouquet de papillons; 1975) et Armen vol veldbloemen - In memoriam matris (Brassée de fleurs champêtres - In memoriam matris; 1993); le recueil Tussen water, wind en wolken (À la croisée de l'eau, du vent et des nuages) paraîtra dans la collection «Parasol» en 1998. Ses haïkus, senryûs et tankas ont paru dans diverses revues et anthologies; certains ont été mis en musique et enregistrés sur disque compact. II a reçu plusieurs prix pour ses haïkus, tant dans son pays qu'aux Pays-Bas et au Japon.|
In de veldkapel kruipt het onkruid heel langzaam naar de eerste rij. In de glanzende ronding van mijn fietsbel draait heel het landschap mee. Slechts met haar heupen draagt zij de kruik op haar hoofd - Afrikaanse vrouw. Traag glijdt de schaduw van een buizerd voorbij. Geen blaadje beweegt. Onder de meidoorn komt een karper lucht happen - zijn rug vol bloesems. In de winterkruin van de beuk hangt de hele sterrenhemel. Onder jagende wolken trekt een huisjesslak langzaam haar slijmspoor. Augustushitte. Een kraai hapt naar een vliegje en dommelt weer in. Een regenwolk sleept haar uitgerafelde rand over de vlakte. Die grote stilte. Het vallen van sneeuwvlok op sneeuwvlok. |
L'ivraie rampe très lentement dans la chapelle-au-champ vers le premier rang. Le paysage entier tourne de concert dans le galbe brillant du timbre de ma bicyclette. Seules les hanches - de la femme africaine - supportent la cruche sur sa tête. L'ombre d'un busard se dissipe lentement. Nulle feuille ne bouge. Une carpe au dos fleuri happe l'air sous l'aubépine. Tout le ciel étoilé s'accroche à la cime hivernale du hêtre. Un limaçon trace calmement sa voie glaireuse sous les nuages en chasse. Ardeur d'août. Une corneille happe une mouchette et se rendort. Une nuée traîne par-dessus la plaine son ourlet effiloché. Cet énorme silence. Cette retombée de flocon de neige sur flocon de neige. |
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