bresil .

BRÉSIL


Eunice ARRUDA
Humberto DEL MAESTRO
Urhacy FAUSTINO
Paulo FRANCHETTI
Edson Kenji IURA
Eolo Yberê LIBERA
Leila MICCOLIS
Teruko ODA
Zemaria PINTO
Mary Leiko Fukai TERADA


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Eunice ARRUDA

Eunice Arruda est née à São Paulo et elle y habite toujours. Elle a étudié en communication et en sémiotique à la Pontifícia Universidade Católica de São Paulo. Ses activités littéraires sont variées: organisation d'événements littéraires, conférences, récitals, ateliers d'écriture... Elle est membre du Grêmio Haicai Ipê, de l'União Brasileira de Escritores. Ses poèmes ont été publiés dans diverses anthologies au Brésil et à l'étranger. Elle a publié huit recueils de poèmes, le plus récent étant Gabriel (Massao Ohno, 1990); elle a également collaboré au Haicai - A Poesia do Kigô (Haïku - la poésie du kigo, Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno, 1995).
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



Noite outonal!
Minha avó contando histórias
Na varanda. Agora


À beira do lago
aliso o brilho da lua
com as mãos molhadas


Noite estrelada
O céu - brilhando - se abaixa
Silenciosamente


No campo queimado
ainda uma leve fumaça
Tronco resistindo


Extático vôo
Borboletas de asas abertas
Alfinetes nas costas


Noite de junho
O balão subindo colorido
Alegre despedida


Solidão no inverno
o velho aquece as mãos
com as próprias mãos


Fiapos nos dentes
o rosto todo amarelo
É tempo de manga


Verão. Meio-dia
Na sombra de uma nuvem
o boi cochila


Sobre a folha seca
as formigas atravessam
uma poça d'água
Nuit d'automne!
Ma grand-mère raconte des histoires
Sur la véranda. Maintenant


Sur la rive du fleuve
je lisse l'éclat de la lune
avec mes mains mouillées


Nuit étoilée
Le ciel - éclatant - descend
Silencieusement


Sur la campagne brûlée
encore une petite fumée
Un tronc qui résiste


Vol extatique
Papillons aux ailes ouvertes
Épingles au dos


Nuit de juin
Un ballon coloré monte
Joyeuse séparation


Solitude d'hiver
le vieillard se réchauffe les mains
avec ses propres mains


Filaments entre les dents
le visage tout jaune
C'est la saison des mangues


Été. Midi
Sous l'ombre d'un nuage
un boeuf somnole


Sur une feuille sèche
des fourmis traversent
une flaque d'eau

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Humberto DEL MAESTRO

Né à Vitória, Espírito Santo, Humberto Del Maestro habite à Serra. Il est dramaturge, prosateur et poète. Ses premiers poèmes ont paru dans le journal A Gazeta de Vitória, en 1958. Il est également journaliste et responsable de la section «Literatura & Arte» du journal Correio Popular de Cariacica. Il a publié les recueils Trovas e Haicais (Quatrains et haïkus; Scortecci, 1994) et Trovas e Haicais e Outros Poemas (Quatrains et haïkus et autres poèmes; Scortecci, 1996). Il a créé les formes minihaicai («minihaïku»: tercet de 3/5/3 syllabes) et breve («bref»: distique de 5/5 syllabes sans rime). Ses haïkus ont paru, notamment, dans l'anthologie Haicais (Blocos, 1993).
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



A lua, cansada,
adormeceu por instantes
no leito do rio.


Começo de chuva...
A tempestade faz festa,
no meio da rua.


Ao primeiro susto,
os pombais, cheios de arrulhos,
ficaram vazios.


Longa chuvarada...
Nos matos e nas lagoas,
um canto de vida.


Na velha roseira,
entre as folhas e os espinhos,
uma aranha tece.


Não é meia-noite
e as mariposas cansadas
já dormem nas praças.


Muita brisa à noite.
Dos jasmineiros da rua,
perfumes e flores.


A tarde é bem quente.
Cansada, boneca ao lado,
menina dormindo.


Sentei-me na praia
e quando dou pela coisa
o mar me beijava.


Natal em festejo!
Os filhos não me visitam...
Papai sem presentes.
La lune, fatiguée,
s'est endormie quelques instants
dans le lit du fleuve.


Début de pluie...
L'orage fait la fête,
au milieu de la rue.


Au moindre bruit,
les pigeonniers, pleins de roucoulements,
se sont vidés.


Longue pluie...
sur les herbes et les lagunes,
un chant de vie.


Dans le vieux rosier,
entre les feuilles et les épines,
une araignée tisse.


Il n'est pas minuit
et les phalènes fatiguées
dorment déjà dans les squares.


Beaucoup de brise ce soir.
Des jasmins de la rue,
parfums et fleurs.


L'après-midi est bien chaud.
Fatiguée, à côté de sa poupée,
une fillette dort.


Je me suis assis sur la plage
et je me suis aperçu
que la mer m'embrassait.


Nuit de Noël!
Mes enfants ne me visitent pas...
Père sans présents.

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Urhacy FAUSTINO

Poète, romancier, éditeur, artiste en arts plastiques et acteur, Urhacy Faustino est né en 1968 à Cândido Mota, São Paulo, et il habite à Rio de Janeiro. Il a étudié en interprétation théâtrale à l'Université de Rio de Janeiro. En collaboration avec Leila Míccolis, il est codirecteur des éditions Blocos, du tabloïde culturel Blocos (prix du meilleur tabloïde alternatif de l'International Writers and Artists Association en 1995) et du site Blocos (deux prix en 1997); ils ont compilé l'anthologie Haicais, parue dans la collection «Saciedade dos poetas vivos» («Satiété des poètes vivants»; Blocos, 1993) et copublié le recueil Estalos (Craquements, haïkus; Blocos, 1997). Parmi ses diverses publications, on retrouve les livres pour enfants Bom-dia sol, boa-noite lua (Bonjour soleil, bonne nuit lune; Editora Edicon, 1989) et O Pulo do Sapo (Le saut du crapaud, en collaboration avec Cláudia Pacce; Editora Moderna, 1991), le roman Colibri Deflora os Chats (Le colibri déflore les causeries; Blocos, 1997), et les recueils de poèmes Olhos rasgados (Yeux bridés, poèmes et haïkus; Blocos, 1994) et Sonhos e Confiscos (Rêves et confiscations, poèmes; Blocos, 1997). On peut lire de ses haïkus sur la page Graffiti du site Caqui.
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



O casulo feito
bicho dentro dele dorme
vestido de seda.


No extremo vazio
do mais oco, sopro sons:
flauta de bambu.


Cavalos de escamas,
em meio às algas marinhas,
escondem segredos.


Lanternas quebradas
pirilampos precavidos
não vagam na noite.


Muitos ventos sopram.
Dentro e fora de mim uivam
lobos que não sou.


Se planto parreiras,
nestas videiras vermelhas
eu colho ametistas.


Cresci com gorjeios
sobre a jabuticabeira
entre os sabiás.


Os trigais maduros
marcaram de cor dourada
minha pobre infância.


Balidos na noite
durmo quente envolto a lãs
de ovelhas peladas.


Venha colibri:
dentro do meu coração
já é primavera.
Vêtu de soie
le ver dort à l'intérieur
du cocon qu'il a fait.


Dans l'extrémité vide
du plus creux, je souffle des sons:
flûte en bambou.


Les chevaux à écailles,
parmi les algues marines,
cachent des secrets.


Lanternes cassées
les lucioles prudentes
ne flânent pas dans la nuit.


De nombreux vents soufflent.
En moi et au dehors hurlent
les loups que je ne suis pas.


Si je plante des vignes,
dans les treilles vermeilles
je récolte des améthystes.


J'ai grandi avec le gazouillis
des merles noirs
au faîte du jaboticaba.


Les champs de blé mûr
ont coloré d'or
mon enfance de pauvreté.


Bêlements dans la nuit
je dors au chaud dans la laine
des moutons tondus.


Viens colibri:
au fond de mon coeur
c'est déjà le printemps.

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Paulo FRANCHETTI

Paulo Franchetti est né en 1954 à Matão, São Paulo. Il a un doctorat en littérature portugaise de l'Université de São Paulo et il est professeur à l'Université de Campinas. Parmi ses diverses publications, mentionnons: Haikai - Antologia e História (Haïku - anthologie et histoire; Editora da Unicamp, 1990), Haikais (Haïkus; Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno, 1991) et Alguns Aspectos da Teoria da Poesia Concreta (Quelques aspects de la théorie de la poésie concrète; Editora da Unicamp, 1992). Il est responsable du forum Haikai-L. On peut lire de ses haïkus et autres poèmes dans le site Jornal de Poesia et sur la page Graffiti. Il a un site personnel.
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



A velha ponte -
No pó ajuntado entre as tábuas,
Brota o capim.


Na casa do avô
Havia tantos pernilongos
Em noites como esta!


Ao pôr-do-sol
O brilho humilde
Das folhas de capim.


O chofer de táxi -
Meu pai também, nos dias quentes,
Assobiava assim.


Crescem mais pêlos
Nas minhas orelhas -
Mais um ano chega ao fim...


Os grilos cantam
Apenas do meu lado esquerdo -
Estou ficando velho.


Tarde de inverno:
Sobe do fundo dos vales
A sombra das montanhas.


À beira da estrada
Com o pêlo tão sedoso
O cachorro morto.


Pelo espelho do carro,
Os campos que outrora foram
A casa do avô.


De uma casa branca
No meio da encosta da montanha
Sobe um fio de fumaça.
Le vieux pont -
Dans la poussière accumulée entre les planches,
Pousse la bruyère.


Chez mon grand-père
Il y avait autant de moustiques
Durant des soirées comme celle-ci!


Au coucher du soleil
L'humble éclat
Des feuilles d'herbe.


Le chauffeur de taxi -
Mon père aussi, les journées chaudes,
Sifflait ainsi.


Plus de poils poussent
Dans mes oreilles -
Une autre année qui finit...


Les grillons ne chantent
Que de mon côté gauche -
Je me fais vieux.


Après-midi d'hiver:
Monte du fond des vallées
L'ombre des montagnes.


Sur le côté de la route
Avec son poil si soyeux
Le petit chien mort.


Dans le rétroviseur,
Les champs qui furent jadis
La maison de mon grand-père.


D'une maison blanche
Sur le flanc de la montagne
Monte un filet de fumée.

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Edson Kenji IURA

Edson Kenji Iura, petit-fils d'immigrants japonais, est né à São Paulo en 1962 où il habite toujours. Depuis 1991, il est membre du Grêmio Haicai Ipê; dirigée par H. Masuda Goga, cette association est consacrée à l'étude et à la pratique du haïku. Il est responsable de la revue Caqui (Kaki) du Grêmio Haicai Ipê et, depuis 1996, du site Caqui. Ses haïkus ont paru dans diverses anthologies: Antologia do Haicai Latino-Americano/Antología del Haikú Latinoamericano (Anthologie de haïkus de l'Amérique du Sud; Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno, 1993), Hai-kais ao Sol (Haïkus du soleil; Editora LivroArte, 1995) et Natureza - Berço do Haicai (Nature - Berceau du haïku; Empresa Jornalística Diário Nippak, 1996).
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



No cimento quente,
A ilusão de um oásis:
Vaso de samambaias


Vento de primavera:
Sobre uma antena, um pardal
Trina e defeca


Uma borboleta
Beija uma flor murcha
Sobre a lousa fria


Na tarde chuvosa,
Sozinho, despreocupado,
Um pardal molhado


Noite de Ano Novo:
Após a queima de fogos,
Estrelas silenciosas


Além de helicópteros
Há algo mais cortando os ares:
Faceira libélula


Vento de inverno:
O gato de olho vazado
Procura seu dono


Procurando pouso
Na rua movimentada,
Borboleta aflita


Este álbum de fotos:
Também as traças se nutrem
De velhas lembranças


Outono findo:
O mendigo muito formal
Em seu paletó
Sur le béton chaud,
L'illusion d'une oasis:
Vase de fougères


Vent du printemps:
Sur une antenne, un moineau
Trille et défèque


Un papillon
Embrasse une fleur flétrie
Sur la dalle froide


Après-midi pluvieux,
Tout seul, insouciant,
Un moineau mouillé


Nuit du jour de l'an:
Après les feux d'artifice,
Les étoiles silencieuses


En plus des hélicoptères
Il y a autre chose qui fend l'air:
Une libellule coquette


Vent d'hiver:
Le chat aux yeux crevés
Cherche son propriétaire


Il cherche un juchoir
Dans la rue mouvementée,
Le papillon navré


Cet album de photos:
Les mites aussi se nourrissent
De vieux souvenirs


Fin d'automne:
Le clochard très solennel
Dans son paletot

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Eolo Yberê LIBERA

Né en 1938 à Bragança Paulista, São Paulo, Eolo Yberê Libera habite à Belo Horizonte, Minas Gerais, depuis une vingtaine d'années. Avocat, il a publié articles, chroniques et poèmes.
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



Você se parece
com este galho de acácias
repleto de sóis.


Guardei para você,
num verso de porcelana,
as flores da manhã.


A mão que me espera
traça o caminho da volta
abrindo janelas.


Virada do morro:
Ipê e seu grito amarelo
perpendicular.


É muito silêncio
enquanto as flores não crescem
e os poetas dormem.


Não sei teus gestos
nem a cor do teu sorriso
mas pressinto os passos.


Neste bosque urbano
árvore feita em concreto
- meu corpo estremece.


As cores da noite
recamadas de silêncio
preparam o dia.


Borboleta azul
raspa este céu de mansinho
insegura e frágil.


Havia o escuro
mas eu não sabia onde;
teu rosto era sol.
Tu ressembles
à cette branche d'acacia
pleine de soleils.


J'ai gardé pour toi,
dans un vers de porcelaine,
les fleurs du matin.


La main qui m'attend
trace le chemin du retour
en ouvrant des fenêtres.


Versant de la colline:
l'ipé et son cri jaune
perpendiculaire.


Beaucoup de silence
cependant les fleurs ne poussent pas
et les poètes dorment.


Je ne connais pas tes gestes
ni la couleur de ton sourire
mais je pressens tes pas.


Dans ce bois urbain
un arbre en béton
- mon corps tremble.


Les couleurs de la nuit
parées de silence
préparent le jour.


Un papillon bleu
touche sans bruit ce ciel-ci
incertain et fragile.


Il y avait de l'obscurité
mais je ne savais où;
ton visage était le soleil.

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Leila MICCOLIS

Leila Míccolis est née et habite à Rio de Janeiro. Avocate, elle est aussi poète, dramaturge et scénariste pour le cinéma et la télévision: ses deux séries Kananga do Japão et Barriga de Aluguel ont connu un succès international. Ses oeuvres ont paru dans diverses anthologies nationales et étrangères (États-Unis, France, Mexique et Portugal), ainsi que sur plusieurs sites Internet. Elle a publié une trentaine d'ouvrages parmi lesquels Catálogo da Imprensa Alternativa (Catalogue de la presse alternative; RioArte, 1986); elle a collaboré à l'Enciclopédia de Literatura Brasileira (Encyclopédie de littérature brésilienne; MEC/OLAC, 1990). Elle a commencé à écrire des haïkus en 1990, sous l'influence de la poète Alice Ruiz. En collaboration avec Urhacy Faustino, elle est codirectrice des éditions Blocos, du tabloïde culturel Blocos (prix du meilleur tabloïde alternatif de l'International Writers and Artists Association en 1995) et du site Blocos; ils ont compilé l'anthologie Haicais (Haïkus; Blocos, 1993) et ils ont publié le recueil de haïkus Estalos (Craquements; Blocos, 1997).
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



A abelha tristonha,
fauna e flora devastadas,
produz mel amargo.


Árvore sem folha
em invernos rigorosos
parece que hiberna.


Ventos exibidos,
que cantam fortes, uivantes,
também desafinam...


No branco polar
urso pra não ser caçado
esconde o focinho.


Nem tudo são flores
nos meses de primavera.
Voam marimbondos...


Meninada ao sol.
Sorvetes se derretendo.
Mar - pingos mais doce.


Coruja, famosa
por excelente visão,
parece usar óculos.


Infância no campo
brincava nas plantações.
Bonecas de milho.


Gripe forte? Não!
Apenas adormeci
entre espirradeiras.


O peixe no aquário
na varanda em frente ao mar
desdenha: está verde...
L'abeille attristée,
faune et flore dévastées,
produit du miel amer.


L'arbre sans feuilles
par des hivers rigoureux
semble hiberner.


Vents exhibitionnistes,
qui chantent fort, hurlent,
et aussi chantent faux...


Dans la blancheur polaire
pour ne pas être chassé l'ours
cache son museau.


Tout n'est pas rose
au printemps.
Volent les guêpes...


La marmaille au soleil.
Les cornets de glace fondent.
La mer - gouttes plus douces.


Le hibou, reconnu
par son excellente vue,
semble porter des lunettes.


Enfance à la campagne
on jouait dans les plantations.
Poupées de maïs.


Forte grippe? Non!
Je me suis endormie
sous des lauriers-roses.


Le poisson dans l'aquarium
sur la véranda en face de la mer
il la dédaigne: c'est vert...

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Teruko ODA

Teruko Oda est née à Pereira Barreto et habite à São Paulo. Elle a fait des études en sciences sociales à l'Université d'Araçatuba. Elle est coordonnatrice de l'enseignement dans une institution de bienfaisance. Passionnée du haïku et du renku, elle est membre de Grêmio Haikai Ipê et du Grupo Caleidoscópio; elle a fondé le Grêmio Caminho das Águas. Elle a publié: Nos Caminhos do Haicai (Sur les chemins du haïku; 1993), Relógio de Sol (Cadran solaire; 1994), Introdução ao Haicai (Introduction au haïku; 1994), Kigologia (Kigologie; 1994), ainsi que, en collaboration, Haicai - A Poesia do Kigô (Haïku - la poésie du kigo; Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno, 1995) et Natureza - Berço do Haicai (Nature - Berceau du haïku; Empresa Jornalística Diário Nippak, 1996). Ses haïkus ont paru dans diverses anthologies: 100 Haicaístas Brasileiros (100 haïkistes brésiliens; Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno, 1990), As Quatro Estações (Les quatre saisons; Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno,1991), Antologia do Haicai Latino-Americano/Antología del Haikú Latinomericano (Anthologie de haïkus de l'Amérique du Sud; Aliança Cultural Brasil-Japão/Massao Ohno, 1993) et Hai-kais ao Sol (Haïkus du soleil; Editora LivroArte, 1995).
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



Nas bodas de prata
retornando à terra natal -
flor de laranjeira!


Insetos que cantam...
Parece que as sombras se amam
nos cantos escuros.


Como versos livres
- ao toque dos tico-ticos -
as flores que caem...


Cartões de Natal
coloridos, tão iguais!
Mas este, ah... o amor...


A serra vernal
sob o céu de minha pátria.
Lembro Monalisa...


Gaiola no muro.
Filhote de gato ensaia
primeira caçada.


Na tarde sem sol
folhas secas projetando
sombras em minh'alma.


Na velha pedreira
o vibrar de britadeiras -
zunir de cigarras.


Boneca se aquece
com o meu chapéu de lã.
Eu visto saudades.


Apito de fábrica
A poluição é o tempero
da marmita fria.
À des noces d'argent
je retrouve ma terre natale -
fleur d'oranger!


Des insectes chantent...
Il semble que les ombres s'aiment
dans les coins sombres.


Comme des vers libres
- au contact des bruants -
des fleurs tombent...


Les cartes de Noël
colorées, si semblables!
Mais celle-ci, ah... l'amour...


Montagne du printemps
sous le ciel de ma patrie.
Je me souviens de la Joconde...


Une cage sur le mur.
Le chaton s'essaie
à une première chasse.


Dans l'après-midi sans soleil
des feuilles sèches projettent
des ombres sur mon âme.


Dans la vieille carrière
la vibration des concasseurs -
stridulation des cigales.


Une poupée se réchauffe
avec mon chapeau en laine.
Je me vêts de nostalgie.


Sifflet d'usine
La pollution est l'assaisonnement
de la gamelle froide.

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Zemaria PINTO

Zemaria Pinto est né en 1957 à Santarém, Pará, et il habite à Manaus. Il a fait des études en économie, en informatique et en littérature brésilienne. Il a publié les recueils Corpoenigma (Corpsénigme, haïkus; Editora da Universidade do Amazonas, 1994) et Fragmentos de Silêncio (Fragments de silence, poèmes et haïkus; Editora da Universidade do Amazonas, 1996). De ses haïkus ont paru, notamment, dans l'anthologie Haicais (Haïkus; Blocos, 1993). On peut lire de ses haïkus sur la page Graffiti et, de ses poèmes et haïkus, sur le site Jornal de Poesia.
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



notícias do sol -
os pássaros da manhã
cantam na varanda


o pouso silente
da borboleta de seda
celebra a manhã


caminho de terra,
o mato à margem exala
perfumes silvestres


sobre a mesa posta
o olhar do peixe descansa
fitando o infinito


barco vagabundo,
desliza à pele do rio
a árvore morta


dissolve-se a tarde
no alarido das araras
e em flocos de chumbo


urubus desenham
no teto cinza da tarde
lentas espirais


o sapo, num salto,
cresce ao lume do crepúsculo
buscando a manhã


as nuvens vermelhas,
o sol sumindo no rio
- silêncio noturno


alta madrugada,
vaga-lumes no jardim
brincam de ciranda
nouvelles du soleil -
les oiseaux du matin
chantent sur la véranda


le juchoir silencieux
du papillon de soie
fête le matin


chemin en terre,
la bruyère sur le rivage
exhale des parfums sauvages


sur la table mise
le regard du poisson repose
fixant l'infini


barque vagabonde,
glisse à fleur d'eau
un arbre mort


l'après-midi s'achève
dans la clameur des aras
et la grenaille de plomb


des urubus dessinent
de lentes spirales
sur un toit gris d'après-midi


le crapaud, d'un bond,
grandit à la lueur du crépuscule
cherchant le matin


nuages rouges,
le soleil disparaît dans la rivière
- silence du soir


nuit avancée,
les lucioles dans le jardin
font la ronde

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Mary Leiko Fukai TERADA

Mary Leiko Fukai Terada a une maîtrise en psychologie de l'Université du Wisconsin, États-Unis. Elle travaille comme consultante à São Paulo. Depuis 1993, elle est membre du Grêmio Haicai Ipê. Ses haïkus ont été publiés dans le journal Notícias do Japão, dans la revue Portal et dans l'anthologie Natureza - Berço do Haicai (Nature - Berceau du haïku; Empresa Jornalística Diário Nippak, 1996). En 1996, elle a reçu le premier prix lors au dixième concours de haïku du Brésil; en 1996, elle a reçu le quatrième prix au Festival de Tanabata, São Paulo, et, en 1997, le cinquième prix.
Traduction: Ignácio Dotto Neto et André Duhaime.



Num só cobertor
Órfãos num canto da rua
- Menino e gatinho.


Por entre a neblina
Subindo a Serra Vernal
Bisbilhota a Lua.


Vestido de alças
Já desnuda a alva pele
Nestes dias tépidos.


Girando em cores
Sobe a bolha de sabão
- Gritos também sobem.


Sapo no quintal
Uma vassourada trêmula
Nos dois a pular.


Gatos no quintal
Disputam gata no cio
- Rato vai... e vem.


O velho salgueiro
Inclinado sobre o lago
Resmunga baixinho.


Margeando riacho
Tenras folhinhas brotam
No campo queimado.


Nesta fria noite
Dorme no fundo do poço
A Lua encurvada.


Um depois do outro
Chegam os cartões de Natal
- Saudade dos amigos.
Sous la même couverture
Orphelins au coin de la rue
- Un petit garçon et un chaton.


À travers le brouillard
En grimpant la montagne du printemps
Cancane la lune.


Une robe à bretelles
Déjà dénudée la peau blanche
En ces jours tièdes.


En tournoyant toute colorée
S'élève la bulle de savon
- Des cris s'élèvent aussi.


Un crapaud dans la cour
Un coup de balai tremblant
Nous tressaillons tous deux.


Des matous dans la cour
Se disputent une chatte en chaleur
- La souris va... et vient.


Le vieux saule
Penché au-dessus du lac
Murmure tout bas.


Au bord du ruisseau
De toutes petites feuilles poussent
Dans le champ brûlé.


Dans cette nuit froide
Dort au fond du puits
La lune incurvée.


L'une après l'autre
Arrivent les cartes de Noël
- Où sont donc les amis?

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