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backseat silence his hand a little higher at the red light a long sigh - moonlight glistens on swollen teats still awake my thoughts drifting with the stars moonwind - seed puffs constelate on the screen the warbler's tremolo - cold fingered doctor traces the pain's path smiling - he sprinkles pollen on her belly frost warning - the rosehip's heat in my palm inchworm just ahead of evening shadows tolling bell - forget-me-nots spill rain thunder closer - the warmth of his hand into my bones |
silence sur la banquette arrière sa main monte un peu au feu rouge un long soupir - le clair de lune brille sur des mamelons gonflés dans l'attente du sommeil mes pensées dérivent avec les étoiles vent sous la lune - des aigrettes constellent la moustiquaire trémolo de fauvette - les doigts froids du médecin suivent le chemin de la douleur souriant - il saupoudre du pollen sur son ventre avertissement de gel - la chaleur de l'églantine dans ma paume la chenille arpenteuse juste en avant des ombres du soir on sonne le glas - des myosotis dégoutte la pluie le tonnerre se rapproche - la chaleur de sa main me pénètre jusqu'aux os |
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Betty Drevniok est née en 1917 à St. Louis, États-Unis. Après des études au Washington University School of Fine Arts et au St. Louis University School of Nursing, en 1948, elle est venue travailler comme infirmière au Canada. Elle est décédée en mars 1997. En 1977, avec Eric Amann et George Swede, elle a fondé la Haiku Society of Canada (maintenant Haiku Canada); elle en a été secrétaire (1977-1979), puis présidente (1979-1982). Elle a organisé une première rencontre internationale de haïkistes à Toronto en 1980 et, par la suite, plusieurs rencontres ont eu lieu à Combermere, Ontario. Elle a publié: Impressions of Rural Ontario (1976), Inland: Three Rivers from an Ocean (Commoner's Publishing, 1977), Focus on a Shadow (Commoner's Publishing, 1977), Aware: A Haiku Primer (Portal Publications, 1980) et Thoughts of Spring (King's Road Press, 1993).|
Their laughter... the woods filled with white trillium and sunshine A man and a breeze turn a page together In every puddle the after-storm-sky reflecting... all the quiet Oars creak... the setting sun darkens the river Morning coolness: dewdrops swaying in the spiderweb No breeze at all: the hot sunshine-taste of wild strawberries Rusted train tracks... a young maple turning red Autumn night: following the flashlight beam through rain Early darkness: the canary trills with T.V. ads A snowbound world: the wind and two tangled swings swing together |
Leurs éclats de rire... le sous-bois rempli de trilles blancs et de soleil Ensemble un homme et un souffle de vent tournent une page Dans chaque flaque d'eau le ciel d'après l'orage reflète... toute la tranquillité Grincement de rames... le soleil couchant assombrit la rivière Fraîcheur du matin: des gouttes de rosée se balancent dans la toile d'araignée Aucune brise: le goût de soleil chaud des fraises des bois Rails rouillés... un jeune érable commence à rougir Nuit d'automne: suivre le rayon de la lampe de poche à travers la pluie La nuit vient tôt: le canari trille avec les pubs télé Monde enneigé: le vent et deux balançoires emmêlées se balancent |
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LeRoy Gorman est né à Smiths Falls, Ontario, en 1949 et habite à Napanee, Ontario, avec son épouse Sheila et ses trois enfants Lori, Kimberly et Sean. Ses haïkus ont paru dans de nombreuses revues et anthologies; sa poésie visuelle a fait l'objet d'expositions aux États-Unis, en Italie et au Mexique. Il est responsable du Haiku Canada Newletter depuis 1995. Il a publié un bon nombre de poèmes sur cartes postales, de feuillets, de plaquettes et de recueils de poèmes; parmi ses divers titres, mentionnons les recueils de haïkus: only shadflies have come (Swamp Press, 1979), whose smile the ripple warps (Underwich, 1980), cutout moons (High Coo, 1981), wind in the keys (High Coo, 1981), heart's garden (Guernica, 1983), where sky meets sky (Nietzsche's Brolly, 1987), glass bell (King's Road Press, 1991), heavyn (Running Spoon Press, 1992) et seasons on the run (Tiny Poems Press, 1997). Il a également publié Voyage parallèle/Parallel Journey (rengas avec André Duhaime; Asticou, 1989) et les anthologies: a haiku alphabet in celebration of spring (proof press, 1994), a haiku alphabet in celebration of summer (proof press, 1995), a haiku alphabet in celebration of fall (proof press, 1996), blue spilling over: haiku canada members anthology 1995-1996 (Haiku Canada, 1996) et a haiku alphabet in celebration of winter (proof press, 1997). |
out of fall mist a duck f e a t h e r |
du brouillard d'automne tombe une plume de canard |
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ferriswheel into clouds candyfloss between my firstborn's fingers somewhere in the blizzard the big yellow sign that says SWEET CORN AHEAD the dumproad pond tadpoles exit a birdhouse TV sex the ads multiply gun cocked the condemned dog cocks in the silent movie a bird I think extinct is singing the whiteout subsides to the billboard girl's Am I Pregnant? stripping wallpaper into the nite my wife uncovers someone else's bedroom I hear her sew I hear the rain I turn back a page |
la grande roue dans les nuages de la barbe à papa entre les doigts de mon aînée dans la tempête de neige le grand panneau jaune annonce MAÏS SUCRÉ PLUS LOIN la mare sur le chemin du dépotoir des têtards sortent d'une cabane à oiseaux télé sexe les annonces le multiplient le fusil armé le chien condamné dresse les oreilles dans le film muet un oiseau que je crois disparu chante le voile blanc cède la place à la fille du panneau publicitaire Suis-je enceinte? en enlevant le papier peint la nuit ma femme découvre la chambre de quelqu'un d'autre je l'entends coudre j'entends la pluie je reviens à la page précédente |
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endless scales on the neighbour's flute my mother ironing gammes interminables de la clarinette du voisin ma mère repasse ice on the roof here a cough there a sneeze glace sur le toit tousse par-ci éternue par-là clear winter sky over the radio the first bombs ciel clair d'hiver à la radio les premières bombes abortion clinic number scribbled on her calendar le numéro de la clinique d'avortement griffonné sur son calendrier all the things we aren't supposed to smell toutes ces choses que nous ne sommes pas censées sentir behind the burger joint the new graduate peeling potatoes derrière le stand à hot dogs le nouveau diplômé pèle des pétaques plump ripe strawberries all the picker's bums point to the sun dodues fraises mûres à cueillir tous les derrières pointent vers le soleil shorter days now through yellow light yellow leaves journées déjà plus courtes lumière jaune et feuilles jaunes the hum of the motor nothing more le ronflement du moteur rien de plus howling winds and blowing snow my daughter on the trombone vent qui hurle neige qui souffle ma fille au trombone |
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over the charred remains of a house the gibbous moon a baby's hand on my back rainpatter gesticulating the big sake bottle right off the table LA TOUR DE VILLE shadflies cling to the window to one another this is hilarious " being me mist shadows a white heron perched above the river lifting to the sunlight on the moisture on your lips over a field of stones in the mist a wireless telephone pole mist rising from the lake tourist breakfast line through the screen through the rain an island in mist |
au-dessus des décombres calcinés d'une maison la lune bossue une main de bébé sur mon dos tambourinement de la pluie grands gestes la grosse bouteille de saké tombe de la table LA TOUR DE VILLE les éphémères s'accrochent à la fenêtre l'une à l'autre ça, c'est tordant " c'est moi brouillard ombres un héron blanc perché au-dessus de la rivière montant vers la lumière du soleil sur l'humidité sur tes lèvres au-dessus d'un champ de pierres dans le brouillard un poteau de téléphone sans fil le brouillard monte du lac la file des touristes pour le petit déjeuner à travers l'écran à travers la pluie une île dans le brouillard |
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née à ottawa, anne mckay habite à vancouver. elle a publié: sometimes in a certain light (wind chimes, 1985), still dancing (wind chimes, 1986), in the house of winter (wind chimes/pulp press, 1987), street songs (wind chimes, 1988), a woman of passage (wind chimes,1989), from the upper room (wind chimes, 1990), shaping the need (wind chimes, 1991), rumours of snow (wind chimes, 1992), come at nine come at nine (wind chimes, 1993), a cappella (cacanadadada, 1993), curve into curve (wind chimes, 1994), at mull river (wind chimes, 1995), can i get there by candle (triptych/wind chimes, 1996), a matter of wings (wind chimes, 1996), toccata (wind chimes, 1997) et intermezzo (wind chimes, 1998). elle a reçu divers prix.|
following father's deep snowsteps single file to sabbath service as winter moths the lost ones drifting to ashcan fires a cappella the children's voices in that green garden pale fingers polishing her days scent of lemon lingering dreams under umbrellas in the rainvalley ... raindreams bright among the wild horses a blue bridle rein through the narrows seamen towing moons and nightcargo an elegant error her new bonnet from paris beneath green branches bending summer lovers curve into curve two and two by noah's count no entry then for one who flies alone... |
en suivant les pas du père dans la neige à la file indienne vers l'office du sabbat comme des phalènes en hiver les itinérants dérivent vers les feux de poubelles a cappella les voix d'enfants dans le jardin vert des doigts pâles vernissent ses jours odeur persistante de citron rêves sous les parapluies dans la vallée pluvieuse ... rêves de pluie éclatante au milieu des chevaux sauvages une rêne bleue dans le pertuis des marins remorquent lunes et cargaison de nuit une élégante erreur son nouveau chapeau de paris sous les vertes branches tombantes des amoureux d'été enlacés deux par deux selon l'ordre de noé impossible d'entrer pour celui qui part seul... |
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Décédée en juin 2001 (Tributes to Ruby Spriggs), Ruby Spriggs habitait à Ottawa. En 1992, elle a été responsable du Haiku Canada Newsletter; en 1994, elle a été codirectrice, avec Dorothy Howard, de la revue RAW NerVZ HAIKU. Elle a publié les recueils de haïkus Sunshadow/Moonshadow (Heron's Cave, 1986) et Switching Off the Shadows (King's Road,1996), ainsi que The Swan's Wings (renku avec Grant Savage; Groundhog, 1994). Elle a reçu plusieurs prix; ses poèmes ont été publiés dans des revues et des anthologies, dont: Anthos (Anthos Books, 1978), Canadian Haiku Anthology (Three Trees, 1979), Erotic Haiku (Black Moss, 1983), The Haiku Handbook (McGraw-Hill, 1985), Haïku: anthologie canadienne/Canadian Anthology (Asticou, 1985), How To Write and Publish Poetry (Workshop, 1990), Round Renga Round (AHA, 1990), Four Seasons (Ko, 1991), Tanka Splendor (AHA, 1992), The Haiku Hundred (Iron Press, 1992), Haiku Moment (Tuttle, 1993), A Haiku Path (H.S.A., 1994) et Haiku World (Kodansha, 1996).|
caterpillar away my shade increasing flake by flake snowlight |
une chenille ronge mon ombre croissant flocon par flocon luminosité de la neige |
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to no special place the wind blows the leaves vers nulle part de précis le vent souffle les feuilles |
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season's end - the cabin clock continues to measure silence funeral home flowers he never gave her school bell rings all of the shadows into one in the heat a fly studies my freckles i let it stepping ouside forgetting the reason lilac scent silently the maple lets go a leaf of moonlight a slight breeze in the light between spring leaves |
fin de saison - l'horloge du chalet continue à mesurer le silence salon funéraire les fleurs qu'il ne lui a jamais offertes la cloche de l'école sonne toutes les ombres se fondent en une dans la chaleur une mouche étudie mes taches de rousseur je la laisse faire je sors de la maison en oublie la raison parfum de lilas sans bruit l'érable laisse tomber une feuille de clair de lune une légère brise dans la lumière entre les feuilles du printemps |
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sleeping, newborn chick in the hollow of her wrinkled hands dance of light in the frog-filled pond ... blue heron ojibway song weaves in and out of the simple basket hands inside her sleeves again - the old nun's habit first snow the neglected yard now perfect the scent of Christmas on her old brown hands crushing cloves in new deep snow beneath the apple tree a perfect hole the feel of silk against my legs... strutting with the hens we all take cover: grandma on the run again with the flyswatter woodshaving curl in winter light grandfather's violin |
le poussin endormi dans les mains ridées de la dormeuse jeux de lumière dans la mare aux grenouilles ... un grand héron les notes de la chanson ojibway s'entrelacent dans le panier tout simple les mains encore dans les manches - habitude de la vieille soeur première neige la cour mal entretenue devenue parfaite l'odeur de Noël sur ses vieilles mains brunes qui écrasent des clous de girofle dans l'épaisseur de la nouvelle neige sous le pommier un trou parfait sensation de soie sur mes jambes... je me pavane parmi les poules tous aux abris: grand-mère a repris le tue-mouches volute de copeau de bois dans la lumière d'hiver le violon de grand-père |
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Poète et professeur de psychologie au Ryerson Polytechnic University, George Swede habite à Toronto. Il est l'auteur d'une quarantaine de livres (poésie, fiction et autres). En 1977, il était l'un des cofondateurs de Haiku Canada. Ses recueils de haïkus sont: Endless Jigsaw (Three Trees, 1978), A Snowman, Headless (Fiddlehead Poetry, 1979), Wingbeats (Juniper, 1979), This Morning's Mockingbird (High/Coo, 1980), Eye to Eye With a Frog (Juniper, 1981), All of Her Shadows (High/Coo, 1982), Flaking Paint (Underwhich, 1983), Frozen Breaths (Wind Chimes, 1983), Bifids (Curvd H&Z, 1984), Multiple Personality (Silver Birch, 1987), I Throw Stones at The Mountain (Wind Chimes, 1988), Leaving My Loneliness (King's Road, 1992) et My Shadow Doing Something (Tiny Poems Press, 1997). Il a également publié Canadian Haiku Anthology (Three Trees, 1979) et The Modern English Haiku (Columbine, 1981), un recueil d'essais sur le haïku en Amérique du Nord. Il a reçu de nombreux prix pour ses haïkus, lesquels paraissent régulièrement dans les diverses revues et anthologies consacrées à cette forme poétique. Il publie régulièrement des articles et participe, comme
conférencier, à divers événements internationaux relatifs au haïku. Voir son site.|
children's day at the zoo I find myself watching the children passport check my shadow waits across the border in the howling wind under the full moon a snowman headless in the meadow among the stinging nettles I think of my former wife |
au zoo avec mes enfants je me surprends à observer les enfants contrôle de passeports mon ombre m'attend de l'autre côté de la frontière dans le vent mugissant sous la pleine lune un bonhomme de neige sans tête dans la prairie parmi les orties brûlantes je pense à mon ex-épouse |
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on the porch galoshes full of rain dans l'entrée des caoutchoucs pleins de pluie |
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at my father's distant grave someone has left flowers in one corner of the mental patient's eye I exist |
loin sur la tombe de mon père quelqu'un a déposé des fleurs dans un coin de l'oeil du handicapé mental j'existe |
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after the rainstorm twice as many children après l'orage deux fois plus d'enfants |
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at the height of the argument the old couple pour each other tea each haiku another piece in an endless jigsaw |
au plus fort de la dispute les vieux mariés se versent du thé chaque haïku une nouvelle pièce dans un puzzle sans fin |
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her breasts lift with her arms flowers on the curtains fold and unfold she hugs me from behind my face in the steam of the potatoes I wake up bored the peony collapses at a touch humiliated again bar-smoke in the sweater I pull from my head I find her huddled on the bed the paperback closing by itself mushroom ghosts have turned to ink: barefoot in the chill almost sunset on a sidestreet a child runs out of the shadows now the spade sinks by itself fireflies turning the dark saying something inaudible she lifts a blazing marshmallow my friend says nothing the swallows dense as rain |
ses seins soulevés avec ses bras les fleurs des rideaux se plient se déplient par derrière elle me prend dans ses bras mon visage dans la vapeur des pommes de terre je me réveille de mauvaise humeur la pivoine se défait au toucher humilié encore une fois la fumée du bar dans le pull que j'enlève je la trouve pelotonnée dans le lit le livre de poche se referme tout seul les fantômes de champignons sont devenus encre: pieds nus dans le froid soleil couchant d'une ruelle un enfant sort de l'ombre en courant maintenant la bêche s'enfonce d'elle-même les lucioles transforment l'obscurité en disant quelque chose d'inaudible elle soulève le guimauve en feu mon ami ne dit rien les hirondelles denses comme la pluie |
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