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Née en 1919 à Rijeka, Maša Bambi est comptable à la retraite et vit à Zagreb. Elle a écrit des pièces de théâtre, des poèmes, des nouvelles et des romans pour enfants. Son oeuvre est largement reprise, entre autres, dans des anthologies, des manuels scolaires et des revues. Elle collabore régulièrement à la revue Vrabac/Sparrow. En 1993, elle a remporté le deuxième prix lors du concours national de haïku de Croatie et, en 1995, elle en était la grande lauréate. Elle a publié le recueil de haïkus Kucanje srca/Beating of Heart (Hrvatsko haiku drustvo, 1996). |
Prhnuse vrapci. Njise se grm kupine - modra usta djevojcice. Bez topline lebdi zvijezda prognanika u tudjini. Pjena vodopada. Disem prozracnost svih sumova. Ribarsko selo. Romor kise ispire slane zuljeve. Nosen vjetrom krik galeba reze suru hrid. Na svrsetku svih puteva, pocetak je modrih daljina. Prhnu lasta. Vine se djecji smijeh do sunca... Sljivik - o grane se lome teske kapi jesenske kise. Gradski perivoj. Prastare krosnje listaju minule godine. Zaroni pastrva... Mjehurici udisu praskavo sunce. |
Volent les moineaux. Se balance le buisson de ronces - la bouche bleue d'une petite fille. Sans chaleur l'étoile de l'exilé plane dans un pays étranger. Écume de la cascade. Je respire la clarté de tous les bruissements. Village de pêcheurs. Le bruit de la pluie rince les durillons salés. Porté par le vent le cri de la mouette coupe la roche grise. À la fin de toutes les routes, le commencement des bleus lointains. S'envole l'hirondelle. S'élance le rire d'enfant jusqu'au soleil... Pruneraie - sur les branches les lourdes gouttes de pluie d'automne se brisent. Parc de ville. Les très vieilles ramures feuillent les années passées. Plonge la truite... Les bulles aspirent le soleil éclatant. |
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Né en 1967 à Dernbach, Nediljko Boban vit à Samobor et travaille à Zagreb comme conseiller juridique. Il a passé son enfance en Herzégovine dont la géographie a profondément marqué sa poésie. Il a publié le recueil de poèmes Pokoljenja snova (Générations des rêves), et le recueil de haïkus et de tankas Igra lastavica/Swallows' Play (Hrvatsko haiku drustvo, 1996). Ses haïkus et tankas ont paru dans diverses revues: Albatros/Albatross (Roumanie), Blithe Spirit (Angleterre), Haiku (Allemagne), Haiku Southwest (États-Unis), Ko (Japon), Topos (Pologne) et Vrabac/Sparrow (Croatie), ainsi que dans les anthologies Haiku iz rata/War Haiku (Hrvatsko haiku drustvo, 1992) et Duizend kolibries (Mille colibris; Sintjoris, 1993). Il a reçu divers prix au concours de haïku de Honolulu (1993), au concours du Hrvatsko haiku drustvo (1997) et au concours Itoen New Haiku (Japon, 1997). Il écrit également des contes et des nouvelles.|
Male svjetiljke krijesnica, carolija ljetne noci. Obrisi u daljini - starac s motikom prekopava sunce. Slikarsko platno. Djecak slika prstima prateci majcin kist. Kosnica u potkrovlju. Zlatni odsjaj ispunjava tamu. Kos sa stabla spusta mrvice kruha na djecakov dlan. Slikovnica srca. Drage seoske kuce u gnijezdima sunca. Sat mog djetinjstva nema vise kljuceva. Sjecanje ga navija. Posljednji pjev. Ptica na kamenjaru sahranjuje sunce. U starom kovcegu baladu umrlog cuva cvrcak. S gorske vrleti usamljeni orao prezire nizine. |
Les petites lampes des lucioles, la magie d'une nuit d'été. Silhouette lointaine - un vieillard avec une houe bêche le soleil. La toile du peintre. Le garçon peint avec ses doigts en suivant le pinceau de sa mère. Une ruche dans la mansarde. Le reflet doré remplit l'obscurité. Un merle dans l'arbre laisse tomber des miettes de pain sur la paume du garçon. Le livre illustré du coeur. Les maisons chéries de la campagne dans les nids du soleil. L'horloge de mon enfance n'a plus de clé. Le souvenir la remonte. Dernier chant. L'oiseau sur les pierres enterre le soleil. Dans une vieille valise c'est une cigale qui garde la ballade d'un mort. Du haut de la montagne l'aigle solitaire dédaigne les vallées. |
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Marijan Cekolj est né en 1955 à Samobor où il réside toujours. Depuis une vingtaine d'années, ses activités littéraires ont été très variées, en poésie et dans le domaine du haïku plus particulièrement. En 1992, il a fondé le Hrvatsko haiku drustvo, une association de haïkistes, de Croatie et d'ailleurs, qui compte plus de deux cents membres; il en est toujours le président. Depuis 1993, il est le directeur-fondateur de la revue de haïkus, en croate et en anglais, Vrabac/Sparrow. Il est également directeur de la collection de recueils de haïkus bilingues «Hrvatski haiku pjesnici/Croatian Haiku Poets», dans laquelle il a publié les recueils Mjesecina/Moonlight (1994) et U srcu tisine/In The Heart of Silence (1996), ainsi que l'anthologie Haiku iz rata/War Haiku (1992); cette anthologie a été traduite en français par Patrick Blanche sous le titre Nouvelles visions de guerre (Voix d'encre, 1993). Il a reçu plusieurs prix; ses haïkus ont été traduits en plusieurs langues et sont largement publiés dans des anthologies et des revues.|
Prva jesenska kisa. Sum vodopada sve je glasniji... Olujna kisa: mrav plovi na latici divljeg kestena. Protice potok. Voda osluskuje vodu kroz besanu noc. Pognute glave tek niknuo kukurijek raste iz snijega. Na poljima psenice nicu krateri avionskih bombi! U mraku tvornicke hale umire jedan proljetni cvijet... Baceni kamen pada u dubinu neba na jezeru. Zaba preskace svoju sjenu: protice noc... Ljetna susa. Blistavilo zvijezda sve je bljedje. U krater avionske bombe polako pada uveo list... |
La première pluie d'automne. Le bruit de la cascade devient plus fort... Orage: la fourmi navigue sur un pétale de marronnier. Coule le ruisseau. L'eau prête l'oreille à l'eau par la nuit sans sommeil. La tête courbée l'ellébore à peine poussé vient de la neige. Dans les champs de blé poussent les cratères des bombes! Dans l'obscurité d'une usine meurt une fleur de printemps... La pierre lancée tombe dans la profondeur du ciel dans le lac. Une grenouille saute au-dessus de son ombre: passe la nuit... Sécheresse d'été. La lumière des étoiles pâlit de plus en plus. Dans le cratère d'une bombe tombe lentement une feuille morte... |
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Smiljka Gagic est née en 1955 et vit à Zagreb. Elle collabore régulièrement à la revue Vrabac/Sparrow et ses haïkus paraissent également dans diverses autres revues. En 1996, elle a remporté le premier prix lors du concours national de haïku de Croatie. Elle a publié le recueil Procvjetalo nebo/Blooming Sky (Hrvatsko haiku drustvo, 1997).|
Topla noc. Labud plovi jezerom - za krijesnicama... Prelijecuci vodoskok, golubica kljucnu zrno vode. Svjezina jutra. Na slomljenoj grani tresnje vrabac cisti kljun. S ribe kaplje more iz galebovog kljuna... Bljesak munje. Svjetleca kisa prsti po ulicnoj lampi. Na kamenom grobu skamenila se siva gusterica. Tiho jutro. U zutom liscu dise jesensko sunce. Nadlijecu ptice... Jutros su srusili staru vrbu. Druzeci se s vjetrom - prstima dodirujem proljece. Na suncokretu leptir pije posljednje kapi sunca. |
Chaude nuit. Le cygne se déplace sur le lac - derrière les lucioles... En survolant la fontaine, la colombe a becqueté un grain d'eau. Fraîcheur du matin. Sur la branche brisée du cerisier un moineau se nettoie le bec. Du poisson dans le bec de la mouette s'égoutte la mer... Éclair. La pluie brillante éclate sur le lampadaire. Sur la tombe en pierre s'est pétrifié un lézard gris. Matin tranquille. Sous les feuilles jaunes respire le soleil d'automne. Les oiseaux survolent... Ce matin, on a coupé le vieux saule. M'associant au vent - des doigts je touche le printemps. Sur le tournesol le papillon boit les dernières gouttes de soleil. |
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Anto Gardas est né en 1938 à Agici et vit à Osijek. Il est avocat. Romancier, poète, conteur, nouvelliste et auteur pour jeunes, il a publié plus de vingt livres. On retrouve de ses écrits dans diverses revues et anthologies, ainsi que dans des manuels scolaires. En 1981, il a reçu le prix Grigor Vitez pour son roman Ljubicasti planet (La Planète violette) et, en 1995, il a reçu le prix Josip i Ivan Kozarac pour l'ensemble de son oeuvre. Il a publié les recueils de haïkus Grm divlje ruze (Buisson de roses sauvages; Matica Hrvatska, 1994), Zuborenja/Murmurings (Matica Hrvatska, 1996) et Sto sunovrata/Hundred Daffodils (Hrvatsko haiku drustvo, 1997). |
Zvijezdano nebo. Mlijecnu stazu prelijece ponocni sismis. Zastala brda kraj rijeke. Ne mogu na drugu obalu. Visoka travka. Mrav stigao do vrha - viši je od nje. Sa oranice gruda zemlje uzleti - postade seva. Hladna pecina. U gluhoj tisini zvuk kaplje sto pada. U mrazno jutro na iglicama bora iglice mraza. Plavetno nebo do beskraja siroko - cvatu jaglaci. Zvijezde nad morem. U dubokoj tisini dasak svemira. Uopce uzev: i veliki je Bashô volio rizu. Kakav uzitak! Kamen u moru gadjam drugim kamenom. |
Ciel étoilé. La chauve-souris survole la voie lactée. Les collines arrêtées à la rivière. Ne peuvent traverser de l'autre côté. Une herbe haute. Une fourmi est montée à son sommet - elle est plus haute que l'herbe. Du champ labouré Une motte de terre s'est élevée - est devenue hirondelle. Caverne froide. Dans le silence le bruit d'une goutte qui tombe. Dans le matin glacial sur les aiguilles de pin des aiguilles de glace. Le ciel bleu et large jusqu'à l'infini - fleurissent les primevères. Étoiles au-dessus de la mer. Dans le silence profond le souffle de l'univers. D'une façon générale: le grand Bashô aussi aimait le riz. Quel plaisir! Je lance une pierre à la mer sur une autre pierre. |
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Anica Gecic est née en 1931 à Zagreb où elle vit toujours. Maintenant retraitée, elle a enseigné la physique à l'école secondaire à partir de 1955. Elle a publié les recueils de haïkus: Odsjaj u ocima (Reflet dans les yeux; Vlastita naklada, 1993), Narucje zivota (Dans les bras de la vie; Skolske novine, 1993), Susreti (Rencontres; Skolske novine, 1994), Poklon zvijezdama/Gift to the Stars (Hrvatsko haiku drustvo, 1995) et Grad na dlanu/Town in Full View (Hrvatsko haiku drustvo; 1997). Ses haïkus ont également paru dans des revues en Croatie, en Angleterre, aux États-Unis, au Japon et en Nouvelle-Zélande.|
Vrhom planine u setnji, drzim se za oblake. Dva jablana: prvi raste u nebo, drugi u zemlju. Ispred svog repa vjeverica pobjegla na vrh bora. Moj grad na obje obale rijeke - u zagrljaju duge. Nasmijesenom licu i stranac kaze: „Dobar dan". Mala stopa u utabanom snijegu velike stope. Za bucne svadje snijeg je zapao u gluhoj tisini. Vrsci jablana lagano se klanjaju zvijezdama. Izlozba knjiga: koliko snova pod staklenom plocom! Ljudi prolaze... Neke vidim prvi i posljednji put. |
Sur le sommet de la montagne en promenade, je me tiens dans les nuages. Deux peupliers: l'un grandit dans le ciel, l'autre dans la terre. Devant sa queue l'écureuil s'est enfui sur le faîte d'un pin. Ma ville sur les deux rives de la rivière - dans l'étreinte de l'arc-en-ciel. Au visage souriant même l'étranger dit: «Bonjour». Sur la neige de petits pas dans de grands pas. Pendant la querelle bruyante la neige est tombée en silence. Les faîtes des peupliers s'inclinent lentement devant les étoiles. Exposition de livres: combien de rêves sous les comptoirs vitrés. Des gens passent... J'en vois quelques-uns pour la première et la dernière fois. |
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Snjezana Mustac est née à Kotor en 1955 et habite à Dubrovnik où elle travaille à l'École d'hôtellerie et de tourisme. Elle écrit de la poésie depuis l'âge de 18 ans, mais elle n'a commencé à publier qu'en 1996, dans la revue Vrabac/Sparrow. |
Sporo i njezno leptir otvara svoj zivot. Iza zastava zaledjeni zivoti. Nigdje nikoga... Vec u osvit zore ptice pjevaju svu svoju pjesmu! Pomicuci sjene - odlazi ljeto u dubinu sume... U sparno jutro nebo i zemlja disu isto sunce. Pjescani sprud ispred bora, pruza se u beskonacnost... Bijelo jedro utopljeno u modroj daljini... List paprati susti na glatkom staklu stola. U plicaku se maleni vali igraju s djecjom rukom. Dva prijatelja na istoj klupi parka dijele sutnju. |
Lentement et tendrement le papillon s'ouvre à la vie. Derrière les drapeaux les vies gelées. Personne nulle part... À la pointe du jour les oiseaux chantent tout leur chant! Remuant les ombres - l'été s'en va dans la profondeur de la forêt... Dans le matin suffocant le ciel et la terre respirent le même soleil. Le banc de sable devant le pin s'étend à l'infini... La voile blanche trempée dans le bleu au loin... La tige de la fougère chuchote sur la vitre lisse de la table. Au bord de la mer les vaguelettes jouent avec la main de l'enfant. Deux amis sur le même banc du parc partagent le silence. |
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Marinko Spanovic est en 1955 à Samobor où il habite toujours. Il s'intéresse au haïku depuis une vingtaine d'années. Il fait partie du comité de rédaction de la revue Vrabac/Sparrow et il est directeur littéraire de la collection «Hrvatski haiku pjesnici/Croatian Haiku Poets». En plus de quelques recueils de poèmes, il a publié les recueils de haïkus Poljubac svjetlosti/Kiss of Light (1995) et Brbljanje o neizrecivom/Gassing About the Unspeakable (1998). Ses haïkus sont repris dans diverses revues et il a gagné quelques prix. |
Rano proljece... Pa makar svijet propadne - zuti jaglac! Na pustos grobova proljece svaki dan nesto donese... Proljetni vjetar. U vinu se kotrlja trpkost jeseni. Oceva smrt... Od danas pocinje moja starost. Groblje. Jablan otkucava ponoc na sjenu kriza. Zubor potoka odnosi vrbu duboko u suton. U rupici gljive drijema stonoga budnih ticala. Vrijeme zetve. Trudnica toci vino vrsiocima. Pruzajuci ruku kojom prosi, skriva drugu koje nema. Dvije sjene disu pod lipom sjenu vjetra. |
Printemps hâtif... Même si la fin du monde arrivait - la primevère jaune! Dans le cimetière abandonné chaque jour le printemps apporte quelque chose... Vent printanier. Dans le vin roule l'âpreté de l'automne. La mort du père... Aujourd'hui commence ma vieillesse. Cimetière. Le peuplier sonne minuit sur l'ombre des croix. Le gazouillis du ruisseau emporte le saule profondément dans le crépuscule. Dans le petit trou d'un champignon un mille-pattes sommeille ses tentacules éveillés. Le temps des moissons. La femme enceinte verse du vin aux travailleurs. Il tend une main pour mendier, cache l'autre qu'il n'a pas. Deux ombres sous le tilleul respirent l'ombre du vent. |
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Mihael Stebih est en 1948 à Cakovec; depuis 1984, il partage sa vie entre sa ville natale et Toronto. Poète, peintre et sculpteur, il explore présentement le verre, le cristal et le pastel; il a participé à une cinquantaine d'expositions de groupe et à une trentaine d'expositions solo. On retrouve de ses oeuvres en Allemagne, en Australie, en Autriche, au Canada, en Hongrie, en Italie et au Royaume des Émirats arabes. Il s'intéresse au haïku depuis plusieurs années et il a publié Opet na putu/On Journey Again (Hrvatsko haiku drustvo, 1995). |
Topli vagoni. Iz stare godine snijeg pada u Novu. Snijeg pred oknom. Lagano se uspinjem k oblacima. Pokisli vrabac na goloj grani tresnje - pernati Budha. Na lokvi zuti list akacije. Po njem kapljice neba. Grad i metez. Koliko svjetla za oci koje lutaju! Obrok u krcmi. Samo na jednom stolu gori svijeca. Magla u sumi. Uz promukli krik ptice odroni se list. U tihoj kisi zvon s crkve rasut je po krovovima. Sruseni zvonik. Od ceste do brezuljka klece visibabe. Kao da cekaju cempresi uz obalu krik galeba. |
Wagons chauds. De la vieille année la neige tombe dans la nouvelle. Neige par la fenêtre. Lentement je monte dans les nuages. Le moineau mouillé sur la branche nue du cerisier - Bouddha de plumes. Dans la flaque la feuille jaune d'acacia. Sur elle les gouttes du ciel. Ville et cohue. Tant de lumière pour les yeux vagabonds! Repas à l'auberge. Sur une table seulement brûle une chandelle. Brouillard dans la forêt. Avec le cri enroué d'un oiseau une feuille tombe. Sous la pluie silencieuse le son des cloches de l'église sur les toits. Le clocher démoli. Du chemin jusqu'à la colline les perce-neige à genoux. Comme si les cyprès sur la rive attendaient le cri d'une mouette. |
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Jadran Zalokar est né le 29 juillet 1947 à Ljubljana; il habite à Rijeka où il est bibliothécaire à l'université. Son intérêt pour le haïku est tout récent et ses haïkus paraissent principalement dans la revue Vrabac/Sparrow.|
Kisna ulica izgubljena medju oblacima. Cas kraj dimnjaka, cas pred vratima - promrzli macak. Protiv bure nemocno siri krila mali golub. Staro groblje. Promrzla dusa na ledenom nebu. Travanjski vjetar. Tko je brzi - mjesec ili oblaci? I prije nego je sletjela pticica je zanjihala proljetnu grancicu. Na cijelom nebu dvije lastavice i jos krice! Zov ljubavi. U sunce ulijecu dva galeba. Sicusni mravi, ali samo u mom svijetu! Zalazi sunce. Grancica cempresa pticom usnula. |
Rue sous la pluie perdue parmi les nuages. Tantôt à côté de la cheminée, tantôt à côté de la porte - le chat gelé. Dans la bourrasque en vain il ouvre ses ailes le petit pigeon. Vieux cimetière. L'âme gelée dans le ciel glacé. Vent d'avril. Qui est le plus rapide - la lune ou les nuages? Et avant qu'il se soit posé le petit oiseau a fait bouger la petite branche printanière. Dans tout le ciel deux hirondelles et encore elles crient! Appel d'amour. Dans le soleil entrent deux mouettes. Toutes petites les fourmis, mais seulement dans mon monde! Le soleil se couche. La petite branche de cyprès endormie avec l'oiseau. |
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