france .

FRANCE



Jean ANTONINI
Silvaine ARABO
Daniel BIGA
Patrick BLANCHE
Jean-Louis BOUZOU
Serge BRINDEAU
Sam (YADA) CANNAROZZI
Philippe CAQUANT
Thierry CAZALS
Henri CHEVIGNARD

Dominique CHIPOT
CLOD'ARIA
Pierre COURTAUD
DAGADÈS
Robert DAVEZIES
Jean Marc DEMABRE
Jacques FERLAY
Hans-Hubert FORM(M)
Georges FRIEDENKRAFT
Yves GERBAL
Bruno HULIN

Alain KERVERN
Marylène LALLEMAND
Michel-François LAVAUR
Seegan MABESOONE
Brigitte MARMOL
Jean-Pierre POUPAS
Daniel PY
Daniel RICHARD
Jean-Claude TOUZEIL
Olivier WALTER



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Jean ANTONINI

Jean Antonini habite à Lyon. Il écrit et anime des ateliers d'écriture parallèlement à son travail d'enseignant en physique. Particulièrement intéressé par le haïku dans les années 80, il a publié plusieurs livres dans ce genre, dont Haïku (Le Pavé, 1986), Exercices sensationnels (Eliane Vernay, 1987) et Ternes (La Bartavelle, 1995). En 1994, il a été invité au Festival international de haïku de Constanta en Roumanie. Actuellement, il écrit essentiellement des récits dont il a donné des extraits en revue ou en lecture publique. Il vient de publier Journal de corps (La Bartavelle, 1998).


matin encore nuit
elle consulte l'horaire des bus
en buvant le thé


ombre épouvantable
des tilleuls taillés
sur le mur de l'école


premier fauchage
la rouille de l'année
disparaît dans l'herbe


abeille! abeille!
quand on les appelle
elles ne viennent pas


première chaleur
la boulangère a piqué une pâquerette
à son décolleté


herbe jaunie
coquelicots plus pâles
la saison s'efface


collines de ses seins
je les ai parcourues
du bout des doigts


l'univers est un grand mystère
dit-il en regardant
un carré de poireaux


feuilles mortes
dans la lumière d'automne
tranquillement


vieux calvaire
au carrefour de deux routes
laquelle choisir?

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Silvaine ARABO     claude.bitout@wanadoo.fr

La poésie se révèle à Silvaine Arabo lorsqu'elle a vingt ans. L'année suivante elle publie son premier livre. Depuis, 15 recueils de poèmes ont vu le jour, la plupart publiés chez Guy Chambelland, au club des Poètes et chez La Bartavelle-Editeur. Silvaine Arabo a également publié trois recueils d'aphorismes, ainsi que deux essais: Paris et Londres à travers des oeuvres de C. Baudelaire, J.K.Huysmans et O. Wilde (littérature comparée, 1969) et Poésie et Transcendance (1994, réédité en 1995). On retrouve ses poèmes dans de nombreuses revues, tant françaises (Friches, Glyphes, Les Saisons du Poème, Traces, Froissart, Poésie Terrestre, Europoésie, L'Arme de l'Écriture, Poésie Première, Arpa, Résu, etc.) qu'étrangères (Belgique: Inédit Nouveau, L'arbre à paroles; Inde: PPHOO ). Répertoriée dans un certain nombre d'anthologies de poésie. A préfacé et illustré plusieurs ouvrages littéraires. Elle conduit parallèlement un travail de peintre (huile, acrylique, collages etc.) et a exposé ses toiles plusieurs fois à Paris et en province. Elle est lauréate du salon d'Automne 1995 de la ville de Royan (Charente-Maritime). Au printemps de 1997, elle crée le site Poésie d'hier et d'aujourd'hui sur lequel figurent une soixantaine d'auteurs, modernes et contemporains. Silvaine Arabo doit prochainement faire paraître un nouveau recueil de poèmes aux Éditions La Bartavelle et a en préparation plusieurs expositions de peinture.



Printemps enneigé
Fleurs si roses des pommiers
Dans les soirs, jadis...


Un oiseau d'argile
Posé sur la cheminée:
Fragments de mémoire.


Sous le bleu du ciel
L'absence chère a pesé
De son poids d'acier.


Longues allées d'arbres,
Sur la route désertée
La chanson du vert.


Les grands sapins bleus
Un émoi parmi le vent:
Bonheur d'être en vie.


Échos d'autrefois
Parmi le silence blanc
Et l'aube endormie.


Être ce passage
Embouchure et océan:
Éclats dans le soir.


Au coeur de l'été
L'angoisse du temps qui passe:
Mémoire d'automne.


Roche qui craquelle
Fracture de la douleur
Milieu de la vie.


Un géranium blanc
La jeune fille si belle
Dans le soir tombant.

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Daniel BIGA

Daniel Biga est né le 23 mars 1940 (bélier 1er décan, ascendant scorpion) à Nice (Occitania) et, après bien des métiers, bien des amours et bien des errances, vit actuellement à Nantes (Breiz) où il enseigne à l'École Régionale des Beaux-Arts. Peintre, artiste multimédia et poète de langue (approximativement) française. il a publié une trentaine d'ouvrages depuis Oiseaux Mohicans (1966 - dernière réédition en 1984 aux éditions du Cherche-Midi) et autres bad sellers (hic!) de l'underground. On retrouve notamment ses haïkus dans C'est l'été! (Cadex, 1991), Éclairs entrevues (Tarabuste, 1991) et La chasse au haïku (Le chat qui tousse, 1998). Publications récentes: Carnet des refuges (L'Amourier, 1997), Sept anges (L'arbre, 1997), Détache-toi de ton cadavre (Tarabuste, 1998), Éloges des joies ordinaires (Wigwam, 1999) et Le chant des batailles (L'Amourier, 1999). Longtemps marginal par vocation, à jamais rebelle par nécessité, demeuré humaniste - malgré tout et sans aucune illusion sur l'homme! - , il souscrit toujours pleinement à la définition de son ami Robert Filiou: «l'art c'est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art» comme à l'affirmation de William Carlos Williams: «le lieu du poème c'est le monde»! Et sa poévie - c'est le Conte (ou le compte) des jours ordinaires. (Photo: Marc Dieulangard)



au matin
dans le tonneau un hublot
de glace


en s'endormant
le ronfleur
s'est réveillé


je bêche mon jardin
le rouge-gorge
patiente


longtemps après
la péniche la vague
atteint la rive


pédalant seul
avec le vent
et le fleuve


à l'ombre
de la digue la mer
est plus fraîche


instant fugitif
l'oiseau passe
éclipse d'avion


un brin de coriandre
dans ma dent creuse
voyage en Orient


mangeant des olives
crachant des noyaux
face à l'orage


l'ombre
et le stylo se rejoignent
au bout de la plume

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Patrick BLANCHE

«Né en 1950 sous le signe du tigre, un jour de pluie dans le nord de la France. Mauvais élève. Peu de goût pour l'école, l'armée, l'usine, la race, la nation, les essais nucléaires. Vagabondages. Manœuvre, ouvrier agricole. Artiste peintre. Aboutit en Provence où il passe des jours paisibles à l'Ermitage de la Voie du Crapaud. Le chemin du haïku est plus pour l'auteur une manière d' appréhender la vie qu'une activité littéraire. Recueil principal: Si léger le saule. 401 haïkus (français/japonais). Ed. Michitani; Tokyo, 1997. Traductions-adaptations de haïkus de Bart Mesotten, Ion Codrescu, Kazuo Satô, James W. Hackett, Marcel Smets, etc.»




Les reflets du soir
sur le ventre de la pie
quand les jours s'allongent


La couleur des pivoines
usée par les pluies de mars
Une aube de brume


Le braiment d'un âne
s'accroche aux grands peupliers
Est-ce déjà l'aube?


Nuit de canicule
Sur le derrière de ma femme
l'éclat de la lune


Un festin de graines!
Ces petites mains des rats
si semblables aux nôtres


Une limace ivre
parmi le raisin pourri
Pluvieuses vendanges


Le chrysanthème blanc
devenu au fil des jours
un chrysanthème mauve


Matin de Noël
Les cris de l'enfant autiste
chantent un peu plus


Le tilleul s'est tu
De la neige dans la cour
n'en reste presque plus


Guère facile d'
apprendre l'humilité
Moineau printanier

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Jean-Louis BOUZOU     jlb@mailclub.net

Né en 1961 à Brazzaville (Congo), Jean-Louis Bouzou partage sa prime enfance entre l'Afrique et la côte d'Azur (Hyères) d'où un goût prononcé pour les couleurs vives et les lumières intenses - ainsi qu'une paresse notoire qu'en bon Provençal il revendique - mais dont il rejette la faute - bien entendu - sur ce sacré soleil. De retour à Hyères depuis quelques années, la seule véritable passion dans la vie de ce nonchalant dilettante, est la création; d'où une activité de barbouilleur, de bricolo et très accessoirement de scribouilleur... quand le soleil ne tape pas trop fort. Il a notamment publié les recueils Tout petits riens (Atelier Mistral, 1999) et De jour… comme de nuit (2000). Il a été responsable de la revue électronique Carpe Diem et d'une anthologie de poésie française.



Sa façon à lui
de me dire bonjour
- Tu veux un café?


Parlant avec l'océan
coquillage contre l'oreille
- la petite fille.


Sur le portemanteau
la casquette et la veste
qu'il ne mettra jamais plus.


Les dents
du clochard hilare
- un clavier de piano.


Méditant
sur l'éternité
je n'ai pas vu le temps passer.


Aujourd'hui
quelques bulbes sales
demain de jolies fleurs.


Ennemis jurés
des châteaux de sable
- les pieds des enfants.


Grand coup de frein
- sur la route l'enfant riant
récupère son ballon.


Dans l'atelier
à côté des miennes
- des toiles d'araignée.


Saucisson
et pain aux olives
- un vrai régal!

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Serge BRINDEAU

Serge Brindeau est né en 1925 au Mans; il est décédé à Paris le 27 avril 1997. Sa carrière de professeur de philosophie l'a conduit de Charleville à Soissons, et au lycée Albert Schweitzer du Raincy, en banlieue de Paris. Écrivant des poèmes depuis son adolescence, il a partagé sa vie entre l'enseignement et la poésie. Il a collaboré à de nombreuses revues, a participé à des conférences et à des colloques universitaires en France et à l'étranger, a été membre de jurys et a animé des clubs de poésie. Il a reçu le Prix Foulon de Vaulx de la Société des Gens de Lettres pour l'ensemble de son oeuvre. Infatigable lecteur de la poésie des autres et le maître d'oeuvre de La poésie contemporaine de langue française depuis 1945 (Saint-Germain-des-Prés/Bordas, 1973). Il est l'auteur de plusieurs recueils de poésie; on pourra lire notamment: L'ordre des mots (Millas-Martin, 1954), Mentions marginales (Les Hommes sans épaules, 1954), Soleils en biais (Guy Chambelland, 1962), Poèmes pour quelques temps (Millas-Martin, 1968), Où va le jour (Guy Chambelland, 1968), Quand nous parlons à peine (Éditions des Prouvaires, 1979), Une pierre traversée par le le gouffre (Saint-Germain-des-Prés, 1979), Rivière de tout bois - poésie 1953-1985 (Saint-Germain-des-Prés, 1985), Un rouge-gorge dans le froid (Corps Puce, 1989), Autour des cellules (Éditions La Bruyère, 1989), D'un bois de paulownia (extraits ci-bas; Éditions La Bruyère, 1990), Le toit résiste (L'Harmattan, 1995) et Empreintes d'un parcours (Les Amis de la Poésie, 1997). Un fonds Serge Brindeau a été créé à la Bibliothèque universitaire d'Angers. (Photo: Véronique Brindeau)



L'arbre se penche
Si le parcours
Est sans limite


          *


Il pleut

La terre aspire
La semence des dieux


          *


La porte de la mer
Et la porte de l'île

Accueilleront les algues



          *


L'eau des caresses

Et l'eau qui coule
Pour les morts



          *


À chaque goutte d'eau

L'ombrelle brise
Un méridien



          *


Cuirassé de varech

Le Temps
A traversé la place



          *


Coffret d'air pur

Signature bleu ciel
En marge de la soie



          *


Brocart et soie
La femme seule
Se tient debout



          *


Au trébuchet des nuits

L'homme et la femme
Auront franchi la mer



          *


La parole
S'unit à la rivière
Comme un rouleau de paysage

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Sam (YADA) CANNAROZZI

Sam Cannarozzi (nom de scène: Yada) est né à Chicago, États-Unis, en 1951; en Europe depuis 1974, il habite à Parcieux, près de Lyon. Diplômes en langues et linguistique (1973). Formation dans les arts de la scène (1974-1980). Conteur professionnel, il fait aussi des spectacles de poésie sonore et anime des carnavals. Il écrit des haïkus depuis plus de vingt ans. Il a publié: Un coup de dé à coudre (Verso, 1988), Dis-moi dix devinettes (Le pré de l'âge, 1990) et The Best of The Only Of 1980-1990 (Norton Coker, 1992). Ses haïkus ont paru dans diverses revues littéraires (Canada, États-Unis, France, Japon, Nouvelle-Zélande, Roumanie et Yougoslavie).



un seul tournesol
regarde dans le sens contraire
en cherchant la lune


la brume matinale
est striée de givre... ah non
lignes blanches sur la route


le faucon planant
guettait sa proie immobile
le coq du clocher


ruminant la brume
des vaches couchées dans des prés
morceaux de paysage


premier froid d'hiver
ciel immobile, nuages fixes
même mon souffle se gèle


la vitesse du train
fait fondre en un seul flou
ciel, brume, vaches et herbes


deux grandes corneilles passent
coups de pinceaux sur paysage
la terre s'embellit


des cygnes se regardent
dans le reflet du ruisseau
et voient un nuage


sur la corde à linge
derniers fantômes de l'hiver
dansant dans le vent


le givre travaille toute
la nuit   le soleil le fond
en un court clin d'oeil

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Philippe CAQUANT    

Né à Mulhouse en 1955, Philippe Caquant a voyagé un peu partout en Europe, également en Afrique, Israël, Afghanistan... Ayant constaté que le Coca-Cola avait partout le même goût, a fini par se faire informaticien en région parisienne. Amoureux de la langue, de toutes les langues, sauf de la langue de bois. Son personnage fétiche: Alceste. Ses auteurs de prédilection: Alexandre Vialatte, San-Antonio, Apollinaire, Michaux et les poètes japonais. Rédacteur en chef de la revue Europoésie. Lit beaucoup, écrit peu et publie moins encore. A publié Classé sans suite (Europoésie/Éditions En Marge, 1996), ainsi que trois mini-recueils de haïkus: Petites fumées, Mouches violettes et Guerriers assoupis (1996).



Les tulipes closes
inclinent leurs lances mauves
guerriers assoupis


Petites fumées
grelottantes sur les toits
dans l'aube glacée


Voyageur, tu entres
au royaume du brouillard
et des apparences


Trop vite grandi
le brin d'herbe impétueux
s'est brisé en deux


Regardant le ciel
livre clos sur les genoux
fin d'un long dimanche


Traversant le rêve
du vieux cerisier en fleur
passe un chat tout blanc


Quatre ballons jaunes
leurs destins entortillés
voguent vers le sud


Chuinte la pluie
sur les rails et les feuillages
fuyants souvenirs


Vivants, regardez!
N'est-ce pas que mon tombeau
les dépasse tous?


Pas trop mal, ma foi
ma tête sur ces photos
d'il y a vingt ans

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Thierry CAZALS     thc@o-oo.com

Né le 11 décembre 1962, dans le sud de la France. Après un doctorat de sociologie (sur la science-fiction) et un détour par le cinéma, il se consacre exclusivement à l'écriture, privilégiant les formes brèves : haïkus, contes, aphorismes, histoires pour enfants, poésie. Il a publié une dizaine de livres, dont : Le rire des lucioles et Quoi de neuf aujourd'hui ? (Opale éditions), Le petit cul tout blanc du lièvre, L'enfant qui avait peur du silence et Mon ami Merlin (éditions Motus), Le val aventureux - Chevaliers, troubadours et cathares en terre d'Oc (éditions E&C), Olga et les Masques (éditions Sarbacane), Monsieur Truc (éditions La Renarde Rouge). Il a écrit plusieurs essais sur le haïku, dont Le vide dans le cercle de la corde à sauter (revue L'Infini, n° 81, éditions Gallimard) et L'arc-en-ciel sur la balançoire (sur la poétesse japonaise Niji Fuyuno). Il anime des ateliers d'écriture sur le haïku dans les écoles et les bibliothèques.
Thierry Cazals : 12, Boulevard de Strasbourg - 75010 Paris - France.
Site personnel : www.thierrycazals.fr



La petite fille
Enterre l'oiseau mort
Puis rentre chez elle à cloche-pied


Suspendue à la baraque du pêcheur
La mâchoire de requin
Happe le vent frais


Nuages de toutes tailles
Insectes de toutes tailles
Solitude


Vache
Sur un tas de fumier
Ses cils plus longs que les miens


Ceux d'ici me regardent passer
Comme un marchand de navets
Dépourvu de navet


À deux pas du village
Cet arbre donne ses fruits
Ignorant tout de nos coutumes


Nuit d'été
Un homme regarde sa maison brûler
Il n'a pu sauver que la porte


L'araignée morte
Sa toile continue d'attraper
Les insectes


Absence de chemin
Le chat lève haut ses pattes
Dans la neige


Naître
Mourir
Y a-t-il une troisième chose à faire?

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Henri CHEVIGNARD    

Né en 1964, peu après le solstice d'été. Rares publications sur les sites dédiés au haïku, aucune sur papier, mais y travaille. Parisien, installé depuis peu en Sarthe, ce qui change beaucoup le regard, et donc la production de haïkus. Fier d'avoir participé au démarrage de l'Association Française de Haïku, et de sa revue Gong.



Le noisetier
désormais bien feuillu
Le vent peut souffler


Feu clignotant
au passage à niveau
Quelques coquelicots


Au jardin
en compagnie de mon ombre
Un mariage, au loin


Le moineau
tout au bout de ma bêche
Pas un souffle


Midi
Tintamarre des bourdons
sur les campanules


Papillon de nuit
sur les veines du parquet
Soleil d'août


Brume d'automne
La rangée des peupliers
borde le néant


Cent fois
piétiner le paillasson
Crachin d'automne


Autour de Noël
le rythme lent des repas
Nappes blanches


Sortie de l'hiver
Le balai du cantonnier
frotte l'asphalte

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Dominique CHIPOT     dominique.chipot@wanadoo.fr

Après paroles d'épouvantail (Les Adex, 2002), puis trios (Les Adex, 2003), Dominique Chipot a réalisé son premier recueil de photo-haïku lever de rideau (2004), catalogue de son exposition de photo-haïku qu'il prête volontiers aux enseignants ou à l'occasion de rassemblements sur le haïku. En 2002, il a fondé le premier site de photo-haïku francophone (Photo Haiku Francophone) sur lequel chacun peut apporter des photos, des haïkus ou des photos-haïkus. Depuis septembre 2003, il anime la première revue francophone de haïku, gong, éditée par l'Association française de haïku qu'il a fondée avec Daniel Py et Henri Chevignard, laquelle publie également des recueils et des livres. En septembre 2004, il a organisé, à Nancy, le premier festival francophone de haïku. Enfin, sur son site perso Le temps d'un instant, se trouvent ses haïkus, ainsi qu'une base de plus de 100 livres consacrés au haïku.



carte postale -
le ciel bleu
gris à la fenêtre


vent
d'une pierre à l'autre
poussières


soir de carnaval
des confettis
jusque dans le lit


l'hiver approche
ne plus pouvoir distinguer
les branches mortes


vaste paysage -
il a oublié les pylônes
sur son aquarelle


roulant vers l'ouest
la lune sur l'horizon
un peu plus longtemps


ton numéro
que j'efface du portable
en mémoire


tempête d'automne
un chapeau
suivi d'un homme


l'automne déjà
sur l'étal du brocanteur
de vieux souvenirs


insomnie -
ta nuisette trop courte
tout un rêve

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CLOD'ARIA

Clod'Aria est née à Paris en 1916. Vit à L'Orbrie, en Vendée. Enseignante pendant 25 ans, elle s'est consacrée ensuite à la poésie. Parmi une trentaine d'ouvrages, mentionnons les plus récents: L'ombre tourne (Le Dé Bleu, 1989), Bonsaï (Traces, 1990), Micro-climat (Écho Optique, 1992), Ciel de traîne (Soc et Foc, 1993), L'enfance inépuisable (Traces, 1994), Solo pour un petit Prince (Éditions en Forêt, 1995), Le coeur s'obstine (Écho Optique, 1997), Mon chat, son chien et le cochon du voisin (Le Dé Bleu, 1998), Mes mots vous regardent (Soc et Foc, 1999), ainsi que le récit de son enfance L'art de rater (Littera, 1996) et l'essai Que devient la poésie? (Pays d'Herbes, 1998).



Le vent remuait encore
les plumes de l'oiseau
mais l'oiseau était mort


Elle bêche
ses chats en sphinx
autour d'elle


Dans ma tête l'enfance
bouche ouverte
comme un cri


Oeuvre
bateau de papier
sur mer d'éternité


Des mots des mots
et avec ça
faire du silence


J'ai vieilli
mon style a changé
mes amis aussi


Poèmes
autant de tentatives
d'être heureux


Un haïku
bien rond
comme une larme


Silence blanc
la mouche bleue
respire


La pluie a volé
le parfum des lias
lune rousse

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Pierre COURTAUD

Né en 1951, Pierre Courtaud, fondateur et animateur de la collection «La Main Courante», vit et écrit à La Souterraine, Creuse. Ses ouvrages les plus récents: La Machine Proust (Aiou, 1996), Onze Preuves d'Amour (illustrations de Jean-Marc Scanreigh; Olivier & Laurent Monceaux, 1996), Couloir (MEM/Arte facts, 1996), La Creuse est partout autour de nous (illustrations de Jean-Marc Scanreigh; Thomas Anshelm, 1996), Souvenirs d'enfrance (avec Jacques Barry, illustrateur; Jean-Pierre Huguet, 1996), Lilas (La Main Courante, 1997), A... ou la traduction continue (La Main Courante, 1998) et Chine (Æncrages and Co, 1998). Nombreux textes en revues et anthologies. Des extraits de Herbier de sagesse:



les branches nues
et ce tapis de feuilles rouges
parlent d'un autre monde


tant de beauté
un frôlement de feuille rouge
fraîcheur du soir


dans un profond silence
la seconde feuille
hésite encore


sur l'herbe mouillée
sans troubler le chant des grues
tombe une feuille rouge


par deux ou trois
dans les six directions elles volent
feuilles sans poids


du jeune moine la tristesse
du maître le chef-d'oeuvre
feuilles éparpillées


à la cloche du matin
combien de feuilles as-tu encore perdues
cerisier dans la brume


une feuille tombe
et la pleine lune
s'agrandit


quelle vanité
dispersant les feuilles
de ne penser qu'à soi-même


après le coup de vent
pourquoi es-tu si calme
cerisier sans âge

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DAGADÈS

Dagadès, pseudonyme de Roland Guyot, est né en 1933 dans un village de la Sarthe où il a passé son enfance. Il est décédé au Mans. Il est l'auteur d'une trentaine de recueils dont: D'autres encore (le dé bleu, 1976), Dans cette nuit (Traces, 1978), Morceaux (le dé bleu, 1980), Sous un ciel de marbre (L.O. Four, 1983), Toi aussi la lumière (Le pré de l'âge, 1984), Aujourd'hui dimanche (Le pré de l'âge, 1986), Ainsi (Le pré de l'âge, 1987), Croquis (Le Pavé, 1987), Jeux (Le Pavé, 1987), Semis (Le Pavé, 1988), Femmes (Le Pavé, 1988), Jardins (Le Pavé, 1990), Miettes (Corps Puce, 1992), Écrans (Traces, 1994), Ouverts (Encres vives, 1994), Lieux mêlés (Encres vives, 1995), De terre et de chair ((Encres vives, 1998), Tout ce qui résiste (Le dé bleu, 1998). En préparation: Simples.



Assis
sous les arbres

mains
croisées

enserrant
leurs genoux.



          *


Derrière
les volets

une femme
inclinée

essorant
ses cheveux.



          *


Femme assise
lisant

l'index
sur la tempe

un pied nu
lissant l'herbe.



          *


Le réveil
qu'on remonte

poussière
sur la lampe

les souliers
sous le lit.



          *


L'hiver
au jardin

la bêche
qui rouille

parmi
les mottes blanches.



          *


Pas pesants
le troupeau

chien
langue pendante

et puis l'homme
tout voûté.



          *


Poussières
qui flottent

une femme
ses doigts

dans les fleurs
qui flambent.



          *


Sous
son parapluie

la vieille
tout en noir

toits d'ardoises
qui luisent.



          *


Toc
sur les vitres

comme
elles se cognent

les
mouches.



          *


Tombe
vole la neige

sur
la route blanche

rien
qu'un homme.

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Robert DAVEZIES

Robert Davezies est né en 1923 à Saint-Gaudens, Haute-Garonne. Ordonné prêtre du diocèse de Tarbes, le 29 juin 1951, il est, deux ans plus tard, détaché à la Mission de France, et entre au travail dans les laboratoires de physique de l'École normale supérieure à Paris. Il a pris part, notamment, aux actions des Réseaux de soutien au Front de libération nationale algérien, du Mouvement du 3 Novembre - Échanges et dialogue, et du Secours rouge. Il a publié Le Front (Minuit, 1959), Les Abeilles (Minuit, 1963), Les Angolais (Minuit, 1965), La Rue dans l'Église (Épi, 1968), Échanges et dialogue ou la Mort du clerc (L'Harmattan, 1975), La Saint-Jean d'été (Minuit, 1977), Camoin ou le voyage d'hiver (Minuit, 1978), Clairières: lettre à Yves Burdelot sur la Reine de carreau (L'Âge d'Homme, 1996). On retrouve de ses haïkus dans L'eau et le vin (Maspero, 1981), Véroniques (L'Âge d'Homme, 1991) et La Reine de carreau (L'Âge d'Homme, 1993).



Cris de martinets
qui font des entailles
dans un matin de juillet.


Cheminant au bord du ciel
sur sa bicyclette
le facteur rural.


Poussant à la roue
dans la vieille côte,
l'oncle et le neveu.


Il tonne. Un navet
dans la main, une servante
fait le signe de la croix.


La mer retirée,
la lune est entrée
dans les flaques d'eau.


Dans les jupes de l'aurore,
l'enfant de choeur court
vers le clocher de l'église.


Un moineau s'envole
d'une poche du manteau
de l'épouvantail.


Cueillant des fraises des bois,
mademoiselle Lacombe
les complimente à mi-voix.


Sous la lampe, à pas comptés,
sur votre poème
a passé une fourmi.


Dans les lointains chante
le coucou. Les enfants jouent
à cache-cache à la cave.

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Jean Marc DEMABRE

Jean Marc Demabre vit à Nyons dans le sud de la France. La luminosité du ciel s'y marie avec un paysage de petites montagnes. Il a publié, en collaboration avec Patrick Blanche et Bruno Hulin, deux amis de l'École du Crapaud, le recueil de haïkus Un caillou dans l'herbe (1991). Ses haïkus ont été publiés dans plusieurs revues et livres collectifs. Il pratique l'art du haïku et de la peinture à l'encre de Chine depuis plus de vingt ans.




Les arbres gris
dans le brouillard
ne refusent pas le froid


Canicule...
La petite fontaine sous la mousse
se cache   et transpire


Première pluie d'automne...
Cette odeur dans la poussière
comme un souvenir


Un grand mystère:
essuyant la vaisselle
le soir tombe


Juste un sac
et la lune...
Et de folles branches à l'arbre


La colline grimpée
pas d'ermite chez l'ermite...
Mésanges et souris


Ils ne disent mot...
Parfois d'une branche de pin
tombe un peu de neige


Au soleil somnolant
des croassements
passent dans le vent


C'est si simple
la pluie tombe doucement
le thé que l'on boit


Un nuage voyage
sur le capot rutilant
de l'automobile

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Jacques FERLAY

Jacques Ferlay, né à Paris en 1929, vit en Provence depuis une trentaine d'années. Formé très jeune à un métier manuel, mais dévoré depuis l'enfance par un besoin, toujours inassouvi, de lire, il acquiert une solide culture et accède à une formation universitaire. Devenu psychologue du travail, il fut aussi chargé d'enseignement à l'Université d'Aix-en-Provence. Il a publié ses premiers poèmes dès l'âge de 17 ans et, en dépit de ses obligations familiales et professionnelles, il est demeuré fidèle à l'écriture (poèmes, nouvelles, récits et essais). On compte notamment les recueils de haïkus: Équinoxes I(L'Amourier, 1996), Équinoxes II (L'Amourier, 1996) et Équinoxes & Solstices (L'Amourier, 1998). Parmi ses plus récentes publications, mentionnons les essais: Brindeau, un prince en Avignon (Clapàs, 1997), Sadi de Gorter ou l'éloge de la vie (Clapàs, 1998) et Norge ou le sourire d'Icare (Clapàs, 1998); les recueils de poèmes: Vent de feuilles rousses (Les Dits du Pont, 1994), Espagne Phénix (Encres vives, 1995), Automne rouge (Clapàs, 1995), Écrit dans la fourrure de feuilles (Clapàs, 1996), Tout bêtement (Clapàs, 1999); le recueil de nouvelles Destins et ramage (Clapàs, 1995).



Entre tout, j'hésite
toi, bourgeon, tu t'épanouis
Où l'as-tu appris?


Un banc d'anémones
accompagne vers l'école
des rires d'enfants


Sous la chute d'eau
un rocher aussi costaud
qu'un patois parlé


Le ciel est trop haut
Il commence, dit le sage,
au ras de la terre


Tu lisses tes plumes
bambou de jade fluide
Oh! ne t'envole pas


Plaine de colza
page tombée du soleil
Des abeilles ânonnent


Sur le tronc du chêne
troussant le jupon des feuilles
La main du soleil


Vêtu de cascade
je frissonne de lumière
Nu de tout regret


Malgré l'escalier
même si le bois gémit:
l'odeur de la soupe


Arrête et médite
Le chemin dans au soleil
Laisse-toi danser

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Hans-Hubert FORM(M)
       

Hans-Hubert Form(m), pseudonyme de Christophe Manon, est né quelque part le 19 mars 1971. Après quelques errances, il vit et travaille actuellement à Paris. Depuis 1992, il publié des poèmes dans de nombreuses revues (Décharge, Ouste!, Midi, Comme ça et autrement, Pris de peur, Exit, etc.). Il est également l'auteur de deux recueils: ce qui demeure (Comme ça et autrement, 1998) et Les treize empereurs (Les Deux-Siciles, 1998). Un troisième livre est à paraître prochainement aux éditions de l'Atelier de l'agneau. Les cyber-haïku ont uniquement été publiés en revue (Ouste!). L'intention: «Celle d'un hors-la-loi, d'un pilleur de formules toutes faites. Sentinelle corrigeant, humanisant un monde pseudo-virtuel télégouverné par une forme abrutie de "novlangue", celle des sirènes chantant la promesse envoûtante d'un futur anesthésié et stérile. C'est en s'amusant avec les modes d'emploi de "Big Bill Brother" que Hans-Hubert Form(m) devient sans doute le plus grand "geeks", un "hacker" de la langue informatique.» (Olivier Rachet, Préface).



La route est longue
des boucles simples
aux virgules flottantes.


Évite
les petits
caractères.


Le survol d'une image par la souris
peut déclencher
des événements complexes.


Tu es maintenant
prêt à réaliser
des captures d'écran.


Si le champ est vierge
personne n'est autorisé à exécuter
des agents restrictifs.


Toute erreur de saisie
aboutit
à une erreur.


Le Presse-papiers
devient
un instrument de torture.


Change de police
pour réduire
la taille des caractères.


Va
jusqu'à la fin
de la ligne de temps.


L'anneau virtuel
provoque
une tempête de paquets.

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Georges FRIEDENKRAFT

Né le 27 mars 1945 à Libourne, Georges C. Friedenkraft est poète d'une nature changeante souvent incarnée par la fée Mélusine. Son mariage avec la journaliste de Malaisie Wan Hua Goh a donné à sa poésie des accents plus asiatiques. C'est dans ce cadre qu'il a publié de très nombreux haïkus. Père de quatre enfants, Georges C. Friedenkraft est, de profession, chercheur scientifique. Principaux recueils de poèmes: Mélusine ou ta saveur et ma lutte (Éditions de l'Olivier, 1971), La saison avec Miralna (poèmes en quatre actes, illustrations de Denise Majorosi; Éditions Poésie Vivante, 1972), Un deux, trois, nous n'irons au bois (poème bilingue français/anglais, illustrations de Wan Hua Goh-Chapouthier; Éditions Poésie vivante, 1977), Pour toi l'inconnue, pour toi l'étrangère (haïkus; Éditions du Charbon Blanc, 1988), La loi du lérot (haïkus; Éditions du Charbon Blanc, 1988), Prélude à la vie/Prelude to Life (haïkus, Éditions Peccadilles, 1997) et Monostiches pour l'Asie en rêve/Monostiches on an Asian Dream World (haïkus, Éditions Peccadilles, 1999).



D'avoir déchiffré
la symbolique des fleurs
j'ai perdu ma route


Je m'inclinerai
devant les ruses du vent
mais non sous le joug


La braise grimace
nous irons ravir les mûres
aux rouges limaces


Si la pluie le pousse
l'escargot grimpe à son pas
la fourche du buis


Ton regard m'a plu
ton rire fond dans ma bouche
entre miel et mot


D'aucunes trop vertes
il en est de farineuses
telle femmes: pommes


Visages d'Asie
aux pommettes comestibles
lisses comme un lac


En quatre saisons
les chatons se font châtaignes:
pauvre floraison!


Pourquoi d'être saule
pleurerais-je: le chat miaule
aux rides de l'eau


Tu allais volage
j'avais l'humeur vagabonde:
nous voilà plantés!

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Yves GERBAL

> Yves Gerbal est né à Marseille en 1959. Il est enseignant, journaliste culturel et critique d'art. Il est chargé actuellement de plusieurs chroniques dans un quotidien et des revues, en particulier concernant les arts visuels. Il a publié des poèmes et de nombreux textes sur l'art. En 1989, il a fondé le tract littéraire Sémaphore (40 numéros). Il anime des «cafés philos» et divers forums. Il a publié les recueils Haïkus de Provence (Autres Temps/Fondation Regards de Provence, 1999) et Haïkus de Provence: autres saisons (Autres Temps/Fondation Regards de Provence, 2001). Le site Web, qu'il a créé et dirige, est un outil de promotion du haïku contemporain en général et du haïku de Provence en particulier.



La Sainte-Victoire
Ressemble
Au Fuji-Yama


Le ciel
Monochrome
Bleu


Le lézard est passé
Sur le mur
De l'ombre à la lumière


Qui la fait rire
La fille au téléphone
Un si beau cul!


Au milieu des vignes
Une cabane en pierres
Vide


Sous les platanes
Un autre monde
L'ombre


Vague à l'âme
Je noie mon chagrin
Dans l'huile d'olive


Il soulève toutes les jupes
Le mistral
Est un aveugle farceur


Pendant l'amour
Le chant des cigales
Et après aussi


Sur ce caillou
Combien de fois ai-je posé
Le pied

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Bruno HULIN

Né en 1960 dans le nord de la France, Bruno Hulin découvre le haïku par hasard chez un ami en 1980, plus particulièrement dans un choix de haïkus tirés d'un volume de R. H. Blyth. Depuis, il compose des tercets au gré de ses promenades dans le plat pays nordique ou dans les collines provençales. Avec deux amis haïkistes, il fonde une discrète École du crapaud en 1987; en 1991, ils publient le recueil collectif Un caillou dans l'herbe (Éditions de la Voie/x du Crapaud). En 1996, il édite seul un choix de ses haïkus dans le recueil Les Bas-côtés de la Sente, préfacé par Patrick Blanche, aux mêmes éditions. Plusieurs fois primé dans des concours internationaux au Japon, Bruno Hulin remporte le premier prix du concours régional organisé par l'Université de Provence sous la présidence d'André Delteil. Ses haïkus ont paru dans diverses anthologies, dont Duizend Kolibries (Mille colibris; Sintjoris, 1994) et Haiku World (Kodansha, 1996).



Fonte des neiges
Le vieil épouvantail
a les pieds dans l'eau


Sans fierté aucune
Dans un poulailler boueux
Un corbeau picore


Fantômes sous la lune
les artichauts du jardin
enveloppés de plastique


Un vieil homme étale
au bout d'un jardin de brumes
les cendres de son poêle


Heures accablantes
rythmées par les coups de queue
de la vache sous l'arbre


Hiver, terre gelée
La poule hésite à
poser l'autre patte


Sorti du fossé
le crapaud fait un bond
pour happer l'univers


Soir bleuté
Au cri du corbeau frémit
le peuplier


Le caneton est mort
Les gosses au bout du jardin
dignement l'enterrent


Nuit de brume
Pour quelques vagues étoiles
un rossignol palabre

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Alain KERVERN

Est né à Saïgon en 1945. Diplômé de l'École Nationale des Langues Orientales Vivantes de Paris, il revient définitivement en Bretagne en 1973 où il enseigne le japonais, entre autres activités. Découvre fortuitement l'almanach poétique Saïjiki, un trésor de la sensibilité poétique japonaise inconnu en Occident, qui lui inspire un essai sur la permanence du haïku intitulé Malgré le givre (Folle Avoine, 1987), et dont il fait une adaptation en français sous le titre général Le Grand Almanach poétique japonais: Matin de neige (livre I; Folle Avoine, 1988), Le Réveil de la loutre (livre II; Folle Avoine, 1990), La Tisserande et le bouvier (livre III; Folle Avoine, 1992), À l'ouest blanchit la lune (livre IV; Folle Avoine, 1992) et Le Vent du nord (livre V; Folle Avoine, 1994). Avec Makoto Kemmoku, il a traduit plusieurs poètes des traditions classique et moderne du haïku (Anthologie japonaise du haïku contemporain, 1990); certains sont dans la section Japon de ce site. A également publié Bashô et le haïku (Bertrand-Lacoste, 1995). Tente d'acclimater les techniques du haïku (et du renku) à la sensibilité bretonne avec la publication des Portes du monde (Folle Avoine, 1992) et du Livre des âmes abandonnées (Folle Avoine, 1997), en collaboration avec le peintre Yasse Tabuchi.



Plastiques et vieux bidons
La mer
Clochardisée


Des matins de pollen
Sans toi
Dans les yeux de la guêpe


Lovée
Dans le coeur des rameurs
La force du courant


Sept guetteurs de pierre
Trois messies boiteux
Une alouette


Les récifs
Affûtent la nuit
Qui fait parler les morts


Nous habitons
Un silence
Où trébuche la mer


Dans les algues et la morve
Captifs au fond d'un sac
Les astres carnivores


D'un calvaire à l'autre
Haute tension
En réseau


Tempête
Répandues sur la plage
Les entrailles de l'hiver


Forceps marin
L'horizon saigne
Levant

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Marylène LALLEMAND     leonicat@club-internet.fr

«Née le 29 août 1969 à Marseille. Y vit. Aime sa fille (et tout ce que fait sa fille), son mari (et à peu près tout ce que fait son mari), Jean Cocteau (et une bonne partie de ce qu'a fait Jean Cocteau). Aime aussi le haïku et le renku (extraordinaires modes de communication...), le chocolat (aïe aïe aïe), Marseille (magnifique) en particulier et la Provence (magnifique aussi) en général. Et puis aime encore les vieilles maisons (un peu délabrées de préférence), les livres (délabrés aussi), les boîtes à lettres (qui débordent de lettres), Internet (génial ça...). Ainsi que l'Égypte ancienne (fascination), la mer (elle sent si bon), l'Écosse (sauvage et pleine de manoirs), les légendes et contes du monde entier (pour rêver aux autres). Et puis lire, écrire, flâner, rêver...» Voir Chez Marylène.



Au coin de mes yeux
mes sourires par contre
ne s'effacent plus


Regard sur elle
son visage de bébé
parfois se superpose


Marseille minuit
les bateaux dans le port
saluent le nouvel an


un matin d'hiver
le souffle gelé du chat
blanc sur le poil noir


«je l'ai déjà fait!»
réponse ensommeillée à:
«on va à l'école!»


le morceau de quartz
que je balade avec moi:
des millions d'années?


la fin de la sieste
ce sont ses pieds nus qui claquent
sur les malons froids


joyeuse elle accourt
les deux chats s'éparpillent
comme des moineaux


Marseille d'or
reflets sur les vitres
au soleil couchant


petits bruits la nuit
le chat noir surgit du fond
de la vieille armoire

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Michel-François LAVAUR

Michel-François Lavaur est né en 1935 dans la poste de Saint-Martin-la- Méanne. Instituteur, directeur de l'école du Pallet. Facteur (fondateur, éditeur, directeur, rédacteur, imprimeur) de Traces, revue et éditions depuis 1960: 125 numéros et plus de 250 recueils. Auteur d'une trentaine de titres, en français et en occitan, et de dessins. A publié aux éditions Traces: Masque et miroir (1964), Catelin chante Lavaur (disque; 1968), Argos I (1969), Petite geste pour un homme nu (1971), Aubiat (1984), Quand l'isabelle encense (1988). Et chez d'autres éditeurs: Argos II (Plein chant, 1973), Argos VI (Le Pavé, 1984), Je de mots (le dé bleu, 1978), Ce cheveu d'ange (Littéra, 1991), L'O de Giotto (À chemise ouverte, 1994) et Mille poètes, mille poèmes brefs (L'arbre à paroles, 1997).



Le héros est mort
à la première ligne
du roman que je voulais écrire.


Nymphe innocente et nue
comme une corde à linge
sans chemise.


Une tranche de seigle
frottée d'ail et de lard
me fut une joie simple.


Ton sein gauche sommeille
lui aussi
dans ma main droite.


N'écris jamais «brouette»
au milieu d'un poème
sans l'avoir roulée pleine.


Les poteaux escaladent la pente.
Sur les fils les nouvelles
montent plus vite que mes yeux.


Dans une tasse de tisane
je bois aussi le pays même
où j'ai cueilli mes simples.


J'ai dit cinquante
ans c'est peut-être
le temps du haïku.


Les moutons dans la neige
broutent la vie sauvage
à même le brouillard.


La fille qui traverse
ne te regarde pas
mais elle sait que tu la déshabilles.

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Seegan MABESOONE     mabesoon@avis.ne.jp

Seegan Mabesoone, nom de plume de Laurent Mabesoone. Français, né en 1968 d'un père flamand et d'une mère sicilienne pied-noir. Maîtrise de Lettres et Civilisation Japonaises, Université Paris VII, 1991. Habite Nagano. Poursuit actuellement un troisième cycle à l'Université Waseda, Tôkyô (prose et haïku chez Issa Kobayashi). Écrit des haïkus et des nouvelles, exclusivement en japonais depuis 1995. Jury régulier du World Children Haiku Contest organisé par la Japan Airlines, depuis 1996. Depuis 1996, Seegan publie haïkus, nouvelles et essais dans la revue mensuelle Hakuen. Depuis 1998, il participe aussi à la revue bi-mensuelle Haïku International. Responsable et initiateur du programme «Nagano 1998: un haïku pour les Jeux Olympiques». Traducteur d'un saïjiki («Ephéméride poétique») à l'intention des poètes composant des haïkus en langue française, publié sur Internet; l'intégralité de ce saijiki, l'essentiel de son oeuvre et plusieurs présentations de ses projets sont disponibles sur Le Saïjiki en français. Le rêve de Seegan: que de nombreux étrangers essaient, comme lui, d'écrire des haïkus en japonais.



Yukige gawa Ishi sore zore ni Uta ga aru
La fonte des neiges:
Chaque pierre du torrent
Chante à sa façon!



Haru no hiru Uma wa popura no Kage wo kuhu
Un après-midi
De printemps... Les chevaux broutent
L'ombre des grands arbres.



Haka areba Oku ni mura ari Haru no tabi
Chaque cimetière
Cache un village paisible...
Voyage au printemps.



Chichi no ki no Hamaki ippon Yû nagashi
Long soir de printemps
En fumant un long cigare...
Le deuil de mon père.



Haru arashi Ikoku ni mukahu Nijû kyû
En terre étrangère,
Aujourd'hui, j'ai vingt neuf ans;
Tempête au printemps!



Shanpan no Awa no iro shite Natsu no tsuki
À travers la coupe
De champagne, entre les bulles,
La lune d'été!



Asa suzushi Rôsoku tomosu Maria zô
Sous le feu des cierges,
Une vierge immaculée;
Fraîcheur du matin.



Hatsu shigure Kurumi no kara ni Tamari keri
Dans une coquille
De noix, il reste un peu de
La première averse!



Jari michi no Ishi mina hikaru Seiya kana
Lune de la Toussaint;
Les graviers des tombes brillent
Comme des diamants.



Kuchi ni mada Kimi no kuchibeni Yuki no asa
Sur ma bouche, il reste
Un peu de ton rouge à lèvres;
Un matin de neige.



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Brigitte MARMOL

Brigitte Marmol est née en 1962 à Montpellier où elle vit actuellement, après dix-huit années passées dans l'arrière-pays héraultais dont les huit dernières - au pied du grandiose plateau du Larzac - ont nourri poésie et calligraphie. Professionnellement formatrice en communication, elle anime depuis sept ans, hors structures surtout, des ateliers d'écriture pour adultes et, depuis 1996, des ateliers d'initiation à la calligraphie, tous publics, au cours de formations, manifestations publiques, journées du Livre, etc. A participé à divers livres d'artistes en tant que poète ou calligraphe, organisé des lectures publiques, exposé ses premières calligraphies en 1996 en galerie privée. A écrit deux recueils non édités à ce jour: Fulgurances (poèmes très courts) et Zéolithe (prose et poèmes).



Marécage d'amour
l'empreinte luit
l'homme est passé


La pierre pêche le vent
nul appât
nulle prise


Celui qui divise
n'est pas là
- il viendra -


La silence a faim
il trouble
l'inquiétude


L'éternité
corps épais dans l'homme
laboure du plomb


Comment dire non
au vent
qui forcit?


Ma contradiction?
le flux
né du refus


Un bourdon se noie dans l'air
l'œil de cuir
éclate sous la table


La mouche boit
sang qui lui plaît
toute l'eau du visage


Pluie de pommes
sur la Terre si petite
- mes pas -

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Jean-Pierre POUPAS

«Jean-Pierre Poupas, instituteur retraité. Ses aphorismes, à la fois tendres et décapants, se lisent, pour l'essentiel, aux Éditions Traces. Par ailleurs, sculpteur cherchant l'émotion dans l'abstrait et l'abstrait dans le quotidien.» ( Roland Counard, Ces gens-là). Depuis l'âge de raison, il essaie de prendre chaque moment avec le minimum de hâte, avec le maximum d'intensité. C'est ainsi qu'il devint humoureux des textes brefs en général et des haïkus en particulier. Né en 1939, mort en 2019. Vit à Vaux-sur-Seine. Il a publié: Journal de brouillon (Saint-Germain-des-Prés, 1982), Attention écoles (autoédition, 1987; Ces gens-là, 1998), Escales (Traces, 1992), Tous contes faits (Traces, 1995), Brocantes (Traces, 1997), Ce n'est qu'un je (Traces, 1997), Auto-stop (autoédition, 1998), Elle (S.U.E.L., 1998), Parurent (autoédition, 1998) et Ma tasse de thé (haïkus monostiques; Traces, 1998).



Beaucoup d'or ce soir
Dans la batée du ciel
Et ma voix qui rouille


La fillette jambes ballantes
Assise sur le trot d'un mule
Sa jupe jaune papillon


Pruniers en fruits
Sur le chemin de l'école
Haleines sucrées


La veste tombée
Au pied de la patère
Petit tas chaud de toi


Cimetière pentu de montagne
Un pied glissant dans le trou
Nom de Dieu s'écrie le curé


Rondes des hirondelles
Un avion file au-dessus
À trois millions d'années


Quand je lui donne une bûche
Il fait beau
Le feu


Me parfumant le nombril
Cicatrice d'avec ma mère
Décédée avant-hier


Dans la nuit du jardin
Les vers luisants
Le hérisson les mange


Sur le clair écran
De l'étoffe en contre-jour
Le Mont de Vénus

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Daniel PY     dpy@noos.fr

Né en 1948. Musicien professionnel: hautbois et cor anglais. A publié des poèmes en revues: Caractères, Verso, Triages, Encres Vagabondes, Isis, Comme ça et Autrement, Salmigondis, Traces, Europoésie, etc. en France et, à l'étranger, dans: Ophir (Afrique du Sud), Albatross (Roumanie), Woodpecker (Pays-Bas), Haiku International (Japon). A un projet de publication en Pologne. A auto-édité trois courts recueils (Elles, L'épervier du désir et Les enfants dans leurs voitures conduisent leurs parents au parc). A publié Acte (Millas-Martin 1973), Une suite en Isère (V. Hersault, 1997), Poissons de haïkus - Guerriers de maïs - Éclats de lune (coffret de trois recueils de haïkus en collaboration avec la peintre Joëlle Gits; 1998) et L'amour-l'île (Clapàs, 1999). Les haïkus ci-dessous sont extraits du recueil bilingue français/anglais Haiku 1999-2000 (Clapàs, 2001), illustré par des oeuvres d'Odette Py.



Chaque poème
une fleur qui perce la neige
du papier


Nue
dans la chambre
tu chasses les mouches


Le fauteuil
tout baigné de nuit
tend ses bras au soleil


Sur les pommes du matin
le soleil
vient boire


Lavande noire
et qui ne sent presque plus
dans la main


En haut du paysage
deux vaches consciencieusement
déjeunent


Déjeuner de noix
au petit matin de septembre
dans le chemin


Un train passe
effaçant les gens
du quai d'en face


La tour Eiffel
comme le mont Fuji
vue de tous côtés


Ses seins presque nus
sous sa veste rouge, elle passe
milieu de novembre

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Daniel RICHARD

Né en 1929, Daniel Richard vit à Montrouge. Membre de la British Haiku Society et de la Haiku International Association (Japon), il dirige une rubrique intitulée «Les amis du haïku» dans la revue poétique trimestrielle L'Étrave (Chemin des Fontanilles, 11510 Fitou). Il a publié le recueil de haïkus et de tankas Le Jardin Japonais (La pensée universelle, 1990) et le recueil bilingue de haïkus et de tankas choisis Opening a Fan (Hub Editions, 1997). Il est également membre de la Société des poètes français.



…contemplant la lune
on s'avise par moments
qu'elle a cheminé…


Deux yeux grands ouverts
dans une tête de mort:
l'enfant meurt de faim.


Pour l'heure ce sont
sous le soleil des épis
qu'on moissonnera.


Sous ses cheveux blancs
la vieille dame a des yeux
de petite fille.


L'arène est antique.
La bête est un novillo.
La foule est sans âge.


Silence nocturne.
Un cafard est dans l'évier
tout seul, immobile.


Deux contrevents verts,
pour tamiser la chaleur,
sont à demi clos.


Des racines d'arbre
émergent dans le sentier.
Moi, rien ne me presse…


L'instrument dont joue
le musicien nommé vent
est ma propre face.


«Veni creator…»
Quelle acoustique vous ont
ces voûtes romanes!

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Jean-Claude TOUZEIL

Jean-Claude Touzeil est né en 1946 à Carquebut dans la Manche d'un père normand et d'une mère slovaque. Quand il était petit, il aimait jouer aux billes, aux osselets, et faire de la patinette. «À l'âge de 8 ans, nous dit-il, je sautais les haies et je courais les champs, disant à ma mère que j'allais faire le tour du monde». Voyageur infatigable, il est allé à la rencontre des gens en Asie, en Amérique et en Afrique. Il y a aussi rencontré des arbres, nombreux, dont il a su se faire des amis fidèles. C'est peut-être pour cela qu'il aime le vert. Il en plante régulièrement et les offre à ses amis qu'il adore rencontrer (autour d'une bouteille de bon vin) et qu'il a du mal à quitter. L'un de ses rêves serait de créer un arboretum. Mais il aimerait aussi parler aux écureuils et découvrir une île inconnue. Il déteste en revanche aller au supermarché! Cet amateur d'endives au jambon vit actuellement en Normandie où vous le croiserez peut-être avec sa casquette et son pantalon de velours. Il adore le vélo, aller dans les îles bretonnes. Quand il le peut, il réalise des collages et s'occupe de sa collection de timbres. C'est aussi une façon de voyager. Animateur d'ateliers d'expression poétique en milieu scolaire, il a créé la compagnie de l'Éolienne et le Printemps de Durcet en 1984. Il a le souci constant de rendre vivante la poésie. Il est l'auteur de: Dans la région du coeur (Poésie clandestine), Sortie d'animots (Donner à Voir, 1994), Piste de cirque (L'aventure carto, 1995), Apocryphes (Traces, 1995), Peuples d'arbres (Donner à Voir, 1997 - 3e édition), Haïkus doubles (l'épi de seigle, 1997), Itinerrances bis (Gros Textes, 1997), L' île, elle... (Poésie clandestine, 1998), Est-ce que (Donner à Voir, 1999) et Mine de rien (Clapàs, 1999). Il a aussi publié des poèmes sur différents supports: enveloppes, cartes postales, autocollants, affiches, etc.
Jean-Claude Touzeil: Le Baux - 61100 Durcet - France.




Sous le maquillage
Le clown blanc a le nez rouge
Il boit dans sa loge


La contorsionniste
Connaît chaque position
du Kâma-sûtra


Le soir les menhirs
Se racontent des histoires
À dormir debout


Le bon jardinier
Cultive sa différence
Il reste modeste


Gardien des collines
À la cime du poirier
Corbeau vieux sachem


Les ailes brisées
Une lettre de rupture
Sur papier glacé


Baiser sur la bouche
Dans la salle et sur l'écran
C'est la fin du film


Priez pour ma pomme
Pauvre pêcheur un peu bègue
Et toujours bredouille


Prolo à vélo
Échappé d'une photo
De Robert Doisneau


Dans l'immense plaine
Un bouquet d'arbres en fleurs
Comme un île au loin

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Olivier WALTER

«Je suis âgé de 35 ans. Après un passage en lettres, tourisme et psychologie transpersonnelle, j'ai exercé dans le tourisme, le journalisme. Actuellement, thérapeute. Passionné par l'expérience d'expansion de conscience: art, écriture, dessin. Publié trois livres de poésie; le dernier: Une Arche sur l'Immortel (La Bartavelle), un prochain va éclore: Sous l'écorce des mots. J'intitule mes dessins lors d'expositions: Portraits d'âme. Profondément épris de l'Asie (pensée, art) et d'une bonne partie de l'Occident. Je suis d'origine indienne (de par mon père). Intensément amoureux de la Nature et des cinq éléments. Vif intérêt pour l'astrologie humaniste, le taï-chi, les voyages. Autant touché par l'Invisible que par le monde sensible. Vis actuellement à Paris après avoir vécu une dizaine d'années dans l'Océan Indien (Réunion, Maurice)».
Olivier Walter: 7 rue de Reims - 75013 Paris - France.     (01 45 70 81 35)



          fraîcheur du soir -
une feuille d'automne
          nage vers la rive


          le rhododendron
fleurit
          la neige encore au sol


          sous la neige
les sillons des champs
          dévoilent leur profondeur


          vol de l'aigle -
de son passage
          nulle trace


          sur ma main de mortel
se pose
          un papillon


          la rue -
mes yeux tombent sur la lune
          d'un vieux cadran solaire


          dans le train
un contrôleur
          - ciel immense


          sentier d'été -
la vipère et mes pieds
          chacun leur chemin!


          soleil couchant
des enfants
          courent derrière un train


          grillons dans la nuit
chant des étoiles
          qui monte de la terre

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