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Seiho Awano, de son vrai nom Toshio Hashimoto, est né en 1899 à Takatori, dans la province de Nara. Il a commencé à s'intéresser au haïku en 1915. En 1917, il a rencontré Kyoshi Takahama (1874-1959), héritier de Shiki Masaoka, et il est devenu l'un de ses élèves. En 1923, il s'est installé à Osaka. En 1929, il a fondé l'école Katsuragi et une revue mensuelle de haïkus du même nom qu'il a dirigée jusqu'en 1989, année où il l'a transmise à Toge Morita. Il s'est converti au catholicisme en 1947. De 1969 à 1988, il a beaucoup voyagé et visité plusieurs pays d'Asie et d'Europe. Il est mort le 22 décembre 1992. Il a publié les recueils de haïkus: Manryo (Les Grains d'ardisia; Seiho kushu kanko kai, 1931), Kunihara (Le Territoire national; Tenri Jiho Sha, 1942), Haru no tobi (Le Milan du printemps; Shorin Shin-Kocho, 1952), Momiji no ga (La Fête des feuilles rouges; Katsuragi Hakko-jo, 1962), Koshien (Koshien; Kadokawa Shoten, 1972), Ryojin o harau (Enlever la poussière du voyage sur le vêtement; Tokyo Bijutsu, 1977), Fushoshin (Impossible de fixer une épingle: être chauve; Kadokawa Shoten, 1980), Anata konata (Au-delà et ici; Hakuya Shobo, 1983), Joya (La Veille du jour de l'an; Hakuya Shobo, 1986), Seiko (Le Lac Seiko; Hakuya Shobo, 1991) et Uchu (L'Univers; Hakuya Shobo, 1993), ainsi que les recueils en prose: Haiku no kokoro (Le Coeur du haïku; Kadokawa Shoten, 1975) et Shizen fu (La Musique de la nature; Hakuya Shobo, 1984). En 1993, Memugi Fukushima et Alain Kervern faisaient paraître La Pluie, celle d'une histoire ancienne, recueil bilingue d'une centaine des haïkus de Seiho Awano composés entre 1986 et 1990.|
kangarasu ware ni kikaseshi ese jingo seppen wa tengankyô no tsuyu to naru chôki tare nobiru hiashi no ari nagara kagerô o nameyuku ushi no kagebôshi haru oshimu kokoro hisureba oini keri kakkô ni kotaezu tetsu no kazamidori ichinin wa sekkyaku narishi tozantai kami arau sunawachi kokoro araitaku hisho buryô koko ni aru no wa seisho nomi seku hito no hatamata shutô tochiri keri |
Un corbeau dans la bise M'a raconté Des balivernes Flocon tombé Sur ma loupe: Goutte de rosée Drapeau en berne Quand rallongent Les jours Vapeurs de printemps Un boeuf qui passe lèche le sol Silhouette En secret Le printemps me manque Je vieillis Au coucou Elle ne répond rien La girouette en fer Il y en a un Qui n'a plus qu'une jambe Dans le groupe d'alpinistes Je me lave les cheveux C'est-à-dire Que je me lave l'âme L'estivant que je suis N'a rien à faire Seule une bible devant moi La toux Le fait trébucher De plus en plus sur le Pater |
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Née à Osaka, Niji Fuyuno, pseudonyme de Junko Yotsuya, a habité plusieurs années à Tokyo où elle est décédée le 11 février 2002. Sa carrière a commencé par la peinture où elle exprimait sa poésie par des lignes et des couleurs dans un espace cadré. Puis, étudiante, elle a été touchée par les poèmes de l'anthologie Shinkokin-Shû (Nouveau recueil de jadis et naguère; 1206) et par les pièces de théâtre de Monzaemon Chikamatsu (1653-1724). Une autre grande source d'inspiration a été La Poétique de l'espace, de Gaston Bachelard, qu'elle a lue en japonais. Les mots lui sont venus comme la lumière: la couleur, la ligne et le mot coulaient ensemble. Elle aime explorer les possibilités du poème à forme fixe comme le haïku et le tanka, ces petits cosmos qui donnent l'éternité magnifique. On retrouve ses poèmes dans la revue Mushimegane (Loupe) qu'elle a fondée avec Ryu Yotsuya en 1987. Elle a publié le recueil de haïkus Yuki Yohô (Prévision de neige; Chuseki-sha, 1988); en 1993, son poème Ashita Risu ni (Demain, à l'écureuil) a été mis en musique par Akihiro Komori. Elle projette de publier un conte illustré pour enfants. Elle a coécrit le renku La Corbeille. Shiro-kujaku asa me ga sameru toki no netsu
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Paon blanc fièvre quand je me réveille au matin |
Ryôte kara hotaru no umi e katamukeru
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Avec mes mains j'inclinais une corbeille aérienne vers la mer des lucioles |
Nigaki ne no hayasa o udegumi shi taru haru
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Le printemps réfléchit les bras croisés sur la vitesse des racines amères |
Ago no umi ittai nan'no futa kashira?
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Mer de poissons volants, qu'est-ce donc que ce couvercle-ci? |
Na ga naku te subesube to suru hanmokku
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N'ayant pas encore de nom donc ce hamac est lisse et glissant |
Minasoko no kusa ni yobare nu haru matsuri
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Je suis appelée par les herbes du fond de l'eau fête printanière |
Shiraume ya toshokan ni kizetsu shite iru
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Ah, fleur blanche de prunier! on s'évanouit dans la bibliothèque |
Ashi no hara manako toji ne ba hibiwareru
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Roselière si je ne fermais pas les yeux j'aurais des fêlures au coeur |
Araumi ya nawatobi no naka garandô
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Mer agitée l'espace dans le cercle de la corde à sauter est entièrement vide |
Awayuki ya hohoeme ba sugu no no usagi
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Neige légère si je souriais je me changerais aussitôt en lapin de garenne |
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Dakotsu Iida est né en 1885 dans le village de Sakaigawa, Yamanashi. En 1905, à Tokyo, il est devenu membre du Waseda ginsha (Club de haïku de Waseda) où il a connu Ippekirô Nakatsuka. En 1909, il a dû renoncer à ses études en littérature anglaise, à Tôkyô, pour retourner dans son village natal et prendre la direction de la ferme familiale. En 1914, il a recommencé à envoyer ses haïkus à la revue Hototogisu (Le coucou); dans la série d'essais Susumu beki haiku no michi (Le chemin propre pour les haïkistes; 1915-1917), Kyoshi Takahama a loué avec enthousiasme ses poèmes. En 1915, il a été membre du jury du concours de la revue Kirara (Mica), titre qui est devenu Unmo, autre mot pour du mica, quand il en est devenu directeur, en 1917. Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux de ses fils sont morts comme soldats; il en a ressenti une grande douleur qu'il a exprimée dans ses haïkus. À sa mort, en 1962, son fils Ryuta lui a succédé à la direction d'Unmo. Il aimait et haïssait son pays à la fois; il admirait cette vie errante qui lui était impossible en tant que chef de ferme et il a métamorphosé son village en une terre mystérieuse où les dieux et les esprits jouent. Il a laissé dix recueils; mentionnons: Sanro shu (Poèmes de l'ermitage; 1932), Reishi (Polypore commun; 1937) et Sekkyo (Vallée recouverte de neige; 1951).
Tsuburanaru na ga me suwa namu tsuyu no aki
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Je sucerai ton beau grand oeil. Automne, saison des rosées. |
Aru yo tsuki ni fuji ogyo no samusa kana
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Une nuit, au clair de la lune L'énorme silhouette du mont Fuji apparaît. Quel froid! |
Shimo toke no sasayaki o kiku satsuo kana
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Le chasseur Tend l'oreille Et écoute les murmures du dégel. |
Yamadera no to ni kumo asobu higan kana
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Devant la porte du temple dans la montagne Les nuages passent en se réjouissant. Équinoxe de printemps. |
Shibyo ete tsume utsukushiki hioke kana
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Atteinte d'une maladie mortelle Elle a de beaux ongles Au-dessus des charbons au coin de la chambre. |
Nakigara ya akikaze kayou hana no ana
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Cadavre. Le vent de l'automne souffle Dans ses narines. |
Shunran no hana torisutsuru kumo no naka
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Je cueille des fleurs d'orchis au printemps Et les jette Dans les nuages. |
Hisho no ko o onami tako yuri ni keri
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Les grosses vagues Ont ébranlé l'estivante Ballottée sur les crêtes. |
Takanishi ni heiba o otosu kodama kana
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L'écho Dans le vent fort du nord-ouest Quand on laisse tomber au fond de la vallée Le corps d'un cheval. |
Yukiyama o haimawari iru kodama kana
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L'écho traîne çà et là Dans la montagne recouverte de neige. |
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Sei Imai est né en 1950 sur la côte de la Mer du Japon et il y a grandi; il habite maintenant à Yokohama. L'obscurité et la violence de cette mer du nord ont exercé une grande influence et ont formé les bases de sa vision du haïku. Il dirige la revue de haïkus Machi (Ville). Il aime Basho, Shuson Kato, Ezra Pound, et William Carlos Williams. Il est aussi scénariste; son scénario du film Asian Blue a été choisi comme l'un des dix meilleurs de l'année 1995 par l'Association des scénaristes japonais. Il a publié le recueil de haïkus Hokugen (L'Extrémité du Nord; Bokuyo-sha, 1984) et une anthologie des 350 meilleurs haïkus sur le voyage (Kagyu-sha, 1988).Himawari o chokusha shi heddo raito kiyu.
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Les phares Éclairant un tournesol Se sont éteints. |
Hiashi nobu tsukue no shita ni nami no oto.
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Le printemps est là. J'entends le bruit des vagues De dessous mon bureau. |
Ko-tokage no matataku kao ya uma no shita.
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Un petit lézard Clignait des yeux Sous le cheval. |
Koware dokei yokotau kanten no sankaku-su.
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Par temps sec Une grosse pendule cassée Dans le delta du fleuve. |
Tokyo no harawata ni tsuki kosoku ro.
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Les autoroutes de Tokyo Ressemblent à des intestins Sous la pleine lune. |
Shimauma no shima no naka yori hatsu-cho ku.
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Un papillon blanc sort D'entre les rayures d'un zèbre. |
Kyujo ni man no kuseki hatsu-tsubame.
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Voici des dizaines de milliers de places vacantes Dans le stade de base-ball. La première hirondelle de l'année. |
Megane oku oto mo kikoe te yama nemuru.
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Je n'ai entendu que le bruit Des lunettes déposées sur le bureau. Montagne couronnée de neige. |
Eiga-kan izuru ya mishira nu tsukiyo ari.
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En sortant du cinéma J'ai fait face à une étrange nuit Sous un clair de lune. |
"Isuraeru" fuyubo-uri ni kuni toe ba.
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À une marchande de chapeaux en plein air J'ai demandé d'où elle venait. Elle a répondu: «Israël». |
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Tae Kakimoto est née en 1928 à Otsu et elle y habite toujours. Elle a grandi dans le grand temple historique Miidera où son père était bonze. Collégienne, sous l'influence des tankas d'Akiko Yosano, elle s'est intéressée à cette forme poétique pendant quatre ans; en 1947, elle a publié ses propres tankas dans la revue Kugo (Harpe chinoise). Elle a aussi été émerveillée par la série de tankas Chibusa soshitsu (Perte de mamelles; 1954) de Fumiko Nakajo, une oeuvre sur l'expérience déchirante du cancer du sein. Puis, pendant plusieurs années, elle a cessé d'écrire pour s'occuper de sa famille. En 1976, elle a participé à l'atelier de haïku parrainé par le magasin Seibu, et elle a commencé à écrire et à publier des haïkus. De 1977 à 1982, elle a été membre de la revue Uzu (Tourbillon) de Toshi Akao. Elle est présentement liée aux groupes Soen (Jardin d'herbes), Byakuen (Hirondelle blanche) et Sai (Rhinocéros). Elle a publié les recueils: Mukoku (Vallée du rêve; Shoshi kisetsu sha, 1984), Chojitsu (Jours de papillon; Fujimi-shobo, 1989), Kaseki (Pierre florale; Shin'ya sosho sha, 1995) et Hakutai (Corps blanc; Kashin-sha, 1998).Yuku natsu no sudare o kakage nani mo mizu
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L'été passe. Je soulève un store Je ne regarde rien. |
Hata akaki Nara no urate o hiru no tsuki
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Un drapeau rouge Dans une ruelle de Nara Et la lune de jour. |
Nadeorosu hobone katashi kiku no naka
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Au milieu des chrysanthèmes Je passe la main sur mes pommettes. Qu'elles sont dures. |
Shitsu kana tashikani aoki negi-batake
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Mal de dents. Évidemment les poireaux sont verts Dans le champ. |
Utsusemi o hiroe ba mizu no kobore keri
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J'ai ramassé la dépouille d'une cigale. De l'eau en est tombée. |
Hasu saku ya mimi boroborono zo to iru
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Les lotus ont fleuri. Je suis à côté d'un éléphant Aux oreilles usées. |
Dorotsuki no ashi no shirosa yo haru no kawa
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Blancheur De pieds maculés de boue. Rivière du printemps. |
Susuki mata fuyuru monuke no e no kakari
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Les graminées se multiplient toujours. Pend la mue d'un serpent. |
Fuyu-cho to i te tsurigane no bido kana
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Un papillon d'hiver près de moi. La grosse cloche du temple Bouge légèrement. |
Ana o horu oto ga tsubaki no ushiro kana
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Bruits du creusage d'une fosse De derrière les camélias. |
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Tota Kaneko est né à Chichibu, Saitama, en 1919 et il habite à Kumagaya. Son père, Isekikou Kaneko, était médecin et poète. Étudiant à l'Université de Tokyo, en 1941, il a fait parvenir des haïkus à la revue Kanrai (Tonnerre d'hiver) du groupe du même nom dont il est toujours membre. En 1962, il a mis sur pied le groupe Kaitei (Trajet de mer) qui est peu à peu devenu un groupe très structuré. Il est présentement président du Gendai haiku kyôkai (Association du haïku contemporain) et responsable d'une chronique sur le haïku dans le journal Asahi. De 1943 à 1974, il a été à l'emploi de la Banque du Japon. Sa carrière littéraire se divise en trois grandes périodes: jusqu'aux années 50, il a été défenseur du haïku d'avant-garde; puis, après des études approfondies du haïku classique, il a animé des débats entre l'avant-gardisme et le conservatisme; influencé par des poètes comme Issa et Santoka, il consacre ses efforts à promouvoir le haïku comme forme de poésie populaire. Il compte une cinquantaine de livres, dont l'anthologie Shounen (Jeunesse; 1955).ginkouinra asa-yori keikou su ika-no gotoku
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dès le matin les employés de banque émettent des fluorescences comme des calmars |
asa hajimaru umi-e tsukkomu kamome-no shi
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le matin commence la mort d'une mouette qui plonge dans l'océan |
ume saite niwajuu-ni aozame-ga kite iru
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prunier en fleur des requins sont venus et ont rempli le jardin |
akebi-no mi karushi tsubute-toshite omoshi
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une akébia si légère mais trop lourde pour être lancée très loin |
koma mawaru aoba-no chijou tsuma-wa umi-ni
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une toupie tourne sur la terre sous un épais feuillage ma femme va bientôt accoucher |
kikansha toubu mazu tsuki ase-no kikanshu tsuku
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le devant de la locomotive à vapeur arrive le premier et après le conducteur en sueur |
sake kuu tabi-e sora-no koumon-to naru yuuhi
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en voyage pour me gaver de saumon, le soleil du soir devient l'anus du ciel |
kiri-ni hakuchou hakuchou-ni kiri-toiu beki-ka
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dans le brouillard un cygne vient peut-être devrais-je dire que le brouillard se jette sur un cygne |
kokyuu-to-wa konna-ni higurashi-o suu koto desu
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respirer c'est aspirer tant de voix claires de cigales du soir |
haruzamu-no rousou chijimiyamanu kana
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froide journée de printemps est-ce que le vieux moine n'arrêtera jamais de rapetisser |
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Shuson Kato (ou SHUSON) est né à Tokyo en 1905 et il y est mort en 1993. Il se met d'abord à l'école du tanka. Puis il apprend les techniques du haïku auprès de Murakami Kijo (1865-1938), le poète des petits et des humbles, et plus tard auprès de Tomoji Nose (1894-1955). Il devient disciple de Shuoshi Mizuhara, et participe à la revue Ashibi (L'arbre d'ivresse aux chevaux). Mais il s'en éloigne pendant la guerre, et lance la revue Kanrai (Froid tonnerre). Il apporte en poésie un son nouveau, rapprochant l'art du haïku de la vie de tous les jours. Avec deux autres poètes, Nakamura Kusatao (1901-1983) et Ishida Hakyo (1913-1969), il crée «l'école humaniste», qui prend en compte, en poésie, les exigences contradictoires de l'être humain, si déroutantes et si incompréhensibles soient-elles. Il publiera plusieurs journaux de voyage, à la suite de nombreuses pérégrinations à travers le monde, mais le premier d'entre eux, Setsugo no ten (Ciel d'après neige, 1943), est une compilation d'oeuvres marquant un changement complet de style poétique, à l'occasion d'un voyage effectué en pays d'Oki et de Sado. Il publiera également, de 1943 à 1948, une série d'études critiques sur l'oeuvre de Basho, dans laquelle il développera les points de vue d'un lecteur assidu des classiques, et d'un compositeur de haïku innovant.Ari korosu ware o sannin no ko ni mirarenu
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J'écrase une fourmi Et c'est moi que mes trois enfants Regardent |
Ko ni kuru mono ware ni mo kozu hatsu-goyomi
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Ce qui va à mes enfants Ne me va plus Nouveau calendrier |
Do samushi dosen kan to narite otsu
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Un temple dans la bise Une pièce tinte Dans un tronc |
Genbaku-zu chu kuchi aku ware mo kuchi aku kan
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Sur ce tableau de bombe atomique Comme moi, les morts ouvrent la bouche J'ai froid |
Fuyu-bo o nugu ya sobotaru yozora
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Que j'ôte mon chapeau Et se déploie la nuit bleue Du ciel d'hiver |
Tsuini senshi ippiki no ari yukedo yukedo
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Dans le feu finira Cette fourmi Qui marche qui marche |
Fuyu-kamome sei ni ie nashi shi ni haka nashi
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Mouettes d'hiver Sans toit pour les vivantes Sans tombe pour les mortes |
Konchu no nemuri shinigao wa kaku aritashi
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Insecte endormi J'aimerais que la mort Ait ce visage |
Zeiri ase shi kyoshi kane nashi waraiau
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Le percepteur en nage L'instituteur sans le sou S'esclaffent ensemble |
Kaze no toko ippon no fuyu-ki me o sarazu
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Malade au lit C'est un arbre d'hiver Qui accroche mon regard |
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Hekigodo Kawahigashi (ou HEKIGODO) est né à Matsuyama en 1873 et il est mort à Tokyo en 1937. Disciple de Shiki Masaoka, il fera évoluer encore la conception qu'avait son maître du haïku nouvelle manière. Dans une étude intitulée Shin keiko ku no kenkyu (Étude sur le haïku nouvelle tendance, 1915), il expose sa théorie du «haïku sans noyau». En 1929, il écrit également une série d'essais intitulée Shinko haïku e no michi (Chemin vers un nouveau haïku). Il réclame pour ce genre de poésie l'abolition des règles qui en font l'originalité: allusion saisonnière, rythme de dix-sept syllabes, même si, dans l'esprit, il s'en tient rigoureusement au «croquis pris sur le vif». Vers 1925, il commence à appeler ses oeuvres des «poèmes courts», comme il aime à désigner le haïku. Ce poème doit être le fruit de stimulations nées de l'émotion du compositeur. Pour que l'authenticité de son expérience poétique soit intacte, elle doit être débarrassée de tout ce qui entrave le haïku traditionnel. Dans ses propres recueils, Sanzenri (Trois mille lieues, 1906), Hekigodo kushu (Recueil de haïkus de Hekigodo, 1916) et Hachi nenkan (Huit années de haïku, 1923), il élargit les thèmes d'inspiration et enrichit la langue utilisée jusque-là pour composer des haïkus.Ku o hasamu kani shini oru ya kumo no mine
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Pinçant le vide Un crabe va mourir Nuages de s'élancer |
Uma hitori kotsu to modorinu tobu hotaru
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Seul le cheval Est soudain revenu Dans un vol de lucioles |
Haru samushi mizuta no ue no nenashi-gumo
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Froid printanier Dans l'eau des rizières dérive Un nuage sans racine |
Ne-ushi tomo ishi tomo miete kusa moyuru
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Boeuf endormi Ou rocher assoupi, qu'importe Les herbes montent |
Kumo no mine negi no bozu no kotsu to tatsu
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Aux cimes des nuages Un oignon fleuri Tient tête |
Kusa o nuku ne no shirosa fukasa ni taenu
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J'arrache une herbe Sa profonde et blanche racine À voir me fait mal |
Omowazumo hiyoko umarenu fuyu-sobi
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À l'insu de tous Un poussin est né Rose d'hiver |
Kaya ni kite semi suso no e ni hitonaki su
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Dans la moustiquaire Accrochés au rebord La cigale et son cri |
Gakuzen to shite hirune sametaru hitori kana
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Étonné Je me retrouve après un somme Tout seul |
Kura toreba samuki sugata ya uma no shiri
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La selle ôtée Nue et froide m'apparaît La croupe du cheval |
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Dhugal J. Lindsay est né en 1971 à Rockhampton, Australie, et il habite à Yokohama. Il a étudié à l'Université du Queensland puis, depuis 1991, à l'Université de Tokyo où il poursuit des études doctorales en biologie marine. En 1991, il s'est joint aux groupes Fuyoh (Fleur de ketmie) de Yoko Sugawa et Kanrai (Tonnerre d'hiver) fondé par Shuson Kato. En 1993, il s'est également joint au groupe Haiku International, tout en participant occasionnellement aux rencontres des groupes Riku (Terre) et Kaitei (Trajet de mer). Il est le premier Occidental, selon Tota Kaneko, à écrire de bons haïkus en japonais. Il a participé à diverses conférences sur le haïku et a été interviewé à la télévision japonaise. Il a collaboré à la création du site Internet Shiki Internet Haiku Salon. Sur son site personnel, Dhugal J. Lindsay's Haiku Universe, une section est consacrée au haïku.shiraiki-to hokuto-o nokoshi souru tatsu
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je laisse derrière moi la Croix du Nord un souffle blanc et Séoul |
shiroiki-no shasou-ni (dare)demo nakunarinu
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la vitre du train buée d'haleine d'hiver je deviens personne |
fuyumozu-ni yobare kono-yo-no te-o tsukamu
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une pie-grièche d'hiver m'appelle je serre mon poing en revenant à la réalité |
furuike-no fukasa shirazari amenbou
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le vieil étang personne ne sait sa profondeur... araignée d'eau |
haru-no rai mashita-ni shinkaigyo oramu
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tonnerre du printemps sous nous dans l'obscurité totale quelque part des poissons de haute mer |
sukuu te-no kurage-ya seimeisen fukaku
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j'attrape une méduse ma ligne de vie nette et profonde |
santouka-ki fukube-no dore-mo magari ori
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l'anniversaire de la mort de Santoka chaque gourde que je vois est inclinée |
botan'yuki seiza-no ashi-o nobashi keri
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énormes flocons de neige d'une position de seiza je m'étire les jambes |
vui-no ji-no sentou omoku kari kaeru
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signe de victoire sa pointe semble lourde dans le ciel oies migratrices |
hanasugi-no usagi-o dakeba myaku uteri
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fleurs de cerisier presque disparues le lapin que je serre contre moi son pouls s'accélère |
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Shiki Masaoka ou (SHIKI) est né à Matsuyama en 1867 et il est mort à Tokyo en 1902. Il s'intéresse très tôt à la poésie, et notamment à la poésie classique (tanka et hokku). Il fait du hokku, genre pratiquement tombé en désuétude, le haïku, terme dont il est l'auteur, et lui donne une seconde jeunesse en l'adaptant à son époque, grande ouverte depuis peu aux influences occidentales. En 1895, son manifeste Haïkaï taiyo (Propos sur le haïku) définit cette forme brève comme une oeuvre d'art, au même titre que le roman ou la peinture. C'est d'ailleurs à la peinture occidentale qu'il se réfère quand il préconise un haïku qui soit comme un «croquis pris sur le vif» (shasei), genre par excellence de suggestion de l'espace. Il se réclame aussi de Buson Yosa (1716-1783), peintre et poète admirateur de Basho, faisant ainsi se rejoindre tradition japonaise et esthétique occidentale. La revue Hototogisu (Le coucou), qu'il fonde en 1897, ouvre la voie à de nombreux jeunes talents, à commencer par lui-même, qui contribueront à la renaissance d'un genre qui sera désormais connu sous le nom de haïku. (Autres haïkus de Shiki).Nashi muku ya amaki shizuku no ha o taruru
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J'épluche une poire Du tranchant de la lame Le goutte à goutte sucré |
Nobe no kusa zori no ura ni kanbashiki
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L'herbe des champs Libère sous mes semelles Son parfum |
Natsu-arashi kijo no hakushi tobitsukusu
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Bourrasque d'été Les nappes de papier blanc Sur la table s'envolent |
Hiru-naka ya kumo ni tomarite naku hibari
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Midi haut perché À tue-tête Une alouette et un nuage |
Suna no gotoki kumo nagareyuku asa no aki
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Du sable entre les doigts Les nuages s'écoulent Automne des matins |
Shi ni kakete nao yakamashiki aki no semi
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Au bord de mourir Plus que jamais bruyante La cigale d'automne |
Ikutabi mo yuki no fukasa o tazunekeri
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Combien de fois Ne me suis-je interrogé Sur l'épaisseur de la neige dehors |
Kari naku ya iwao ni shiroki yoru no nami
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Cri d'oie sauvage Blanches dans les rochers Les vagues de la nuit |
Keito no jushigo-hon mo arinubeshi
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Crêtes de coqs Quatorze ou quinze Me semble-t-il |
Ajisai ya ao ni kimarishi aki no ame
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Hortensias Elle a choisi le bleu La pluie d'automne |
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Shuoshi Mizuhara (ou SHUOSHI) est né à Tokyo en 1892 et il y est mort en 1981. Ce poète sut créer un réel mouvement novateur, aussi éloigné de l'organisation hiérarchique de Kyoshi Takahama que de l'individualisme de Seisensui Ogiwara. Fidèle au principe du «croquis pris sur le vif», il anima avec la revue Ashibi (L'arbre d'ivresse aux chevaux), un forum qui attira de nombreux jeunes talents. Sa théorie de l'authenticité naturelle et de l'authenticité littéraire (Shizen no shin to bungei-jo no shin, 1931) posait le problème de la création artistique et de l'inspiration directe d'une réalité dans la composition du haïku. Bien que celui-ci put s'inspirer de la vie urbaine moderne, les mots de saison restaient de rigueur, ainsi qu'une langue un peu convenue, où les expressions du langage courant ne pouvaient être présentes. L'aspect création collective en poésie le fera innover également dans ce domaine puisqu'il appliquera au haïku les compositions en chaîne qui, jusque-là, étaient réservées au tanka. Le lyrisme de son style, la musicalité des mots choisis et leur sens pictural se retrouvent dans ses recueils Kokyo (Le miroir ancien; 1943), Sorin (Le bosquet de givre; 1951) et Hoko (Le pot d'armoise; 1960).Seishun no suginishi kokoro ichigo kuu
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Printemps de ma vie Dépassé Je croque une fraise |
Yamishi toki yume kayoishi wa kono fuyu-ta
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Malade j'ai souvent Rêvé d'une rizière d'hiver La voici |
Kitsutsuki ya ochiba o isogu maki no ki-gi
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Pivert tape Dans la prairie les arbres En hâte quittent leurs feuilles |
Taki ochite gunjo sekai todorokeri
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Cascade Les profondeurs d'un monde bleu Ont vibré |
Sekkei o kanashi to mitari yo mo hikaru
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Montagne d'été Neige solitaire La nuit même brille |
Toki yo wa urara-bi no shita ni nao toki
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Les jours lointains Sous un soleil radieux Plus lointains encore |
Waga inochi kiku ni mukaite shizukanaru
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Ma vie Devant ce chrysanthème Se tait soudain |
Koharubi ya shio yori aoki kani no ko
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Tiédeur d'automne Plus verte que la marée La cuirasse d'un crabe |
Iwashi-gumo kokoro no nami no sue kiete
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Passe un banc de nuages La houle de mon coeur Va expirant |
Ono ga koe wasurete hisashi haru no kaze
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Ma propre voix Je l'avais oubliée Rhume de printemps |
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Kusatao Nakamura (ou KUSATAO) naît en Chine en 1901 et meurt à Tokyo en 1983. Étudiant à l'Université de Tokyo, il fréquente les cercles de haïku. Réservé vis-à-vis du mouvement de rénovation alors en vogue, il exprime son insatisfaction devant les tendances au dilettantisme et au retour aux traditions qui se manifestent autour de la revue Hototogisu (Le coucou), avec laquelle il prend ses distances. Il suit un temps l'école de Shuoshi Mizuhara, mais il s'en éloigne pour se retrouver avec de jeunes auteurs comme Shuson Kato et Hakyo Ishida dans un courant dit de l'«école humaniste». En 1946, il lance la revue Banryoku (Myriades de feuilles). Il est le premier à faire valoir l'idée d'un haïku intégrant les réalités sociales, la réflexion philosophique et l'esprit de la plus authentique émotion poétique, loin du lyrisme conventionnel et de l'académisme rigide. Il laissera plusieurs recueils, dont: Choshi (Premier enfant; 1936), Hi no shima (L'île du feu; 1939), Koshikata yukue (Derrière et devant; 1947), Ginza izen (Toujours la Voie lactée; 1953) et Bokyo ko (Voyage au village de ma mère; 1956).Furu yuki ya meiji wa toku narinikeri
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Tombe la neige L'époque de Meiji Est déjà loin |
A-zuma kano mikazuki hodono a-ko yadosu ka
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Mon épouse Et mon enfant porté Comme un croissant de lune |
Yuki koso chi no shio nare ya ume mashiro
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Que le courage soit Le sel de la terre Fleurs blanches du prunier |
Miyuki-michi koshikata yukue ainitari
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Chemin des neiges profondes Ce qui est derrière semblable À ce qui est devant |
Sora wa taisho no aosa tsuma yori ringo uku
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Le ciel est bleu Comme au matin du monde De mon épouse j'ai reçu cette pomme |
Kan no ake tsuin tsuin to ko no neiki
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Aube glacée Chant de grillon C'est mon enfant qui dort |
Tagayaseba ugoki ikoeba shizukana tsuchi
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Agitée sous la charrue En paix aux jours de repos La terre |
Aki no hae hitotsu mamizu no ue ni shisu
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Mouche d'arrière-saison Sur l'eau douce posée Morte |
Yakeato ni nokoru tataki ya temari tsuku
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Décombres d'incendie Sur le sol en ciment Fillettes et jeu de balle |
Budo kuu ichi-go ichi-go no gotoku nite
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Manger du raisin Une grappe après l'autre Comme une grappe de mots |
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Teijo Nakamura est née en 1900 à Kumamoto, Kyûshû, et elle est morte à Tôkyô en 1988. En 1920, elle a écrit et publié ses premiers haïkus dans la revue Hototogisu (Le coucou). Mariée puis mère de trois enfants, elle a cessé d'écrire jusqu'en 1932 où, encouragée par Kyoshi Takahama et par sa fille Tatsuko Hoshino, elle s'est remise à l'écriture. En 1947, elle a fondé la revue Kazahana (Flocon de neige dans le vent) qu'elle a dirigée jusqu'à sa mort; Namiko Ogawa en assume maintenant la direction. Teijo a créé un style clair et simple, utilisé des rythmes et sonorités souples. Nourris de la lumière de sa cuisine, ses haïkus se sont répandus dans l'univers. Elle a publié les recueils: Shunsetsu (Neige de printemps; Sanseido, 1940), Teijo kushû (Recueil de Teijo; Kôchô Shorin, 1944), Shungyô (Aube de printemps; Meguro Shoten, 1947), Hanakage (Sous les cerisiers en pleine floraison; San'yû-sha, 1948), Miyakodori (Huîtrier; Shorin Shin-kôchô, 1951) et Hana kushû (Recueil de haïkus de fleurs; Kyûryû-dô, 1983). Essayiste, elle a aussi publié: Furusato no kashi (Gâteaux de mon pays; Chûô Kôron-sha, 1955), Kaze to hana no ki (Notes du vent et des fleurs; Geijutsu Seikatsu-sha, 1973) et Sono hi no kaze (Le vent de ce jour; Kyûryû-dô, 1979). En 1980, elle a publié Teijo haiku saijiki (Almanach de Teijo; Shufu-no Tomo-sha).On'na idete uchi-nagame iru haruta kana
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Rizière du printemps! Une femme était dehors et la regardait sereinement |
To nimo de yo fururu bakari ni haru no tsuki
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Allons dehors là, la douce lune printanière sa lumière nous couvre |
Sono hito mo tsukisou hito mo hanabie ni
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Cet homme et sa suivante étaient dans l'air frais au temps des fleurs du cerisier |
Keito-dama tôki wa sabishi hiki tsu amu
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Une pelote de laine reste loin de moi ça me rend triste je tricote en tirant sur le fil près de moi |
Seki no ko no nazonazo-asobi kiri mo naya
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L'enfant qui toussote joue aux devinettes avec moi ça n'en finit pas |
Hiyashinsu inu kiite ishi wakaru rashi
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Jacinthe le chien m'écoute il semble qu'il me comprend bien |
Sanpô ni chô no wakare shi tachiaoi
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De trois côtés les papillons sont partis en volant rose trémière |
Manjushage daku hodo tore do haha koishi
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Je cueillais des fleurs de manjushage à pleins bras pourtant je songeais à ma mère lointaine |
Todomare ba atari ni fuyuru tonbo kana
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Quand j'ai arrêté mes pas des libellules sont venues et ont rempli l'air autour de moi |
Yude-tamago muke ba kagayaku hanagumori
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J'écale un oeuf dur l'éclat cerisiers en fleur sous le ciel brumeux |
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Ippekiro Nakatsuka (ou IPPEKIRO) est né en 1887 à Kurashiki et il est mort en 1946 à Tokyo. Il se fait baptiser à sa sortie du lycée, et cela influencera considérablement sa vie. À plusieurs reprises, il interrompra la préparation d'entrée à l'Université de Waseda et sa vie à Tokyo pour retourner se ressourcer dans sa région natale. Il rencontre bientôt Hekigodo Kawahigashi et le mouvement Shin keiko (Nouvelles tendances) qui prône une liberté absolue pour le haïku. Il participe à l'anthologie Nihon haïku (Haïku japonais; 1909), et se fait rapidement reconnaître comme jeune talent. En 1910, il rejette le système de compétition poétique en usage, et revendique la liberté de ses propres choix en poésie. Il publiera alors, à la manière d'un manifeste, Jisen haïku (Choix personnels de haïku). En 1912, la revue Shisaku (Études poétiques), parue l'année précédente, change de titre pour devenir symboliquement Dai issaku (Premières oeuvres). En 1915, il lance la revue Kaiko (Cognassier) avec Hekigodo Kawahigashi; ce dernier se retire en 1923 et Ippekiro Nakatsuka assure la direction de la revue jusqu'à sa mort. Un critique a défini son style comme étant à la fois "classique et ouvert sur des perspectives de nouveautés sans limite".Kogarasu no naku kumo no nagaruru
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Dans les cris des jeunes corbeaux Nuages De dériver |
Ware o hajite karekusa nado takibi shite iru
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J'ai un peu honte Devant ce grand feu d'herbes sèches En plein air |
Mado no fuji kagayaku ya kotoni tsuma inu hi
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Glycines éclatantes À la fenêtre Juste quand ma femme n'est pas là |
Yo fukuru hodo ni mishi sumi no mokume kana
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Plus profondes la nuit Plus visibles Les veines du charbon de bois |
Yameba futon no soto fuyu-umi no aoki o oboe
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Malade au fond du lit Autour de moi le bleu profond De la mer en hiver |
Kumo no ugoku natsu-mikan mina okiku ureru
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Nuages de courir Mandarines d'été Grossissent |
Kusa o karisusumu waga kata no aozora
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Je continue à faucher Sur mes épaules Le ciel d'azur |
Kusaikire nyonin yutakanaru chibusa o moteri
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Les herbes fermentent Passe une femme Aux seins superbes |
Haru no yoi ya wabishiki mono ni jintaizu
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Soir de printemps Chose pénible entre toutes Une planche anatomique |
Chidori naku yoru kana iteshi onna no te
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Est-ce la plainte nocturne des pluviers? Elles sont glacées Les mains de mon aimée |
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Soseki Natsume (ou SOSEKI) est né à Tokyo en 1867 et il y est mort en 1916. Dans le mouvement littéraire du «croquis pris sur le vif», qui naît dans les tumultes de l'ère Meiji, Soseki Natsume est au roman ce que Shiki Masaoka est au haïku. L'organe officiel de cette école est la rubrique de haïku du journal Nihon, fondée en 1893, et la revue Hototogisu (Le coucou), fondée en 1897. Auteur d'essais (Omoidasu koto nado, Au gré de mes souvenirs, 1910-1911; Shakai to jibun, La société et moi, 1913; Garasudo no uchi, Dans la vitrine, 1915) et de romans qui lui ont valu une célébrité mondiale (Wagahai wa neko de aru, Je suis un chat, 1905; Kokoro, Le pauvre coeur des hommes, 1914), Soseki Natsume écrit aussi des haïkus. L'impressionnisme pénétrant, la fine psychologie, l'humeur grinçante et l'idéalisme glacé qui ont fait le talent du romancier se retrouvent dans l'atmosphère de ses poèmes. L'ensemble de ses 2,500 haïkus, qui sont autant de témoignages de son existence d'ermite, à la vie intérieure douloureuse et tourmentée, ont été rassemblés et publiés sous le titre Soseki haïku shu (Recueil des haïkus de Soseki) par les éditions Iwanami Shoten pour la première fois en 1917.Hito ni shishi tsuru ni umarete saekaeru
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Les hommes meurent Et les grues naissent Translucides et glacés |
Mujinjima no tenshi to naraba suzushikaro
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Si j'étais souverain D'une île déserte Ce serait rafraîchissant! |
Aru hodo no kiku nageireyo kan no naka
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Tous les chrysanthèmes Jetez-les donc Dans son cercueil |
Kimi ga koto chiri o haraeba naru aki ka
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Ton koto Quand je l'essuie Fait-il gémir l'automne? |
Yuku hito ni todomaru hito ni kitaru kari
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Pour ceux qui sont partis Pour ceux qui sont restés Les oies reviennent |
Toritomuru inochi mo hosoki susuki kana
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Arraché à la mort Le mince fil de ma vie Roseaux jaunissant de l'automne |
Tatakarete hiru no ka o haku mokugyo kana
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Quand on lui tape dessus La cloche de bois à prières Vomit les moustiques du jour |
Sumire hodona chiisaki hito ni umaretashi
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Semblable à la violette Homme de rien J'aurais voulu naître |
Yamu hi mata misu no hima yori aki no cho
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Même alité il vient me voir Par le store de bambou Papillon d'automne |
Aki-kaze ya hibi no iritaru i no fukuro
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Vent gris d'automne Gerçures à l'intérieur De mon estomac |
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Sora o ayumu roroto tsuki hitori
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Ciel sans nuage Elle marche à grands pas La lune |
Tampopo tampopo sunahama ni haru ga me o hiraku
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Pissenlits, pissenlits Sur la plage Le printemps ouvre les yeux |
Yunomi hisashiku kowasazu ni mochi shiju to naru
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Ma tasse Intacte si longtemps J'ai quarante ans |
Waraya furu yuki tsumoru
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Chaumière Neige qui tombe Neige qui s'accumule |
Hotoke o shinzu mugi no ho no aoki shinjitsu
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Croire au Bouddha À la vérité bleue Des épis de blé |
Sora wa sabishi yo ie araba kemuri o ageyo
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Le ciel s'ennuie Maison si tu es là Montre ta fumée |
Gekko horohoro furin ni tawamure
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Quelques éclats de lune Viennent frapper La clochette à vent |
Ikari ni kattoshite yume de atta ka
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En colère Subitement N'était-ce qu'un rêve? |
Yasekitta te o awashiteiru kare ni te o awasu
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Elles sont amaigries Les mains qu'il joint Lui pour qui je joins les miennes |
Ganjitsu no kuriya no oto samuzamuto tsuma ga hitori iru
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Jour de l'an dans la cuisine Petits bruits froids du couteau De mon épouse esseulée |
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Hosai Ozaki (ou HOSAI) est né à Tottori en 1885. La poésie semble avoir été la seule planche de salut de ce naufragé de la vie. Disciple et ami de Seisensui Ogiwara, qui préconisait un haïku libre, il tente d'abord pendant quelques années de s'intégrer dans la société. Il entre dans une compagnie d'assurances en 1912, après de solides études. Il la quitte en 1920, et tente d'aller faire fortune en Corée et en Mandchourie. Malade et ruiné, il rentre au Japon en 1923. Abandonnant famille et métier, il commence alors une vie d'errance et de vagabondage, pour fuir une douleur morale qui le ronge. Il finira son existence misérable sur la petite île Shodo de la Mer Intérieure, le 7 avril 1926. Il laissera derrière lui des poèmes bruts et bouleversants qui seront publiés après sa mort, et dans lesquels la solitude est tour à tour souffrance et source de réconfort. Il compose ses haïkus au hasard des routes, comme si «l'esprit détaché et la tête vide, on projetait hors de soi un chant intérieur. Faire de la poésie spontanément, exprimer sans retenue ses sentiments...». Makoto Kemmoku et Alain Kervern ont traduit une partie de l'oeuvre de Hosai Ozaki: Portrait d'un moineau à une patte (Folle Avoine, 1991). Seki o shitemo hitori
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Même toussant Toujours tout seul |
Nagisa furikaeru waga ashiato mo naku
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Sur la grève J'ai beau me retourner Plus de trace de pas |
Yama ni noboreba sabishii mura ga minna mieru
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Quand je monte sur la colline Tous les villages me semblent tristes |
Tsukemono oke ni shio fure to haha wa unda ka
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"Va saler les légumes!" Mère ne suis-je né Que pour cela? |
Mame o nitsumeru jibun no ichinichi datta
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Pour cuire des haricots Tout ce jour Était à moi |
Waga kao burasagete ayamari ni yuku
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La tête ballante Je vais découragé Pardon pour tout |
Fuyu-kawa ni gomi o nagashite modoru
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Dans les eaux de l'hiver Je jette les ordures Et je reviens |
Ichinichi mono iwazu cho no kage sasu
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Sans un mot Tout le jour L'ombre d'un papillon |
Sabishii zo hitori go-hon no yubi o hiraite miru
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Tellement seul J'ouvre pour voir Mes cinq doigts |
Yube hyoito deta ippon-ashi no suzume yo
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Dans le soir Sur une seule patte Moineau boitillant |
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Sanki Saitô est né en 1900 à Tsuyama, Okayama, et il est mort en 1962 à Hayama, Kanagawa. En 1933, il a commencé à écrire des haïkus et à en publier dans la revue Sômatô (Lanterne magique). En 1935, il est devenu membre du groupe Kikan (Navire amiral) et il a participé aux activités du Kyodai haiku kai (Club de haïku de Kyodai). En 1940, il a participé au premier numéro de la revue Tenkô (Ciel embaumé) et l'arrestation complotée des membres l'a réduit au silence. En 1947, il a cofondé le Gendai haïku kyôkai (Association du haïku contemporain) et il a encouragé Seïshi Yamaguchi à fonder une revue: Tenrô (Sirius) a paru en 1948. En 1952, il a fondé la revue Dangai (Falaise) qu'il a dirigée jusqu'à sa mort. En 1956, il a cessé ses activités de dentiste pour se consacrer au haïku; rédacteur en chef de la revue Haïku depuis un an à peine, la maladie l'a frappé et il s'est retiré. Ses poèmes nihilistes ont été une interrogation humaine et douloureuse alors que le Japon était profondément accablé à la suite de la guerre. Il a publié: Hata (Drapeau; Sanseidô, 1940), Yoru no momo (Pêche de la nuit; Shitiyô-sha, 1948), Kyô (Aujourd'hui; Tenrô haiku kai, 1951), Henshin (Métamorphose; Kadokawa shoten, 1962) et Saitô Sanki Zen-ku-shû (Les haïkus complets de Sanki Saitô; Chûseki-sha, 1983). Shôkôki shizuka ni rai no yo o noboru
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L'ascenseur monte silencieusement dans la nuit où il tonne |
Mizu-makura gabari to samui umi ga aru
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La poche à glace crac la mer froide brusquement s'ouvrit |
Tanpopo kuki mijikashi tenshin ni aoki ana
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La tige du pissenlit est courte Un trou bleu au plus haut point du ciel |
Oochibusa yurayura karita yori kora e
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De la rizière moissonnée vers les enfants des mamelles gonflées s'approchent en ballottant |
Ryokuin ni san'nin no rôba waraeri ki
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Trois vieilles étaient sous l'ombrage d'un feuillage d'été elles riaient |
Ôki yuri nari reibô no chûshin ni
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C'est un lys énorme qui se trouve au milieu de la chambre climatisée |
Kassôro ki nari fuyuumi ni tsukiatari
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La piste d'envol était jaune s'élançait contre la mer d'hiver |
Migi no me ni taiga hidari no me ni kihei
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Le fleuve dans son oeil droit dans son oeil gauche il voit un cavalier |
Uguisu no yûbe zakuri to yama no kizu
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Une entaille saignante dans la montagne soir chant du rossignol |
Sanjutsu no shônen shinobinake ri natsu
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Un garçon faisant de l'arithmétique sanglotait en cachette l'été |
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Yoko Sugawa est née à Tokyo en 1938 et elle y habite toujours. Elle est diplômée en littérature japonaise de l'Université Rikkyo. En 1972, elle s'est jointe au groupe Kanrai (Tonnerre d'hiver) fondé par Shuson Kato; elle est également membre du Gendai haiku kyôkai (Association du haïku contemporain). En 1988, elle a fondé la revue Kikan Fuyoh (Fleur de ketmie, revue trimestrielle) qu'elle dirige toujours. Elle a publié l'anthologie de haïkus Shiori himo (Signet; 1987) et l'anthologie de tankas Suhajikami (Gingembre amer; 1996).katakage-mo naku yuku hachigatsu juugonichi
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le jour où nous avons perdu la guerre même pas un coin d'ombre pour me reposer donc je marche |
saigo-ni-wa yabure kabure-ya oohanabi
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à la finale avec un abandon désespéré toutes à la fois les fusées du feu d'artifice |
ochiba-no yama nobori-no michi-ni aru kudari
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à travers les feuilles d'automne même si la route monte sans cesse ici un tournant qui descend |
ajisai-ya tatami-ni hiroge pari shigaizu
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fleurs d'hortensia... étalé sur le tatami un plan des rues de Paris |
kitchin-ni negi arawarete shinkon nari
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à la cuisine des poireaux sont lavés nouvelle bru |
konoehei-no boushi guratto abu harau
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d'un mouvement brusque le bonnet à poil du hallebardier chasse le taon ennuyeux |
shiwabukite kihei-no hitori onna naru
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quelqu'un tousse je me retourne un des cavaliers de la garde devant moi est une femme |
higan-made imouto-no toki ane-no toki
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jusqu'à l'équinoxe ma soeur cadette jouit de la saison ma soeur aînée aussi |
waraikawasemi-ni asane-o okosaruru
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grasse matinée interrompue j'ai été réveillée par le rire d'un kookaburra |
sekirei-ya shakkuri-no-you-ni fuyu-no sora
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bergeronnette... le ciel d'hiver comme un hoquet |
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Hiryoshi Tagawa est né en 1914 à Tokyo où il habite toujours. En 1941, il a obtenu un doctorat en génie de l'Université de Tokyo; il a travaillé pour la compagnie Furukawa jusqu'à sa retraite, en 1975. C'est durant ses études universitaires qu'il a commencé à écrire des tankas et des haïkus, et à peindre. Il a publié des haïkus dans le premier numéro de la revue Kanrai (Tonnerre d'hiver) du groupe dont il est toujours membre. Il a fondé le groupe Riku (Terre) en 1976. Il a publié sept anthologies, la plus récente étant Shito-no Me (L'Oeil du disciple; 1993).biwa urete juushin sagaru ninputachi
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les nèfles mûrissent baisse le centre de gravité des femmes enceintes |
kooru taki-ni tetsu-no kugi utsu seinen-tachi
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ils plantent des ongles de fer dans une chute d'eau glacée ces jeunes |
kamo oyogu mijikaki mio-wa asobu kamo
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des canards sauvages glissent le court sillage d'un canard qui s'ébat |
mado-ni yuki jibun-no hone-no nega hakobu
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neige à la fenêtre j'ai avec moi une radiographie de mon squelette |
shima-ni umare shima-ni sei ou ari-to semi
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nées sur cette île et sur cette île elles mourront fourmis et cigales |
busou shite ryoushi kawaya-o idekitaru
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armé et prêt pour le combat un chasseur sort précipitamment des toilettes |
inu sakaru machi-e muketari me-no mokei
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accouplement de chiens en rut le modèle réduit d'un oeil est exposé à la rue |
kiri saku-ya attoiu ma-no bannen nari
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paulownia en fleur en un instant je suis devenu un vieil homme |
seisho yome-to sasou haruka-na inazuma-wa
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l'éclair lointain me fait signe «lisez la bible» |
tennou-mo rouhan motasu sakura-kana
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même la peau de l'empereur est parsemée de taches de vieillesse cerisier en fleur |
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