nouvelle-zélande .

NOUVELLE-ZÉLANDE


Ernest John BERRY
Cyril CHILDS
p n w donnelly
Bernard GADD
Catherine MAIR
John O'CONNOR
Patricia PRIME
Jeanette STACE


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Ernest John BERRY    bluberry@xtra.co.nz

Né dans une famille nombreuse durant la crise économique de 1929, Ernest John Berry a habité à Christchurch jusqu'à ce qu'il aille, pour une année, à la guerre de Corée en 1950. Puis il a passé une dizaine d'années comme berger sur les hautes terres de Poverty Bay. Il a ensuite travaillé durant un quart de siècle dans son entreprise d'importation à Auckland. Il a passé dix autres années sur une plage isolée du Mexique où il a attrapé le virus de la poésie (dont il n'est pas encore guéri). De retour en Nouvelle-Zélande depuis 1993, avec sa nouvelle épouse, il s'est installé à Picton où il occupe ses jours de retraité à explorer les charmes nouvellement découverts du haïku et d'autres formes d'art orientales.
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



our wisteria
flowering well
next door
notre glycine
fleurit bien
chez le voisin

with bottle of port
        a pair of old seadogs
                tack round the bar
avec une bouteille de porto
        deux vieux loups de mer
                louvoient autour du bar

end of drought
the overfull reservoir
leaking moon
fin de sécheresse
la lune déborde
du réservoir


parked for the night
the sole remaining clydesdale
still smoking


old family home
        holding together
                the morning glory


at silly mid-off
looking splendid in whites
-1--2---3 seagulls


on her kimono
billowing in the moonlight
a heron in flight
rentré pour la nuit
le dernier cheval
fume encore


vieille maison familiale
        nous maintient unis
                la belle-de-jour


sur le terrain de cricket
splendides en blanc
-1--2---3 mouettes


sur son kimono
ondule au clair de lune
un héron en vol


from autumn stillness a woodhen shadow talks
          du fond du silence d'automne une ombre de bécasse parle

under the congoleum
        the allies still
                fleeing dunkirk
sous le linoléum
        les alliés s'enfuient toujours
                de dunkerque

from the homeless   under the bridge   songs of solomon
          monte des sans-abri   sous le pont   le cantique des cantiques


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Cyril CHILDS    cyril.childs@vuw.ac.nz

Cyril Childs est né et a grandi dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Il a étudé à l'Université d'Otago à Dunedin. Il est professeur de sciences à l'Université Victoria à Wellington. Sa carrière de chercheur scientifique l'a amené à séjourner en Australie, au Canada, en Écosse et au Japon; c'est d'ailleurs à Matsuyama, en 1989, qu'il a découvert le haïku et qu'il a commencé à en écrire. Pour lui, l'écriture scientifique et le haïku ont plusieurs points en commun, notamment le désir de révéler la nature des choses et le besoin de clarté et de brièveté: le haïku, dit-il, est plus intéressant. Il a compilé New Zealand Haiku Anthology (NZ Poetry Society, 1993). Ses haïkus ont paru dans diverses anthologies et revues (Frogpond, Ko et Modern Haiku.
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



stormy August -
the first camellia
faces the wall


September breeze
again the rustle
of the old maple


south wind -
cutting
white chrysanthemums


crisp blue morning -
spring in the air
and the postman's feet


late October breeze
a swarm of cherry petals
dives under a bus


another bitter morning
and then -
      first kowhai


outside
the examination room -
early summer warmth


after the holiday -
sand...
         in my pocket


the path's crack -
measuring my time
in this house


squeezing through
the venetian blind -
                     moonlight
août orageux -
le premier camélia
fait face au mur


brise de septembre
encore le bruissement
du vieil érable


vent du sud -
couper
des chrysanthèmes blancs


frais matin bleu -
le printemps dans l'air
et le pas du facteur


brise de fin d'octobre
un tourbillon de pétales de cerisier
s'engouffre sous un autobus


encore un matin glacial
et ensuite -
    le premier sophora


à l'extérieur
de la salle d'examen -
première chaleur d'été


après les vacances -
du sable...
              dans ma poche


fissure dans l'allée -
mesure de mon temps
dans cette maison


se faufile à travers
le store vénitien -
                le clair de lune

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p n w donnelly

p n w donnelly est née à Stockport, Grande-Bretagne, et elle habite à Auckland. Ses haïkus ont paru en Australie, au Canada, aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande. De 1990 à 1997, elle a dirigé la revue Spin. Elle écrit également des romans policiers.
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



the old gardener -
warming his hands at the glow
of a red rose


admiring the beauty
of yellow flowering cactus -
painful fingers


knee-deep in the mud
of the freshly-watered garden
plastic soldier


only the stone
frogs beside the pool
show themselves


deserted beach
only the waves left playing
with a toy spade


lone fisherman
gutting his catch in the tide -
an audience of gulls


bare branches
weighted down with
hungry birds


birds in the creeper
bottle store by the car park
in out in out


stretched on their backs
eight limbs akimbo
man and cat


gravity
pulling down the corners
of my mouth
le vieux jardinier -
se réchauffe les mains à l'éclat
d'une rose rouge


admirer la beauté
d'un cactus à fleurs jaunes -
doigts douloureux


jusqu'aux genoux dans la boue
du jardin tout juste arrosé
un soldat en plastique


seules les grenouilles de
pierre se montrent
à côté du bassin


plage déserte
seules les vagues sont restées à jouer
avec une pelle d'enfant


un pêcheur solitaire
vide un poisson dans la marée -
auditoire de mouettes


branches nues
surchargées
d'oiseaux affamés


oiseaux dans le lierre
magasin de vins et son parking
va-et-vient va-et-vient


étendus sur le dos
huit membres écartés
un homme et un chat


la gravité
affaisse les coins
de ma bouche

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Bernard GADD    bernard.gadd@xtra.co.nz

Bernard Gadd est né à Hamilton en 1935 et il habite à Auckland. Il est professeur d'anglais, langue étrangère, au Manukau Technical Institute. Ses haïkus et tankas ont été publiés dans plusieurs revues (RAW NerVZ HAIKU, Paper Wasp, etc.) et sur le site Internet Logos. Il a publié le recueil de nouvelles Where To Go? (Heinmann, 1989), le recueil de poèmes Oracle Bones (Hazard Press, 1992), les pièces de théâtre The Home Dreaming Club (Longman Paul, 1993) et Bone City (Longman Paul, 1995). Son recueil de poèmes Stepping Off From Northland (Sudden Valley Press) doit paraître prochainement. Il est directeur des éditions Hallard Press où il a publié poèmes, nouvelles et romans: Laya (1985), Dare Not Fail (1987), Blood of Tainui (1990), Just Like You Said It Would Be (1992), Satirical Political Poems - Pity Mr Hash (1995), Too Right Mate (avec John O'Connor, 1996), Who Am I? (1997) et, en collaboration, shadow-patches (1998). Il a également compilé diverses anthologies, dont Pacific Voices (Macmillan, 1993).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



across black bamboos
brush hairs whisper
breeze


                      stealthily
                        boning
my fingers                 up
                             on
                      hers


bowed                        new
old            hoes           erect
woman                        rows


hearing she's died...
shouting out lines
of her manuscript play


within the bus
                     shelter
                               lingering
          street kid
à travers les bambous noirs
les poils de la brosse murmurent
la brise


                   furtivement
                      gagnent
mes doigts                 peu
                           à peu
                    les siens


une vieille                     de nouveaux
femme         sarcle         rangs
courbée                        bien droits


en apprenant sa mort...
je crie des répliques
de sa pièce inédite


sous
       l'abribus
                     flâne
    un jeune voyou


thighs' long unblanking stare
            des cuisses un long regard sans cillement


under a shooting star
click of acorn fall


KYOTO TEMPLE
across ancient boards
  dawn's
glimmer of gilt


lake's brown surface
suddenly glinting
scarlet, orange... the koi


... one
wood drum's
clack
sous une étoile filante
le petit bruit d'un gland qui tombe


TEMPLE DE KYOTO
sur des planches antiques
  lueur dorée
de l'aube


sur la surface brune du lac
tout à coup des reflets
écarlates, orange... la carpe


... un seul
coup
sur un tambour en bois

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Catherine MAIR

Catherine Mair habite à Bay of Plenty. Ses poèmes ont paru dans plusieurs revues et dans New Zealand Haiku Anthology (NZ Poetry Society, 1993). En collaboration avec Janice M. Bostok et Bernard Gadd, elle a publié le recueil de haïbuns shadow-patches (Hallard Press, 1998).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; A. Duhaime et Jean-Mario Longpré.






shadows
on the river
darker than the birds


alone
just the dog's joy
the quiet river


even in panic
swans winding up slowly
for their ascent


leaves
exceeding the speed limit
- a jogger's red legs


nearly tripping me -
round my feet
the monarch butterfly


in her bedroom
   all her lovers
only photographs


perching
on floats above mussel lines
... the shags


skipping home...
a white butterfly flirts
with her small white shoes
ombres
sur la rivière
plus sombres que les oiseaux


toute seule
avec la joie du chien
rivière tranquille


même affolés
les cygnes prennent lentement
leur envol


les feuilles
dépassent la vitesse permise
- les jambes rouges d'un joggeur


il me fait presque trébucher -
autour de mes pieds
le monarque


dans sa chambre
   tous ses amants
seulement des photos


perchés
sur les flotteurs au-dessus des cordes à moules
... les cormorans huppés


elle rentre en gambadant...
un papillon blanc flirte
avec ses petits souliers blancs


even at sixty  
his nude back a Michelangelo
sculpture  


clothesline  
walking-stick insect
drying himself  
même sexagénaire  
son dos nu une sculpture
de Michel-Ange  


corde à linge  
un insecte à longues pattes
se sèche  

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John O'CONNOR

John O'Connor habite à Christchurch avec son épouse et beaucoup d'arbres. Il a publié les recueils de poèmes: Laying Autumn's Dust (Concept Publishing, 1983), Citizen Of No Mean City (Concept Publishing, 1985), Too Right Mate (en collaboration avec Bernard Gadd; Hallard Press, 1996) et As It Is (Sudden Valley Press, 1997).
Traduction des haïkus: Kenneth Fea; André Duhaime et Jean-Mario Longpré.





scattered
   across water - parts
      of the sun


gull -
a line of white between
sea and shore


billboard...
the lingerie girl smiling
through the snow


garage sale -
in the dressing-table mirror
a stranger's face


past the mannikin
the girl with the same
pout


in
the empty billboard frame
the whole mountain


midsummer sky
on all
the postcards


mountain-side -
the train climbs its own
sound


wedding ring worn thin
she kneads dough
in autumn sunlight


attic dust
finding my mother's
footsteps
à la surface
   de l'eau - des morceaux
      de soleil


mouette -
une ligne de blanc entre
mer et plage


panneau d'affichage...
la fille en lingerie fine sourit
sur fond de neige


vente de débarras -
dans le miroir de la coiffeuse
un visage inconnu


derrière le mannequin
la fille fait la même
moue


dans
l'encadrement vide du panneau d'affichage
toute la montagne


un ciel de plein été
sur toutes
les cartes postales


flanc de montagne -
le train gravit son propre
bruit


son anneau de mariage usé
elle pétrit de la pâte
au soleil d'automne


poussière du grenier
je trouve des traces de pas
de ma mère

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Patricia PRIME

Patricia Prime est née à Londres en 1939 et elle habite à Auckland depuis 1973. Elle est professeur. Elle continue d'étudier, notamment le maori. Ses articles, poèmes et haïkus et rengas ont paru dans diverses revues (Haiku Headlines, Paper Wasp et Spin) et anthologies en Australie, au Canada, en Croatie, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Nouvelle-Zélande. Elle est membre de la New Zealand Poetry Society. Elle s'intéresse aussi à la poésie des femmes de Nouvelle-Zélande.
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



the chill disturbance
of a last bird winging home
... eventual stars


down a side street
light of sunset strikes facade
flowers lose colour


Indian woman
in her butterfly sari
swinging on a swing


late glimmer of sun
on a noiseless reservoir
a terrapin glides


gravestones
in rows
hammered in


under the bed
dust
the lost clown doll


a parcel arrives
in the middle of the day
the house comes alive


black horse and white horse
chess pieces
on a cardboard hill


she lowers her head
I draw her shoulder again
black pencil hovers


telephone call
your illness
spoils the sunset
la froide perturbation
d'un dernier oiseau rentrant au bercail
... étoiles imminentes


le long d'une rue transversale
le soleil couchant frappe la façade
les fleurs perdent leurs couleurs


une Indienne
dans son sari-papillon
se balance sur une balançoire


dernière lueur du soleil
à la surface d'un réservoir silencieux
une tortue glisse


pierres tombales
en rangées
bien enfoncées


sous le lit
poussière
le clown en peluche perdu


un colis arrive
au milieu de la journée
la maison revit


cheval noir et cheval blanc
pièces d'échecs
sur une colline en carton


elle baisse la tête
je redessine son épaule
le crayon noir hésite


appel téléphonique
ta maladie
gâche le coucher de soleil

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Jeanette STACE

Jeanette Stace vit à Wellington. Elle a découvert le haïku, il y a une dizaine d'années, grâce au concours annuel organisé par la New Zealand Poetry Society dont elle était secrétaire. Ses haïkus et autres poèmes ont paru dans des revues de Nouvelle-Zélande et de divers pays (Frogond, Ko, Mainichi Daily News), ainsi que dans les anthologies New Zealand Haiku Anthology (NZ Poetry Society, 1993) et Haiku World (Kodansha, 1996). Elle a publié le recueil across the harbour (Bearfax Publications, 1996).
Traduction des haïkus: André Duhaime et Jean-Mario Longpré.



     headlights
flashing the roses
   back to red


the fisherman's line
      catching
   only the light


      stray cat
peering in the window
  of the empty house


      first
   over the line
the runner's shadow


  sun pouring down
on the nudist beach
     hats essential


drifting across
   the glass tower
      square clouds


    in the lake
tops of mountains
     quivering


the plane airborne
     its shadow
      grounded


look - the sunflower
its face now turned
      to the moon


across the harbour
   one raincloud
with its own rainbow
     des phares
rendent les roses
   rouges de nouveau


la canne du pêcheur
      n'attrape
   que la lumière


      un chat errant
regarde par la fenêtre
  de la maison vide


      la première
   à la ligne d'arrivée
l'ombre du coureur


  le soleil plombe
sur la plage de nudistes
     chapeaux de rigueur


dérivent sur
   l'édifice de verre
      des nuages carrés


   sur le lac
les cimes des montagnes
      tremblent


  l'avion en vol
    son ombre
     sur terre


regarde - le tournesol
son visage maintenant tourné
          vers la lune


dans le port passent
   un nuage de pluie
et son arc-en-ciel

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