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Née à Montréal en 1942, Micheline Beaudry habite en Montérégie. Retraitée du service social en psychiatrie, elle écrit de la poésie libre, de la prose et du haïku depuis 1999. A publié l'essai
Les maisons des femmes battues au Québec (Éditions Saint-Martin, 1984;
Battered Women, Black Rose Book, 1985, traduit par Lorne Huston et Margaret Heap). Ainsi que:
La forêt de verre (poème du collectif Jongleries, Éditions du CRP, 1998).
Marées sous la lune (poème, 2e prix de la revue Arcade, no 48, mars 2000).
Participation aux anthologies Haïku et francophonie canadienne (2000), Chevaucher la lune (2001), 55th Basho Festival Haïku Anthology (2001), Hopala (2002), Dire le Nord (2002). Participation aux sites électroniques Temps Libres (de Serge Tomé), De Vous à nous (animé par André Duhaime) et le journal Lynx (dirigé par Werner et Jane Reichhold). Nature morte (poème, 1er prix ex-aequo, dans la revue Brèves littéraires, 2003). A publié les ouvrages
Blanche Mémoire (recueil de renku avec Jean Dorval, Éditions David, 2002) et Mammaires (récit, revue Planète Rebelle, 2003).
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la lune arrondit la nuit d'eau au détour du fleuve en eaux claires l'automne et le thé mêlent leur rousseur le grillon il prolonge la soufflerie de l'ordinateur le fleuve ne gèle pas il coule plus lent et plus lourd dans l'hiver doux dans la fenêtre le soleil ne se couche plus à la même place chez l'antiquaire au fond de l'armoire vide les rais de soleil courber la tête en passant sous le lilas lourd de neige brume de pétrole l'autoroute tire un trait sous le soleil rouge au cimetière stèle surmontée d'une croix jeu d'échecs le feuillage du saule puis mes cheveux inclinés dans le même vent |
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Yves Brillon est né à Montréal en 1938. Il a fait des études de sociologie à l'Université de Genève, et de criminologie aux Universités de Lausanne et de Montréal, où il a obtenu un doctorat. Chercheur et professeur titulaire, il a travaillé à l'Université de Montréal, au Centre international de criminologie comparée et au Centre de recherche en droit public, de 1971 à 1999. Il a publié de nombreux articles et deux livres dont Ethnocriminologie de l'Afrique noire (Éditions J.Vrin, 1980). En novembre 1997, il a ouvert le site de poésie L'Île de Calliope où, en plus de présenter ses poèmes, il a élaboré une anthologie des poètes du web. Il a publié des haïkus dans les collectifs Haïku et francophonie canadienne (Éditions David, 2000), Chevaucher la lune (Éditions David, 2001) et, en anglais, Sun Through the Blinds (Shoreline, 2003). Certains de ses haïkus ont été traduits en russe, en juillet 2004, et figure sur un site littéraire.
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au coucher du jour grand-mère endormie dans l'ombre - le tricot achevé nouvelle voisine - des soutiens-gorge plus longs sur la corde à linge au jardin public les traces dans la neige d'anges envolés une autre nuit blanche - elle regarde par la fenêtre tomber la neige l'arbre de Noël clignotement de couleurs dans les yeux du chat première neige - sous le noyer du jardin des traces d'écureuils matin frisquet - dans la buée du pare-brise deux cœurs entrelacés surface du lac soudain baignée d'accalmie l'automne à l'envers la pluie a cessé - il n'y a dans le jardin qu'un saule pleureur flaque d'eau - la voiture éclabousse un coin de ciel bleu |
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Lisa Carducci est née à Montréal en 1943. Après 30 ans d'enseignement du français et de l'italien au Québec et en Chine, elle travaille à la Télévision Centrale de Chine, à Beijing. Auteur de vingt livres, en français ou en italien, elle a aussi publié maints articles et textes littéraires dans des revues, journaux et anthologies au Canada, en France, en Italie, en Chine, etc. Elle a tâté de tous les genres: poésie, roman, nouvelle, journalisme, théâtre, littérature pour enfants et même dessins animés. Mentionnons son recueil de haïkus Sous le vent est-ouest (BeiYue WenYi ChuBanShe, 1993), publié en français et en chinois, et le recueil de renkus D'une saison à l'autre (avec André Duhaime; Le Loup de Gouttière, 1993) et La Chine, telle que je la vis (une coédition des Éditions Littérature chinoise de Beijing et Humanitas de Brossard, 1998. Elle a coécrit le renku La Corbeille.
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livre ouvert gelé le nord gémit dans le vent sur la page blanche au temps de l'amour mes rêves d'espace libre meublé de fantômes tes mains sur ma peau parmi les rayons lunaires font du cinéma un ciel bleu baiser croit au leurre transparent de l'éternité boulevard vivant ma peur a couleur de fièvre et goût de violon jouer sur ton corps au silence des étoiles un air de guitare mes mains te regardent étrange photographie où mes yeux te touchent tu connais par coeur la grammaire de mon corps et son dictionnaire pendant ton sommeil je joue avec les nuages et tu n'en sais rien entre les étoiles il faut bien un peu de ciel de lumière tue |
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moji drugovi ljudi bez adresa na stanici ja cekam prolece autobus bez slobodnog mesta zimsko jutro most drzi obale reke slika kuce u novcaniku putnika poznata lica iza nepoznatih maski sirove misli sazrevaju na papiru u poljima psenice zaspalo sunce i jesen tri puta vec pocinjem istu pesmu na trotoarima leto i stolovi puni smeha |
mes amis les hommes sans adresse à la gare j'attends le printemps l'autobus sans place libre matin d'hiver le pont tient les bords de la rivière une photo de sa maison dans le portefeuille du voyageur des visages connus derrière des masques inconnus des pensées vertes mûrissent sur le papier sur les champs de blé le soleil couchant et l'automne trois fois déjà je recommence le même poème sur les trottoirs l'été et les tables pleins de rires |
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André Duhaime est né à Montréal en 1948. Il habite dans l'Outaouais depuis 1971. Il est professeur de français, langue étrangère. Depuis le début des années 80, parallèlement à l'exploration du récit de rêve (Clairs de nuit, Triptyque, 1988 et Pour quelques rêves, David, 1996), son activité littéraire se caractérise par la pratique des formes classiques de la poésie japonaise. Il anime des ateliers d'écriture. Principales publications: Haïkus d'ici (haïkus; Asticou, 1981), Haïku: anthologie canadienne/Canadian Anthology (codirection avec Dorothy Howard; Asticou, 1985), Pelures d'oranges/Orange Peels (haïkus, traduction de Dorothy Howard; Asticou, 1987), Au jour le jour (haïkus; Noroît, 1988), Voyage parallèle/Parallel Journey (renkus, avec LeRoy Gorman; Asticou, 1989), Traces d'hier (tankas; Noroît, 1990), D'une saison à l'autre (renkus, avec Lisa Carducci; Le Loup de Gouttière, 1993), Cet autre rendez-vous (haïkus choisis; David, 1996), Quelques jours en hiver et au printemps (renku, avec Gordan Skiljevic, dessins de Louise Mercier; David, 1997), Hanging From the Clouds (haïkus; King's Road Press, 1998), Haïku sans frontières: une anthologie mondiale (David, 1998),
De l'un à l'autre (renku, avec Carol LeBel, encres de Gernot Nebel; David, 1999), les recueils collectifs Haïku et francophonie canadienne (David, 2000), Chevaucher la lune: une anthologie du haïku contemporain en français (David, 2001)
et Dire le Nord (codirection avec Francine Chicoine; David, 2002),
ainsi que Par-delà les eaux (renku, avec Alain Kervern, Le Loup de Gouttière, 2005). Il a également les livres de haïkus pour enfants, avec illustrations de Francine Couture: Automne! Automne! (Éd. des Plaines, 2002), Bouquets d'hiver (Éd. des Plaines, 2002), Le Soleil curieux du printemps (Éd. des Plaines, 2003) et Châteaux d'été (Éd. des Plaines, 2003). Après une vingtaine d'années, soit la publication des recueils Peau de fleur (1979) et Visions outaouaises (1983), il publie le recueil de poèmes D'hier et de toujours (David, 2003). Il est coresponsable de ce site.
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le monde ce soir premier plaisir d'automne peler des pommes sur les vitres des traces de nez et de doigts regardent encore la pluie fragment de rêve champlain et bashô prennent le thé sur la pointe nepean trottoir verglacé à petits pas sur d'autres pas mon ombre avec de plus longues jambes ne me distancie pas la nouvelle lampe de chevet ranime les cicatrices du vieux mur le vendeur si étonné que je veuille acheter le journal d'hier tout à coup songeur devant un plat de fraises voici l'été l'eau de l'arroseur se répand sur le gazon et sur le trottoir après des années une rencontre par hasard nos courts cheveux gris |
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Née en 1943, Célyne Fortin a coanimé les Éditions du Noroît de 1971 à 1991. Elle a publié les recueils de poésie: Femme fragmentée (Noroît, 1982), L'Ombre des cibles (Noroît, 1984), Au coeur de l'instant (haïkus, Noroît, 1986), D'Elle en elles (Noroît, 1989), Voir (L'Arbre à paroles, 1991) et Les Intrusions de l'oeil (Noroît, 1993). Elle a également publié, soit des textes, soit des dessins dans des revues au Québec, en France, en Allemagne et aux États-Unis,. Elle a aussi réalisé de nombreuses conceptions graphiques et/ou illustrations, fait trois livres d'artiste, à tirage limité, et participé à des lectures publiques.Elle a coécrit le renku La Corbeille.
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la bise faisait les joues couleur de corail le corps marbre blanc maison dans la neige odeurs des lointains espaces le ciel sert de toit pieds et coeur nomades l'espace à l'abandon une fois de plus la pierre bien chaude sous les pieds juillet s'avance au coeur de l'instant des fougères exquises leur ombre serait d'argile tes jambes de plomb si le vert est vert un arbre un arbre pourquoi suis-je une femme un engoulevent son vol découpe le ciel en deux pans de gris elle court longtemps la plume pendant que l'oie reste seule au sol il y a du vent il me faut (l')écrire mais les feuilles s'envolent j'entends ma voix mais quelle est cette femme que le miroir renvoie |
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me voilà debout dans ma maison intérieure où l'enfant demeure gravir la montagne pour mieux s'abaisser prendre son envol en soi je passe en solitaire si près du soleil sans m'égarer ce qui s'entrouve au couchant ma main sur ton sein je ne finis pas de naître l'aveugle voit mieux le velours des corps l'aura duveteux une goutte de sueur le pollen de mai la pluie pour le reste consentir à la flamme qui danse de nuit sourde et muette écoutez l'été retenir le blé pour la beauté d'un automne je me reconnais dans les feuilles au vent regard bienveillant du temps un enfant engrangera ce que je n'ai pas semé la couleur des mots |
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Carol LeBel est né à Québec en 1949 et il habite à Chicoutimi. Il enseigne la philosophie au Cégep de Chicoutimi. Il participe régulièrement à différentes manifestations culturelles. Il a publié divers recueils de poésie: Ivresse en miettes (1981), Curriculum vidé (Éditions de l'A.Z., 1982), Difficile de respirer dans les yeux des autres (Sagamie/Québec, 1984), À la sortie du corps (Sagamie/Québec, 1986), Arrêtez vos mots, je descends (Éditions de l'A.Z., 1991), L'Espoir du doute (Le Loup de Gouttière, 1992), Errances (haïkus; Le Loup de Gouttière, 1994), Petites éternités où nous passons (haïkus; Le Loup de Gouttière, 1997) et Des mondes nous échappent (haïkus; Le Loup de Gouttière, 2000) ainsi que De l'un à l'autre (renku, avec André Duhaime, encres de Gernot Nebel; David, 1999).
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seul au motel des silences étrangers et un robinet bavard en vitesse   elle quitte le café dans le cendrier   une lettre déchirée deux adolescents se renvoient du pied un oiseau mort dimanche   il pleut funérailles nationales des milliers de personnes apprennent le nom d'un poète je ferme un livre je vais à la fenêtre la nuit est grande des fleurs à la main saluer une inconnue au cimetière sur le même banc deux vieillards font silence le parc est désert lueurs de l'aube quelqu'un marche seul sur la plage soir de lancement trois ans de solitude ce mince recueil par la fenêtre un gros glaçon s'égoutte lentement   patiemment |
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balayés par les vents les arbres se blottissent sur le rivage des notes de musique tombèrent dans le silence comme une pluie d'argent deux rouges-gorges pour un morceau de pain se font la guerre odeur puissante parfum d'une chevelure qui nous submerge éternité dense aux ailes de phalènes plane dans la pénombre soleil couchant pour se faire une beauté fait place à la nuit. nuit admirable la rivière retient le clair de lune la brise avait fui le lac serein rempli de nonchalance de grand matin l'écho d'un rire voltige dans la plaine comme l'épeire tisse sa toile la vie englue nos rêves |
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Dans le parc soudain très vide, un parapluie s'éloigne. Les bruits des voitures, je les entends de la même oreille que les oiseaux. Tous dorment. Je nage dans la nuit que verse la fenêtre. La pluie passe dans la rue, papier qu'on froisse. Dans la neige fraîche près du métro, mille flèches: pattes de pigeons. Les fourmis courent, courent sur le patio tellement immense. Dans un verre d'eau, 3 tulipes, fanées, plus ou moins. Un vieil homme promène, à pas lents, un vieux chien dans la pluie de 8 heures. Là, puis là, encore, disparaît, apparaît, là, ici, la luciole. Train de nuit: le cognement des boogies sur les rails - woogie. |
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Guy Ménard est né à Granby, en 1948. Après des études de philosophie, de théologie et d'anthropologie, il enseigne quelques années en Afrique (Éthiopie), il est, depuis 1982, professeur au département des sciences
religieuses de l'Université du Québec à Montréal et directeur de la revue Religiologiques. Il a publié des essais (De Sodome à l'Exode, Guy
Saint-Jean, 1993; Les ruses de la technique (avec C. Miquel), Montréal et Paris, Boréal et Méridiens-Klincksieck, 1988; Petit traité de la vraie religion - à l'usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le XXIe siècle, Montréal, Liber, 1999). Il est également l'auteur de deux romans (L'accent aigu, Montréal, Leméac, 1983; Jamädhlavie, Montréal,
Boréal, 1990), d'un recueil de poésie (Fragments, Montréal, Hurtubise HMH, 1978) et des recueils de haïkus Hiéroclips. Haïkus baroques (Montréal, Ex
Libris + Poésie, 1998) et Les cloîtres (dessins en coffrets de Christiane Lemire et haïkus de Guy Ménard.) Voir son site.
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si prenante, à l'aube, au flanc du mont bleu, l'odeur des eucalyptus retenant leur souffle en entendant le hoquet des kalachnikovs la forêt bruissait de fées, d'elfes et de faunes; Puck parlait à Pan noire déchirure hurlant sur la toile blanche d'un grand Borduas l'hyène ricane; dans ses vieux murs, Harrar dort; Rimbaud rôde encore à l'heure où les faons vont boire - au risque des fauves, à l'insu de l'aube le Petit Prince à l'allumeur de réverbères: «N'éteins pas la nuit!» giclées d'or safran, bronze bruissant, spasmes fauves, grands râles porphyre mon cœur en exil, comme l'été banni, comme un voilier d'outardes gargouille alanguie, sphinx à l'affût, noire énigme, tu dors? tu m'épies? |
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Originaire de France, Bertrand Nayet vit au Manitoba depuis 1975. Il a été agriculteur et traducteur; il enseigne actuellement le français et le théâtre au Collège Louis-Riel à Saint-Boniface. Il fait preuve d'éclectisme puisqu'il est comédien, peintre, écrivain (nouvelles, contes, pièces de théâtre et poésie). Il a publié le recueil de nouvelles La Vie quotidienne et autres champs de mines (Éditions du Blé, 1998) et le recueil de haïkus Juste un grand vent. Ses textes ont paru dans la revue littéraire Prairie Fire et dans des collectifs: Blé (publié par Les Éditions du Blé lors de leur 25e anniversaire), Théâtre en pièces (publié par les Éditions du Blé pour le 75e anniversaire de la troupe du Cercle Molière) et le recueil Haïku et francophonie canadienne (Éditions David, Éditions du Blé et Éditions Perce-Neige, 2000). Dans l'hebdomadaire La Liberté, il a publié une série de contes de Noël, les romans épistolaires Klondike et, en collaboration avec Charles Leblanc, Correspondances. En 1999, en hommage à Louis Riel et à l'exubérance littéraire, il fonde avec d'autres écrivains franco-manitobains Le Collectif des écrivains post-néo-riélistes dont il devient le secrétaire perpétuel. (Photo: Martine Pelletier)
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sur l'amas de troncs poussés par la Rouge en crue un peu de neige un merle a sifflé, le chat suit du regard la chute d'un pétale une femme en bleu aux seins lourds et ronds derrière une poussette un bruit la nuit dans la maison, mon fils grince des dents l'enfant tousse dans la nuit, un angle aigu sur ma montre matin d'hiver gris, odeur d'orange fraîche sur tes doigts trois matins que la petites nonne grise ne nettoie plus le trottoir derrière cet homme, dans l'air sec et glacé, l'odeur du tabac brûlé au bout du sentier le passage de mon souffle, givre sur ma barbe rivière en étiage les piles du vieux pont sont visibles à nouveau |
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Jeanne Painchaud vit à Montréal. Elle a publié le recueil de récits Le tour du sein (Triptyque, 1992), les recueils de haïkus Je marche à côté d'une joie (Les Heures bleues, 1997) et Soudain (David, 2002) ainsi que Sous nos pas (renku en collaboration avec Francine Chicoine, David, 2003). Elle a monté une exposition de haïkus écrits par des poètes québécois, Haïkus, poèmes en trompe-l'oeil, des années 20 à aujourd'hui; d'abord présentée à Montréal en 1997, cette exposition a voyagé dans plusieurs villes du Québec. Son travail se caractérise par une approche ludique de la langue et par l'exploration de sujets tout à fait féminins, comme le sein et la relation mère-enfant.
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Si j'avais gardé tout le sable De tes souliers Le temps n'aurait plus compté Tu as froid dans mes bras Tu veux que je réchauffe Le vent Une rognure d'ongle Sur la tuile bleue Une lune devant tes yeux Dans tes cheveux je découvre Une lente un pou Comme on en trouve Dans les très vieux haïkus Chaque nuit depuis 2000 nuits Sentir ton cou humide Endormi Des pleurs de perdant: Au milieu des échelles Tu tombes sur des serpents Je n'ai pas pu imaginer Ce tigre invisible Que tu vois sur mon nez Tranquillement Tu pêches dans l'étang Où une truite mange ses enfants Entre nous deux Une coccinelle inerte Et ta petite tristesse Tu aimes marcher Devant moi dans mon ombre Comment t'expliquer qu'à midi Elle est cachée sous mes pieds? |
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Un souvenir vieil informe la solitude il neige à plein ciel Doux soleil d'hiver quelques notes de Schubert grignotent le coeur Dans un clos de paille par le rang au bout du monde gîte la grisaille Lichettes de neige dans les antres sis au nord squelette d'hiver Visage à la vitre un enfant éternel regarde le vide Dans un vase de grès temps et espace quelques immortelles séchées Le couchant divin perclus dans une flaque d'eau sale Brindille de vie une femme jupe au vent étend du linge Don de l'espace une mouette en arrêt sur un piquet Stigmates d'automne les feuilles mortes débris de soleil |
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Alain Raimbault est né à Paris en 1966. Après une enfance méditerranéenne et des études de Lettres et de Langues à l'université de Poitiers, il s'est dirigé vers l'enseignement. Résident du Canada depuis 1998, il habite à Grand-Pré et enseigne actuellement à Greenwood, en Nouvelle-Écosse, dans une école francophone. Il a fait paraître des poèmes et des nouvelles dans diverses revues en France (Albatroz, Mires, Verso), en Belgique (Inédit), aux États-Unis (River/Rivière) et au Canada (Éloizes, Envol, Exit, Feux Chalins, Moebius, Possibles, Virages. Il a publié deux romans-jeunesse: Herménégilde l'Acadien (Hurtubise-HMH, 2000) et L'arbre à chaussettes (Hurtubise-HMH, 2001). Il a également publié les recueils de haïkus Mon île muette (David, 2001) et >New York loin des mers (David, 2002).|
dessiner le soir la feuille si maladroite boit sec l'ambroisie l'oeillet nu frissonne il trahira ses dentelles insomnie du rose un calendrier brûlent les lunes les mois morts, de bonne foi elle collectionne additionne les miroirs soustrait les rayons la mélodie lasse l'innocente après-midi indécise attente souvenirs perdus la quête de l'arbre absent un matin pluvieux sourire d'avril un film français noir et blanc un dortoir d'école tu n'écriras plus à quoi bon se mal aimer le témoin s'éloigne la pie du couvent au désert la cloche sonne l'oubli de l'enfance ni retour ni ombre tu ne me laisses rien de tangible la plume tremble |
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En fuite dans l'instant de sa voix insaisissable. Le corps sans limite quand l'habite la voix seule. Son secret confondu au souffle de l'univers. Son chant s'épuise dans un mouvement invisible. L'espace légendaire de sa voix - ce qui reste. D'un cri le silence occupe ce lieu inédit. M'écrire le récit de la voix porte un écho. Trou de mémoire - une voix d'avant moi me traverse. Musique si lente où s'effeuille la parole. Géographie où se perdre de vive voix. |
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Jocelyne Villeneuve est née en 1941 à Val d'Or, Québec; elle a vécu à Sudbury, Ontario, de 1953 jusqu'à sa mort, en mai 1998. Elle a publié ses livres en français et en anglais chez divers éditeurs ontariens et québécois: Des gestes seront posés (Prise de Parole, 1977), Contes des quatre saisons (Héritage, 1978), Le Coffre (Prise de Parole, 1979), Nanna Bijou: le géant endormi (Prise de Parole, 1981), Nanna Bijou: The Sleeping Giant (Penumbra, 1981), La Princesse à la mante verte (Prise de Parole, 1983), La Ménagerie (Plaines, 1985), Terres des songes (Vermillon, 1986), Contes de Noël (Plaines, 1987), Greenmantle (Penumbra, 1988), Les Friperies (Prise de Parole, 1989), Le Geai bleu et le papillon (Vermillon, 1992) et Vie première (Meera, 1992). Des extraits de ses ouvrages ont été diffusés sur les ondes de Radio-Canada. Dans le domaine du haïku, ses poèmes ont paru dans diverses revues et anthologies au Canada, aux États-Unis et au Japon; elle a publié les recueils: La Saison des papillons (Naaman, 1980), Feuilles volantes (Naaman, 1985) et Marigolds in Snow (Penumbra, 1993); elle a laissé le recueil inédit Bagatelles. |
J'entends la grive - Derrière moi, les notes oubliées d'un autre été. Des phrases composées dans le soleil qui flâne sous ma plume. Du soleil couchant des mouettes en courbes roses obliquent vers demain. Les érables en feu. Ma main ralentit sa marche sur la page blanche. Le geai s'envole. La branche où il était perché continue de vibrer. |
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hunger moon watching as I turn forty first day of Spring - the neighbour's child walks in unannounced my parents chatting in the swing day of golden sunlight Labour Day back from the cottage June on the calendar friends sharing one tea bag this winter's day |
la lune de la faim me regarde dormir j'ai quarante ans premier jour du printemps - l'enfant du voisin entre chez nous à l'improviste mes parents jasent blottis au fond de la balançoire soir couleur âge d'or Fête du Travail découverte au retour du chalet le calendrier indique juin jour d'hiver un couple se partage un seul sachet de thé |
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«Née en Bretagne, Évelyne Voldeng est venue s'établir à Ottawa en 1968. Elle est professeure au Département des études françaises à l'Université Carleton. Elle s'intéresse à la poésie des 19e et 20e siècles, aux écritures féminines et au conte populaire. Romancière mais surtout poète, elle a publié cinq recueils: Les Plaquebières (Rougerie, 1980), La Rose épervière (Rougerie, 1983), Les Étoiles d'eau (Rougerie, 1987), Mes Amérindes (Éditions Louis Riel, 1988) et La Cosse blanche du temps (Rougerie, 1992). Elle préfère le poème court, dense, lyrique, néo-surréaliste. Profondément influencée par la nature, elle fait souvent appel à une imagerie florale. Elle passe ses moments de loisir à poursuivre ses recherches universitaires, à écrire et à voyager, souvent en Asie et au Japon notamment où elle a parlé récemment du haïku en France, au Japon et au Québec. Son recueil Haïkus de mes cinq saisons est paru aux Éditions David (2001).» Elle est décédée accidentellement le 1er juillet 2002.
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Jardin botanique un oiseau sur mon collier de coquillages. Les poissons séchés fragrance sauvagine marché de Tôkyô Banquet raffiné un éclair de baguettes du boeuf de Kôbe. Deux lions enlacés une crinière rouge une scène de kabuki. Le papillon bleu au coeur du volubilis essaime le temps. Une cataire la plante des décombres rendez-vous des chats. Les boutons rouges éclosent en feuilles vertes et ma robe déteint. Marée de souliers le bouddha d'émeraude sourit aux lotus. La fleur de misère croît au pied des palais blancs les chiens l'arrosent. Le vaste océan salure des revenants grande tombe bleue. |
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