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Constantin Abaluta est né en 1938 à Bucarest où il habite toujours. Diplômé en architecture, il a pratiqué cette profession jusqu'en 1969 puis il s'est consacré à sa carrière d'écrivain. Poète, dramaturge, prosateur et traducteur, il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont le recueil de haïkus et de tankas, en roumain et en anglais, O lentila pe masa (Une lentille sur la table; Leda, 1996). Il a traduit des poèmes de Charles Cros, Dylan Thomas, Wallace Stevens, T. Roethke, W. S. Merwin, Frank O'Hara, Edward Lear, ainsi que des proses de Samuel Beckett. Ses pièces de théâtre ont été jouées à la radio; ses écrits ont paru dans des revues de Roumanie, ainsi que dans diverses revues à l'étranger: Caractères, Change et Lettre internationale (Paris); Breve (Naples) et Ombrela (Grèce). Il a reçu divers prix autant en Roumanie qu'à l'étranger. Son nom apparaît dans le Who's Who in the World et dans le Who's Who in Europe. Il est membre de l'Uniunea Scriitorilor din Romania.|
Cucul cinta - brusc nici o diferenta intre cimp si iaz Toamna - o frunza uda a acoperit numarul casei Pod in ceata - suieratul trenului cit e de pur! O frunza galbena cade in fata casei fara ferestre Orhideea - in fiecare clipa tacerea este alta In bastonul orbului si-a facut cuib un greiere Imbatrinesc - frunzele copacilor sunt tot mai mari... In linistea odaitei mele ziua care se sfirseste se-adauga mileniului Cit timp am privit cerul un fir de paianjen a traversat strada In virful stincii o spartura in forma de fluture |
Le coucou chante - soudainement point de différence entre champ et étang Automne - une feuille humide a couvert le numéro de la maison Pont dans la brume - le sifflement du train qu'il est pur! Une feuille jaune tombe devant la maison sans fenêtres L'orchidée - à chaque instant le silence est autre Dans le bâton de l'aveugle s'est niché un grillon Je vieillis - les feuilles des arbres sont de plus en plus grandes... Dans le silence de ma petite chambre le jour qui s'achève s'ajoute au millénaire Pendant que j'ai regardé le ciel un fil d'araignée a traversé la rue Au faîte du rocher une cassure en forme de papillon |
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Valentin E. Busuioc est né en 1965 et il habite à Bucarest. Il a publié les recueils 111 poeme (111 poèmes; Muntenia, 1993) et Viaja in direct (La vie en direct; Leda, 1995); il prépare le recueil Vortex. Ses poèmes et haïkus ont été repris dans des anthologies en Roumanie, en Belgique, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Il est membre de l'Uniunea Scriitorilor din Romania.|
beau apa din palma - pe linia vietii, nisipul prin ceata paznicul se intoarce cu fluturi pe felinar in muzeu cartita indura atata lumina! iarna geroasa - pe coada toporului conturul palmei cazand pe lac frunza uscata se intinde cu privirea spre cer cainii trag sania ingenuncheati nimeni prin ploaie bolul cu ceai poarta amprentele tale ocolind pata de cerneala - versuri despre lac pleoapele pisicii in ritmul picaturilor lumanarii si ras, si plans - umbra unei crengi anima statuia |
je bois de l'eau de ma paume - sur la ligne de vie, du sable à travers le brouillard le gardien revient avec des papillons sur le réverbère dans le musée la taupe supporte tant de lumière! dur hiver - sur le manche de la hache le contour de la paume en tombant sur le lac la feuille sèche s'étend le regard vers le ciel les chiens tirent le traîneau sur les genoux personne sous la pluie le bol de thé porte tes empreintes contournent la tache d'encre - des vers au sujet du lac les paupières du chat au rythme des gouttes de la chandelle et rire, et pleurs - l'ombre d'une branche anime la statue |
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Ion Codrescu est né à Viisoara en 1951 et habite à Constanta. Il est professeur d'art plastique et d'histoire de l'art. La peinture et la poésie sont les deux domaines de sa vie artistique. En 1992, il a fondé la Societatea de Haiku din Constanta et la revue Albatros/Albatross, publiée en roumain et en anglais; il est également l'organisateur du Festival international de haiku, tenu bisannuellement à Constanta. Ses poèmes ont paru dans des revues et anthologies de plusieurs pays: Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Colombie, Croatie, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Grèce, Irlande, Japon, Roumanie. Il a remporté divers prix au Japon et aux États-Unis. En collaboration avec la traductrice Mihaela Codrescu, il a publié les recueils bilingues, en roumain et en anglais, Desene printre haiku/Drawings Among Haiku (Muntenia, 1992) et Flori nevandute/Unsold Flowers (Hub, 1995); il a aussi publié les anthologies Constanta Antologie de Haiku Anthology (Muntenia, 1992) et Ocolind iazul/Round the Pond (Muntenia, 1994). Il a été invité à lire ses poèmes et à donner des conférences dans divers pays; la Haiku Society of America l'a nommé «ambassadeur du haïku». De ses haïkus ont été traduits par Patrick Blanche et publiés sous le titre L'abricotier change de visage (Voix d'encre, 1994).|
dupa concert curatind tacut zapada de pe masina zapada se topeste - - urmele pisicii din ce in ce mai mari desen de copil - - tata gigant printre membrii familiei in linistea serii nelinistita-i pasarea pe creanga mama tresare stergind vechea icoana - - clopotul bate zborul porumbeilor intrerupe jocul copiilor pagina goala - - o furnica isi cauta un reper sarbatoare nationala - el isi intreaba sotia: in ce zi sintem azi? prima zi de scoala - o insula de cerneala pe caiet pe cer abia auzite, abia vazute pasari migrind |
après le concert enlever silencieusement la neige qui est sur la voiture la neige fond - - les traces du chat de plus en plus grandes dessin d'enfant - - le père géant parmi les membres de la famille dans le silence du soir inquiété est l'oiseau sur la branche la mère sursaute en époussetant la vieille icône - - la cloche sonne le vol des pigeons interrompt le jeu des enfants page blanche - - une fourmi cherche un repère fête nationale - il demande à sa femme: quel jour sommes-nous aujourd'hui? premier jour d'école - une île d'encre sur le cahier dans le ciel à peine entendus, à peine vus des oiseaux migrent |
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Poète, prosateur et dramaturge, Serban Codrin est né en 1945; il habite à Slobozia. Depuis quelques années, il s'intéresse aux diverses formes de la poésie japonaise. Il est directeur-fondateur des
revues Orion et Micul Orion (Petit Orion), fondateur de la Scoala de poezie tanka, renku, haiku de la Slobozia, et l'organisateur d'un festival annuel. Il a notamment publié les recueils: Intre patru anotimpuri (Entre quatre saisons, haïkus; Haiku, 1994), Dincolo de tacere (Aux confins du silence, haïkus; Haiku, 1994), Salcii vechi si noi (Des saules anciens et nouveaux, renku; 1995), Pasari ezoterice (Des oiseaux ésotériques, renku; 1996), O pata pe zid (Une tache sur la muraille, renku; 1996), O sarbatoare a luminilor stinse (Une fête des lumières éteintes, poèmes choisis; Startipp, 1997) et Scoici fara perle (Des coquilles sans perles, poèmes choisis; Helicon, 1997); il a par ailleurs plusieurs projets en cours. Avec Florin Vasiliu, il est coprésident de la Societatea romana de Haiku et a copublié l'anthologie de haïkus de Roumanie O suta de catarge (Une centaine de mâts; Haiku, 1997). Il est membre de l'Uniunea Scriitorilor din Romania et de Haiku International Association (Tokyo, Japon).|
Seara in verde - pana si lemnul din gard inmugureste Pe drum cu umbra tocmai am vazut macii - avem ce tace Nopti fara greieri - ceva i se intampla universului Un ciob de ceasca - sapte fire verzi de grau prezic Anul Nou Zori de martisor - din omul de zapada ramane soarta Palpaie-adesea lumina in candela - respira Iisus Prizoniera - o floare fara nume in gardul de spini Seara de vara - un patrat fara iarba sub masa de sah Vantul serii vai - curg pe un brad frunzele altui arbore Soare in apus - o umbra ducand alta umbra pe umar |
Soir en vert - même la clôture en bois bourgeonne Sur la route avec l'ombre nous venons de voir les coquelicots - nous avons de quoi nous taire Nuits sans cigales - quelque chose arrive à l'univers Morceau de tasse - sept tiges de blé vertes présagent du nouvel an Aube du printemps - du bonhomme de neige ne reste que le sort Elle vacille souvent la flamme de la chandelle - Jésus respire Prisonnière - une fleur sans nom dans la haie d'épines Soir d'été - un carré sans herbe sous la table d'échecs Vent du soir hélas - glissent sur un sapin les feuilles d'un autre arbre Coucher de soleil - une ombre porte une autre ombre sur l'épaule |
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Eugenia Faraon est née en 1948 à Husi, Moldavie, où elle habite toujours. Elle a publié des poèmes dans les revues littéraires: Convorbiri literare (Causeries littéraires), Flacara (La Flamme), Cronica (La Chronique), Ateneu (Athénée), Moldova (La Moldavie), et des haïkus dans les revues Haiku de Bucarest et Orion de Slobozia. Elle a publié les recueils de poèmes Boltile rugii (Les Voûtes de la prière; Macarie, 1994) et Floarea cerului (La Fleur du ciel; Helicon, 1997), ainsi que le recueil de haïkus, en roumain, en français et en anglais, Freamat si clestar (Frémissement et cristal; Haiku, 1996). Elle est membre de la Societatea romana de Haiku depuis 1991 et de la Societatea de Haiku din Constanta depuis 1995.|
Fosnetul a stat. Copacul se deschide sa-ncapa luna. Vai, iarasi umbra de pe un geam pe altul - am plecat, sau vin?! Fantana noua. Cu apa din caldare curge si soarele. La geam, pe file reflexe galben-verzui - cad frunzele viei. Ochiul apei - ierburi ducand cu norii cerul intre maluri. Curioasa, broasca se strecoara cu luna peste pragul casei. Disputa-n gradina - mama strange mararul eu, un haiku. Plopii in siruri - umbra trenului sarind obstacole. Ce bine-ti sta astazi Dumnezeule in pomi infloriti! Tihna iernii - lunga Dumineca a campiei. |
Le frémissement a cessé. L'arbre s'ouvre pour contenir la lune. Hélas, encore l'ombre d'une fenêtre à l'autre - je suis parti ou je reviens? Nouveau puits. Avec l'eau du seau coule le soleil. Par la fenêtre, sur les feuilles des reflets jaune verdâtre - tombent les feuilles de la vigne. Surface de l'eau - des herbes et les nuages portent le ciel entre les berges. Curieuse, la grenouille se faufile avec la lune au-delà du seuil de la maison. Dispute dans le jardin - maman ramasse le fenouil moi, un haïku. Peupliers en rangées - l'ombre du train saute des obstacles. Comme tu es beau aujourd'hui mon Dieu dans les arbres fleuris! Paix de l'hiver - l'interminable dimanche de la campagne. |
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Clelia Ifrim (Cecilia Bucur) est née en 1950 à Bucarest et elle y habite toujours. Elle a pris le nom de sa fille comme nom de plume. Elle a publié ses premiers poèmes dans la revue Luceafarul en 1979; deux textes en prose ont paru dans l'ouvrage collectif Debut 1986 (Début 1986; Cartea Romaneasca, 1986); elle est présente dans l'Anthologie de théâtre court (Oradea, 1993) avec la pièce Cimpul lacom de medalii (Le Champ avide de médailles), qui a été mise en scène à Kichinev à l'occasion de la Semaine des 100 ans de théâtre roumain. Elle a été mise en nomination à l'Union nationale des théâtres de Roumanie pour la pièce Centru de excelenta (Centre d'excellence; 1994). Elle a reçu le grand prix, section langue anglaise, lors du concours Itoen New Haiku (Japon) en 1994. Elle est membre du comité de rédaction de la revue Semn (Signe). Elle a plusieurs projets en cours, plus particulièrement la publication du recueil de haïkus et d'essais Haiku: la Portile Orientului (Haïku: aux portes de l'Orient).|
Pipa de cires - fluturele cauta mireasma florii. Joc electronic - monezi in buzunare nimic in suflet. Trei stele in riu - hotul de pui bea apa abia la ziua. O scrisoare in iarba crescuta pe prag - efemeride. Casa de chirpici - o vrabie culege citeva paie. Zapada cazind pe cintarul din piata - zero absolut. Pelerin dormind - fluture pe timpla lui vis neintrerupt. Ploaie de vara - aluneca un tipar printe degete. Marginea frunzei - regina furnicilor intorcind sirul. Luna de vara dizolvata in mare - pilula de somn. |
Pipe en cerisier - le papillon cherche le parfum de la fleur. Jeu électronique - de la monnaie dans les poches rien dans le cœur. Trois étoiles dans la rivière - le voleur de poulets boit de l'eau presque le jour. Une lettre dans l'herbe poussée sur le seuil - éphémères. Maison en torchis - un moineau cueille quelques pailles. La neige tombe sur la balance du marché - zéro absolu. Un pèlerin dort - le papillon sur sa tempe rêve ininterrompu. Pluie d'été - glisse une loche entre les doigts. Bord de feuille - la reine et la file de fourmis font demi-tour. La lune d'été dissoute dans la mer - somnifère. |
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Dumitru D. Ifrim est né en 1937 à Raducaneni-Iasi et il habite à Bucarest. Juriste, spécialiste en droit international, il est conseiller parlementaire au Sénat de la Roumanie. Il est membre de l'Association roumaine des hommes de sciences et de l'Association de droit international et des relations internationales. Il a publié poèmes, essais et traductions dans des revues roumaines (dont Romania literara); ses haïkus ont paru dans diverses revues roumaines et étrangères: Itoen (Japon) et Mirrors (États-Unis). Il a publié le recueil de poèmes O fuga a melancoliei (Une fugue de la mélancolie; Albatros, 1983), le recueil d'essais et d'impressions de voyages In numele omeniei (Au nom de l'humanité; Sport-Turism, 1988) et Poeme franceze (Scripta, 1994), une traduction de Poèmes français de Rainer Maria Rilke. Il est ancien vice-président de la Societatea romana de Haiku, membre de la Societatea de Haiku din Constanta et membre du comité de rédaction de la revue de haïkus Semn (Signe). Il a reçu le prix d'excellence lors du concours Itoen New Haiku (Japon) en 1995.|
In piata mare cu un cocos in brate - batrinul dresor. Pe tot cuprinsul o singura cetate - gluga de porumb. Sute de fluturi pe o capsula de mac - povesti secrete. O impuscatura - pe intinsul cimpiei eternitatea. Aceeiasi mi-e fata dar in oglinda vad un necunoscut. Un fluture prinde acceleratul de lasi - venim impreuna. Camera goala - iubirea a luat cu ea chiar si peretii. Pe cimpul verde scarabei uriasi - pepenii galbeni. Noapte de clestar - lacul roteste incet stelele pe cer. In lanul de mac culege o batrina - sperietoarea. |
Au grand marché avec un coq dans les bras - le vieux dresseur. Sur toute la plaine une seule citadelle - la moyette de maïs. Des centaines de papillons sur une capsule de pavot - contes secrets. Un coup de feu - dans l'immensité de la plaine l'éternité. Mon visage est le même mais dans le miroir je vois un inconnu. Un papillon prend le train rapide d'Iasi - nous allons ensemble. Chambre vide - l'amour a pris avec lui même les murs. Sur le champ vert scarabées géants - les melons jaunes. Nuit de cristal - le lac tourne lentement les étoiles dans le ciel. Dans le champ de pavot cueille une petite vieille - l'épouvantail. |
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Manuela Miga est née en 1947 à Constanta et elle habite à Bucarest. Diplômée de l'Académie de Théâtre et Film de Bucarest, en 1971, elle est chef du Département de documentation en culture de la Bibliothèque nationale de Roumanie. Elle pratique les diverses formes de poésie japonaise; elle a publié poèmes et articles sur ces formes dans des revues en Roumanie (Albatros/Albatross, Amurg sentimental, Contrapunct, Haiku, Orion, Pantheon, Semn, Steaua, Tomis), en Angleterre (Blythe Spirit), en Croatie (Vrabac/Sparrow), aux États-Unis (Mirrors, Modern Haiku) et au Japon (The Daily Yomiuri, Kô, Mainichi Daily News). Ses poèmes ont été publiés dans les anthologies: Umbra libelulei (L'Ombre de la libellule; Haiku, 1993), The Haiku Seasons (Kodansha International, 1996), Haiku World (Kodansha International, 1996) et O suta de catarge (Une centaine de mâts; Haiku, 1997). Elle a publié le recueil 99 exercitii de haiku/99 haiku exercises/99 exercices de haïkou (Sakura, 1994). Elle a reçu les prix: Daily Yomiuri (Tokyo, 1994), Itoen New Haiku (Tokyo, 1994 et 1996) et Orion pour le meilleur recueil de haïkus (Slobozia, 1995). Elle a lu de ses œuvres à la Radio Romania Cultural. En 1997, elle a participé à l'exposition internationale de mail-art organisée par le Musée d'art de Bistrita-Nasaud.|
Nevrednic ma simt de rodire - bob de grau ramas in hambar Incotro ai pornit, puf de papadie? Vine furtuna! Caldura mare. O musca linge ochiul pestelui putred Plici! Doua muste pe caietul de-algebra fac infinitul Inot pe spate; falnicul meu burtoi e muntele Fuji Ma trezesc din somn numarand silabele; haiku-ul rade Sunt definitiv nebuna dupa haiku. El, de asemeni Ploaia scutura florile magnoliei - barca pentru melc Pe jaluzele umbra vechiului salcam – motan motaind Ploua linistit. Pe buza prapastiei o fata oarba |
Je me sens indigne de la fertilité - grain de blé resté dans le grenier Où t'en vas-tu, aigrette de pissenlit? L'orage s'en vient! Grande chaleur. Une mouche lèche l'œil du poisson putride Clac! Deux mouches sur le cahier d'algèbre font l'infini Je nage sur le dos; mon ventre magnifique est le Mont Fuji Je me réveille en comptant les syllabes; le haïku rit Je suis définitivement folle du haïku. Lui, aussi La pluie secoue les fleurs du magnolia - barque pour escargot Sur les persiennes l'ombre du vieil acacia - un matou somnole Il pleut doucement. Au bord du précipice une fille aveugle |
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Aurel Rau est né en 1930 à Josenii Birgaului, Bistrita-Nasaud, et il habite à Cluj. Il est poète, rédacteur en chef de la revue Steaua (L'Étoile). Il a publié plusieurs recueils de poèmes, entre autres: Focurile Sacre (Les Feux sacrés; ESPLA, 1956), Jocul de-a stelele (Le Jeu d'étoiles; EPL, 1965), Turn cu ceas (Tour à horloge; Dacia, 1971), In inima lui Yamato (Dans le coeur de Yamato; Albatros, 1973), Micropoeme (Micropoèmes; Dacia, 1975), Zodiac (Zodiaque; Eminescu, 1991) et Gutuiul Japonez (Le Cognassier japonais; Timpul, 1996). Il a traduit divers poètes: Antonio Machado, Constantin Kavafis, Saint-John Perse et Bashô. Il a reçu des prix de poésie de l'Academia romana et de l'Uniunea Scriitorilor din Romania. Il est président de la Societatea romana de Haiku.|
Primul trandafir Si toate pasarile Si eu singur cuc |
La première rose Et tous les oiseaux Et moi tout seul |
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A face umbra pamintului Om sau cruce Cum vrei s-o iei |
Faire ombre par terre Homme ou croix Comme tu veux le prendre |
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Muiat de ploaie am intrat sub umbrela parcului ciuruita |
Mouillé de pluie je suis entré sous le parasol du parc troué |
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Drama lui Naso sa fii tradus zi si noapte de pescarusi |
Le drame de Naso être traduit jour et nuit par les mouettes |
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Pescarusi, pescarusi S-au culcat si ei culca-te suflete! |
Mouettes, mouettes Elles se sont couchées aussi couche-toi âme! |
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Nu stiu bun la ce-i fructul gutuiului japonez Si-l culeg |
Je ne sais bon à quoi est le fruit du cognassier japonais Et je le cueille |
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0 Si zac ling-o apa albastra uitat pe planeta noastra |
Et je gis près d'une eau bleue oublié sur notre planète |
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Gutui japonez In fata casei unde lucrez eu haiku |
Cognassier japonais Devant la maison où moi je travaille haïku |
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Ninsi ciresii de floare miei albi Va avea un an bun plinsul |
Cerisiers enneigés de fleurs agneaux blancs Auront une bonne année les pleurs |
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Creanga sub apa Ca o mina Ma atinge Inlemnesc Trec |
Branche sous l'eau Comme une main Me touche Je fige Je passe |
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Stefan Gh. Theodoru est né en 1921 à Braila et il habite à New York. Il a quitté la Roumanie en 1964 pour s'installer aux États-Unis où il a continué à travailler comme ingénieur. Sa carrière littéraire a commencé en 1952, avec l'obtention d'un prix au concours de cinématographie roumaine. Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge et historien, il a publié une quinzaine d'ouvrages, dont les recueils de haïkus, en roumain, en français et en anglais: Intilnire in amurg (Rencontre au crépuscule; Haiku, 1994), Traista cu stele (Le Sac à étoiles; Tempus, 1995) et Centum (Centum; Haiku, 1997). Il est membre de la Société des inventeurs des États-Unis, de l'Académie des sciences de New York, ainsi que de l'Association internationale des écrivains et artistes.|
Brotac zglobiu a sarit pe ridichea ce-am aruncat-o O turturica gangurind mi se plange - are dreptate Trece un caine cu zapada pe spate - unde o duce? E iarna in toi - singura frunza pe ram lupta cu vantul Timid, o broasca incearca primavara cu-un oracait Intins de miristi - un singur spic de straja si-un mac ofilit Pace-n poiana - grijile ei in paza licuricilor Sperietoarea - in copilaria mea primul prieten Cu demnitate in hainele mele vechi - sperietoarea Fulgii din inalt - inaltul din infinit eu de nicaieri |
Une petite grenouille espiègle a sauté sur le radis que j'avais jeté Une tourterelle roucoule et se plaint à moi - elle a raison Passe un chien avec de la neige sur le dos - où la porte-t-il? Au cœur de l'hiver - la seule feuille sur la branche lutte contre le vent Timide, une grenouille essaie le printemps avec un coassement Vastes champs fauchés - un seul épi monte la garde et un coquelicot fané Paix dans la clairière - ses soucis gardés par les lucioles L'épouvantail - dans mon enfance premier ami Avec dignité dans mes vieux vêtements - l'épouvantail Les flocons du ciel - le ciel de l'infini moi de nulle part |
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