yougoslavie .

YOUGOSLAVIE


Vladislav BAJAC
Mirjana BOZIN
Milijan DESPOTOVIC
Dobrica ERIC
Lenka V. JAKSIC
Bojan JOVANOVIC
Zoran RAONIC
Slavko SEDLAR
Vukadin SRETENOVIC
Djoko STOJICIC


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Vladislav BAJAC

Vladislav Bajac est né à Belgrade en 1954 et il y habite toujours. Romancier, poète et traducteur, il a publié une douzaine d'ouvrages; certains ont été traduits en anglais, en français, en breton, en japonais ou en macédonien. Il a été directeur de la revue Haiku de 1976 à 1980. Au Japon, il a reçu des prix au concours Itoen New Haiku (1991 et 1993) et ses haïkus ont paru dans l'anthologie Four Seasons (Ko, 1991). Il a publié le recueil de haïkus Zov haiku (L'appel du haïku; 1988). Il est directeur du Centre de géopoétique de Belgrade.
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Klompe necijih
nogu iznenadjene
vecernjom kisom.


Kisa je stala.
Klize kapi sa nekog
pijanog lista.


Pluta talasom
galeb - malocas
baceni opusak.


Suste listovi.
Protive se mom hodu.
Vracam se - kriv sam.


U kasnoj setnji
pas mirise prerano
izniklu lalu.


Oterane vetrom,
leptirice uz mene
bdiju ovu noc.


Cudni vetrovi!
Hteli bi da duvaju
u drugom smeru.


Blagi pokreti
prozorske zavese.
Necujni vetar.


Otvorih tresnju.
Sunce iznenadi
uposlenog crva.


Cujem zvuk vode.
Neko spira prosli dan
u kupatilu.
Les sabots de quelqu'un
sont surpris
par la pluie du soir.


La pluie a cessé.
Des gouttes glissent
d'une feuille ivre.


Flotte sur la vague
une mouette - un mégot
juste lancé.


Les feuilles craquent.
Elles s'opposent à ma marche.
Je rentre - me sentant coupable.


Pendant la promenade tardive
un chien renifle la tulipe
poussée trop tôt.


Chassées par le vent,
les phalènes avec moi
veillent dans la nuit.


Vents bizarres!
Ils voudraient souffler
dans le sens contraire.


Les doux mouvements
du rideau à la fenêtre.
Le vent inaudible.


J'ai ouvert une cerise.
Le soleil a surpris
un ver occupé.


J'entends le bruit de l'eau.
Quelqu'un lave sa journée
dans la salle de bains.

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Mirjana BOZIN

Mirjana Bozin est née à Tovarisevo en 1952 et elle habite à Belgrade. Elle a étudié en lettres, en langues étrangères et en philosophie à l'Université de Belgrade. Elle est poète, critique littéraire, journaliste, traductrice et scénariste. Ses oeuvres ont paru dans plusieurs anthologies en Yougoslavie et à l'étranger; ses haïkus ont été publiés dans la revue japonaise Ko. Elle a publié trois recueils de poèmes et trois recueils de haïkus: Odgovor suncevom zraku (Réponse aux rayons du soleil; 1990), Mahune glasno prskaju (Cosses rompues bruyamment; 1993) et Drugo stanje (Grossesse; 1993).
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Iz vrta u cvetu
otputovah na sever
zatekoh pupoljke


Dolazim s puta
susetka - osedela -
prostire rublje


Sa detetom na
poljskoj stazi beremo
izmisljene jagode


Zaboravljene
novine na klupi
pokisnu pa se suse


Jednu granu trza
jace no druge -
podnevni lahor


Podigoh glavu
da uberem jabuku
ugledah Mesec


Volim sitnice -
laticu ruze, klaplju kise,
svaki trenutak


Zbun ruza na vetru -
jedne klimaju „da"
a druge „ne"


Otimam jagode
puzevima golacima -
jutarnja rosa


Pauku u mrezu
vetar ubacuje
suv lipin cvet
Partie d'un jardin en fleurs
j'ai fait un voyage au nord
où j'ai trouvé des bourgeons


Je rentre de voyage
la voisine - ses cheveux plus gris -
étend du linge


Avec un enfant
sur un sentier dans un champ nous cueillons
des fraises imaginaires


Un journal
oublié sur un banc
que la pluie mouille, qui sèche


La brise du midi
agite une branche -
plus que les autres


En levant la tête
pour cueillir une pomme
j'ai aperçu la lune


J'aime les petites choses -
un pétale de rose, une goutte de pluie,
chaque moment


Un rosier dans le vent -
quelques roses font «oui»
quelques roses font «non»


J'arrache les fraises
aux limaces -
rosée du matin


Le vent jette
une fleur de tilleul desséchée
sur la toile d'araignée

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Milijan DESPOTOVIC

Milijan Despotovic est né à Subjel en 1952 et il habite à Pozega. Il a étudié en lettres et en bibliothéconomie à l'Université de Sarajevo. Il est directeur- fondateur des éditions Svitak, de la revue de haïku Paun (Paon) et de la revue littéraire Svitak. Il fait de la critique littéraire, et il écrit de la poésie et des aphorismes. Il est auteur (ou coauteur) d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels on retrouve les recueils de haïkus: Vrt bez cvoraka (Jardin sans étourneaux; 1987), Senka u izvorcu (Ombre dans la source; 1989) et Haiku komunikacija (Communication haïku; 1990), ainsi que trois ouvrages à caractère anthologique: Grana koja mase (La branche qui s'agite; 1991), Leptir na caju (Papillon au thé; 1991) et Ptice u plavetnilu (Oiseaux dans le bleu; 1991).
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Provirio zracak
kroz otskrinut prozor.
Nije zvonio sat.


Prevrnuta cinija.
Prosuto mleko piju:
zemlja i macka.


Letnji pljusak
pojacava bat
ovcijih nozica.


Otvaram kisobran
a vetar pozuruje
mlaznicu kise.


Oslonjena metla
na zid. Jugo mete
dvoriste.


Dok kovac kuje
varnice se pridruzuju
svicima u noci.


Nadvisio toranj
crkve: i Mesec i
usamljena zvezda.


Ruzu u cvatu
nisam odmah video -
povuce me za rukav.


Gle, jutros rano
rascvetao se i sto
pod tresnjom.


Strucak kamilice
izmedj' dva stepenika -
miluje stap starca.
Un petit rayon s'est glissé
par la fenêtre entrouverte.
Le réveille-matin n'a pas sonné.


Un pot renversé.
La terre et le chat boivent
le lait qui coule.


L'averse d'été
intensifie le piétinement
des moutons.


J'ouvre mon parapluie
et le vent rassemble
les gouttes en ruisselets.


Le balai est appuyé
contre le mur. Le vent du sud
balaie la cour.


Pendant que le forgeron travaille
les étincelles se joignent
aux lucioles dans la nuit.


Ont surmonté
le clocher de l'église: et la lune et
l'étoile solitaire.


La rose en fleur
que je n'ai pas vue tout de suite -
a tiré ma manche.


Tiens, tôt ce matin
la table aussi a bourgeonné
sous le cerisier.


Une tige de camomille
entre deux marches d'escalier -
caresse la canne du vieillard.

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Dobrica ERIC

Dobrica Eric est né à Donja Crnuca en 1936 et habite à Belgrade. Il a publié plus de vingt recueils de poèmes, quatre livres de prose et une quarantaine de livres pour enfants. Ses oeuvres choisies ont été publiées en dix volumes en 1995. Depuis mai 1995, il est président de l'association de haïkistes Siki.
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Sve manje lisca
i ptica, a sve vise
gnezda u granju.


Kad god detlic
kljucne pokislu granu
s nje kapne suza.


U jednom kutku
gde vise prokisnjava
tanka biljcica.


Noc u julu:
sto dublji mrak, to svici
sve jace svetle.


Roda kraj bare
i njen odraz sto muti
zabama vodu.


Puzeva srma
dovede me do prazne
skoljke u travi.


Vrabac u klasju:
psenicna kisa muti
potocic mrava.


Ni daska vetra
ali na jednom mestu
raz se talasa.


Kome to svetli
svitac u napustenoj
puzevoj kuci?


Detlic nacrta
tanku dugu na nebu
i izbrisa je.
De moins en moins de feuilles
et d'oiseaux, et de plus en plus
de nids dans les branches.


Chaque fois que le pic
frappe sur la branche mouillée
une larme en dégoutte.


Dans le coin de la maison
où la pluie tombe
une plante grêle.


Nuit de juillet:
plus l'obscurité est profonde,
plus les lucioles brillent.


La cigogne au bord du marais
et son reflet troublent
l'eau des grenouilles.


La mucosité brillante de l'escargot
m'a amené jusqu'à une coquille vide
dans l'herbe.


Un moineau dans les blés:
une pluie de graines trouble
la colonne de fourmis.


Il n'y a pas le moindre vent
mais à un endroit
le seigle ondoie.


Pour qui brille
la luciole dans la coquille d'escargot
abandonnée?


Le pic a dessiné
un petit arc-en-ciel dans le ciel
et il l'a effacé.

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Lenka V. JAKSIC

Lenka V. Jaksic est née à Srpski Babus, Kosovo, en 1937 et elle habite à Kosovska Mitrovica. Elle est poète, peintre et professeure de littérature et de peinture. Elle a participé à plusieurs expositions individuelles et collectives en Yougoslavie et à l'étranger. Elle a publié les recueils: Bogati snovi (Rêves riches, poèmes; SIZ kulture i Knjizevni klub Trepca, 1985), Krik pod oblacima (Cri sous les nuages, poèmes; Savez pisaca Jugoslavije, 1988), Odjeci (Échos, haïkus; 1995) et Duga sklapa kisobrane/A Rainbow Folds Up Its Umbrellas (haïkus; Svitak, 1996).
Traduction: André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Miris cvetova
tek procvetalih ruza
donosi vetar.


Prepelica se
u zrelom zitu krije,
cvrkut je otkriva.


Ugasih lampu.
Ne sto doleteo svitac
iz vrta.


Covek nosi
snop zita i svoju
veliku senku.


Ruza u visokoj
koprivi. Dugo je
milujem ocima.


Stado na ispasu
prate: cobanin i letnji
cvrkut ptica.


Kraj carskog druma
samonikle ruze, tako smo
svi bogati.


Dete utrca
u kucu, sa njim i
cicak na rukavu.


Svraka sa grane
sve glasnija na svraku
u bistroj vodi.


Prve jagode
majka mirise sa
obraza decaka.
Le parfum des roses
à peine écloses
porté par le vent.


La caille
se cache dans le blé mûr,
son chant la révèle.


J'ai éteint la lampe.
Du jardin une luciole s'est posée
sur la table.


Un homme porte
une gerbe de blé
et sa grande ombre.


La rose dans les hautes
orties. Longtemps je la
caresse des yeux.


Vers le pâturage le troupeau
est accompagné: le berger et
le chant d'été des oiseaux.


À côté de la voie royale
les roses sauvages, ainsi
nous sommes tous riches.


Un enfant est entré en courant
dans la maison, avec lui
un bourdon sur sa manche.


Sur une branche une pie
jacasse de plus en plus fort vers la pie
dans l'eau claire.


Les premières fraises
la mère les sent
de la joue du garçon.

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Bojan JOVANOVIC

Bojan Jovanovic est né à Nis en 1950 et il y habite toujours. Il est diplômé en ethnologie de l'Université de Belgrade. Il a réalisé plusieurs films alternatifs. Il a publié les recueils de poèmes: Bacanje kamencica (Jet de cailloux; 1973), Kost izmedju obala (Os entre les rives; 1981), Dousolovac (Chasseur de dames; 1989), Pescana majka (Mer de sable; 1996), et le recueil de haïkus Propoved mrava (Sermon des fourmis; 1993).
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Iz trnovitog sestara
prezrela kupina
mami mi ruku


Odbacenu hartiju
vetar prikljucuje
pricjem jatu


Slucajna grancica
pod stopalom
odaje me


Susedova svetiljka
okuplja komarce
iz moje sobe


Cim mi pokaza predeo
grana strese sneg
i vinu se u nebo


Covek sa obale
vezuje korito mora
za svoj brod


Napusten vrt
preko ograde
pusta svoj vrat


Nad saksijama
zarobljenih cvetova
obazrivi leptir


Detetov smeh
uduvan u balon
kuda to odlazi


Vetar odnosi
pucanj i
ranjenu pticu
Du buisson épineux
une mûre trop mûre
me tente la main


Un papier jeté
le vent le joint
à la volée d'oiseaux


Une petite branche par hasard
sous mon pied
me trahit


La lampe du voisin
attire les moustiques
de ma chambre


Dès qu'elle m'a montré le paysage
de la branche la neige a glissé
puis a rebondi vers le ciel


L'homme sur la rive
attache le fond de la mer
à son bateau


Le jardin abandonné
allonge le cou
à travers la clôture


Au-dessus des pots
de fleurs emprisonnées
un papillon circonspect


Un rire d'enfant
insufflé dans un ballon
où s'en va-t-il


Le vent emporte
le coup de feu
et l'oiseau blessé

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Zoran RAONIC

Zoran Raonic est né en 1956 à Djurdjevica Tara, près de Pljevlja où il habite maintenant. Il a publié les recueils de poèmes Vilino kolo (Ronde de fée; 1995), Cetiri mijene (Quatre lunaisons; 1996), Dioba vatre (Division du feu; 1997) et Drugi krug vatre (Deuxième cycle du feu; 1998). En 1995, il a gagné le prix Selector au Festival international de haïku d'Odzaci.
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.





Za mantijom
monahinje trckaraju
opali listici.


Na mig vjetra,
ljubicice jedna po jedna,
poskakase u vodu.


Na dlan primi
prve kapi letnje kise -
i vrati se u kucu.


Proljece mijesi
pogacu na sesiru
vodenicara.


Nekoliko visibaba
do koljena zagazile u
proljecni potok.


Podjes li
na rijeku, pripazi
na one ljubicice.


Covjek je ovdje
svijao gnijezdo, sad
lastavice.


Nakomila
ciniju kukuruza: i
Mjesec u krilu.


Golub odletje
na krov - sjenka
svrati u kucu.


Dogodine ako
rode tresnje, djevojcica
ce ih sama brati.
Derrière la soutane
d'une religieuse, de petites feuilles sèches
courent çà et là.


Au clin d'oeil du vent,
les violettes l'une après l'autre,
ont sauté dans l'eau.


Sur la paume, reçois
les premières gouttes de pluie de l'été -
et rentre dans la maison.


Le printemps pétrit
une galette sur le chapeau
du meunier.


Quelques perce-neige
à mi-tige
dans le ruisseau printanier.


Si tu vas
à la rivière, fais attention
à ces violettes.


L'homme y
faisait son nid, maintenant
les hirondelles.


Elle a égrené du maïs
un pot de grains et
la lune dans son giron.


Le pigeon s'est envolé
sur le toit - son ombre
passe dans la maison.


L'année prochaine si
les cerisiers produisent bien, la fillette
fera la cueillette toute seule.

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Slavko SEDLAR

Slavko Sedlar est né en 1932 à Jezersko, Bosnie, et il habite à Vrsac. Depuis 1980, il s'occupe de la commune littéraire KOV et écrit des haïkus. Il a organisé le premier marathon de haïku à Vrsac en 1985. Il a gagné le premier prix au concours de haïku organisé par la revue Rec mladih (Mot des jeunes) à Uzice en 1987. Il a publié le recueil de haïkus Tragovi ptica (Traces d'oiseaux; 1991). En 1997, un numéro de la revue Paun (Paon) lui était consacré et publiait plusieurs de ses haïkus.
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Banatsko selo.
Pred svakom ku om klupa
i srp Meseca.


Jato vrabaca
lovi leptira, zatim -
svi jure vrapca.


Celo jutro je
tesan prolecni plocnik
kisobranima.


Dokle je muze,
kravin rep goni muve
i sa muzilje.


Svrakin glas s vrbe
odjekuje u bari
krektom zaba.


Duz potocica
topole strmoglavo
vise u nebo.


Seoskoj rodi
poruseno gnezdo. Dva
se doma gase.


Istocni vetar
izmice mi grancicu
zrelih tresanja.


U zavicaju.
Gledam zrele kupine
i parcad kuce.


Doprati me i
ostade sam na nebu
jesenji Mesec.
Village du Banat.
Devant chaque maison un banc
et un croissant de lune.


Une volée de moineaux
pourchasse un papillon, ensuite -
tous attaquent un moineau.


Toute la matinée
le trottoir printanier est étroit
pour les parapluies.


Tandis qu'elle trait une vache,
la queue chasse les mouches
autour de la femme aussi.


La voix de la pie dans le saule
fait écho dans la mare
au coassement des grenouilles.


Le long du ruisseau
les têtes renversées des peupliers
pendent dans le ciel.


De la cigogne de la campagne
le nid est détruit. Deux foyers
s'éteignent.


Le vent de l'est
éloigne de moi une branche
de cerises mûres.


Au village natal.
Je regarde des mûres sauvages mûres
et les débris d'une maison.


Elle m'a accompagné et
est restée seule dans le ciel
la lune d'automne.

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Vukadin SRETENOVIC

Vukadin Sretenovic est né à Jezevica en 1925 et il habite à Belgrade. Il est diplômé de la Faculté de droit de l'Université de Belgrade. Il écrit de la prose, de la poésie, des aphorismes, et collige des mots anciens ainsi que la poésie de tradition orale. Il a publié vingt romans et recueils de nouvelles, deux anthologies de poésie, quatre recueils de poèmes et le recueil de haïkus Igra sa senkom (Jeu avec l'ombre; 1993). En 1995, Milutin Pasic a publié une étude sur sa vie et sur son oeuvre: Stvaralacki nemiri Vukadina Sretenovica (Les inquiétudes de la création chez Vukadin Sretenovic).
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Zarasla staza.
Sad veseli kosovi
tamo zamicu.


Sa mokre grane
polece gavran i dva
lista kestena.


Idem u vecernju
setnju, i pun Mesec
je sa nama.


Ispod lipe u
parku, ostao komad
hleba i cvrkut.


Do zaliva
cvece, sa plota slavuj
mu peva.


Klecnu noge za
suvim grancicama: kapne
suza mladog lisca.


Tama skriva
jejinu, ali ne moze
njen pisak.


U brzak rece
Mesec spusta zrake. Nosi
ih voda il' oblak.


Rudi zora;
na tresnji zvezde
prelaze u cvet.


Vetar lagano
njise zavesu, katkad
cukne u prozor.
Sentier broussailleux.
Les merles joyeux
y disparaissent.


De la branche mouillée
s'envolent un corbeau et deux
feuilles de châtaignier.


Le soir, je fais
une promenade, et la pleine lune
est avec nous.


Sous le tilleul
du parc, sont restés un morceau
de pain et le chant des oiseaux.


Jusqu'au golfe
des fleurs, de la haie un rossignol
chante pour elles.


Les genoux fléchissent
pour des branches sèches: une larme
coule des jeunes feuilles.


L'obscurité cache
le hibou, mais elle ne peut
cacher son hululement.


Dans les rapides de la rivière
des rayons de lune. Les emporte
l'eau ou un nuage.


L'aurore rougeoie;
les étoiles dans le cerisier
se transforment en fleurs.


Lentement le vent
balance le rideau, parfois
il frappe contre la fenêtre.

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Djoko STOJICIC

Djoko Stojicic est né à Medna en 1936. Il a une maîtrise en lettres de l'Université de Belgrade. Il est présentement ambassadeur à Prague. Il a publié une vingtaine d'ouvrages (récits de voyages, essais, poèmes et anthologies), dont les recueils de haïkus Sitni treptaji jasike (Petits frissonnements du tremble; Svitak, 1992) et Svitac u noci (Luciole dans la nuit; 1993).
Traduction: Mirjana Mihajlovic; André Duhaime et Olivera Skiljevic.



Rascvale grane
Dodiruju prozor.
Dete pruza ruke.


Cvrkut ptica u krosnjama.
Zastajkujem. Da li cu
Jos jednom ovuda proci?


Ljuljaska od
Savijenih grana.
Ne cuju se deca.


Seva lebdi u vazduhu.
Opijena tacka koja peva
I zaustavlja pogled.


Izvor u kamenu
Celo nebo
Odslikano.


Vetar pomera prozorske kapke.
Jednolicna skripa sarki.
Velim sebi: „Nisam sam".


Minuo pljusak.
Na vrhu svakog trna
Svetli po jedna kap.


Nekad je bio u
Polju, sada sam vene
cvet - bacen na put.


Kisa prestade.
Sada samo sa grana
Padaju kapi.


Negde jaka kisa.
Dva potoka se spajaju,
Bistar i mutan.
Des branches en fleur
Touchent la fenêtre.
L'enfant tend les mains.


Le chant des oiseaux dans les branches.
Je m'arrête à plusieurs reprises.
Reviendrai-je ici un jour?


La balançoire
Faite de branches pliées.
On n'entend pas les enfants.


Une alouette vole dans le ciel.
Un point ivre qui chante
Et arrête le regard.


La source entre les pierres
Tout le ciel
S'y reflète.


Le vent bouge les volets.
Le grincement monotone des gonds.
Je me dis: «Je ne suis pas seul».


L'averse a cessé.
Sur la pointe de chaque épine
Brille une goutte.


Elle était
Dans le champ, elle fane
La fleur - jetée sur le sentier.


La pluie a cessé.
Ce ne sont que des gouttes
Qui tombent des branches.


Il a plu à verse quelque part.
Deux ruisseaux s'unissent,
L'un clair et l'autre trouble.

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