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Klompe necijih nogu iznenadjene vecernjom kisom. Kisa je stala. Klize kapi sa nekog pijanog lista. Pluta talasom galeb - malocas baceni opusak. Suste listovi. Protive se mom hodu. Vracam se - kriv sam. U kasnoj setnji pas mirise prerano izniklu lalu. Oterane vetrom, leptirice uz mene bdiju ovu noc. Cudni vetrovi! Hteli bi da duvaju u drugom smeru. Blagi pokreti prozorske zavese. Necujni vetar. Otvorih tresnju. Sunce iznenadi uposlenog crva. Cujem zvuk vode. Neko spira prosli dan u kupatilu. |
Les sabots de quelqu'un sont surpris par la pluie du soir. La pluie a cessé. Des gouttes glissent d'une feuille ivre. Flotte sur la vague une mouette - un mégot juste lancé. Les feuilles craquent. Elles s'opposent à ma marche. Je rentre - me sentant coupable. Pendant la promenade tardive un chien renifle la tulipe poussée trop tôt. Chassées par le vent, les phalènes avec moi veillent dans la nuit. Vents bizarres! Ils voudraient souffler dans le sens contraire. Les doux mouvements du rideau à la fenêtre. Le vent inaudible. J'ai ouvert une cerise. Le soleil a surpris un ver occupé. J'entends le bruit de l'eau. Quelqu'un lave sa journée dans la salle de bains. |
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Iz vrta u cvetu otputovah na sever zatekoh pupoljke Dolazim s puta susetka - osedela - prostire rublje Sa detetom na poljskoj stazi beremo izmisljene jagode Zaboravljene novine na klupi pokisnu pa se suse Jednu granu trza jace no druge - podnevni lahor Podigoh glavu da uberem jabuku ugledah Mesec Volim sitnice - laticu ruze, klaplju kise, svaki trenutak Zbun ruza na vetru - jedne klimaju „da" a druge „ne" Otimam jagode puzevima golacima - jutarnja rosa Pauku u mrezu vetar ubacuje suv lipin cvet |
Partie d'un jardin en fleurs j'ai fait un voyage au nord où j'ai trouvé des bourgeons Je rentre de voyage la voisine - ses cheveux plus gris - étend du linge Avec un enfant sur un sentier dans un champ nous cueillons des fraises imaginaires Un journal oublié sur un banc que la pluie mouille, qui sèche La brise du midi agite une branche - plus que les autres En levant la tête pour cueillir une pomme j'ai aperçu la lune J'aime les petites choses - un pétale de rose, une goutte de pluie, chaque moment Un rosier dans le vent - quelques roses font «oui» quelques roses font «non» J'arrache les fraises aux limaces - rosée du matin Le vent jette une fleur de tilleul desséchée sur la toile d'araignée |
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Milijan Despotovic est né à Subjel en 1952 et il habite à Pozega. Il a étudié en lettres et en bibliothéconomie à l'Université de Sarajevo. Il est directeur- fondateur des éditions Svitak, de la revue de haïku Paun (Paon) et de la revue littéraire Svitak. Il fait de la critique littéraire, et il écrit de la poésie et des aphorismes. Il est auteur (ou coauteur) d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels on retrouve les recueils de haïkus: Vrt bez cvoraka (Jardin sans étourneaux; 1987), Senka u izvorcu (Ombre dans la source; 1989) et Haiku komunikacija (Communication haïku; 1990), ainsi que trois ouvrages à caractère anthologique: Grana koja mase (La branche qui s'agite; 1991), Leptir na caju (Papillon au thé; 1991) et Ptice u plavetnilu (Oiseaux dans le bleu; 1991).|
Provirio zracak kroz otskrinut prozor. Nije zvonio sat. Prevrnuta cinija. Prosuto mleko piju: zemlja i macka. Letnji pljusak pojacava bat ovcijih nozica. Otvaram kisobran a vetar pozuruje mlaznicu kise. Oslonjena metla na zid. Jugo mete dvoriste. Dok kovac kuje varnice se pridruzuju svicima u noci. Nadvisio toranj crkve: i Mesec i usamljena zvezda. Ruzu u cvatu nisam odmah video - povuce me za rukav. Gle, jutros rano rascvetao se i sto pod tresnjom. Strucak kamilice izmedj' dva stepenika - miluje stap starca. |
Un petit rayon s'est glissé par la fenêtre entrouverte. Le réveille-matin n'a pas sonné. Un pot renversé. La terre et le chat boivent le lait qui coule. L'averse d'été intensifie le piétinement des moutons. J'ouvre mon parapluie et le vent rassemble les gouttes en ruisselets. Le balai est appuyé contre le mur. Le vent du sud balaie la cour. Pendant que le forgeron travaille les étincelles se joignent aux lucioles dans la nuit. Ont surmonté le clocher de l'église: et la lune et l'étoile solitaire. La rose en fleur que je n'ai pas vue tout de suite - a tiré ma manche. Tiens, tôt ce matin la table aussi a bourgeonné sous le cerisier. Une tige de camomille entre deux marches d'escalier - caresse la canne du vieillard. |
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Sve manje lisca i ptica, a sve vise gnezda u granju. Kad god detlic kljucne pokislu granu s nje kapne suza. U jednom kutku gde vise prokisnjava tanka biljcica. Noc u julu: sto dublji mrak, to svici sve jace svetle. Roda kraj bare i njen odraz sto muti zabama vodu. Puzeva srma dovede me do prazne skoljke u travi. Vrabac u klasju: psenicna kisa muti potocic mrava. Ni daska vetra ali na jednom mestu raz se talasa. Kome to svetli svitac u napustenoj puzevoj kuci? Detlic nacrta tanku dugu na nebu i izbrisa je. |
De moins en moins de feuilles et d'oiseaux, et de plus en plus de nids dans les branches. Chaque fois que le pic frappe sur la branche mouillée une larme en dégoutte. Dans le coin de la maison où la pluie tombe une plante grêle. Nuit de juillet: plus l'obscurité est profonde, plus les lucioles brillent. La cigogne au bord du marais et son reflet troublent l'eau des grenouilles. La mucosité brillante de l'escargot m'a amené jusqu'à une coquille vide dans l'herbe. Un moineau dans les blés: une pluie de graines trouble la colonne de fourmis. Il n'y a pas le moindre vent mais à un endroit le seigle ondoie. Pour qui brille la luciole dans la coquille d'escargot abandonnée? Le pic a dessiné un petit arc-en-ciel dans le ciel et il l'a effacé. |
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Lenka V. Jaksic est née à Srpski Babus, Kosovo, en 1937 et elle habite à Kosovska Mitrovica. Elle est poète, peintre et professeure de littérature et de peinture. Elle a participé à plusieurs expositions individuelles et collectives en Yougoslavie et à l'étranger. Elle a publié les recueils: Bogati snovi (Rêves riches, poèmes; SIZ kulture i Knjizevni klub Trepca, 1985), Krik pod oblacima (Cri sous les nuages, poèmes; Savez pisaca Jugoslavije, 1988), Odjeci (Échos, haïkus; 1995) et Duga sklapa kisobrane/A Rainbow Folds Up Its Umbrellas (haïkus; Svitak, 1996).|
Miris cvetova tek procvetalih ruza donosi vetar. Prepelica se u zrelom zitu krije, cvrkut je otkriva. Ugasih lampu. Ne sto doleteo svitac iz vrta. Covek nosi snop zita i svoju veliku senku. Ruza u visokoj koprivi. Dugo je milujem ocima. Stado na ispasu prate: cobanin i letnji cvrkut ptica. Kraj carskog druma samonikle ruze, tako smo svi bogati. Dete utrca u kucu, sa njim i cicak na rukavu. Svraka sa grane sve glasnija na svraku u bistroj vodi. Prve jagode majka mirise sa obraza decaka. |
Le parfum des roses à peine écloses porté par le vent. La caille se cache dans le blé mûr, son chant la révèle. J'ai éteint la lampe. Du jardin une luciole s'est posée sur la table. Un homme porte une gerbe de blé et sa grande ombre. La rose dans les hautes orties. Longtemps je la caresse des yeux. Vers le pâturage le troupeau est accompagné: le berger et le chant d'été des oiseaux. À côté de la voie royale les roses sauvages, ainsi nous sommes tous riches. Un enfant est entré en courant dans la maison, avec lui un bourdon sur sa manche. Sur une branche une pie jacasse de plus en plus fort vers la pie dans l'eau claire. Les premières fraises la mère les sent de la joue du garçon. |
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Iz trnovitog sestara prezrela kupina mami mi ruku Odbacenu hartiju vetar prikljucuje pricjem jatu Slucajna grancica pod stopalom odaje me Susedova svetiljka okuplja komarce iz moje sobe Cim mi pokaza predeo grana strese sneg i vinu se u nebo Covek sa obale vezuje korito mora za svoj brod Napusten vrt preko ograde pusta svoj vrat Nad saksijama zarobljenih cvetova obazrivi leptir Detetov smeh uduvan u balon kuda to odlazi Vetar odnosi pucanj i ranjenu pticu |
Du buisson épineux une mûre trop mûre me tente la main Un papier jeté le vent le joint à la volée d'oiseaux Une petite branche par hasard sous mon pied me trahit La lampe du voisin attire les moustiques de ma chambre Dès qu'elle m'a montré le paysage de la branche la neige a glissé puis a rebondi vers le ciel L'homme sur la rive attache le fond de la mer à son bateau Le jardin abandonné allonge le cou à travers la clôture Au-dessus des pots de fleurs emprisonnées un papillon circonspect Un rire d'enfant insufflé dans un ballon où s'en va-t-il Le vent emporte le coup de feu et l'oiseau blessé |
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Zoran Raonic est né en 1956 à Djurdjevica Tara, près de Pljevlja où il habite maintenant. Il a publié les recueils de poèmes Vilino kolo (Ronde de fée; 1995), Cetiri mijene (Quatre lunaisons; 1996), Dioba vatre (Division du feu; 1997) et Drugi krug vatre (Deuxième cycle du feu; 1998). En 1995, il a gagné le prix Selector au Festival international de haïku d'Odzaci.|
Za mantijom monahinje trckaraju opali listici. Na mig vjetra, ljubicice jedna po jedna, poskakase u vodu. Na dlan primi prve kapi letnje kise - i vrati se u kucu. Proljece mijesi pogacu na sesiru vodenicara. Nekoliko visibaba do koljena zagazile u proljecni potok. Podjes li na rijeku, pripazi na one ljubicice. Covjek je ovdje svijao gnijezdo, sad lastavice. Nakomila ciniju kukuruza: i Mjesec u krilu. Golub odletje na krov - sjenka svrati u kucu. Dogodine ako rode tresnje, djevojcica ce ih sama brati. |
Derrière la soutane d'une religieuse, de petites feuilles sèches courent çà et là. Au clin d'oeil du vent, les violettes l'une après l'autre, ont sauté dans l'eau. Sur la paume, reçois les premières gouttes de pluie de l'été - et rentre dans la maison. Le printemps pétrit une galette sur le chapeau du meunier. Quelques perce-neige à mi-tige dans le ruisseau printanier. Si tu vas à la rivière, fais attention à ces violettes. L'homme y faisait son nid, maintenant les hirondelles. Elle a égrené du maïs un pot de grains et la lune dans son giron. Le pigeon s'est envolé sur le toit - son ombre passe dans la maison. L'année prochaine si les cerisiers produisent bien, la fillette fera la cueillette toute seule. |
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Banatsko selo. Pred svakom ku om klupa i srp Meseca. Jato vrabaca lovi leptira, zatim - svi jure vrapca. Celo jutro je tesan prolecni plocnik kisobranima. Dokle je muze, kravin rep goni muve i sa muzilje. Svrakin glas s vrbe odjekuje u bari krektom zaba. Duz potocica topole strmoglavo vise u nebo. Seoskoj rodi poruseno gnezdo. Dva se doma gase. Istocni vetar izmice mi grancicu zrelih tresanja. U zavicaju. Gledam zrele kupine i parcad kuce. Doprati me i ostade sam na nebu jesenji Mesec. |
Village du Banat. Devant chaque maison un banc et un croissant de lune. Une volée de moineaux pourchasse un papillon, ensuite - tous attaquent un moineau. Toute la matinée le trottoir printanier est étroit pour les parapluies. Tandis qu'elle trait une vache, la queue chasse les mouches autour de la femme aussi. La voix de la pie dans le saule fait écho dans la mare au coassement des grenouilles. Le long du ruisseau les têtes renversées des peupliers pendent dans le ciel. De la cigogne de la campagne le nid est détruit. Deux foyers s'éteignent. Le vent de l'est éloigne de moi une branche de cerises mûres. Au village natal. Je regarde des mûres sauvages mûres et les débris d'une maison. Elle m'a accompagné et est restée seule dans le ciel la lune d'automne. |
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Zarasla staza. Sad veseli kosovi tamo zamicu. Sa mokre grane polece gavran i dva lista kestena. Idem u vecernju setnju, i pun Mesec je sa nama. Ispod lipe u parku, ostao komad hleba i cvrkut. Do zaliva cvece, sa plota slavuj mu peva. Klecnu noge za suvim grancicama: kapne suza mladog lisca. Tama skriva jejinu, ali ne moze njen pisak. U brzak rece Mesec spusta zrake. Nosi ih voda il' oblak. Rudi zora; na tresnji zvezde prelaze u cvet. Vetar lagano njise zavesu, katkad cukne u prozor. |
Sentier broussailleux. Les merles joyeux y disparaissent. De la branche mouillée s'envolent un corbeau et deux feuilles de châtaignier. Le soir, je fais une promenade, et la pleine lune est avec nous. Sous le tilleul du parc, sont restés un morceau de pain et le chant des oiseaux. Jusqu'au golfe des fleurs, de la haie un rossignol chante pour elles. Les genoux fléchissent pour des branches sèches: une larme coule des jeunes feuilles. L'obscurité cache le hibou, mais elle ne peut cacher son hululement. Dans les rapides de la rivière des rayons de lune. Les emporte l'eau ou un nuage. L'aurore rougeoie; les étoiles dans le cerisier se transforment en fleurs. Lentement le vent balance le rideau, parfois il frappe contre la fenêtre. |
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Rascvale grane Dodiruju prozor. Dete pruza ruke. Cvrkut ptica u krosnjama. Zastajkujem. Da li cu Jos jednom ovuda proci? Ljuljaska od Savijenih grana. Ne cuju se deca. Seva lebdi u vazduhu. Opijena tacka koja peva I zaustavlja pogled. Izvor u kamenu Celo nebo Odslikano. Vetar pomera prozorske kapke. Jednolicna skripa sarki. Velim sebi: „Nisam sam". Minuo pljusak. Na vrhu svakog trna Svetli po jedna kap. Nekad je bio u Polju, sada sam vene cvet - bacen na put. Kisa prestade. Sada samo sa grana Padaju kapi. Negde jaka kisa. Dva potoka se spajaju, Bistar i mutan. |
Des branches en fleur Touchent la fenêtre. L'enfant tend les mains. Le chant des oiseaux dans les branches. Je m'arrête à plusieurs reprises. Reviendrai-je ici un jour? La balançoire Faite de branches pliées. On n'entend pas les enfants. Une alouette vole dans le ciel. Un point ivre qui chante Et arrête le regard. La source entre les pierres Tout le ciel S'y reflète. Le vent bouge les volets. Le grincement monotone des gonds. Je me dis: «Je ne suis pas seul». L'averse a cessé. Sur la pointe de chaque épine Brille une goutte. Elle était Dans le champ, elle fane La fleur - jetée sur le sentier. La pluie a cessé. Ce ne sont que des gouttes Qui tombent des branches. Il a plu à verse quelque part. Deux ruisseaux s'unissent, L'un clair et l'autre trouble. |
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