
- Colpron,
Suzanne. « Les réalisateurs de la SRC
40 ans plus tard »
[extrait], in : La Presse, 24 février 1999, p. E1.
Les réalisateurs de la SRC
40 ans plus tard
lhiver
1959, les réalisateurs de Radio-Canada sortaient dans
la rue pour défendre leurs droits. [
] [Cétait lune] des
premières manifestations où les intellectuels québécois
se sont révoltés contre le pouvoir établi. Au nombre
des sympathisants, on comptait René Lévesque,
Pierre Trudeau, Jean Marchand, Marcel Dubé, Jeanne Sauvé
et Pierre Bourgault.
Rappelons les événements :
5
décembre 1958
- Les 74 réalisateurs de Radio-Canada approuvent par un vote majoritaire
le principe de la création dune association professionnelle affiliée
à [la Confédération des travailleurs
catholiques du Canada (CTCC),] lancêtre de la CSN [Confédération
des syndicats nationaux]. [Mais, voilà, Radio-Canada les
considère comme du personnel cadre et refuse donc le droit dassociation.]
-
23
décembre 1958
- Les membres donnent un mandat de grève
au conseil dadministration.
-
29
décembre 1958
- Les deux parties restent sur leurs positions. Le porte-parole des réalisateurs,
Fernand Quirion, décide de passer
à lacte. « Nous sortons »,
lance-t-il. Jean Duceppe, alors président
de lUnion des artistes, affirme que
ses membres vont respecter les lignes de piquetage. Les grévistes
obtiennent lappui de 3000 collègues.
-
12
janvier 1959
- Les artistes organisent un spectacle-bénéfice [intitulé
Difficultés temporaires] pour soutenir les employés
de Radio-Canada touchés par la grève. La Comédie canadienne
fait salle comble plusieurs soirs. Un second spectacle prend laffiche
par la suite.
-
4
février 1959
- Les négociations reprennent après 19 jours dinterruption.
-
7
février 1959
- Un accord de principe est conclu [grâce à la médiation
dEgon Chambers]. Les réalisateurs
obtiennent la reconnaissance de leur association. Reste à sentendre
sur les conditions de retour au travail.
-
2
mars 1959
- Une vingtaine de policiers montés à chevaux donnent la
charge contre les manifestants qui encerclent le quadrilatère formé
des rues Dorchester, MacKay, Sainte-Catherine et Bishop. Trente personnes
sont arrêtées, dont René Lévesque.
7
mars 1959
- Radio-Canada et lAssociation des réalisateurs signent lentente
établie un mois plus tôt. La grève a duré 68
jours.
[
] « Il y avait un clivage entre le milieu
anglophone et francophone, rappelle [Max Cacopardo,
auteur dun documentaire de 60 minutes sur les événements,
diffusé à Radio-Canada, le mercredi 1er septembre
1999]. Les réalisateurs de Toronto nont pas appuyé la grève.
Les employés de CBC, à Montréal, ont aussi continué
à travailler. À Ottawa, les réalisateurs ont dû
négocier avec des anglophones qui ignoraient presque lexistence
du réseau français. Et sur le plan politique, les ministres
étaient tous des anglophones qui avaient une pâle connaissance
de ce qui se passait au Québec. Tous les journaux francophones appuyaient
la grève, tandis que les journaux anglophones, The Gazette
et Montreal Star, étaient contre. Cétait une autre
manifestation de ce quon appelle les deux solitudes. »
[
]

- Bilodeau,
Martin. « Najustez pas votre appareil » [extrait],
in : Le Devoir (Téléchoix), 28 août au
3 septembre 1999, p. 24.
Najustez pas votre appareil
[
]
uarante
ans après, cette grève est considérée, tant
par ses acteurs (parmi lesquels on compte René
Lévesque, Gérard Pelletier, Jean Marchand, etc.)
que par les politiciens et les historiens, comme létincelle de
la Révolution tranquille, lamorce du réveil nationaliste
québécois, lequel aurait été nourri, entre
autres choses, par lindifférence dOttawa vis-à-vis de la
télévision française. [
]






Dernière
mise à jour : 29 décembre 1999, 16h22