Le Devoir



l y a 50 ans, plusieurs milliers de travailleurs de l’amiante enclenchaient un long combat qui a eu des impacts importants sur l’amélioration des conditions de travail dans l’industrie minière et sur celles de l’ensemble des Québécois. La grève de l’amiante qui a éclaté le  13 février 1949, a impliqué 5 000 travailleurs d’Asbestos et de Thetford Mines.

Les présidents de la Centrale des Syndicats démocratiques (CSD) et du Syndicat national de l’amiante d’Asbestos, François Vaudreuil et Rodrigue Chartier, ont souligné hier le 50e anniversaire de la grève.

Entourés d’anciens travailleurs ayant connu ce conflit historique, ils ont dressé le bilan des impacts entraînés par cette grève.

Le président de la CSD, François Vaudreuil, révèle que ce sont des hommes qui ont changé à tout jamais l’histoire du syndicalisme québécois en faisant faire un grand pas vers l’amélioration des conditions de travail.

« Le  13 février 1949, il y a exactement 50 ans que 2 100 travailleurs de la Canadian Johns Manville enclenchaient une grève qui allait se terminer 138 jours plus tard. Quelques heures après, les travailleurs de Thetford Mines emboîtaient le pas pour appuyer leurs revendications. Au total, 5 000 personnes se trouvaient en grève », dit-il.

Il faut se situer dans un contexte d’après-guerre, où l’inflation est palpable, mais les salaires demeurent fiables. Les travailleurs voient leur pouvoir d’achat diminuer, ce qui les amène à revendiquer des hausses salariales. Le spectre de la crise de surproduction de 1929 plane toujours, les employeurs tentent de résister afin de payer de bas salaires pour offrir leurs marchandises au plus bas prix.

« Au plan politique, on se trouve sous le régime de l’Union nationale avec l’élection de Maurice Duplessis en 1948. M. Duplessis est reconnu pour sa vision anti-syndicale. Il a promulgué la Loi du cadenas, qui permet de mettre le cadenas sur les locaux des syndicats dont un seul des sympathisants était ou avait été communiste. La compagnie embauche des briseurs de grève, et la police provinciale sé montre intraitable avec les grévistes. Ces derniers se mobilisent et bloquent les routes pour empêcher leur briseurs de grève d’entrer au travail. Le  5 mai 1949, la bousculade éclate et les grévistes bloquent les routes. On assiste alors à des actes de violence sans pareil. Le  6 mai 1949, le gouvernement utilise l’Acte d’émeute permettant d’arrêter les personnes qui s’attroupent. Les gens sont finalement rentrés au travail, avec l’impression d’être à plat ventre », précise-t-il.

M. Vaudreuil stipule que cette grève constitue toutefois un point tournant dans l’histoire des relations de travail au Québec. « Dans une perspective à moyen et long terme, force est de constater que la grève d’Asbestos a changé le cours des choses en matière de relations de travail de même que dans les rapports entre l’Église et l’État. De plus, les travailleurs devenaient les mieux payés au Canada dans l’industrie minière », dit-il.


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Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 16h34