Le Soleil



Jour du drapeau

Un an après, Bill Clennett se souvient très bien

Le jour du drapeau avait une signification toute particulière pour Bill Clennett, hier. Il s’agissait du premier anniversaire de son célèbre face-à-face avec le premier ministre Jean Chrétien, qui, devant les caméras de télévision, l’avait saisi à la gorge pour l’écarter violemment de son chemin.

Dennis Bueckert

Ottawa (PC)

Le premier ministre Chrétien agrippe Bill Clennett le jour du deapeau, le 16 février 1996

e militant de gauche de 45 ans affirme que sa tuque est depuis devenue un symbole national. « Je pense que les gens ont surtout remarqué la tuque, dit-il. Je l’ai perdue à un certain moment, quelqu’un l’a ramassée, puis je l’ai récupérée. Ça m’a un peu vexé de la perdre. Je pense qu’elle est très jolie. »

L’incident survenu après que des manifestants contre la réforme de l’assurance-chômage eurent interrompu une cérémonie soulignant le Jour du drapeau. Clennett affirme aujourd’hui ne pas vouloir attaquer personnellement le premier ministre, préférant mettre l’emphase sur les questions sociales. Mais il n’y va pas de main morte dans sa rhétorique politique. « En tant que citoyen de ce pays, je suis passablement furieux qu’il (M. Chrétien) ait détruit les infrastructures sociales du pays au cours des quatre dernières années. »

Même si M. Clennett n’avait pas intenté de poursuite contre le premier ministre, il lui avait tout de même fait parvenir une facture de 650 $ pour une réparation dentaire rendue nécessaire à la suite de l’incident. Il a par la suite reçu un chèque au même montant de la part de la GRC, et a utilisé l’argent pour un espace publicitaire dans le quotidien Le Droit afin de dénoncer les coupes fédérales dans les programmes sociaux.

M. Chrétien ne s’est jamais excusé pour son geste, ce qui de toute façon n’a guère d’importance aux yeux de M. Clennett. « Qu’est-ce que des excuses changeraient […] quand on considère que tant de bénéficiaires de l’aide sociale doivent survivre avec des prestations réduites et qu’il n’y a pas de place pour eux dans le système d’assurance-emploi? Soyons réalistes, les gens sont sérieusement malmenés quand ils ne parviennent même plus à satisfaire leurs besoins essentiels. »

Aucune cérémonie n’avait été prévue hier pour le Jour du drapeau sur la Colline parlementaire. À Toronto, la ministre du Patrimoine Sheila Copps a célébré l’occasion en remettant à l’homme d’affaires et mécène Ed Mirvish le millionième drapeau canadien dans le cadre de son programme national de distribution de l’unifolié. Elle s’est vantée que son programme n’ait coûté aux contribuables canadiens que 15,5 millions $, soit 8 millions $ de moins que prévu.


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Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 17h24