e n’entretiens aucun doute au sujet du caractère national qui doit être donné au Bas-Canada ; ce doit être celui de l’Empire britannique ; celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la grande race qui doit, dans un laps de temps de courte durée, être prédominant sur tout le continent nord-américain.

Sans opérer le changement ni trop rapidement ni trop rudement pour ne pas froisser les sentiments et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, ce doit être désormais la première et ferme intention du gouvernement britannique d’établir une population anglaise, avec les lois et la langue anglaises, dans cette province, et de ne confier son gouvernement qu’à une législature décidément anglaise .» [Durham cité par: Bergeron, p. 106]


Pour assimiler les Canadiens français, Durham propose « l’immigration venant des Îles Anglaises ou des États-Unis… Tout l’intérieur des possessions britanniques doit avant longtemps se remplir d’une population anglaise qui, chaque année, augmentera sa supériorité numérique sur les Français… Les Anglais détiennent déjà la majorité des plus grandes propriétés du pays ; ils ont pour eux une incontestable supériorité d’intelligence ; ils ont la certitude que la colonisation doit augmenter leur nombre jusqu’à devenir une majorité ; et ils appartiennent à la race qui détient le gouvernement impérial et qui domine sur le continent américain. » [Durham cité par: Bergeron, p. 107.]

(C’est moi qui souligne.)


D’ailleurs, pour Durham, « cette nationalité canadienne-française en est-elle une ?… Je ne connais pas de distinction nationale marquant et continuant une infériorité plus désespérée… C’est pour les tirer de cette infériorité que je désire donner aux Canadiens de notre caractère anglais… Je le désire dans l’intérêt des classes instruites que les distinctions de langue et de manières tiennent à l’écart du Grand Empire auquel elles appartiennent… Je désire la fusion encore plus dans l’intérêt des classes inférieures… Si ces gens essaient d’améliorer leur condition, en s’étendant sur le pays environnant, ils se trouvent nécessairement de plus en plus mêlés à une population anglaise ; s’ils préfèrent rester sur place, la plus grande partie parmi eux deviendront des manœuvres à l’emploi des capitalistes anglais… Les maux de la pauvreté et de la dépendance seraient tout bonnement aggravés ou décuplés par les sentiments d’une nationalité jalouse et rancunière qui sépareraient la classe ouvrière de la société des possesseurs de la richesse et des employeurs de main-d’œuvre. » [Durham cité par: Bergeron, pp. 107-108.]


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    Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 18h34