Acte constitutionnel de 1791
Le premier parlement du Bas-Canada :
- LAssemblée des députés :
- 30 députés francophones (élus)
- 15 députés anglophones (élus)
- Le Conseil législatif :
- 9 conseillers anglophones (nommés à vie
par Londres et pouvant transmettre leur titre à leur descendance)
- 7 conseillers francophones (nommés à vie
par Londres et pouvant transmettre leur titre à leur descendance)
- Le Conseil exécutif :
- 5 conseillers anglophones (nommés à vie
par Londres et pouvant transmettre leur titre à leur descendance)
- 4 conseillers francophones (nommés à vie
par Londres et pouvant transmettre leur titre à leur descendance)
Élections des députés à
la Chambre dassemblée. Qui peut voter :

n
électeur doit remplir certaines conditions, comme, par exemple,
avoir 21 ans et être sujet britannique. Les habitants de la campagne
doivent de plus posséder une terre rapportant des revenus de 40
schillings. Lélecteur résidant dans une ville doit être
propriétaire dune habitation fournissant des revenus de 5 livres
ou un locataire ayant payé un loyer de 10 livres dans les douze
mois précédant lélection. Les femmes peuvent voter
si elles remplissent ces conditions bien quon souligne que la politique
nest pas une affaire féminine. Ce droit de vote féminin
sera retiré en 1849
pour nêtre réadmis quun siècle plus tard »
[Laporte].
- La date de votation varie de circonscription en circonscription (et
dure jusquà ce que deux heures se soient écoulées
sans que personne ne soit venu voter).
- Un candidat peut se présenter dans plusieurs circonscriptions
à la fois.
- Les électeurs votent devant lofficier rapporteur « à
haute et intelligible voix » [Lacoursière,
2:1995, p. 21] pour leur candidat favori.

- Ils doivent élire 50 députés. Trois sièges
resteront vacants (un décès, un abandon, une
vacance). Finalement, le résultat du scrutin donnera :
- 15 députés de langue anglaise
(pour 1/15e de la population) et
- 30 députés de langue française
(pour 14/15e de la population).
- La première assemblée législative
du Bas-Canada siège au palais épiscopal
(chapelle de lévêché de Québec,
2 rue Port-Dauphin, en haut de la côte de la Montagne, aujourdhui
le palais archiépiscopal, construit
en 1847 par dessus le palais épiscopal
datant du XVIIe siècle).
La
première séance du parlement souvre le
17
décembre 1792, vers onze heures du matin, par lassermentation
des députés.
- Les francophones sont seulement majoritaires à lAssemblée
des députés, laquelle ne leur donne aucun pouvoir décisionnel
(le rôle de lAssemblée nest que consultatif ; cest
le Conseil législatif et le Conseil exécutif qui votent les
lois). Les francophones, qui forment plus de 90 %
de la population du Bas-Canada, nont pas le pouvoir de sadministrer,
de voter leurs lois, de voter leurs budgets, etc. Seule lélite
anglophone contrôle la destinée des Québécois.
- Le quorum, dabord fixé à 34 (pour une
Chambre de 45 députés), est rabaissé à
26 le
3
mai 1793, puis à 18 le
12
mars 1794. (Labsentéisme des députés
pose une véritable problème.)
- Pour quune loi puisse être acheminée au gouverneur, il
est nécessaire que la Chambre dassemblée et le Conseil législatif
soient tous les deux daccord sur tous les articles dune loi.
Le débat sur la langue :

Dès la première session il est question
de déterminer quelle sera la langue dusage
du parlement. Un Canadien français, Pierre-Louis
Panet, cousin germain de Jean-Antoine
Panet, est davis que lOrateur [le président dassemblée]
doive posséder les deux langues :

insi
je dirai quil y a nécessité absolue pour les Canadiens dadopter
avec le temps la langue anglaise. Seul moyen de dissiper la répugnance
et les soupçons que la diversité de langage entretiendra
toujours entre deux peuples réunis par les circonstances et forcés
de vivre ensemble. Mais, en attendant cette heureuse révolution,
je crois quil est de la décence que lOrateur dont nous ferons
le choix puisse sexprimer dans la langue anglaise lorsquil sadressera
au représentant de notre Souverain. » [Lacoursière,
2:1995, p. 26-27]
La Chambre décide que les lois criminelles
seraient en anglais et que les lois
civiles seraient en français.
Le lieutenant-gouverneur Alured Clarke
demande lavis de la Grande-Bretagne qui décide que seule
la langue anglaise doit avoir valeur légale à
la Chambre dassemblée et au Conseil législatif.
Une chambre disproportionnée :

es
[Québécois] se retrouvent donc dans une position dinfériorité
même sils forment la majorité de la population. La démocratie
anglaise qui pénètre dans la colonie avec la création
de lAssemblée ne doit servir que les intérêts des
marchands anglais » [Bergeron, p. 68-69.].






Dernière
mise à jour : 29 décembre 1999, 18h38