Lettre ouverte à Roger Tessier, professeur au
Département
des Communications de lUniversité du Québec à Montréal
Consolons-nous :
« La haine des faibles nest pas si dangereuse que leur amitié »
Vauvenargues
ans Le Devoir
du vendredi 15 août dernier, Roger Tessier gratifia presque le Québec
tout entier dun fiel peu commun, où la démesure ne rencontrait
ses frontières que là où elle tendait le témoin
à linsignifiance. Au premier tiers de son texte, « Les
malins plaisirs du général de Gaulle »,
je trouvais lauteur plutôt petit, au second je le découvrais
mesquin. En fin de lecture, enfin, javais le sentiment de faire face à
la bêtise dans ses plus clairs atours. Mais par-dessus tout, ce qui
me chagrine et me blesse plus que je ne saurais dire, cest quun tel individu
soit grassement rémunéré par la collectivité
même dont il dénigre, avec une suffisance qui confine au ridicule,
les plus dignes représentants.
Quand on sait le nombre de Ph. D. brillantes et brillants au Québec, qui se meurent et se tuent sur le chômage et la sécurité du revenu, alors que de pareils hurluberlus, professeurs dUniversité, se gavent de tous les acquis de la Révolution tranquille, largement accessibles aux médiocres qui ont le bonheur dêtre moins doués que plus âgés, alors je me dis que ce nest plus une situation révoltante. Cest un climat de Révolution.
Nos universités québécoises sont truffées de cancres embusqués qui siphonnent le meilleur de ce que nous sommes comme Nation. Aussi nest-il pas étonnant, au sortir de ces maisons du savoir, que la plupart de nos enfants (voire de nos collègues !) soient incapables de formuler une phrase complète de façon structurée (Sartre navait pas toujours tort: « On ne forme pas impunément des générations en leur enseignant des erreurs qui réussissent »). Pas étonnant non plus, comme ce Tessier, quun bon nombre de ces planqués aient la fibre « canadian » extrêmement développée. Qui, en effet, a déjà vu un parasite se métamorphoser soudainement en phalène ou en saturnie ?
Et ça se dit psychosociologue
Y en a marre.
Jean-Luc Gouin,
ce 16 août 1997
Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 20h17