DISPARÊTRE
– Belgique, België
oder Belgium –

« Belgian WebGuide » (Belgique)

Ce site : un simple exemple parmi cent, parmi mille, plus encore bientôt.
[site longtemps unilingue anglais, une version… franglaise est désormais accessible.
On notera au surplus les bannières publicitaires in English and English only.
Ndlr. (septembre 2000)
]

n croyait autrefois, avec Brel, que l’Angleterre n’était qu’un faubourg de Bruges. C’était il y a quatorze vies, sans doute. Maintenant, la « Belgium » ne se suffit plus avec ses trois langues officielles, dont l’allemand pour un petit bout de territoire. C’est en anglais qu’elle se dit et qu’elle se montre.

Ou se régurgite ?

Des Wallons qui communiquent in english pour s’adresser essentiellement à des Wallons, des Français, des Sénégalais, des Zaïrois, des Québécois. Ou des Flamands qui échangent avec d’autres néerlandophones dans une langue qui n’est ni celle de l’émetteur, ni celle du destinataire. De l’anéantissement de soi. Voilà ce que c’est très exactement.

Mais quelle est donc cette volonté auto-destructrice qui consiste à se fondre dans l’uniformité — ou l’unifénormité, pourrait dire Sol ? Quelle est donc cette mésintelligence puissamment invertie qui semble chercher l’être et le « mieux »!-être dans le « disparêtre » ? Et vos visiteurs — tous vos Pierre, vos Gilbert et vos Roland : http://www.webguide.be/corner/forum1.cfm —, francophones et possiblement belges comme par surcroît, qui par mimétisme vous écrivent en anglais !!! Se nier soi-même pour présumément mieux « communiquer »… C’est de la bêtise. Ou de l’esclavage mental.

Dites, pourquoi s’intéresserait-on à la « Belgium » désormais, alors qu’il suffit d’aller (ou de se brancher) directement sur les United States of America…? Pourquoi se contenter de « copies » quand l’original est parfaitement accessible ?

La Belgique rompt ses appartenances, son histoire, ses racines. Et la Wallonie, sa francité. Tout comme la Suisse romande, d’ailleurs. Ainsi que la France qui s’y met avec une fébrilité quasi comparable.

La Belgique — pays des Magritte, des Michaux, des Merckx, voire des Adamo — était un beau pays. Car elle choisit sciemment de ne plus être.

La Belgium sera une insignifiance.

Pourquoi « nous » abandonnez-vous ainsi, nous de la francienne fratrie ? Vous aviez une famille. Vous récolterez le néant.

Mes salutations les plus désolées.

Jean-Luc Gouin
Lac-Beauport,
28 mars 1998


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Dernière mise à jour : 22 septembre 2000, 17h38