L’englissement. Ou la rumeur du tout anglais.

Vrai/ment

Le véritable argumentaire débute plus bas sur cette page
(après : « 12 avril 1998 »),
suite au court échange introductif de Gilles Tanguay et Jean-Luc Gouin.
[Lien direct]

« Bionix Cells For Men » (Montréal, Québec)

e croyez-vous pas qu’il serait pertinent et respectueux de votre clientèle, vous qui êtes situés dans la principale cité du Québec, que de vous donner une raison sociale française (ou au moins « également » française) ? Vous aliéner votre marché « local » est-il dans vos vues ?

Votre double site (à peu près) bilingue ne répare rien du tout.

Salutations.

Jean-Luc Gouin
Québec
6 avril 1998


Bonjour M. Gouin

Je vous remercie de l’attention que vous portez à notre compagnie et à notre image de marque. Je suis désolé du délais de réponse à votre message, nous avons eu quelques problèmes techniques avec notre serveur américain.

Le nom de notre compagnie est : NFH Gestion. La raison sociale Natural, Fitness and Health a été adoptée dans un but purement marketing. En effet, notre principal public-cible est les Américains ; vous aurez remarqué que le design général du site web va aussi dans ce sens : couleurs bleu-blanc-rouge, étoiles dans la bannières principales, etc.

Ce produit est en vente depuis plusieurs années et il s’est avéré que la demande provient presque exclusivement des États-Unis. Si nous avons fait un site en anglais ET en français, c’est précisément par respect pour notre langue, pour notre culture et pour nos racines. D’ailleurs, le site a été construit principalement dans la langue de Molière avant d’être traduit pour les anglophones.

Est-il essentiel d’avoir une raison sociale francophone (ou également française comme vous le mentionnez) pour faire des affaires sur Internet ? Lorsqu’on sait que la majorité et même la presque totalité des internautes comprennent l’anglais et peuvent naviguer aisément sur Internet, nous croyons que notre raison sociale mise en évidence (Natural, Fitness and Health) est facilement compréhensible pour tous.

De plus, nous ne croyons pas que notre raison sociale puisse nous aliéner notre marché « local ». Internet est un marché « planétaire », s’afficher sur Internet n’est pas s’afficher seulement qu’au Québec, seulement qu’en Amérique du Nord, c’est s’afficher globalement ! Nous devons penser « planète », nous devons cesser de croire que le monde tourne autour de notre cour ! L’anglais (malheureusement) est une réalité incontournable à laquelle nous devons faire face en tant qu’entrepreneur réaliste et citoyen d’une même planète.

Vous faites sûrement allusion à la version précédente du site (partie anglophone). Je vous invite à retourner sur la partie anglaise :

Merci encore pour les commentaires constructifs !

Gilles Tanguay
12 avril 1998


M. Gilles Tanguay,

Je vous remercie, M. Tanguay, de votre courrier. Il m’offre l’opportunité d’articuler un peu plus mes idées sur ce délicat sujet.

La présente cependant, d’ailleurs un peu longuette, ne sera pas une réplique spécifique à votre message. Elle constitue plutôt une réaction globale à un climat ambiant et généralisé qui perdure en la matière (lequel s’exhale par le biais de nombreux clichés, contre-vérités et poncifs vérifiés par personne), et dont votre discours constitue (de bonne foi, je crois) une assez fidèle illustration. Aussi, veuillez ne pas recevoir cette lettre comme une manière de « réprimande » personnelle. Ce texte sans prétention s’adresse à tout interlocuteur susceptible de partager vos vues. À ce titre vous faites ici figure, M. Tanguay, permettez la formule un tantinet instrumentale, de cause occasionnelle.

En un mot, et pour revenir à notre objet : On communique en anglais pour se convaincre ensuite soi-même que c’est en anglais que « ça se passe »… Or si les Français, les Suisses et les Belges romands, les Sénégalais, les Tchadiens, les Haïtiens, les Acadiens, les Québécois… décidaient de communiquer en accordant priorité à leur propre dignité, ne croyez-vous pas qu’il y aurait autre chose que de l’anglais sur inforoute ? Et si les Chinois, et si les Russes, et si les Espagnols, et si les Arabes, et si… et si… cessaient d’écrire en anglais. Si tous les Gilles Tanguay… Eh bien oui ! On verrait que l’inforoute n’est pas anglaise du tout. La puissance de l’inforoute anglophone ne réside pas dans la langue anglaise : elle réside dans l’assujettissement volontaire de quelques milliards d’individus. Asservissement à une fiction de l’esprit, qui plus est.

L’anglais triomphe par défaut. Par défaut ? Que dis-je ? Par aveu de forfait de l’« adversaire ». Lequel n’a pas même envisagé un seul demi-instant d’engager la lutte contre son propre anéantissement. La solution de l’un dans la dissolution de tout autre.

Mais plus précisément…

 Essentiel ? À cet égard (« faire des affaires »), probablement pas. Essentiel pour le respect de soi, de sa propre langue et de sa culture ? Très certainement, il m’est d’avis. Par respect de sa (ses) clientèle(s) aussi. Ce qui n’est certes pas rien. Si votre produit est bon, ce n’est pas parce qu’il porte un nom anglais (une marque de commerce ou une raison sociale) qu’il sera supérieur ou préférable. Les Américains (ou les Chiliens, ou les Finlandais) s’abstiennent-ils d’acheter du Veuve-Clicquot, du Chanel ou du Saint-Laurent parce que… ce n’est pas du Widow ou du Saint-Lawrence ???

 Voilà un mythe que l’on galvaude partout et constamment. À tort et à travers. Près de 6 milliards d’individus peuplent la terre: C’est six mille millions de personnes. Quelques centaines de millions comprennent l’anglais (et très approximativement pour un fort nombre). C’est une fraction du Tout : moins de 9 %. Dans un ordre rigoureux de grandeur, c’est tout comme si on disait qu’au Québec ce doit être anglais parce que les anglophones représentent 8,8 % de la démographie nationale… Cela dit, l’anglais n’est pas la langue maternelle de la majorité de ces internautes dont vous m’entretenez. Pourquoi alors tous ces gens se « marcheraient-ils sur le cœur » en utilisant une langue qui leur est systématiquement seconde (ou tierce sinon plus) ? « Lorsqu’on sait… », dites-vous. Justement: on ne sait pas ! On s’imagine. On se poudre-aux-yeux comme ma belle se poudre le nez ou un vieil ami l’intérieur du même appendice.

Car — par préjugé, aveuglement, facilité ou paresse intellectuelle, mollesse idéologique, faiblesse du sens politique et citoyen, ignorance, voire mépris de soi ou servilité sinon confusion mentale, et que sais-je encore — une proportion très élevée d’internautes opte pour la langue de Bill Clinton (et de Celine Dion) sans qu’il soit possible de présumer de leur capacité et de leur pouvoir réels de s’exprimer autrement. On ne sait pas du tout quel est le « potentiel non-anglais » de tout ce beau monde. Et on donne ainsi théoriquement existence à l’idée préconçue (« Au commencement le verbe » ?) en alimentant celle-ci de notre propre « délangagement » — comme on dirait désengagement. On serait pratiquement tous des francophones sur Internet (ou des hispanophones, qu’importe), que l’on persisterait quand même à croire mordicus que le réseau des réseaux est une inforoute quasi exclusivement anglaise. On saura vraiment qui parle quoi quand tout un chacun aura suffisamment d’honneur et de fierté pour « paroler ce qu’il est ». Lui. Ou elle. Actuellement il serait tout à fait plausible, en effet, à partir d’une étude des contacts inforoutiers entre Européo-français (Suisses, Belges, Luxembourgeois, Français…), d’en conclure qu’il n’y a, ou peu s’en faut, que des anglophones en ces pays… C’est à se demander si MM. Chirac et Jospin ne discutent pas dans la langue de Madonna. (Paradoxe en corollaire et peut-être à méditer : de tous les francophones, les Québécois sont de loin les plus bilingues français / anglais. Or ce sont pourtant les seuls francophones, mutatis mutandis, et du haut de leur petit sept millions, à investir massivement l’inforoute en français).

 Désolé ! M. Tanguay. Mais voilà encore des idées stratifiées, tendancieuses, emberlificotées et peut-être même confuses. Ne pas « oser » s’exprimer dans sa propre langue, c’est plus que s’aliéner son propre « marché local » : c’est s’aliéner soi-même. C’est se dépersonnaliser pour présumément mieux réussir. Or si c’est ça la réussite, je dis : Vive l’Échec ! S’il faut s’écraser pour être tout en haut, quelle est la valeur d’une pareille entreprise ? En outre, si ce n’est pas démontrer peu de respect pour ledit marché local que de lui imposer une raison sociale (entre autres) qui ne relève pas de sa langue, alors ne croyez-vous pas, a contrario, que ce ne serait pas s’aliéner le marché « autre » (et notamment étatsunien) que de lui présenter un produit dont le nom n’est pas anglais ? Pourquoi ce qui est bon pour l’un (un produit « non-français » offert par des Québécois à des Québécois !) n’est pas valable pour l’autre (offrir un produit français à des non francophones. Comme Givenchy ou Saint-Émilion grand cru classé…) ???

Incidemment, à propos de l’aliénation du « marché local », je vous invite sérieusement à réviser vos certitudes vis-à-vis d’une clientèle que vraisemblablement vous considérez captive. Exemples. Depuis que la beauceronne « Vachon », il y a quelques années, a troqué ses millefeuilles pour des « Passion Flakie » et ses barquettes de confiture pour des « Good Morning », pas un produit de cette compagnie n’est entré ni chez moi, ni dans mon estomac. Je n’ai jamais mis les pieds non plus dans un « Red Lobster » ou un « Pizza Hut » : quand on dessert une clientèle, c’est la moindre des choses que de l’interpeller, de l’inviter, dans sa langue. Je n’ai, n’aurais ou n’aurai rien contre Vachon faisant fortune avec ses Flakies aux États-Unis. Bien au contraire. Mais c’est mépriser profondément les Québécois que, du même élan, les assujettir au même traitement. C’est là que c’est dangereux, insidieux, et notamment parce que subliminal (« La perte de l’âme est indolore », ainsi que je me plais [?] à le rappeler de Gustave Thibon). Comme s’il fallait, entre Québécois, entre francophones, commercer en anglais pour mieux vendre à Chicago, Seattle ou San Francisco. Ce n’est plus de la bêtise. C’est de la folie furieuse. C’est surtout la perte de tout amour propre. Et dans l’espace désormais vacant de cette perte, c’est fort sale croyez-m’en.

Voilà pourquoi aussi Zellers et plusieurs autres chaînes ne recueillent pas mon patronage: quand je lis ici des circulaires publicitaires massivement bilingues, et partout unilingues anglaises en Canada hors-Québec, qu’est-ce donc sinon du mépris pour ce que nous sommes ? Canada bilingue, of course: anglais là et… bilingual ici. La compagnie Kellogg’s, par exemple (contrairement à plusieurs autres céréaliers), ne s’est jamais préoccupée d’accorder des appellations également françaises (marques de commerce) à aucun — aucun ! — de ses très nombreux produits. Tout comme les Sun Life et autres Standard Life (au plan des raisons sociales) qui pullulent par milliers. « La Métropolitaine » et la « Canada Vie » ne furent pas confinées à la faillite pour autant, que je sache. Elle se tape tout de même des millions de dollars de profits annuellement avec nous, la Kellogg’s, et ce depuis des décennies. Ne croyez-vous pas, M. Tanguay, que si à peine quelques milliers de Québécois décidaient sur-le-champ de refuser d’être ainsi traités — et que des « hurluberlus » comme moi devenaient tout à coup un rassemblement d’individus (comme vous !) au pouvoir économique réel et conscient — que la fameuse Kellogg’s ferait en 48 heures ce qu’elle a refusé obstinément, opiniâtrement, le siècle durant ? Et pourtant, cette arme ne tire pas le feu, ne lacère pas les chairs ni ne fracasse les vitrines. Elle n’élève même pas la voix. Cette arme s’appelle : dignité. Monsieur, le monde n’est pas anglais. Il est ce qu’on le laisse être, ce qu’on le pense être surtout. Tout au bout de notre champ on peut, avec Vigneault, planter un chêne. Ou dans l’insouciance (et l’acculturation) — ô ortie vénéneuse — cultiver la lâcheté.

Vous le dites : « Internet est un marché planétaire ». Mais par quel sophisme ou perversité de l’esprit en arrive-t-on à confondre planétaire et… anglo-américain ? Le Québec n’est pas le centre du monde. Vous avez tout à fait raison. Mais, M. Tanguay : les États-Unis non plus ! Il se parle près de 6 000 langues actuellement sur la Planète, et près de deux cents États y coexistent. Le monde, précisément, ce n’est pas un pays unique et ce n’est pas une langue exclusive. Ni une seule culture, fût-elle celle de l’argent comme divinité.

Il ne me viendrait pas pour autant à l’esprit de vous reprocher de communiquer en anglais avec des Américains ou en lituanien sur les rives de la Baltique (mon message initial, vous vous en souviendrez, portait sur votre raison sociale). Là ou le bât (me) blesse, c’est d’estimer qu’on doit évacuer ce qu’on est soi-même pour supposément « communiquer » avec le monde. Lorsque l’humanité en arrive à croire qu’il faut, à terme, tuer les langues et les cultures pour s’inféoder enfin à une seule (car c’est l’effet logique et irréversible de cette procédure : suite à la décision d’échanger continuellement en anglais avec « le monde », nous en viendrons forcément à la conséquence qu’il est inutile sinon parfaitement ridicule d’élever nos propres enfants dans une autre langue, tierce et alors médiocre comme par définition), c’est qu’elle a totalement perdu le sens même de ce mot : Humanité. Sous le couvert de « penser planète », comme vous l’écrivez, M. Tanguay, on pense uniformément (sinon « uniformismement ») la dictature d’une seule langue et, subrepticement, d’une seule vision. Au nom de l’« ouverture au monde », les Espagnols, les Allemands, les Russes, les Français, les Québécois n’entendent plus, par exemple, que de l’anglo-américain sur leurs milliers d’antennes radio, télé et satellite. Au nom de l’ouverture, on bâillonne les 5 999 autres langues. Vous avez raison : il faut voir plus loin que sa cour. Mais plus loin que son nez et son portefeuille aussi.

Nous nous conduisons tous comme des valets en nous introjectant le discours « économico-usaïen » du maître. Et ce afin sans doute de justifier rétrospectivement à nos propres yeux — et surtout devant le tribunal de notre propre conscience — notre volontaire servitude. Bref, l’inforoute est massivement anglaise parce que des dizaines de millions d’internautes non anglophones abordent l’instrument avec la conviction a priori qu’elle est ainsi. Et ceux-ci construisent illico des sites en anglais pour communiquer en anglais. Même au sein de discugroupes (groupes de discussion) français… Et ça donne entre autres des Suisses qui mettent au panier leurs quatre langues officielles pour se mettre à une cinquième. Et vive les Swiss Air et les Swiss Brass ! Il serait littéralement impossible de savoir que la Belgique est largement française si on tentait de la connaître par le grand Lacis. Et cætera. On s’écrase pour « tendre la main » au monde. Mais dites-moi, qui veut vraiment de pareils invertébrés comme amis ???

On détruit toutes les différences, on se prosterne devant un « marché » (de dupes surtout), on dénie ce que l’on est. Et tout ça pour, dit-on, « communier avec la planète ». Aux antipodes de l’ouverture au monde, la planétarisation constitue au contraire la plus universelle des déresponsabilisations de tout un chacun. L’individu possède un pouvoir (et réciproquement: des devoirs) face à son milieu familial, ses liens de tous ordres, notamment affectifs, l’activité locale et municipale, ainsi qu’au sein de l’État dont il est le citoyen. Par-delà, il est flocon de neige en poudrerie. On ne peut être de partout quand on est de nulle part. On est citoyen d’un État mais rien de plus qu’un marchand — au mieux — au sein de la Planète. Alors, l’ouverture au monde et la soi-disant dénombrilisation, moi vous savez…

Le monde est la somme des ici. Pas leur mutuelle annulation.

Pourquoi croyez-vous que les pays qui s’en sortent le mieux, à tous égards (et pas seulement au plan économique, qui n’est d’ailleurs pas, faut-il le rappeler, une fin en soi), ce sont les nations de petite taille ? Des pays qui incidemment ressemblent infiniment plus au Québec qu’à la Chine, la Russie, l’Inde, les États-Unis ou… le Canada. L’« amour de l’humanité » constitue sans doute l’arme la plus redoutable de toutes les transnationales multi-milliardaires du Globe. Car pendant que nous nous targuons d’être « citoyen du monde » (et que symétriquement nous nous employons à dénigrer vertueusement notre « petit Moi haïssable et local ») nous nous offrons pieds et poings liés à une sphère purement économique, occulte par surcroît (la démocratie devient un passe-temps puéril pour les États dépossédés à la faveur du vrai pouvoir ainsi réorienté), à laquelle nous avons abandonné toute capacité de compréhension des événements et d’intervention sur ceux-ci. Même les États, en effet, deviennent largement impuissants… Au nom de l’unimonde. Un monde comme jamais aplati aux deux pôles, ainsi que nous l’apprenions en petite école. Un jour, vous verrez, on donnera raison aux compagnons de Christophe Colomb : elle re/deviendra vraiment plate. Comme un écran d’ordinateur pratiquement réduit à deux dimensions. Les vendeurs et les acheteurs, sans doute (plus besoin d’amants: les bébés se fabriqueront en éprouvettes).

Dans la « rencontre de tous » s’agite la plus implacable destruction. Car une humanité sans lieux — sans ancrages et sans racines (comme la langue et la culture) pour lesquels on serait prêt à se battre comme on le ferait pour ses propres enfants — est une humanité sans hommes réels. Ce n’est plus alors qu’un troupeau sur une boule de billard qui roule dans le vide stellaire sous le butoir constant et imprévisible d’une queue. La « Planète » dont on parle tant, M. Tanguay, n’est pas celle de l’Union de ses locataires. C’est celle de la plus raffinée, de la plus machiavélique des Déstructurations du lien humain. Celle de l’abdication de l’homme. Désormais lié à «tous» en ne l’étant plus à un « Vous », un « Toi » ou à un authentique « Nous » dont il se sentait jusque-là responsable et le protégé tout à la fois. Comment « personne » (nobody), en effet, pourrait réussir à communiquer avec qui que ce soit.

Un univers sans lieux sera l’emplacement du non-lieu définitif face à l’accusation, quoique ferme, de lâcheté de l’homme face à lui-même. Car l’homme ne sera jamais aussi faible et impotent que lorsqu’il sera réduit au statut universel de Terrien ou, dit autrement, d’un « Rien sur terre ». Avant que de retourner rien de terre, puis enfin rien en terre. Continuité. Insensiblement.

Jusqu’au doux repos enfin de l’insupportable.

Jean-Luc Gouin
Québec,
13 avril 1998


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Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 20h21