CARCANADA
Lettre ouverte au sénateur Serge Joyal

M. Joyal : http://sen.parl.gc.ca/sjoyal/index.html,

Objet : Le sénateur Serge Joyal propose de modifier le projet de loi C-20 de manière à offrir littéralement un droit de veto au Canada anglais sur l’avenir politique et constitutionnelle de la nation québécoise.

Entre autres sources : http://www.ledroit.ca/pc/Nationales/000510/N0510111U.html


« Depuis 1763, nous n’avons plus d’Histoire, sinon celle, à réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d’autant plus facile que nous sécrétons nos propres bourreaux. »
Léon Dion (1922-1997)

on content, il y a presque vingt ans, d’avoir apposé votre propre signature au bas d’une Constitution que vos propres compatriotes québécois n’ont jamais acceptée ou entérinée (ni eurent l’infamie de signer, eux), vous en remettez à nouveau aujourd’hui. À pleines pochetées. Et notamment en espérant utiliser ce document même, « étranger » forcément, pour solidifier les barreaux de la geôle québécoise en Carcanada.

Je ne sais plus si des gens comme vous et vos acolytes Dion, Chrétien, Hervieux-Payette et autres Marc Lalonde à la sauce du jour (permettez que je ne les nomme pas tous…) avez complètement perdu toute intelligence, ou si vous comptez qu’en enfonçant désespérément le clou le cercueil de la nation québécoise apparaîtra comme par enchantement; mais il est certain que ces actes répétés, harceleurs et bâillonnants, et pour ainsi dire obsessifs-compulsifs jusqu’à la destruction définitive de l’« Autre », finiront, eux, par vous éclater à la figure.

Vous espéreriez une guerre civile contre votre propre famille nationale que vous n’agiriez pas autrement. Bêtise, inintelligence, arrogance jusqu’à l’aveuglement (rouge vif sur noir fond, bien sûr) et/ou parfaite irresponsabilité et inconscience politique, je ne sais vraiment plus. Qu’importe! au reste. Le résultat est le même.

Aussi, monsieur, est-ce par centaines de milliers, et bientôt quelques millions, que des femmes et des hommes se dresseront comme un Citoyen unique, libre et digne, face à de risibles et insignifiants épouvantails dont le plus grand « fait » en carrière aura été de s’incliner devant the Queen of the United Kingdom.

Votre vernis de culture — sans doute emprunté à vos tableaux de prix que, incidemment, vos appointements à titre de membre du sanatorium sénatorial vous permettent de vous offrir — n’a pas eu l’heur de modifier en rien, chez le Québécois que vous êtes (mes excuses pour l’insulte involontaire), cette vision étriquée, sclérosée, despotique et franchement trudeauiste du Québec que, visiblement, vous maintenez envers et contre tout par-delà les décennies pénétrées des lumineuses obscurités de l’irréflexion.

Monsieur l’honorable sénateur, vous êtes de ces hommes du Québec parmi les moins honorables qui se puissent imaginer — jusques et y compris dans nos romans. Pourtant d’atmosphère délétère à souhait. Le plus souvent.

Non, décidément, M. Joyal, vous n’avez vraiment pas idée de votre pitoyable allure.

Dommage pour vous et les vôtres. Car l’Histoire, cette allure, elle la gardera en mémoire.

Jean-Luc Gouin
Vieux-Québec

11 mai 2000


Sources CourrierIndexChronologieGéo


Dernière révision : 15 mai 2000, 23h07