Le Stylet-feutre de Jean-Luc Gouin
L’avenir de la langue française au Québec

isez ce qu’on écrit un peu partout, écoutez la radio et prêtez l’oreille à la parole des gens de votre entourage; vous remarquerez, au Québec, une langue bondée d’anglicismes, de barbarismes, de solécismes; une langue à la syntaxe si bâclée qu’on doit deviner la pensée, souvent tordue, de son interlocuteur. JLG nous entretient de cette langue appauvrie et approximative qu’on exhibe dans les médias et sur toutes les tribunes.


« Dans les câbles ! » (10 février 2000) :
« [On] doit se farcir des dizaines d’antennes anglophones qui n’intéressent presque personne au Québec. […] Débourser pour des canaux inutiles ou superflus, puis payer et payer encore derechef pour quelques autres (rares) chaînes dans notre langue, ça relève à l’échelle nationale tout à la fois de la bêtise et de la passivité suicidaire, économique aussi bien que culturelle. »
 
De la faim à la fin de Soi (18 janvier 1999)
« Depuis maintenant de nombreuses années, […] il est fréquent de lire des informations en anglais sous la plume de francophones rédigeant un mot sur leur propre compte ; alors que la situation inverse […] ne se produit jamais ou sinon de manière exceptionnelle. »
 
La Télévision québécoise : Sans ou Cent une visions ? (décembre 1998)
« Notre télévision est devenue une immense “ Radio Rock-Détente ”. […] Laquelle “ R-D ” réussit à nous momifier quotidiennement l’esprit […] Sans compter, lessivage mental qui participe carrément de la cruauté psychologique, les milliers de travailleurs condamnés […] à supporter pareille “ ambiance ” agressante le jour, la semaine, le mois, l’année durant… »
 
Du bout des lèvres (22 novembre 1998)
« Mais serait-ce au fond l’absence d’un vrai pays qui en dernière analyse nous interdirait, ainsi prostrés dans un No man’s Land, l’appropriation gourmande, entière et légitime de notre propre personnalité collective ? »
Aux sociétés commerciales à dénomination anglaise (13 avril 1998)
« Ne croyez-vous pas, M. Tanguay, que si à peine quelques milliers de Québécois décidaient sur-le-champ de refuser d’être [interpellés en anglais] — et que des « hurluberlus » comme moi devenaient tout à coup un rassemblement d’individus (comme vous !) au pouvoir économique réel et conscient — que la fameuse Kellogg’s ferait en 48 heures ce qu’elle a refusé obstinément, opiniâtrement, le siècle durant [c’est-à-dire : donner des noms français à ses produits] ? »
 
Réplique à la lettre de Bart Gauvin (8 février 1998)
« C’est invraisemblable de constater combien les anglophones […] estiment que toute information devrait être accessible sur-le-champ dans leur langue. Comme si… toute autre langue était un idiome dialectal, voire d’une autre planète. »
 
De langue à TQS (1er mai 1997)
« Je ne comprends pas qu’un réseau de télévision puisse sombrer dans la médiocrité au point de rémunérer un homme pour s’exprimer comme un illettré ou, à tout le moins, comme un individu qui aurait la culture et l’âge mental d’un enfant. »


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Dernière mise à jour : 21 février 2000, 21h22