Antisemitismus in Kanada

Antisémitisme au Canada

„ So judenfeindlich wie vor fünfzig Jahren “
« Aussi antisémite qu’il y a 50 ans »
Im Streit mit der englischsprachigen Minderheit Quebecs greifen frankophone Separatisten zu antisemitischen Parolen
« À couteaux tirés avec la minorité anglophone du Québec, les séparatistes francophones ont recours à des slogans antisémites »

Von Robert Roßmann

Robert Rossmann

Montreal Montréal
Eigentlich sind die täglichen Neuigkeiten vom Quebecer Sprachenkrieg zu absurd, um ernst genommen zu werden. Da wird Frankreichs Sänger-Legende Charles Aznavour ausgepfiffen, weil er in dem frankophonen Teil Kanadas auch ein paar Lieder auf Englisch singen will. Vor dem jüdischen Krankenhaus von Montreal kommt es zu Demonstrationen gegen eine Krankenschwester, die mit einem Patienten englisch gesprochen hat. Die Sprachpolizisten der Regierung beschlagnahmen koschere Lebensmittel – die Etiketten waren englisch und hebräisch beschriftet. Und das bekannteste jüdische Restaurant des Landes wird bestraft, weil auf seiner Karte das Französische zu klein wegkommt – in Quebec muß neben jedem englischen Schild ein doppelt so großes französisches hängen. Kuriose Anekdoten, doch die Vorfälle zeigen auch, daß in Quebec zunehmend Juden ins Visier der regierenden frankophonen Chauvinisten geraten. À vrai dire, les nouvelles quotidiennes en provenance du front linguistique québécois sont tellement absurdes qu’on ne peut pas les prendre au sérieux. Quelques exemples: lors de sa venue dans la partie francophone du Canada, la légende de la chanson française, Charles Aznavour se fait huer parce qu’il veut chanter quelques chansons en anglais. On en vient à manifester devant l’hôpital juif de Montréal parce qu’une infirmière a osé parler en anglais à un patient1. La police de la langue du gouvernement saisit des aliments casher parce que les étiquettes n’étaient qu’en anglais et en hébreu. Et le plus connu des restaurants juifs du pays se fait condamner parce que sur sa carte des menus, le français est imprimé en caractères plus petits que l’anglais2. — Il faut savoir qu’au Québec, toute affiche anglaise doit être accompagnée d’une autre avec une inscription deux fois plus grande en français. Des anecdotes bizarres, mais des incidents qui montrent aussi qu’au Québec, les Juifs deviennent de plus en plus la cible des francophones chauvins qui sont au pouvoir.
Für Howard Galganov, Chef der größten Bürgerinitiative gegen die Sprachpolizei und Geschäftsführer einer Montrealer Werbefirma, sind die vermeintlichen Anekdoten sogar „ Belege für den allgegenwärtigen Antisemitismus in Quebec “. Tausende Juden hätten das kanadische Bundesland bereits verlassen, die anderen hätten Angst. „ Zu recht “, findet Galganov, der Jude ist. Die separatistische Landesregierung mache das geschlossene Nein der Minderheiten für ihre 49,4-Prozent-Niegerlage beim Unabhängigkeitsreferendum verantwortlich. Die frankophone Mehrheit fühlte sich um ihrem eigenen Staat betrogen – die Landesregierung sei inzwischen „so rassistisch und judenfeindlich wie vor 50 Jahren“. Pour Howard Galganov, leader de la grande initiative des citoyens contre la police de la langue et propriétaire d’une firme de publicité montréalaise, ces anecdotes apparemment innocentes sont « la preuve irréfutable (litt. omniprésente) de l’antisémitisme au Québec ». Selon lui, des milliers de Juifs ont déjà quitté cette province canadienne, et ceux qui restent ont peur. « Et avec raison », dit Galganov, qui est lui-même d’origine juive. « Car pour le gouvernement séparatiste de la province, l’unanimité du vote négatif massif des minorités est le grand responsable de sa défaite (à 49,4 %) lors du dernier référendum sur l’indépendance. La majorité francophone se sent spoliée de ne pas avoir eu son propre État » — et Galganov rajoute en disant que le gouvernement provincial est « toujours aussi raciste et antisémite qu’il y a 50 ans ».
Ein Rückfall in eine häßliche Vergangenheit? Während des Zweiten Weltkriegs war Quebec ein Hort des Antisemitismus, eine Art Exklave Vichy-Frankreichs in Amerika. Erst vor zwei Monaten mußte Quebecs höchster Repräsentant wegen dieser Vergangenheit zurücktreten: Gouverneur Jean-Louis Roux, Vertreter der britischen Krone in Quebec, hatte 1942 an einer Demonstration teilgenommen, die in Ausschreitungen gegen jüdische Geschäfte endete. Droht eine Renaissance dieser Judenfeindlichkeit à la Quebec? Un retour en arrière sur un passé affreux? Durant la Deuxième Guerre mondiale, le Québec était un refuge de l’antisémitisme, une sorte d’enclave de la France de Vichy en Amérique. Il y a deux mois seulement, le plus haut représentant du Québec a dû démissionner à cause de son passé: le gouverneur (sic) Jean-Louis Roux, le représentant de la Couronne britannique au Québec, avait participé en 1942 à une manifestation, qui s’était terminée par des excès de violence contre des commerces juifs. Y aurait-il danger de renaissance d’antisémitisme à la québécoise?
„ So einfach wie Galganov und all die anderen Warner vor einem neuen Antisemitismus darf man es sich nicht machen “, meint David Sultan, Quebecer Direktor des Canadian Jewish Congress. Viele Gemeindemitglieder lebten zwar in Angst. Die Judenfeindlichkeit an sich sei in dem kanadischen Bundesland aber nicht größer als in den meisten Teilen der Welt. Selbst Gouverneur Roux sein inzwischen ein untadeliger Demokrat. Auch die Berichte über eine Ausreise seien übertrieben. „ Tausende von Juden sind es auf keinen Fall – vielleicht hunderte “, sagt der 32jährige Anwalt. Genaue Zahlen habe der Jewish Congress zwar keine – das Statistische Bundesamt habe sie noch nicht ermittelt. Einen Massenexodus, wie beim ersten Wahlsieg der Separatisten vor 20 Jahren, gebe es aber nicht. Damals hatte fast jeder vierte Jude Quebec verlassen. Was die 100 000 Gemeinde-Mitglieder heute ängstigt, ist der Nationalismus der regierenden frankophonen Separatisten, die schlechte Wirtschaftslage und die unsichere politische Zukunft Quebecs. Für den Jewish Congress sind die Ausfälle der Separatisten gegen Juden „ kein spezieller Antisemitismus, sondern ein allgemein fremdenfeindliches Wegbeißen aller Störenfriede auf dem Weg zum nächsten Unabhängigkeitsreferendum “. Juden wie Galganov ecken da besonders an. Mit ihren ständigen Hinweisen auf die Frankophonen zerstören sie die vermeintliche Opfergeschichte des Bundeslandes, aus der die Separatisten die Forderung nach einem Staat ableiten. Und so verfallen selbst Kolumnisten ansonsten seriöser Tageszeitungen in Kommentaren über die Angriffe auf die Quebecer Geschichtsklitterung in einen antisemitischen Tonfall. Da wird argumentiert, die Juden mögen sich nicht so aufregen – sie hätten ja Jesus umgebracht. Pour le directeur de la section québécoise du Canadian Jewish Congress, David Sultan, « cela serait simpliste de parler d’un nouvel antisémitisme comme le font Galganov et les autres prophètes de malheur » (litt. les avertisseurs). Mais il poursuit en disant qu’il est vrai que plusieurs membres de sa communauté vivent dans la peur. Tout de même, l’antisémitisme en tant que tel n’est pas plus important dans la province de Québec qu’ailleurs au monde. Entre-temps, même le gouverneur Roux est devenu un démocrate sans reproches. Les rapports au sujet d’une vague d’émigration hors de la province sont aussi exagérés. (Si exode il y avait) « il ne s’agirait en aucun cas d’un nombre que l’on qualifierait dans les milliers — il faudrait plutôt parler de quelques centaines de Juifs », continue le jeune avocat de 32 ans. Le Jewish Congress n’a pas les chiffres à l’appui— le bureau de la statistique fédéral (Statistiques Canada) ne les ayant toujours pas publié. Mais un exode de masses n’est pas à prévoir comme cela s’est produit lors de la première victoire électorale des Séparatistes il y a de cela 20 ans. À l’époque, presque le quart de la population (d’origine) juive avait quitté le Québec. Ce qui angoisse la communauté qui compte près de 100 000 membres, c’est le nationalisme des séparatistes francophones au pouvoir, ainsi que la mauvaise situation économique et l’avenir politique incertain du Québec. Pour le Jewish Congress, ce comportement des Séparatistes contre les Juifs « n’est pas spécifiquement antisémite mais relève bien plutôt d’une xénophobie généralisée, en style de coup de gueule contre tous les gêneurs (qui se mettraient) sur la voie du prochain référendum sur l’indépendance ». Des Juifs comme Galganov réagissent particulièrement mal à cela. Avec leur insistance (à revenir) sur le passé antisémite des francophones, ils rendent dérisoire la soi-disant victimisation de l’histoire de la province par laquelle les Séparatistes justifient leur demande d’avoir leur propre État. Ainsi, même des « columnistes » de journaux habituellement sérieux en viennent à utiliser des propos aux accents antisémites lorsqu’ils veulent répondre à ces attaques, qu’ils considèrent comme du révisionnisme historique. Dans ces journaux, les arguments volent même aussi bas que de dire que les Juifs ne devraient pas autant s’énerver — ce sont bien eux qui ont tués Jésus. (N. du trad.:!!!!????)
„ Trotz allem glauben wir, daß die fremdenfeindlichen Politiker in der regierenden Parti Quebecois eine Minderheit sind “, sagt der Jewish-Congress-Direktor. Die vorsichtige Einschätzung überrascht, schließlich zählt selbst Sultan den stellvertretenden Ministerpräsidenten Bernard Landry und den früheren Regierungschef Jacques Parizeau zu dieser Minderheit. Parizeau, der die Separatisten 1994 wieder an die Macht gebracht und im folgenden Jahr in das Unabhängigkeitsreferendum geführt hatte, machte nach der verlorenen Abstimmung haßerfüllt „ das Geld und die ethnische Stimmabgabe “ für die Niederlage verantwortlich. „ Geld “, das war auch eine Umschreibung für „ Jüden “: Die Bronfmans sind die reichste Familie Quebecs; der Canadian Jewish Congress residiert im Samuel Bronfman House. « Malgré tout, nous croyons que les politiciens xénophobes du Parti québécois au pouvoir sont en minorité » raconte le directeur du Jewish Congress. Cette analyse retenue surprend. Parce que finalement monsieur Sultan considère même le vice-premier ministre Bernard Landry et l’ex-premier ministre Jacques Parizeau comme faisant partie de cette minorité. Parizeau, qui avait ramené les Séparatiste au pouvoir en 1994 et qui les a guidés lors du référendum sur l’indépendance, avait eu des propos haineux contre « l’argent et les votes ethniques » qu’il avait rendus responsables de la défaite référendaire. Le terme « argent » étant aussi un euphémisme pour « juif »: les Bronfman étant la famille la plus riche au Québec, et le Canadian Jewish Congress résidant même dans la Samuel Bronfman House.
Im Mittelpunkt der Auseinandersetzung steht jedoch nicht der diplomatische David Sultan und sein Bronfman House, sondern Howard Galganov. Der 49jährige ist zwar eher ein Eiferer und Wichtigtuer als ein ernstzunehmender Politiker. Durch das provokante Auftreten seiner Bürgerinitiative ist Galganov jedoch für viele Intellektuelle zum „ Kritallisationspunkt der neuen Judenfeindlichkeit “ geworden. Michel Gauthier, Chef der frankophonen Separatisten, forderte ausgerechnet den Jewish Congress auf, Galganov in die Schranken der Quebecer Regierungspartei beschimpften Dutzende von Delegierten den Geschäftsführer, so mancher setzte dabei ein „ Jude “ vor „ Galganov “. Töne, die man in Quebec seit der „ révolution tranquille “ der sechziger Jahre, Quebecs stillem Wandel vom rückständigen Klerikalstaat in einen liberalen und laizistischen Industrie-Staat, nicht mehr gehört hat. Raymond Villeneuve, Chef des radikalen Mouvement de Liberation Nationale du Quebec, drohte „ Galganov und all den anderen renitenten Juden “ sogar mit Bombenanschlägen und Brandstiftung. Damit hat Villeneuve Erfahrung: Der ehemalige Terrorist der Quebecer Befreiungsfront (FLQ) ist 1963 wegen Totschlags zu zwölf Jahren Haft verurteilt worden, eine seiner Bomben hatte einen Wachmann zerrissen. Als Villeneuves Terrorgruppe 1970 den Quebecer Arbeitsminister entführte und ermordete, rief Premier Trudeau den Notstand aus. Cependant, ce n’est pas le très diplomate M. David Sultan, qui sous la protection de Bronfman, est au milieu de ce conflit mais bien Howard Galganov. En fait Galganov, âgé de 49 ans, est beaucoup plus zélateur et fanfaron qu’un politicien sérieux. Tout de même, avec le comportement provoquant de son initiative de citoyens, Galganov est devenu pour de nombreux intellectuels « le point de cristallisation d’un nouvel antisémitisme ». Michel Gauthier, chef des séparatistes francophones (sic) a notamment demandé au Jewish Congress de le remettre à sa place. Au cours du dernier congrès du Parti québécois au pouvoir, des dizaines de délégués injuriaient l’homme d’affaire et plusieurs le qualifiaient de « juif » avant de dire « Galganov ». C’est le type de propos que l’on n’avait plus entendu depuis la « révolution tranquille » des années soixante. Celle-ci avait eu pour but de moderniser un État clérical et sous-développé en un État industriel, libéral et laïc. Raymond Villeneuve, chef du radical « Mouvement de Libération Nationale du Québec » a même menacé « Galganov et tous les autres Juifs récalcitrants » d’attaques à la bombe et d’incendie. Villeneuve a une certaine expérience en la matière: l’ex-terroriste du Front de Libération du Québec a été condamné pour homicide volontaire en 1963, à 12 années de réclusion parce qu’une de ses bombes avait déchiqueté un gardien de nuit. Lorsque le groupe terroriste de Villeneuve enleva et tua le ministre du travail du Québec en 1970, alors le premier (ministre) Trudeau déclara l’état d’urgence (la loi sur les mesures de guerre).
Für die meisten Kanadier war das bis vor kurzem Geschichte. Mit dem Wahlsieg der Separatisten vor zweieinhalb Jahren sind aber auch Villeneuve und seine antisemitischen FLQ-Kämpen auf die Quebecer Bühne zurückgekehrt. Einer der Ex-Terroristen wurde sogar zum Richter ernannt. Und so deutet nichts darauf, daß Claude Jasmins Ethel et le terroriste Wirklichkeit werden könnte. In dem Roman gelingt es der Jüdin Ethel, ihren separatistischen Freund aus der Quebecer Befreiungsfront von der Notwendigkeit einer gemeinsamen Lösung zu überzeugen. Pour la plupart des Canadiens, cela n’était jusqu’à présent que des événements confinés à l’histoire. Mais aussi avec la victoire des séparatistes il y a de cela deux ans et demi, Villeneuve et ses guerriers antisémites du FLQ sont de nouveau à l’avant scène. Un des ex-terroristes a même été nommé juge. Mais cela ne veut pas dire que ce qui est décrit dans le roman de Claude Jasmin « Ethel et le terroriste » pourrait devenir réalité. Celui-ci décrit la juive Ethel, qui réussit à convaincre son ami qui fait partie du Front de Libération du Québec de la nécessité d’une solution commune.

Traduction française de : Louis Bouchard, février 1997.


1 Il fait référence au cas de Normand Lester, journaliste à Radio-Canada qui, lors de son infarctus, s’est fait soigner par une infirmière qui insistait pour lui parler en anglais seulement (N. du trad.)

2 Il fait référence au restaurant Schwartz, dont les menus n’étaient pas conformes à la loi 101, mais le restaurant les a changés, nous sommes allés vérifier vendredi soir dernier! (N. du trad.)

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Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 23h01