Kreuzzug gegen Sprachimperialisten
La croisade contre les impérialistes de la langue
Professor will französische Sprache durchsetzen
Un professeur d’université veut imposer la langue française sur l’internet

Von Robert Roßmann

Robert Rossmann

Montreal, im Dezember Montréal en décembre
Der Weg zu Professor Cartier führt durch ein viktorianisches Kirchenportal. Die Architekten der Montrealer Quebec-Universität haben die Reste der 140 Jahre alten Église St-Jacques nicht abreißen lassen, sondern zum Eingang des modernen Universitätsgebäude umfunktioniert. Und so krönt heute ein Kirchturm die akademische Kaderschmiede der frankophonen Separatisten. Passender hätte sich der Hüter der reinen Lehre von der französischen Sprache sein Hauptquartier nicht aussuchen können. Michel Cartier, das ist der selbsternannte Kreuzritter gegen die „ amerikanischen Sprachimperialisten “ und die „ Vorherrschaft des Englischen im Internet, dem entscheidenden Schlachtfeld der Zukunft “. Seit Jahren reist der Franko-Kanadier um die Welt, um für den Gebrauch seiner Muttersprache im internationalen Computernetz zu „ kämpfen “. Weil Macht mit der Herrschaft über Wörter beginnt, ist er dabei zum bekanntesten Erfinder französischer Pendants für englische Internet-Begriffe geworden. Le chemin qui mène au bureau du professeur Cartier passe par un portail d’église de style victorien. Les architectes de l’Université du Québec à Montréal n’ont pas rasé les restes de la vieille église Saint-Jacques (fondée il y a plus de 140 ans) mais l’ont plutôt intégrée au bâtiment, pour en faire l’entrée principale d’un édifice universitaire moderne. C’est ainsi que le vieux clocher couronne la grande école qui sert de pépinière pour former les cadres séparatistes francophones. Le défenseur d’un enseignement pur de la langue française n’aurait pas pu trouver un meilleur quartier général. Michel Cartier se considère lui-même comme le chevalier croisé contre « les impérialistes américains de la langue » et de la « suprématie de l’anglais sur l’internet, qui sera le champs de bataille décisif de l’avenir ». Depuis des années, ce Canadien français voyage de par le monde pour « lutter » en faveur de l’usage de sa langue maternelle sur les réseaux informatiques internationaux. Parce que le pouvoir commence par la domination sur les mots, il est devenu de ce fait, le créateur (litt. inventeur) le plus connu de pendants français pour remplacer les expressions anglaises utilisées sur l’internet.
Das „ entre réseau “, wie Cartier das Internet nennt, werde Westküste beherrscht, sagt der Professor. „ Dort sitzen die Software-Unternehmen und verkleistern unsere Hirne mit unverständlichem Englisch “. Für den Kommunikationswissenschaftler steckt dahinter Strategie: „ Clinton und Gore wellen im neuen Krieg um Inhalte das Französische ausmerzen. “ Deshalb hätten sie auch den frankophonen UNO-Generalsekretär Butros Ghali aus dem Amt gejagt und in Ruanda und Zaire solange tatenlos zugesehen, bis sich die französischsprachige Region selbst eliminiert hatte. “ Inzwischen haben die USA diesen Kulturkrieg beinahe gewonnen “, glaubt der 60jährige, seine Kinder seien bereits an Walt Disney verloren. Sogar die Royal Canadian Mounted Police, eines der bekanntesten Symbole Kanadas, habe die Vermarktungsrechte an ihren Mounties bereits an Disney verkauft. Und so grübelt der ehemalige Chef der Quebecer Volkstanz-Vereine „ jede Nacht “ über französische Begriffe, mit denen man der amerikanischen Übermacht wenigstens im Internet Einhalt gebieten könnte: Mit Gesinnungsgenossen hat er seine Liste zusammengestellt, die von Quebecs Office de la Langue Française übernommen und ausgebaut wurde. Das französische Kulturministerium erstellte mit der Hilfe aus Quebec ein Glossar von Internetbegriffen. Le professeur s’empresse d’ajouter que « l’entre réseau », c’est ainsi que Cartier nomme l’internet, est dominé à travers le monde par un slang en provenance de la côte ouest américaine. « C’est de là que proviennent les entreprises qui développent des logiciels et des expressions dans un anglais inintelligible qui (par la suite) collent à notre cerveau ». Pour le spécialiste (litt. scientifique) des communications, il se cache derrière tout cela une stratégie (bien définie): « dans la nouvelle guerre pour la suprématie du “ contenu ”, Clinton et Gore veulent supprimer la langue française. » C’est aussi pour cela qu’ils ont chassé de son poste de secrétaire général des Nations Unies, M. Butros Ghali, qui était un francophone. Et c’est une autre raison de leur inaction au Rwanda et au Zaïre, qui vise à éliminer une région du globe où l’on parle le français. « Entre-temps. les États-Unis ont presque gagné cette guerre culturelle », croit le professeur de 60 ans, en ajoutant que ses propres enfants sont déjà les victimes (litt. perdus) de Walt Disney. Même la Gendarmerie Royale du Canada, un des symboles les plus connus du Canada, a déjà vendu les droits dérivés de leurs policiers montés (les « mounties ») à Disney. Et c’est ainsi que « chaque nuit » l’ancien directeur de l’association québécoise de la danse folklorique1 se met à resasser des idées quant à la création d’expressions françaises que l’on pourrait offrir avec, au moins, un contenu sur internet, et qui servirait de rempart contre la superpuissance américaine. Par la suite, et avec l’aide d’acolytes, il a compilé une liste, qui fut reprise et améliorée par l’Office de la langue française. Le ministère français de la culture a produit, avec l’aide du Québec, un glossaire d’expressions utilisées sur internet.
Und so hofft Cartier, daß die Frankophonen dieser Welt künftig von Frankreich bis zu den Komoren und von Quebec bis Gabun am „ ordinateur “ statt am Computer arbeiten, „ en ligne “ statt online sind und dabei „ logiciel “ statt Software benutzen. Bisher hat der Professor aber nicht einmal die Studenten unter seinem eigenen Kirchturm überzeugen können. Et c’est ainsi que M. Cartier espère que les francophones du monde, de la France aux Comores, et du Québec jusqu’au Gabon, pourront travailler sur un « ordinateur » au lieu d’un computer, d’être « en ligne » au lieu d’online et d’utiliser un « logiciel » au lieu d’un software2. Mais jusqu’à présent, le professeur n’a même pas pu convaincre les étudiants de sa propre université (litt. sous son propre clocher d’église).


1 : Je crois qu’il fait référence au fait que M. Cartier a déjà été directeur des Feux-Follets, une troupe de danse folklorique (N. du trad.).

2 : Tous ces termes en allemand n’existent que sous leur appellation anglaise et n’ont donc pas encore d’équivalent germanophone (N. du trad.).

Traduction française de : Louis Bouchard, février 1997.



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Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 23h04