Le Devoir



Les explications de Parizeau

PRESSE CANADIENNE

Voici le texte intégral du communiqué envoyé hier par
l’ex-premier ministre Jacques Parizeau
aux journalistes de la tribune de la presse à Québec.

ontréal, le jeudi 8 mai 1997.

  1. Je suis devenu premier ministre du Québec en promettant de faire un référendum dans l’année qui suivrait l’élection pour réaliser la souveraineté. J’ai respecté cet engagement. Les journalistes se souviendront que je tenais à une question claire que j’ai répétée inlassablement, à savoir : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays souverain en date de…? »
  2. Je me suis par ailleurs engagé formellement à l’égard des citoyens et des partenaires de la souveraineté à proposer une offre de partenariat au Canada avant de proclamer la souveraineté. Une loi a été déposée à cet effet et une entente a été signée entre les partenaires le 12 juin 1995.
  3. Dans les jours qui ont précédé le référendum, j’ai fait préparer des scénarios de déclaration de souveraineté compatibles avec l’Entente du 12 juin et avec le projet de loi sur l’avenir du Québec à être adoptés par l’Assemblée nationale dans les jours qui suivraient un référendum gagnant.
  4. Deux scénarios ont été retenus: l’un concernant une motion, l’autre une loi. Dans les deux cas, le texte commençait par: « L’Assemblée nationale, conformément au vote majoritaire du peuple du Québec, affirme que le Québec deviendra souverain… » Les deux étaient tout à fait conformes au projet de loi et à l’entente.
  5. J’ai tenté d’obtenir l’assentiment du Parti libéral du Québec quant à ce vote à l’Assemblée nationale. Monsieur John Parisella, alors membre important du Comité du NON et ancien directeur de cabinet de Robert Bourassa, a été rencontré le 29 octobre par mon directeur de cabinet, Monsieur Jean Royer. Il est ressorti de cette rencontre qu’il n’y avait aucune chance d’appui pour la loi du côté des libéraux, mais qu’il pourrait y avoir un appui partiel pour la motion. L’enjeu était suffisamment important pour justifier le scénario de la motion.
  6. Pour mémoire, la conversation que je décris dans mon livre avec Monsieur Valery Giscard d’Estaing et qui a eu une influence certaine sur la rédaction du texte de loi et du texte de l’Entente du 12 juin, rappelons-le, a eu lieu en janvier 1995, soit cinq mois avant la signature de l’Entente du 12 juin qui, elle, fixe la période de négociation d’un partenariat avec le Canada à un an maximum.
  7. Je ne comprends pas ceux que les mots effraient. Une déclaration unilatérale de souveraineté du Québec faisait partie intégrante de la loi et de l’Entente du 12 juin, advenant un échec des négociations de partenariat.
  8. L’affirmation du journaliste Michel Vastel dans Le Soleil de mercredi [7 mai 1997] à l’effet que, contrairement à tout ce que j’avais dit et à tout ce à quoi je m’étais engagé, j’aurais proclamé la souveraineté dans les jours qui auraient suivi une référendum est plus qu’une fausseté, c’est un mensonge.

Je regrette qu’un tel mensonge ait provoqué une telle commotion et je défie quiconque de trouver dans les pages du livre Pour un Québec souverain, que je lancerai lundi [12 mai 1997], une phrase indiquant que j’aurais agi ainsi.

Source : Le Groupe Ville-Marie Littérature
Note de l’éditeur : Monsieur Jacques Parizeau ne fera aucun autre commentaire.


ChronologieSourcesCourrierIndexIndexIndex Géo

Dernière mise à jour : 29 décembre 1999, 23h45