Chronologie de l’histoire du Québec
1er mai 1660 20 juillet 1697


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La Nouvelle-France


 1er mai 1660
Adam Dollard des Ormeaux et 16 de ses amis arrivent à Long-Sault et attendent, dans les restes d’une palissade abandonnée, les Iroquois (qui avaient déclaré la guerre aux Blancs) et qui remontent la rivière Ottawa. Ne sachant pas que le groupe d’Iroquois compte environ 300 hommes, ils se barricadent dans leur palissade où ils seront assiégés pendant une semaine. Les Hurons font défection, l’eau se met à manquer, et quand un baril de poudre explose dans la palissade, les assiégés tombent aux mains des Iroquois. Neuf des survivants seront torturés à mort puis mangés.

 16 mars 1661
Louis XIV [âgé de 22 ans], assumant le pouvoir véritable [il avait été couronné roi de France dès 1643, à l’âge de cinq ans], charge son ministre Jean-Baptiste Colbert de réorganiser la Nouvelle-France. À l’avenir, le gouverneur sera nommé par le roi. La fonction du gouverneur est désormais de voir aux relations extérieures de la colonie et de commander l’armée [Bergeron, p. 33].

1663  Population de la Nouvelle-France : 2 500.
Population de la Nouvelle-Angleterre : 80 000.

 24 février 1663
Louis XIV, depuis peu au pouvoir, après avoir demandé des comptes à la Compagnie des Cent-Associés, et remarquant qu’elle n’a pas rempli son devoir d’assurer la colonisation de la Nouvelle-France, dissout la Compagnie et rattache la colonie à la Couronne : c’est la fin de 60 ans de compagnies privilégiées.

 26 mars 1663
François de Laval fonde le Séminaire de Québec « pour former des prêtres canadiens ». Il réussit à faire imposer la dîme pour le soutien des prêtres du clergé [Brown, Craig. p. 142.]. Institution du gouvernement royal, lequel entraînera l’affaiblissement de la domination cléricale sur la colonie.

mars 1663
« Création du Conseil souverain, premier appareil politique donné à la Nouvelle-France, qui est élevée au statut de province française » [Beauchemin, p. 5].

début de l’été 1663
Arrivée des « filles du roi » (de 1663 à 1673, environ 775 femmes acceptent l’offre du roi [Brown, Craig. p. 174.]). La majorité s’établit « à Québec avant leur mariage, environ la moitié s’y marient puis, après une naissance, vont s’installer ailleurs dans la colonie » [Hare, p. 35.].

 17 octobre 1663
Élection du premier maire de Québec : Jean-Baptiste Legardeur de Repentigny.

mai 1664
Louis XIV crée la Compagnie des Indes occidentales, laquelle ne survivra qu’une dizaine d’années. La compagnie avait le devoir de veiller à la conversion des Amérindiens ; elle permettait le commerce sur la côte ouest africaine, sur la côte est de l’Amérique du Sud, au Canada, en Acadie et à Terre-Neuve. Sa charte sera révoquée en 1675. [Myers, p. 4]

1665
Jean-Baptiste Colbert nomme Jean Talon intendant de la Nouvelle-France (jusqu’en 1668, puis de 1670 à 1672) ; il reçoit « le règlement de la justice, police & finance dans la colonie » [Hare, p. 84.].

 19 juin 1665
Le régiment de Carignan-Salières, de mille trois cents hommes, arrive à Québec […] avec mission d’envahir l’Iroquoisie. […] La paix assurée, on licencie le régiment et le roi fait comprendre aux officiers qu’il veut les voir s’établir en Nouvelle-France [Brown, p. 143 et p. 148.].

1666  Population de la Nouvelle-France : 3 418 (63 % d’hommes).

1666
« Une armée de 1 300 hommes défait les Iroquois. Le traité qui s’ensuit reconnaît la souveraineté du roi de France et assure à la colonie 16 années de développement pacifique » [Beauchemin, p. 5].

1668
Jean Talon demande d’être relevé de ses fonctions d’intendant. C’est Claude de Boutroue d’Aubigny qui prendra la relève jusqu’en 1670, année où Talon est réaffecté comme intendant de la Nouvelle-France.
 
 2 mai 1670
Charles II (roi d’Angleterre) octroie une charte à la Compagnie de la Baie d’Hudson à la condition expresse que les bénéficiaires trouvent un passage menant aux mers du sud. La charte donne à la compagnie le monopole exclusif du commerce sur toutes les mers, détroits, baies, rivières, lacs, criques ou bras de mer en lien direct avec la baie d’Hudson, et ce quels qu’en soient la latitude, le territoire ou le pays concernés [Myers, p. 39], des territoires revendiqués par la France. — Médard Chouart des Groseillers et Pierre-Esprit Radisson sont les premiers à proposer la mise sur pied d’une telle compagnie. Après avoir rencontré de nombreux échecs auprès du roi de France, ils font appel au prince Rupert, cousin du roi d’Angleterre Charles II ; c’est Rupert qui convaincra le roi anglais.

1671
François de Laval quitte la Nouvelle-France dans le but de faire pression sur la Vatican pour que soit créé en Nouvelle-France le diocèse de Québec. Il réussira en 1674.

1672  Population de la Nouvelle-France : 6 700.
Population de la Nouvelle-Angleterre : 120 000.

1672
Jean Talon quitte définitivement Québec pour des raisons de mauvaise santé.

 7 avril 1672
Louis Buade de Frontenac devient gouverneur général de la Nouvelle-France. Il le restera jusqu’en 1682, puis de nouveau de 1689 à sa mort en 1698.

 17 mai 1673
Louis Jolliet et le père jésuite Jacques Marquette partent découvrir le Mississippi. Ils se rendent « un peu en deçà de la frontière actuelle de l’Arkansas et de la Louisiane » [Lacoursière 1:1995, p. 145] d’où ils partent le  17 juillet 1673 pour rentrer en Nouvelle-France.

1674
Érection du diocèse de Québec. François de Laval devient évêque.

1675
Apparition de l’expression « coureur des bois » [« ceux qui parcourent les forêts pour négocier directement avec les Amérindiens les peaux de bêtes », Lacoursière 1:1995, p. 85]

août 1675
Arrivée en Nouvelle-France d’un nouvel intendant : Jacques Duchesneau de la Doussinière et d’Ambault.

1682
René Robert Cavalier de La Salle (*1643 Rouen–†1687) « descend le Mississippi jusqu’à son embouchure et prend possession de cet immense bassin au nom du roi de France. L’empire français en Amérique s’étend depuis Québec jusqu’au delta du Mississippi » [Beauchemin, p. 6].

1685
Le Conseil souverain perd son droit de faire des règlements de « police générale » en l’absence du gouverneur et de l’intendant [Hare, p. 84.]. La monnaie de carte fait son apparition en Nouvelle-France [et sera utilisée jusqu’en 1686 et entre 1689 et 1714]. — L’intendant Jacques Demeulle, intendant de la Nouvelle-France, autorise la mise en circulation de la monnaie de carte. [Jusqu’au XIXe siècle, les pièces de monnaie en usage proviennent de divers pays, au gré des échanges économiques : pièces françaises, anglaises, espagnoles, mexicaines, puis américaines. Les pièces canadiennes ne font leur apparition que dans les années 1810.]

1689  Population de la Nouvelle-France : 15 000.
Population de la Nouvelle-Angleterre : 200 000.

nuit du  4 au  5 août 1689
Durant la guerre franco-anglaise : le massacre de Lachine. Les Iroquois font une attaque-surprise contre l’établissement de Lachine. Ils font « brûler toutes les granges et maisons qui étaient en plus de trois lieues de pays dans la [sic] canton qu’on appelle Lachine et enlev[é] plus de 200 personnes, tant hommes que femmes et enfants, après en avoir massacré plus de 200 dont ils avaient cassé la tête aux uns, brûlé, rôti et mangé les autres, ouvert le ventre des femmes grosses pour en arracher les enfants et fait des cruautés inouïes et sans exemple » [Eccles, W.J. cité in : Lacoursière, 1:1995, p. 175].
 
à partir de 1690
Avec l’érection d’une enceinte temporaire composée de onze redoutes reliées par des palissades, en vue de se protéger contre une attaque des colonies anglaises, Québec sera dotée d’ouvrages défensifs successifs qui fermeront la ville du côté ouest, là où l’accès est le plus facile » [Hare, p. 59.].
 
 16 octobre 1690
La guerre… Les Anglais tentent de prendre Québec ; ils organisent l’assaut avec une flotte de trente navires ou davantage, envoyés de la Nouvelle-Angleterre sous les ordres de Sir William Phipps. À 6 h 00 du matin, une chaloupe qui transporte un émissaire vient sommer le gouverneur Frontenac de se rendre d’ici une heure. Frontenac lui donne alors cette célèbre réponse : “ Je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et à coups de fusils ; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on envoie sommer un homme comme moi ; qu’il fasse du mieux qu’il pourra de son côté, comme je ferai du mien ” [Brown, Craig. p. 169 / Lacoursière, 1:1995, p. 179]. Le  18 octobre 1690, et pendant deux jours, les Anglais tentent de bombarder Québec, mais les coups de canon demeurent tous vains. Les  23 et  24 octobre 1690, les Anglais négocient l’échange de prisonniers et lèvent l’ancre.
 
1692
La France et l’Angleterre s’étant déclaré la guerre en 1689, de nombreuses attaques des Iroquois envers les Français de la Nouvelle-France font de nombreux massacres. On assiste à la naissance d’une héroïne « quand la fille du seigneur, Marie-Madeleine Jarret de Verchères, âgée de quinze ans, aura, avec les censitaires de sa famille, défendu le fort jusqu’à l’arrivée d’un renfort de Montréal » [Brown, Craig. p. 168.].

 20 juillet 1697
Fin de la guerre de la ligue d’Augsbourg par le traité de Ryswick entre la France d’une part et l’Angleterre, les Pays-Bas et l’Espagne d’autre part : reconnaissance de Guillaume III comme roi d’Angleterre, restitution des conquêtes territoriales de la France et de l’Angleterre [particulièrement les postes de traite de la compagnie de la Baie d’Hudson que Pierre le Moyne d’Iberville (*1661 Montréal–†1706) avait saisis entre 1686 et 1697].


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Dernière mise à jour : 30 décembre 1999, 0h33